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« POUSSE-AU-CRIME »

«Pousse-au-crime»

Il y a juste quinze ans, un client que j’avais perdu de vue depuis qu’il avait quitté la région parisienne m’a contacté. Il m’annonce qu’il cède sa collection de Norev et qu’il a pensé à moi. Je suis touché et j’apprécie cette reconnaissance, fruit de nos bonnes relations antérieures.

Je pars donc dans la Somme chercher la collection.

En trente cinq-ans, des collections j’en ai acheté un certain nombre. Mais celle-ci m’a marqué pour plusieurs raisons. La première est qu’il y a quinze ans, le phénomène Norev avait commencé. Comme souvent dans pareil cas la publication d’un ouvrage avait éveillé des vocations. Trouver une collection de Norev neuves en boîtes était donc fort appréciable.

Outre la qualité indéniable des produits, la seconde raison tenait à la présence d’une lettre, une enveloppe de couleur saumon et son tampon à l’encre rouge «Les jouets de Norev». L’enveloppe était datée du 23/08/1961.

Avant même de l’ouvrir, un détail m’a interpellé, l’adresse d’expédition :

NOM STAMBACH Prénom Alain

Avenue Gambetta N°40

Ville Saint-Maur Département Seine

Pays France

Je venais de déménager au même moment dans ce département. Mon vendeur me confia qu’il avait acquis toutes ces Norev dans une boutique de Saint-Maur, « Bambi » avenue Charles-de-Gaulle. Il s’agissait d’un magasin spécialisé en articles de puériculture.

La boutique existe toujours. Aujourd’hui, on y vend des vêtements pour enfants. Quand il m’arrive de passer devant, je ne peux m’empêcher de penser à M. Stambach et à ses Norev.

J’ai gardé comme un précieux témoignage la lettre de chez Norev. Les insignes à épingler au revers de son veston étaient encore dans leur sachet d’origine.

Il y avait aussi une carte d’adhésion au club Norev, avec son numéro d’inscription. M. Stambach tirait un trait sur une partie de sa vie. Il ne pouvait savoir quel plaisir il me faisait en me confiant ces documents.

En lisant les deux feuillets que contenait également la lettre, on est admiratif devant la manière dont Norev soignait sa clientèle. Les offres exclusives du club n’était pas anodines.

Ainsi après avoir lu le premier feuillet vous félicitant de votre acquisition et vous confortant dans votre choix des miniatures Norev, le second feuillet détaillait les modalités d’acquisition des cadeaux exclusifs.

Pour cela il fallait collecter les bons qui étaient joints à chaque miniature Norev achetée. Selon le barème il fallait avoir acquis un engin de travaux publics d’une valeur de 16 Frs pour avoir 4 bons. Les miniatures à 9 Frs ne donnaient droit qu’à un bon.

Pour avoir le Berliet TBO porte-autos (nu), il fallait 40 bons. N’oublions pas un petit détail : la carte devait être remplie dans le délai d’un an à compter de la date d’inscription au club. Il était possible de bénéficier d’une année supplémentaire à condition de « joindre une quantité augmentée de moitié ».

Un vrai pousse-au-crime ! De quoi dilapider le budget miniature. Comment vouliez-vous après cela pouvoir acheter des Dinky Toys ?

M. Stambach a acquis le Berliet TBO porte-autos (nu) ! C’est vous dire comme sa collection était importante!

Je vous présente donc ce jour «le» Berliet TBO de M. Stambach gagné grâce à sa fidélité à la marque de Villeurbanne.

Les années ont passé. J’ai racheté d‘autres collections de Norev . Et j’ai bien sûr agrandi la mienne au passage. Récemment, j’en ai acquis une assez importante, composée uniquement de modèles «plastique» neufs en  boîte.

Près de cinq cents pièces. La personne avait entrepris de collectionner également les variations de boîte qui correspondent aux différentes évolutions dans le temps.

Coïncidence, en début d’année lors de la bourse d’Orléans, M. Philippe Cazaniga m’avait fait un très beau cadeau .

Il y a quelque temps déjà, ce dernier avait récupéré les archives de l’imprimeur qui travaillait pour Norev. Chaque modèle Norev bénéficiait d’un «dossier» où étaient référencés les différents types de boîtes qui avaient jalonné la vie du modèle. Les années et les quantités y étaient bien sûr indiquées. Le document est exceptionnel et concerne l’intégralité des modèles avec socles en carton. Il m’a offert le dossier du Saviem SC10 bus urbain portant la référence 98.

Ce geste m’a beaucoup touché. Il souhaitait marquer sa reconnaissance envers ma passion pour les modèles réduits.

C’est le genre de cadeau qui marque. Du coup, quand quelques mois plus tard j’ai rentré cette collection importante avec de très nombreuses déclinaisons de boîte, je me suis senti obligé de les garder.

Comme Norev qui poussait ses clients à consommer plus en leur faisant collecter des points, ces documents ont eu le même effet sur moi, en me poussant à conserver ces variantes de boîte. N’ayant plus trop de place chez moi, une partie est exposée sur des présentoirs d’époque à la boutique.

Cette histoire faite de belles rencontres et de vrais gestes d’amitié prouve que l’on peut encore espérer de belles choses des êtres humains.

 

Satanique plastique

Satanique plastique.

La vie des saints a rarement été un long fleuve tranquille. On peut même dire qu’ils avaient la peau dure au vu des différents supplices que leur ont infligé leurs tortionnaires. On ne peut qu’être marqué par l’iconographie relative à leur martyre, notamment dans la peinture des “primitifs italiens”.

J’ai repensé à cela lors d’une conversation avec un sympathique client, M. Danglard qui m’expliquait qu’enfant, malgré les moyens limités de sa maman, il ne jouait qu’avec des miniatures en “métal”, bien plus onéreuses que celles en plastique.

Il ne supportait pas les miniatures en plastique que cette dernière avait parfois la mauvaise idée de lui offrir. “Elles n’étaient pas solides. Elles survivaient rarement plus d’une journée entre mes mains.” m’expliqua -t-il.

J’ai été un peu étonné, car il se trouve que je préparais à ce moment-là un article sur la “Rhodialite” et sa légendaire robustesse, comme le vantait la pubicité. Je pensais qu’il forçait un peu le trait. Et M. Danglard m’avoua qu’il leur faisait subir des tests extrêmes. (voir le blog consacré  à ce sujet)

Projection contre un mur, chute d’une table de cuisine ou démontage en force de l’habitacle. Vous comprenez alors que ces images barbares m’ont immédiatement fait penser aux tableaux cités plus haut, comme ceux représentant par exemple Sainte Catherine d’Alexandrie.

Cette dernière avait refusé les avances de l’empereur Maxence. Furieux ce dernier la fit enfermer sans nourriture. Elle fut sauvée par une colombe qui lui apportait de quoi se substenter. Qu’à cela ne tienne, l’empereur la condamna au supplice de la roue…qui d’après la légende se brisa suite à intervention divine et devint ainsi son attribut iconographique.

Excédé, l’empereur décida de lui faire trancher le cou. Ces épisodes décrits dans la Légende Dorée ont fourni matière aux artistes. De Rogier Van der Weyden à Hans Memling en passant par Giovanni da Milano.

Les siècles ont passé. Désormais, dans le prolongement de l’action de M. Danglard qui martyrisait ses modèles en plastique, c’est la matière même qui est vouée aux gémonies.

Regardez ce splendide catalogue Norev du début de production. Pour convaincre de la qualité du plastique utilisé par Norev une clientèle réticente, le dessinateur s’est surpassé. Pour peu, on penserait qu’il s’est servi des “expériences” de M. Danglard.

On voit le bambin utiliser des outils dignes des tortionnaires sous l’inquisition espagnole, tenailles et autres pinces, afin de vérifier la bonne tenue de la “peinture” !

L’expérience du “grand saut dans le vide” est également décrite avec force  détails. Je passerai rapidement sur la projection de la version mécanique contre la plinthe de l’appartement. Malgré cet ajout de puissance, la carrosserie résistera. Enfin selon la publicité du catalogue.

Tous ces efforts de communication n’étaient pas vraiment utiles. Ces miniatures en plastique avaient déjà trouvé leur clientèle. J’en fais partie.

Il y a quelque temps, une partie de la population a pris conscience du danger pour la planète de la profusion du plastique, et surtout de son difficile (impossible ? ) recyclage .

Cela a commencé avec la suppression des sacs plastiques dans les commerces. Désormais ce sont les emballages et les bouteilles dans cette matière qui sont dans le collimateur du législateur et des écologistes.

Ainsi mon épouse est partie en croisade contre le plastique. Désormais, elle n’achète plus de pot de fromage blanc au supermarché mais va à la crémerie avec son pot réutilisable qu’elle fait remplir. Idem pour le café et pour bien d’autres produits qui étaient auparavant conditionnés avec des emballages jetables. A la maison, haro sur le plastique.

Et mes miniatures ?

Après l’article réalisé il y a quelques années sur le blog “Le plastique c’est fantastique” (voir cet article) , désormais le leitmotiv à la maison c’est “Le “plastique c’est satanique”.

Je commence à regarder mes Norev d’un autre oeil.

Vu la tournure des événements, l’heure est à l’urgence pour réaliser des articles sur mes miniatures en plastique. Prochainement, faire l’apologie de ces miniatures pourrait être limité, contrôlé, voire interdit.

Oser montrer des autos en plastique, avec leur emballage en plastique ! Une hérésie ! On en a décapité pour moins que cela.

Avant qu’il ne soit trop tard, j’ai donc souhaité vous présenter quelques raretés injectées en plastique.

Le bassin méditerranéen a été un grand pourvoyeur de jouets en matière plastique, toutes qualités confondues.

En Italie, une firme se détache des autres par son utilisation différente, plus luxueuse, de la matière plastique. On pourrait la comparer à Gégé, marque française, qui, elle aussi, a proposé des miniatures dignes déjà à l’époque d’être placées à côté des plus belles productions en zamac.

Cette firme c’est ICIS Fergam de Milan. Les premières séries sont équipées de châssis en tôle et de très belles jantes en acier chromé qui donnent à ces miniatures une fière allure.

Plus tard, à l’image des Norev, elles recevront des jantes en plastique ayant reçu une finition chromée, qui malheureusement ont du mal à tenir dans le temps. Les nombreuse parties rapportées en plastique chromé donnent à ces autos de la prestance.

Il y a dans cette gamme une auto qui  se détache nettement des autres par sa rareté. C’est un modèle mythique, l’Alfa Romeo Giulia TI .

J’ai pu trouver deux couleurs de cette miniature. Il semble qu’il existe également un modèle vert. Esthétiquement, l’auto n’a rien d’extraordinaire. Mais l’Alfa Romeo a été produite très peu de temps et elle est rare.

Dans la gamme je lui préfère l’originale Ferrari 250 GT Pininfarina ou la Lancia Appia coupé. Le plastique est d’une qualité qu’on pourrait dire supérieure, donnant l’impression qu’une laque a été appliquée. Toutes ces autos sont sorties entre 1959 et 1960. Soixante ans après leur aspect est toujours aussi séduisant.

L’historique de ces modèles est assez compliqué à retracer. Une analyse montre que plusieurs d’entre eux ont connu d’ importantes variantes de moule.

La Lancia Flaminia en est un parfait exemple. Observez les deux calandres, les clignotants et les autres détails de la carroserie. La première version est équipée d’un beau chassis en tôle qui sera remplacé par un châssis moulé en plastique. La version unicolore est peu fréquente.

Les autres Lancia sont fort réussies. Si l’Appia existe en Mercury, à une échelle inférieure, la version coupé d’ ICIS est inédite. Il existe d’autres variantes de couleurs.

Les Fiat n’ont rien d’original. Elles ont toutes été déjà vues, chez Mercury notamment. La seule qui se détache est la Fiat 1200 cabriolet, très convaincante.

La Fiat 1800 berline, même si elle a été vue ailleurs, est loin d’être facile à se procurer. Comme pour la Lancia Flaminia, je n’ai jamais revu une version noire unicolore.

L’Alfa Romeo 2000 berline est assez fréquente.

Cette gamme a toujours été recherchée. Dans les années 80, nous avons pu profiter de quelques opportunités, et ainsi compléter les couleurs. Mais ces modèles sont toujours fort prisés en Italie.

Il est désormais important, pour nos petits enfants, de ne pas encourager la diffusion des jouets en plastique. Mais il ne servirait à rien d’éliminer ces beaux jouets, ces miniatures fabriquées dans une matière pleine d’avenir en 1960 et qui ont gardé tout leur pouvoir d’attraction.

 

J’ai testé la Versailles de Jean Sunny, au 1/43.

J’ai testé la Versailles de Jean Sunny, au 1/43

Norev a raté le coche avec Jean Sunny. Lorsque le fabricant de Villeurbanne a décidé de proposer le coffret de montage avec sa Simca Versailles, il aurait pu profiter des exploits du cascadeur et proposer un coffret « cascadeur » avec la Versailles de Jean Sunny.

Le coffret de montage de la Simca Versailles n’a pas eu le succès escompté. Ce coffret est rare. Je ne l’ai que rarement vu. Je ne collectionnais pas les Norev quand je l’ai trouvé au milieu des années quatre-vingt mais j’ai eu l’intuition de le garder plutôt que de le mettre en vente.

Je me rappelle que M. Gillerau en avait trouvé un autre qui différait par la couleur de l’emballage. Je ne connais ce coffret qu’avec la version classique de la Simca Versailles, dépourvue de la friction.

Pour reproduire les exploits du cascadeur la version équipée d’une friction me paraît tout indiquée.

Cependant, ces petites aides à la propulsion montraient très vite leur limites. Norev proposa sur une partie de sa gamme une finition « Mécanique ». Outre la friction visible à l’intérieur de l’habitacle, la version « Mécanique» se différenciait des modèles normaux par ses jantes de couleur noire.

Ces jantes seront ensuite écoulées sur les modèles équipés de suspensions jusqu’à épuisement des stocks qui étaient, il faut le dire, conséquents.

Minialuxe, autre firme française à concevoir ses miniatures en plastique imitera Norev en équipant aussi sa reproduction au 1/43 de Simca Versailles d’une friction.

Cette dernière est de meilleure qualité que celle du fabricant lyonnais. Elle assure la plupart du temps un roulement impeccable.

Les lignes de l’auto sont moins fidèlement reproduites que sur la Norev. L’absence de parties chromées nuit au rendu de la miniature. Elle possède cependant du charme. Nous avions déjà évoqué son histoire dans un blog ancien. (voir l’article consacré à la Simca Versailles de chez Minialuxe).

Une autre firme a proposé une Simca Versailles équipée d’une friction. Il s’agit de la marque Gégé. Cette firme est plus connue pour ses poupées et ses modèles au 1/20. Les modèles réduits au 1/43 sont nettement moins fréquents. Les modèles étaient très luxueux et vendus plus cher qu’une Dinky Toys. Ils étaient livrés en coffret, à monter avec un petit tournevis.

Certes, ce sont de très belles miniatures. J’oserai même dire trop belles en ce qui concerne la Versailles.

La Simca Versailles se voulait être une « petite» américaine. Gégé l’a justement chargée de chromes, notamment au niveau de l’entourage du pare-brise.

Certes la Versailles était richement chromée mais, sans être fardée comme une « vraie » américaine et Gégé en a peut être -trop fait.

Je préfère nettement le traitement plus sobre, plus réaliste de la Norev. C’est une question d’appréciation personnelle.

La friction de la Gégé fonctionne parfaitement. Plus tard, pour rentabiliser son moule Gégé créera une version pour circuit électrique.

Il faut dire qu’avec son prix de vente élevé le modèle avec friction n’a pas rencontré le succés escompté. Pour l’occasion, elle perdra ses chromes de pare- brise.

C’est dans un coffret Rallye de Monte-Carlo qu’elle trouvera place, à côté d’une Citroën DS19, cette dernière étant nettement plus appropriée pour ce type de coffret.

La Simca Versailles a peut être brillé dans des rallyes régionaux, mais contrairement à la Citroën DS19 elle n’a pas laissé de souvenirs au palmarès du Monte-Carlo.

La firme Jomat a aussi édité un coffret de circuit électrique, intitulé « “circuit casse-cou” Jean Sunny ».Le programme figurant sur le couvercle du circuit est des plus alléchants :

« Auto-rodéo, saut au tremplin, mur de la mort » et autres acrobaties sont au programme . La Simca Versailles, bardée de stickers « Jean Sunny »est ici réduite au 1/32.

Avec son autre gamme de circuit électrique, intitulée « électro route  » et qui utilise des miniatures au 1/43, Jomat aurait pu proposer un autre coffret cascade.

L’entreprise possédait dans sa gamme de miniatures deux Versailles empruntées à Norev et à Quiralu.

Mais iI faut avouer que ces miniatures, très lourdes devaient avoir du mal à avancer correctement. Alors de là à les faire décoller d’un tremplin !

Une dernière firme a proposé une Simca Versailles équipée d’un mécanisme. C’est Solido, dans sa série Junior. Le modèle est équipé du dernier type de moteur, à plat, à remontage à clef.

Ce dernier ne présente pas les contraintes du précédent qui était vertical. Il est moins encombrant, plus facile à loger. C’est une belle réalisation.

La carrosserie est monobloc, la finition assurée grâce à des pochoirs. Le pavillon est en plastique. Le mécanisme à remontage à clef est puissant.

C’est celle-ci que je choisirai  pour tenter de la mettre sur deux roues. J’attends juste que ma petite-fille grandisse un peu pour tenter l’expérience. Je ne manquerai pas de vous tenir informés de mes tentatives.

Je ne suis pas sûr que M Pigozzi, patron de Simca appréciait les cascades et l’image qu’elles véhiculaient. On y voyait pourtant une auto très équilibrée capable de parcourir de longues distances sur deux roues.

Le fabricant de pneus « Kleber-Colombes » tira profit des acrobaties de Jean Sunny en adoptant ce slogan imparable « Toutes les audaces  en toute sécurité ».

Mais l’image du cascadeur, capable de toutes les audaces au volant de sa Versailles, au risque de la détruire, ne colle pas avec la clientèle petite bourgeoise de cette paisible berline.

M. Pigozzi préféra se servir des exploits de son auto et de son record à Miramas : 200 000 kms parcourus à plus de 100km/h de moyenne. Simca se servira de l’exploit pour sa publicité dans les journaux et donnera même le nom de “Miramas” à une version de sa gamme. Mais aucune miniature ne commémora ce record.

Il nous reste comme témoin de ce record une transformation de Raymond Daffaure sur une base Norev.

Au delà de ses modèles en bois, on sait que l’artiste de Marmande était connu pour de nombreuses transformations sur base plastique (Norev, Minialuxe) ou même, ce qui est moins connu, sur zamac.

Ces transformations sont boudées par beaucoup d’amateurs qui n’en perçoivent pas encore l’intérêt. Pour ma part je les affectionne .

Celle de l’Ariane des records de Miramas est assez émouvante. Elle reste un beau témoignage, contemporain du record. Et cela lui donne bien plus de force qu’à toutes les productions clinquantes actuelles.

 

Versailles sur deux roues

Versailles sur deux roues.

Sur la photo, l’homme apparaît concentré. A le regarder, on comprend que la démonstration requiert de la dextérité. Il tient entre les mains une reproduction miniature d’une Simca Versailles.

Il est en train d’expliquer la technique peu orthodoxe qui lui permet de conduire une automobile sur deux roues, le plus longtemps possible : le public est conquis.

Cet homme c’est Jean Sunny. Il a connu la célébrité grâce à de nombreux records du monde automobile de distance parcourue sur deux roues à travers la France. Son nom sera associé à des spectacles de cascades automobiles, très apréciées jusque dans les années 80. Le concept est importé des Etats-Unis, à l’image des courses de stock-cars apparues en France également après-guerre (voir le blog consacré aux courses de stock car) .

C’est le programme de son spectacle, avec photos, trouvé à Reims lors du salon « Les Belles Champenoises» qui m’a inspiré cet épisode du blog. J’ai été séduit par la photo où il simule avec des reproductions miniatures de Simca Versailles, auto avec laquelle il réalisait une partie de son spectacle, sa technique pour mettre une auto en équilibre sur deux roues.

Les photos semblent tirées d’un reportage que la télévision lui aurait consacré. Cela explique la mise en scène. On remarque en premier lieu que les miniatures ont été floutées. Dinky Toys? Norev ? (voir le reportage diffusé à la télévision et disponible grâce à l’INA…12 minutes de bonheur !)

Combien d’enfants ont été tentés, après avoir vu le reportage, de reproduire les gestes du champion avec leurs miniatures, du haut de la table de la cuisine ? Après une chute de 80 cm ils pouvaient ainsi tester la solidité des modèles.

Ensuite, tout dépendait du revêtement au sol. Moquette ou parquet, et la peinture émaillée de votre Dinky Toys n’avait pas trop souffert.

Carrelage ou béton, dans ce cas, mieux valait avoir tenté l’expérience avec une Norev en Rhodialite.

« Rhodialite », qu’est ce que c’est ?

En feuilletant les pages des annuels professionnels consacrés au monde du jouet, il est instructif de voir comment les sociétés de raffinage de pétrole, principalement installées dans la vallée du Rhône ont tenté de donner une image positive et avantageuse de leurs produits dérivés.

Le plastique ayant très vite été associé à une image de qualité médiocre, peu solide, Rhône-Poulenc va contourner le problème et créer la dénomination « Rhodialite ». Elle va bien sûr déposer le nom de ce type de plastique.

Ainsi votre miniature Norev n’est pas en plastique, mais en « Rhodialite », ce qui change tout.

Il faut dire que la dénomination « plastique » est bien trop générale. Elle englobe une multitude de produits en fonction de leur degré de raffinage.

Dans un premier temps, les publicitaires à la solde de Rhône-Poulenc, vont employer leur talent à convaincre les fabricants de jouets des qualités du produit et de sa parfaite adaptation à ce type de fabrication.

Ils vont ensuite convaincre les commerçants pour leur diffusion. Il reviendra à ces derniers la charge d’expliquer à leur clientèle les avantages de ces nouveaux produits et de combattre les préjugés liés au plastique.

Il est vrai que cette matière a beaucoup de qualités. La solidité en fait partie bien évidemment.

Monsieur Véron a même osé ce slogan au dos d’un des premiers catalogues de la marque: “stop les quelconques bagnoles”. On appréciera la photo avec les modèles maquillés, empruntés à la game Norev !

La semaine prochaine: ” J’ai testé la Versailles, au 1/43, de Jean Sunny”.

 

La querelle des bouffons

La querelle des bouffons

Ce n’est pas une conversation entendue dans une rame de métro de la ligne 5 en direction de Bobigny qui m’a inspiré cette chronique. Non, c’est une émission de Jérémie Rousseau diffusée le 7 juillet 2019 sur France Musique qui relatait cet épisode historique appelé “la querelle des Bouffons”  ou “guerre des Coins”.

Nous sommes au 18ème siècle. Louis XV règne. Les encyclopédistes, Jean-Jacques Rousseau à leur tête, vont lancer une polémique. Ces derniers sont charmés par un nouveau type d’opéra, tout droit venu d’Italie, l’opéra “buffa”. Ils mettent en avant ses qualités : effets comiques, légèreté, sujets inspirés du quotidien qui sont les caractéristiques principales de ce type d’ opéra.

A cette époque, on joue à la Cour du roi des tragédies lyriques typiquement françaises, dont les sujets sont inspirés de la mythologie. Lully est à l’origine de cette musique “savante”. Rameau, en sera le digne successeur. Ce dernier, avec l’appui du roi et de sa maîtresse Mme de Pompadour s’opposera donc à Rousseau, aux encyclopédistes et à la reine. Cette “querelle” durera deux ans et fera l’objet d’échanges musclés entre les partisans des deux camps.

Dans le domaine de la collection d’automobiles miniatures, j’ai parfois assisté à des querelles de chapelles, entre les partisans des modèles en « fer » et les partisans des modèles en « plastique ».

Une petite partie des collectionneurs de DinkyToys peuvent avoir du mépris pour les modèles Norev en plastique, du fait de la déformation dans le temps de certains d’entre eux. Ils opèrent un raccourci rapide entre le prix, faible, des Norev et l’absence de qualité. C’est un raisonnement assez simpliste.

Les amateurs de miniatures Norev peuvent répondre que les Dinky Toys ne sont pas exemptes de problèmes de tenue dans le temps. On observe de la “metal fatigue” même sur des produits d’après-guerre.

Je me souviens d’un confrère, Alain Gransard, qui avait mis sous cloche dans son magasin, une superbe Ford Vedette 1949 issue du fameux stock de magasin provenant de Marseille, “La Provence”, entièrement en métal fatigue. Il s’agissait de mettre en garde les amateurs de Dinky Toys : “Regardez ce qui vous attend.” On reconnait bien là le style d’Alain Grandsard.

Une chose m’est apparue évidente au fil de mon activité commerciale. Les collectionneurs de miniatures reproduisent très souvent dans leurs choix de collection le schéma de l’enfance. Ainsi ceux qui ont été bercés par les miniatures en plastique restent toute leur vie attachés à cette matière. On n’échappe pas si facilement à son destin !

C’est très souvent le prix, bien plus élevé des modèles en zamac qui a contraint les parents de l’enfant à se rabattre sur la miniature en plastique. C’est très rarement un choix délibéré. Famille nombreuse, ou parents tirant le diable par la queue et l’enfant aura été familier des Clé, des Minialuxe ou des Norev.

Devenu adulte, installé dans la vie, même si ce dernier a la possibilité financière de collectionner les Dinky Toys, il restera bien souvent comme attaché à ses Norev.

Même si j’ai parfois taquiné les amateurs de Norev, j’ai un faible pour cette firme. Depuis l’enfance également. Mon père était à l’époque fumeur, ma tante également, et j’associe le souvenir des présentoirs Norev à l’odeur du tabac.

Haut comme trois pommes, je les regardais en contre- plongée et leurs couleurs me faisaient rêver. La matière plastique dans laquelle elles étaient injectées n’était aucunement un obstacle pour moi .

D’ailleurs, dès le début de notre aventure de collectionneurs mon père et moi, avons été séduits par cette firme. Un des premiers thèmes de notre collection a été les camionnettes publicitaires, et Norev en ayant produit un grand nombre, cette firme nous est vite devenue familière au même titre que Tekno ou C-I-J.

Je vais vous présenter ce- jour le Citroën 1200Kg . Norev savait utiliser la planche à décalques (papier) ! Au fil de la production qui s’est étalée de 1959 à 1968 environ, de nouvelles publicités sont régulièrement apparues.  Certains modèles ont subi des déformations dans le temps.