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Philips c’est plus sûr ?

Philips c’est plus sûr !

Ce slogan publicitaire vous l’avez sans doute lu des dizaines de fois. On peut dire qu’il est gravé dans nos mémoires, au point que l’on ne cherche même plus à le comprendre.

Il s’adressait à la ménagère qui achetait un appareil électroménager, au père de famille qui se renseignait pour une télévision ou au commerçant qui devait changer ses néons. je ne vais pas faire l’inventaire des produits de la firme d’Eindhoven, tant sa palette était large et adaptée aux besoins de tous.

Une chose est sure, son service marketing était des plus efficaces, si l’on en juge par le nombre de modèles réduits qui ont porté le nom de cette multinationale dans les années cinquante-soixante.

Grandes et petites séries semblent avoir jalonné l’histoire des modèles réduits aux couleurs de cette firme. Je n’ai aucun doute sur les accords “payants” ayant lié Phillips au monde du jouet. Prenons les panneaux publicitaires Minialuxe. Je doute que Philips n’ai pas versé son obole pour voir apparaître son nom sur ces panneaux.

Quel intérêt autre que celui d’une rémunération aurait-‘il pu conduire à ce choix chez Minialuxe? De quel avantage en nature la firme française aurait-elle bénéficié? On aimerait poser la question au dirigeant de l’époque.

Autre exemple. Prenons le Volkswagen Kombi de premier type, référence 413 de chez Tekno. Celui aux couleurs de Philips est le plus fréquent de toute la gamme de ce fabricant. Tous les collectionneurs le possèdent.

On sait que Tekno a produit beaucoup de versions différentes de son Volkswagen Kombi. Pour la firme danoise, le critère du choix de la publicité apposée sur le fourgon résultait du marché auquel le modèle était destiné : local (Danemark), Scandinave (Suède, Finlande) ou alors “le reste du monde”.

Très vite les dirigeants ont compris qu’envoyer des modèles vantant un journal danois ou un fabricant de brosses à dents dont la production ne sortait pas du Jutland n’avait aucun intérêt pour les clients de la Grande-Bretagne ou des Etats-Unis.

Il  était donc important de faire figurer des firmes présentes aux quatre coins du monde. Les compagnies pétrolières comme BP, Caltex, Mobil répondaient parfaitement à ce critère. Des firmes d’électroménager comme Bosch ou Philips également.

Lego Volkswagen Kombi "Philips" (document Anticommondo)
Lego Volkswagen Kombi “Philips” (document Anticommondo)

Il est troublant que Philips se soit rapproché d’une autre grande firme de jouets danoise, Lego, pour commander une série de véhicules portant son logo (Mercedes semi-remorque et Volkswagen  Kombi). Ces modèles semblent n’avoir été distribués qu’à travers le réseau Philips.

Il n’y a qu’un pas à franchir pour imaginer que Philips et Tekno scellèrent leur accord par un contrat.

Ainsi le Volkswagen Kombi puis également ne l’oublions pas, le Ford Taunus ont été décorés aux couleurs de Philips. Si le Volkswagen a été produit en très grande quantité, le Ford Taunus l’a été en quantité beaucoup plus réduite, sûrement pour des raisons de coût de revient du produit Il est donc logiquement bien plus rare.

Cette version du Volkswagen aux couleurs Philips vous la retrouvez dans le monde entier ! Ce fut “la” version exportation de la gamme. Si vous êtes familiers des Tekno, vous aurez remarqué que l’on peut même trouver les deux types de jantes (zamac brut puis acier chromé avec le logo VW au centre) prouvant bien que cette version fut produite sur une très longue période. Sur la dernière version, la nuance bleue tire sur le violet.

Tout cela n’aurait pas nécessité un blog si, il y a trente ans, dans une vente chez Christie’s n’était apparue une version “Philips” gris clair uni. L’authenticité ne faisait aucun doute.

Il faut parfois faire des choix et je n’ai pas pu l’acquérir. Sa livrée gris unicolore était empruntée à celle de la version “Zoo”.

Heureusement, un autre exemplaire a été mis en vente quelques années plus tard, toujours en Grande-Bretagne. Il venait d’une collection américaine. Il était accompagné d’une autre version finie en deux tons de vert, finition empruntée à la version “Dansk Lakfabriker”.

J’ai pu acquérir ces deux modèles des plus intéressants.

Bien plus tard, chez Collectoys, j’ai été intrigué par la nuance de couleur d’un modèle proposé aux feux des enchères. Personne n’avait remarqué que les décalques Philips avaient été appliqués sur une version Oké (crème et bleu moyen).

L’expérience est l’alliée du collectionneur. Il y a du plaisir à repérer une variante qui était jusque là inconnue.

Le fait que Tekno ait puisé des versions déjà assemblées dans ses stocks pour compléter des envois vers les pays anglo-saxons confirme que l’entreprise a dû parfois improviser pour assurer ses commandes.

La version gris unicolore peut paraître logique car l’originale est gris clair et bleue. Celle empruntée à la version Oké  peut également être compréhensible.

Par contre la version finie dans les deux tons de vert n’appartient à aucune logique. On peut simplement penser que Tekno devait être fortement démuni à ce moment-là pour avoir été chercher cette couleur. Cela donne à penser qu’il y a d’autres combinaisons hasardeuses. Si vous en possédez , n’hésitez pas à me le faire savoir !

Finalement, après quelques quarante-cinq années de collection de Tekno, cette version que je ne regardais plus en vitrine, j’ai appris à la reconsidérer et à l’apprécier à sa juste valeur. Celle d’un modèle de très grande diffusion, qui a connu quelques incidents de parcours.

Je me demande si le slogan entrevu au début de l’article était bien choisi. “Philips” c’est vraiment plus sur?  Pour les modèles Tekno on peut se poser la question. Et pour la Citroën 2cv camionnette de chez Dinky Toys?

PS: je n’ai pu résister au plaisir de vous faire partager la réalisation d’un ami Belge qui travaillait chez Philips à Bruxelles. (voir le blog consacré à Monsieur Alain). Autant le dire de suite, ce modèle n’a jamais été réalisé chez C.I.J !  c’est un clin d’oeil du regretté  monsieur Alain au Citroën 1200kg  réalisé par Dinky Toys.

Dernier Blog de la saison. Rendez- vous en Septembre.

 

 

 

 

 

 

 

Des Gak à l’infini

Des Gak à l’infini

Le Berliet Gak, ce populaire camion qui a sillonné les routes durant les années soixante et qui symbolisait cette période de forte croissance a logiquement connu  un beau succès  chez les fabricants de jouets français.  Il prend la suite du Berliet GLB qui pour le grand public était “le camion” par excellence. Le “Gak” prend la relève pour la génération suivante.

Fort logiquement, les fabricants de jouets ont compris l’intérêt d’inscrire le Berliet Gak à leur catalogue.

Solido est le seul fabricant français de jouets à n’avoir pas cédé aux charmes du Berliet Gak.

Il faut dire que la firme d’Oulins avait déjà inscrit à son programme d’autres Berliet, dont le TBO (voir le blog consacré à ce camion) puis le révolutionnaire Stradair  avant de conclure, au début des années 70 avec le TR300.

Berliet ne refusait jamais de fournir les plans de ses véhicules aux  fabricants de jouets. Paul Berliet trouvait là une reconnaissance et une publicité à moindres frais, fort valorisante pour ses produits. Il n’hésitait pas à commander des séries, reconnaissables à leur boîtage, et distribuées dans son réseau de garages.

Dans un article précédent, nous avons vu les versions reproduites en zamac (voir l’article consacré au Berliet Gak en zamac). Le Berliet Gak a également eu droit à de très nombreuses versions injectées en plastique. Le choix du matériau, et donc du prix de vente, dépendait de la clientèle visée.

Le plastique avait un coût de revient très inférieur au zamac. Pour cette même raison c’est en plastique qu’a été réalisée la grande majorité des modèles promotionnels.

Passons sur le Norev qui reproduit la superbe grande échelle. Le choix de la carrosserie “double cabine” de Norev a interdit toute réutilisation du moule. En tout état de cause le fabricant de Villeurbanne avait déjà un camion de tonnage équivalent au Berliet Gak à son catalogue, un Saviem. Il se dispensera logiquement de tomber dans le piège du doublon.

Minialuxe a décliné de très nombreuses versions du Berliet Gak, de facture honnête. Certaines sont venues garnir de jolis coffrets.

J’ai sélectionné celui qui fut réalisé pour la société “Bâches Saint Frères”. Les couleurs sont particulièrement harmonieuses. On appréciera le boîtage qui valorise l’ensemble. Le fabricant de bâches se devait de présenter son produit sous le meilleur jour. Minialuxe a donc conçu cette bâche en simili toile plastifiée qui a un rendu satisfaisant. La bâche “plastique” de la version Dinky Toys a un rendu inférieur.

Le budget alloué à ce produit promotionnel devait être limité, et de toutes les façons le modèle de Bobigny ne serait sûrement pas rentré dans le budget de cette entreprise picarde.

Je ne pouvais passer sous silence la version créée lors du lancement de ce camion avec sur la boîte la photo du camion à l’échelle 1 et les caractéristiques techniques. Il est fort possible qu’il ait également été distribué dans le réseau Berliet.

Vapé-Bourbon proposa aussi un Gak. Il remplaçait avantageusement le GLR et modernisait ainsi l’offre de ce fabricant. Pour l’occasion Bourbon a repensé sa conception. Le modèle précédent, le GLR n’existait qu’en version citerne car il s’agissait d’une version monobloc. Ceci limitait considérablement la possibilité de voir appliquer sur ce type de carrosserie une publicité d’un commanditaire qui ne soit pas dans les produits pétroliers.

Pour diversifier son offre, Bourbon a donc créé une cabine et plusieurs moules de carrosserie : tracteur, porteur, plateau brasseur, citerne, ridelles sur lesquelles on peut appliquer une bâche.

Cependant, le plus grand nombre de modèles publicitaires est consacré aux versions citernes, héritage sans doute de la version précédente. On appréciera tout de même la version équipée d’une benne aux couleurs de la marque d’engrais “Engrais azotés”.

ll y a bien sûr des publicités rares sur les versions citernes, notamment celle réalisée au Portugal pour “Sonap”.

Mais ma préférée est celle aux couleurs de …BP…Calais ! Plus précisément la station BP Socoda située au 8/10 boulevard Lafayette à Calais , ville de mon épouse.

On sait que Bourbon démarchait astucieusement les stations-service de France et de Navarre afin que chaque gérant commande une série de véhicules arborant la raison sociale et l’adresse de la station service qu’il tenait. Le coût ne devait pas être bien important. L’adresse est toujours figurée d’un seul côté. Cela peut constituer un thème de collection !

Plus sérieusement, il m’est arrivé d’en acquérir au seul motif que l’adresse figurant sur la citerne était celle d’ une ville qui m’est chère et ce doit être la même chose pour tous les amateurs de ce type de produit !

Si vous aimez le Berliet Gak, c’est bien avec la série Sésame que vous pourrez vous laissez aller aux variantes.

Ce n’est pas, loin s’en faut, la meilleure reproduction de ce camion. Mais avant de commencer vous devez savoir que vous n’arriverez jamais au bout de la collection car il est impossible d’établir une liste exhaustive. C’est un aspect  intéressant de la collection de miniatures, cela rend modeste.

Les versions de base sont assez faciles à se procurer et sont aussi très peu onéreuses. Ces modèles étaient distribués sur les marchés et dans les bazars. Ils sont restés à vendre jusque dans les années 80, quand j’ai commencé à m’intéresser à la collection. J’avais l’impression de remonter le temps en traquant ces modèles !

Une fois lancé dans l’aventure, ce sont les versions hors commerce qui vont séduire l’amateur. Le type de support de la publicité, lithographie ou décalcomanie, donne une indication sur la quantité produite : tôle lithographiée pour une quantité importante et au contraire décalcomanie pour une petite production.

Il semble que le fabricant devait toujours avoir en stock une quantité de véhicules de couleur blanche (plastique pour la cabine et le châssis et tôle pour la caisse). C’est cette couleur qui domine nettement dans ce type de modèles avec publicités en décalcomanie.

J’ai le souvenir d’avoir partagé avec M. Dufour un très important lot lors du salon Rétromobile il y a une vingtaine d’années. Nous étions heureux comme des enfants avec toutes ces versions qui nous étaient pour la plupart inconnues et que nous n’avons quasiment jamais revues !

Un dernier aspect me séduit particulièrement avec ces camions Sésame. C’est qu’ils véhiculent les enseignes de petites firmes ou de magasins de taille réduite qui n’auraient jamais pu espérer voir appliquer leurs noms sur un autre modèle réduit. Pas besoin de gros budget publicitaire. Ce sont des publicités locales et cela change de “Coca Cola” ou de “Nestlé”.

Comme pour le modèle Bourbon, un camion Sésame portant le nom d’une ville qui vous est chère ou évoquant des souvenirs peut prendre une importance démesurée à vos yeux de collectionneur. Ce côté subjectif est à prendre en considération dans les recherches.

Le Berliet Gak de chez Sésame, équipé ou non d’une friction en fonction du budget du commanditaire, reste un produit assez soigné. L’alliance du plastique et de la tôle lui confère un petit côté luxueux, par rapport à des productions de jouets tout en plastique. Cet aspect a dû peser bien des fois chez les commanditaires.

Ce camion peut largement occuper une vie de collectionneur, elle sera  compliquée et semée d’embûches

PS: le nouveau Pipelette (5) est disponible à la lecture sur la page d’accueil du site de l’Auto Jaune Paris. Bonne lecture.

 

La station Shell de Rumilly et son Berliet

Voici l’histoire peu commune d’un camion Berliet que l’on peut attribuer à deux fabricants Mont-Blanc et Miniature  Je ne connais pas d’autre situation de cette nature. Ce  jouet est le fruit d’une association de 2 firmes ayant comme point commun la localisation dans les Alpes.

Mont-Blanc basé à Rumilly (74) produisit un superbe Berliet GLR à une échelle supérieure à celle du modèle présenté. Berliet fut séduit par cette superbe reproduction

Citerne Shell
Citerne Shell

Il est fort possible que la firme Lyonnaise s’adressa à Mont-Blanc pour étudier la réalisation d’un modèle similaire, mais de taille inférieure, pour d’évidentes raisons de coûts de fabrication.

Le choix se porta sur une association de 2 matériaux le plastique et la tôle. le plastique utilisé pour la cabine et le châssis facile d’utilisation permet de reproduire fidèlement les lignes particulières (courbures délicates) de ce superbe camion. La tôle lithographiée, technique fort utilisée avant la guerre montre ici ses limites : s’il est possible de réaliser une benne avec un résultat satisfaisant, la citerne qui nécessite des pliages plus complexes est moins convaincante.

Pour des raisons que j’ignore, Mont-Blanc s’adressa à Minialuxe pour fournir les parties injectés en plastique ce qui est paradoxal puisque Mont-Blanc deviendra, quelques années plus tard un spécialiste de l’injection en plastique, reconnus par les professionnels de l’automobile (Citroën notamment).

Minialuxe, localisé à Oyonnax, produisit l’ensemble cabine et châssis. Le plastique utilisé n’est pas d’une très grande qualité. Il est cassant. La gravure est bonne mais pas exceptionnelle comparé avec ce que Wiking proposait en Allemagne à la même époque pour le même type d’objets. Il est possible, comme très souvent à cette époque que ces véhicules aient été assemblés à domicile, par des personnes payés à la pièce.

La finition laisse à désirer : souvent, des traces de colle apparaissent sur la cabine. La reproduction est agréable de prime abord. Un regard critique conduit cependant à relever le manque d’homogénéité entre les matériaux entrant dans la composition de ce jouet.

On voit clairement que le véhicule provient de deux unités de fabrication différentes, voire de deux conceptions différentes. Au final, demeure un superbe camion en harmonie avec sa livrée Shell.

Ces firmes proposèrent aussi une version ridelles et une autre en benne (il s’agit en fait la même pièce articulée à l’extrémité du châssis). Une version pour Berliet, arbore la célèbre locomotive sur les flancs et à l’intérieur de la benne.

Signalons pour finir la dernière particularité de ces modèles : sur les boîtes figure d’un côté au niveau de la languette le nom Minialuxe, et sur la languette opposée le nom de Mont-Blanc

La Peugeot 203 des congés payés

La Peugeot 203 des congés payés

Avec cette Peugeot 203 nous sommes en présence d’une miniature de conception simple. Une carrosserie monobloc en plastique injecté, sur laquelle est simplement collé un châssis en plastique de couleur noire.

Peugeot 203 Minialuxe
Peugeot 203 Minialuxe

Les phares sont les seules pièces rapportées. La finition de la calandre et des pare chocs est réalisée au pinceau, de couleur argent. Les jantes, sur les premières séries sont de diamètre généreux, de couleur orange, et équipées de pneus crampons de couleur gris. Elles étaient communes à toute la série. Elles sont surdimensionnées sur notre modèle. et étaient davantage appropriées aux Aronde, Vedette ou autre Frégate.

Il faut dire que notre Peugeot 203 est un peu ramassée, mais le charme opère.

Les teintes retenues par Minialuxe au début de la production sont attrayantes : les couleurs acidulées semblent tout droit sorti d’un film de Jacques Demy. La particularité des modèles photographiés est qu’ils sont équipés d’une galerie et de 3 valises. Minialuxe équipera ainsi l’ensemble de ses premiers modèles. La galerie est simplement maintenue par 4 points de colle. En proposant cette variante, Minialuxe a bien compris l’intérêt des enfants pour les accessoires. L’idée sera reprise plus tard par des firmes comme Corgi toys et Dinky toys qui livreront leurs modèles avec des valises, malles et sacs à mains à placer dans les coffres.

Ces accessoires faisaient la joie des enfants et plus tard celles des collectionneurs !

Mais il faudra attendre des firmes comme Spot on pour voir réapparaître des galeries équipées de bagages, fleurant bon les départs en congé… et les embouteillages !

Minialuxe: la première série de taxis

Minialuxe: la première série de taxis

Souviens-toi de la Minialuxe de Soissons !

Nous venons de passer le cap des quatre cents articles. Il est temps de revenir sur la création de ce blog. Il a une histoire, il n’est pas né par hasard, sur un coup de tête.

ensemble de Minialuxe taxi première série
ensemble de Minialuxe taxi première série

Il faut remonter quelques années en arrière, à l’époque où régulièrement Messieurs Beaujardin et Darotchetche venaient me rendre visite au magasin, en tant que clients. Un beau jour, ils m’ont annoncé qu’ils allaient avoir besoin de moi. Un homme d’affaires bordelais, Monsieur Faujanet, lui-même collectionneur, allait lancer un magazine sur le thème de la miniature automobile. Plus tard il relancera la marque Minialuxe. La revue prendrait le nom de « Passion 43 ». Ambitieux projet.

Ils m’ont fait comprendre combien ma collaboration serait intéressante puisque j’avais à la fois la casquette du professionnel de la miniature et celle du collectionneur. J’ai d’abord décliné l’offre, en invoquant le manque de temps. Puis, j’ai reconsidéré ma position. Je me sentais une certaine responsabilité en tant qu’acteur de ce secteur et je ne voulais pas me dérober.

Finalement, on m’offrait l’opportunité de faire partager ma passion. Je donnai mon accord. Je trouvai un arrangement des plus simples avec Monsieur Beaujardin : en échange d’un quart de page de publicité, je m’engageais à produire quelques articles par numéro. La date de lancement du journal correspondait peu ou prou à celle du lancement de mon site de vente en ligne. J’y voyais une opportunité intéressante.
M. Beaujardin m’adressa un courrier confirmant l’accord. Cependant, peu de temps avant le lancement de la revue, M. Beaujardin, est revenu me voir pour dénoncer notre accord. Il allait falloir payer la publicité. Très déçu par cette volte-face à l’origine de laquelle se trouvait vraisemblablement M. Faujanet, je n’ai reçu aucune explication de sa part. Je me suis complètement désengagé de cette affaire, mais j’ai vécu cet épisode comme une mise à l’écart du monde de la miniature.

Piqué au vif par l’attitude cavalière de M. Faujanet, l’adversité m’a donné l’énergie nécessaire pour rebondir. Puisque j’étais prêt à écrire des articles, j’ai demandé à mon fils de me fabriquer la première maquette du blog.

Ce dernier a connu rapidement une bonne audience. L’outil a ensuite évolué pour quelque chose de plus performant. Depuis, je réalise également un petit recueil, « Pipelette » que j’offre en version papier au moment de Noël. Il est aussi consultable sur le site marchand, le troisième numéro est quasiment fini.
Nous avons chaque jour entre 200 et 500 visites. J’ai toujours autant de plaisir à chercher des thèmes, j’aime particulièrement trouver des liens, parfois improbables, entre les miniatures et des sujets beaucoup plus divers. Je profite de chaque sortie, exposition, documentaire, film, opéra pour trouver la matière première. Au fil des ces articles, grâce à mon épouse qui relit et remet en forme mes écrits et à M. Dufresne qui corrige l’ensemble, nous avons trouvé un style qui est propre au « blog de l’auto jaune ».

Pour illustrer mes propos j’ai choisi de présenter des Minialuxe, puisque , comme vous l’avez vu plus haut, M. Faujanet est à l’origine de la renaissance de Minialuxe.

Quelle drôle d’idée que d’avoir relancé cette marque, qui de son temps, n’a jamais su conquérir le public.

 

Minialuxe appartient à un groupe de petits fabricants que je qualifierais, sans aucune arrière-pensée « d’opportunistes ». Comme Clé, FJ, Eria, Quiralu et bien d’autres, ils ont dû se fabriquer un réseau de distribution car celui des marchands de jouets leur était quasiment fermé. Les Minialuxe ont donc trouvé leur place dans les Monoprix, les bureaux de tabacs, les stands des kermesses, les kiosques, les gares, les marchés, les marchands de couleurs et de souvenirs.

C’est le genre de jouets que la grand-mère achetait au gamin avant de reprendre le car pour rentrer au village afin d’avoir la paix durant le trajet retour. Il ne fallait pas que le voyage soit trop long car les ouvrants des miniatures Minialuxe avaient une durée de vie limitée.

L’achat de ces miniatures avait quelque chose de compulsif. C’est clairement la modicité du prix qui déclenchait l’achat, comme pour les Norev. La comparaison s’arrête là. Les Norev ont été distribuées en magasin de jouets. Comme les Dinky Toys et les Solido, elles bénéficiaient d’une gamme solide et renouvelée. Un catalogue annuel venait créer la demande auprès des enfants. Il est vrai d’ailleurs que l’on pourrait classer les fabricants selon qu’ils éditaient ou non un catalogue.

Pour cet article j’ai sorti une des séries les moins fréquentes de chez Minialuxe. Cette firme a compensé le peu de moules disponibles par une grande variété de déclinaisons. C’est même une constante dans l’histoire de la marque que d’avoir décliné des taxis, des modèles équipés d’une remorque (toujours la même du début à la fin de la production), d’un porte-bagages, d’un mécanisme…Voici donc les miniatures de la première série en version taxi. Elles furent vendues dans des étuis individuels qui sont encore plus rares que les miniatures elles-mêmes.