30 Octobre 1965.

30 octobre 1965.

“Au pied d’une montagne”. Voilà l’image qui me vient à l’esprit au moment d’aborder le sujet du jour. Et quel sujet ! Raymond Daffaure, vous connaissez ?

Pour résumer rapidement, on estime que ce dernier a produit entre 3500 et 4000 modèles différents sur une période s’étalant de 1959 à 1978.

Contrairement à ce que raconte la légende, ces modèles ont été produits en petite série.

Certaines sont uniques mais ce sont des exceptions. D’autres, comme la Ferrarri 250 GTO ont été reproduites à près de 250 exemplaires.

Qu’est ce qu’une RD Marmande ?

Ces modèles sont en bois (sapin). Raymond Daffaure utilisait des tuteurs de tomates (Marmande est le pays de la tomate) mais aussi des couvercles de boîtes d’allumettes et des morceaux de rhodoïd pour confectionner ses autos.

Comme nul autre, ce nom divise,et a toujours divisé les amateurs de modèles réduits. Pour Michel Sordet, à l’origine de la série “MaCo” c’est le plus génial maquettiste ayant existé, alors que d’autres n’y voient que des reproductions approximatives. En aucun cas ce nom ne laisse indifférent.

Comme une révélation.

C’est dans le sous-sol d’une maison du Pas-de-Calais que j’ai eu le déclic pour la collection de RD Marmande. C’est peut-être la réponse de mon interlocuteur qui a déclenché l’étincelle.

Ce dernier m’expliquait en effet qu’il avait acquis ces miniatures auprès d’un individu qui avait été en relation avec Raymond Daffaure au début des années soixante.

Ma question fusa naturellement : avait-il conservé la correspondance de ce dernier avec Raymond Daffaure ? La réponse affirmative suscita chez moi une réelle excitation. Au point qu’au moment de négocier le lot, j’ai avoué à mon vendeur que ce lot de lettres et de listes m’intéressait autant que les miniatures.

A  Arnaud Guesnay, collectionneur de RD Marmande qui me demandait il y a fort longtemps pourquoi je ne collectionnais pas de manière plus intensive les miniatures de cette marque, je me souviens avoir répondu que devant l’ampleur de la tâche, seule l’acquisition d’une importante collection aurait pu me convaincre de me lancer dans l’ aventure. J’étais désormais dans ce cas de figure : un peu plus de 900 RD Marmande d’un coup. J’hésite. Je réfléchis.

Dois-je me contenter de compléter les quelques thèmes qui me lient à cette marque, voitures de record et voitures « bleues » et revendre le reste ou dois-je me lancer dans une nouvelle collection ?

Après quelques atermoiements, c’est décidé, j’y vais, je me lance dans une nouvelle aventure : les  RD Marmande.

Un détail me permet de mesurer l’immensité de la tâche. J’avais auparavant réuni environ une centaine de RD Marmande à travers les deux thèmes précités. J’ai été fort étonné de ne croiser qu’une dizaine de modèles que je possédais déjà dans ces 900 nouveaux modèles. Je suis bien au pied d’une montagne.

La lecture de sa correspondance m’aide à mieux cerner le personnage et sa production, mais aussi les raisons du succès de cet artiste atypique. A travers quelques unes de ces lettres je vais tenter de vous initier à l’univers RD Marmande.

Lettre du 30 octobre 1965.

Ce jour, Raymond Daffaure écrit une petite lettre qu’il va insérer dans un colis. C’est un rituel.  Chaque mois il envoie à ce collectionneur nordiste 5 à 6 modèles, une lettre, et parfois une liste. Plus tard , dans les années 1972 la cadence passera à 10-12 modèles par mois.

Il prend des nouvelles de son client qui vient d’avoir la grippe. Il lui parle de la Lohner Porsche pour laquelle il a réuni quelques documents, mais pas assez à son goût. Enfin, il signale qu’il va renvoyer les documents que ce dernier lui a confié.

On a dans cette lettre quelques éléments intéressants. Tout d’abord la proximité qu’il entretient avec ses clients. On saisit également son intérêt pour reproduire des voitures inédites.

Aviez-vous déjà entendu parler de cette Lohner Porsche ? moi pas.

On trouve également dans ce document la preuve qu’il ne s’aventurait pas dans la reproduction  d’une miniature sans quelques éléments solides.

On comprend bien que c’est son client qui lui a suggéré la reproduction de cette auto particulière, ainsi que la Porsche 901 et la 356 de Storez-Buchet.

Raymond Daffaure devait d’ailleurs posséder une très grande culture automobile et une documentation importante.

Mais le plus intéressant, à mes yeux se trouve ailleurs. Dans la liste des autos que ce dernier envoie à son client se trouve la Ferrari 25O LM 1965 .

Nous sommes en octobre 1965. La course s’est déroulée les 19 et 20 juin de la même année. Quatre mois après, le collectionneur peut déjà placer en vitrine l’auto qui a remporté la course !

C’est une des forces de Raymond Daffaure, la rapidité d’exécution. On imagine l’excitation des amateurs qui pouvaient s’enorgueillir de placer dans leurs vitrines les reproductions miniatures de voitures originales qui venaient à peine de franchir la ligne d’arrivée.

C’est en établissant l’inventaire de cette collection que j’ai compris que l’on pouvait scinder en deux la production RD Marmande.

Les miniatures reproduites durant l’année même de l’apparition de l’auto que Raymond Daffaure nomme sur ses listes “série moderne”.et celles que je qualifierais « d’historiques » qui ont plus de deux ans d’existence qu’il appelle “série modèles anciens”.

On notera une différence de tarif d’1 Franc, entre les modèles figurant sur les deux “catalogues” de 1965 : ceux de la “série modèles anciens ” sont plus chers.

Il m’a semblé judicieux de faire cette remarque car cela aide à mieux comprendre et aussi à replacer RD Marmande dans le monde des fabricants de miniatures. Sa réactivité est un des ses points forts.( J’ai scindé en deux  groupes de photos les nouveautés de 1965, les “modernes” et les “modèles anciens”.)

Les fabricants industriels arriveront, petit à petit à réduire les délais de conception et de fabrication d’une miniature.

Il n’empêche que lorsque Mercury sort sa Ferrari 250LM en 1966, Ferrari  a déjà lancé sa P3.  RD Marmande collant à l’actualité , propose les modèles qui viennent juste  de participer à l’épreuve mancelle!

L’ami portugais.

L’ami portugais.

Absorbé par mon travail, je ne l’avais pas entendu entrer. “Ah ! vous êtes là aujourd’hui” me lança le facteur, et avec un immense soulagement j’ai compris qu’il me livrait le colis que je n’osais plus espérer.

Notre père, Bernard Espinasse 2/09/1939- 29/08/2019
Notre père, Bernard Espinasse 2/09/1939- 29/08/2019

Le collectionneur a un rapport émotionnel avec les objets convoités.

Quelques jours de retard pour un colis prennent vite des proportions inquiétantes. Il faut dire que je tenais beaucoup à ce colis qui contenait bien plus que des modèles, il contenait une histoire ou plutôt des histoires.

Ce colis avait été posté la veille de la disparition de mon père, le 28 août. Il est arrivé le 12 septembre et je n’ai pas eu l’occasion d’annoncer à mon père cette acquisition.

Face à quelqu’un de malade, on attend parfois le moment opportun, le léger mieux, pour parler “d’autre chose”. Ce moment n’est jamais arrivé. Ces miniatures marquent donc un moment charnière de ma vie de collectionneur.

Le colis contenait 14 Solido Buby issues de la série 100. Connaissez-vous ces produits ? J’ai eu le temps depuis 1975 d’en apprécier la rareté..

Dans le livre consacré aux Solido étrangères, celui avec la jaquette de couleur jaune, Bertrand Azéma fournit peu d’informations concrètes sur le sujet.

On peut même dire que ses propos sont assez confus. Ils ne sont d’ailleurs illustrés que par 4 modèles photographiés. C’est un indice qui permet au collectionneur de mesurer la rareté du produit.

Ce sont les productions étrangères de Solido les plus rares, et de très loin. Grâce à ce lot, nous avons pu compléter notre collection.

Ces modèles résultent d’un accord entre Solido et Buby.

Buby est une firme argentine qui dès le milieu des années cinquante a développé sa propre gamme (voir les blogs consacrés à ce sujet). Afin d’étoffer son offre sur le marché local, elle a signé un accord avec Solido qui voyait là un bon moyen de gonfler ses ventes à l’exportation.

Les Argentins ont toujours été amateurs de sport automobile, et Solido avait dans son catalogue de quoi satisfaire largement cette demande. Pour bénéficier d’avantages fiscaux (droits d’importation réduits), l’accord portait sur une importation de carrosseries et châssis bruts.

La peinture et le montage s’effectuaient sur place, à Buenos-Aires. Outre les boîtes et les couleurs, on peut identifier les Solido Buby grâce à leurs jantes, souvent différentes de celles utilisées sur le marché français.

Ainsi, l’Alfa Romeo 2600 est équipée de jantes en zamac concaves peintes, conçues pour recevoir un enjoliveur. Les mêmes jantes sont utilisées sur d’autres modèles de compétition, comme la Porsche, mais sans l’enjoliveur. Je trouve le résultat final très réaliste.

Quelques modèles reçoivent une petite décalcomanie de forme rectangulaire sur fond jaune indiquant la provenance argentine de la fabrication car les châssis d’importation française ont conservé leur marquage “made in France”, comme ceux de nombreuses Dalia d’ailleurs. Ceux en zamac reçoivent une finition noire mate très différente de celles des modèles français.

Ce colis me tenait à coeur pour une autre raison, et non des moindres. Il m’était envoyé par un très grand collectionneur portugais, José Andrade, amateur de pièces rares, et qui réorientant sa collection, souhaitait que ces autos viennent enrichir la nôtre.

C’est un choix généreux de sa part. Connaissant notre vif intérêt pour la marque, il a préféré les céder en bloc, sachant qu’elles allaient rejoindre nos vitrines, plutôt que de les voir dispersées aux quatre coins du monde. De par sa longue expérience, il sait combien il est difficile de réunir cette série complète

C’est un des plus beaux moments de la vie d’un collectionneur que de se voir confier de la part d’un ami quelques modèles. Ces miniatures resteront à tout jamais attachées à son souvenir. Merci José de me les avoir confiées.

“Ah! que j’aime les militaires”

“Ah! que j’aime les militaires”.

“Je suis gai, soyez gai, il le faut , je le veux” . Ces paroles extraites de l’acte 3 de “la Belle Hélène” de Jacques Offenbach collent parfaitement à ces portraits de jeunes femmes. (voir la vidéo extraite de l’opéra de la Belle Hélène)

Nous sommes  pourtant juste après la déclaration de guerre du président Dalladier à l’Allemagne le 3 septembre 1939.

“Drôle de guerre”. C’est ainsi que l’on a appellé la période courant de la déclaration de guerre à l’attaque allemande du 10 mai 1940. Durant ces sept mois, il y a bien eu des combats, mais ils se sont déroulés loin de notre territoire national, en Pologne, en Norvège.

En France, l’atmosphère est étrange. Certains continuent d’afficher insouciance, voire légèreté. Il fallait effectivement une sérieuse dose d’optimisme pour créer ce type de coiffes. On est loin de l’esprit de revanche qui régnait au début du précédent conflit de 1914.

j’ai trouvé ces photos de mode lors de la diffusion d’un documentaire sur la vie de Gabrielle Chasnel, plus connue sous le nom de Coco Chanel. Elles sont extraites de défilés de mode qui ont eu lieu durant cette période. Les chapeaux ornés de jouets m’ont interpellé, notamment celui avec le canon Solido.

Les stylistes semblent avoir trouvé leur inspiration dans le catalogue des étrennes ou la vitrine d’un marchand de jouets. Ils ont laissé libre cours à leur imagination.

Réussir à placer avec élégance et raffinement un avion de guerre, un canon Solido, un char ou un croiseur CBG sur un chapeau relève de la gageure. Esthétiquement, c’est très réussi.

Notre analyse a posteriori de ces photos est influencée par un élément déterminant. Aujourd’hui, nous connaissons les souffrances et les horreurs engendrées par ce conflit. Alors, ces chapeaux peuvent être perçus comme des provocations malvenues.

L’univers futile de la mode a-t-il le droit de récupérer un thème aussi morbide que celui de la guerre, même s’il le fait par le prisme du jouet ?

On peut aussi penser que les créateurs y ont trouvé un moyen d’évacuer leurs angoisses en affrontant la réalité à leur manière. Comme une sorte de dérision.

Ces canons Solido ont été produits avant le conflit. J’avais pu récupérer auprès de la famille Azéma quelques pièces des plus intéressantes : des prototypes de canon, et surtout des fiches qui avaient été réalisées au bureau d’étude.

On peut y lire les résultats et les appréciations des tests réalisés avec différents types de ressort ou d’ autres mécanismes.

Testeur de jouets voilà un bien beau métier, surtout durant cette période trouble.

j’en profite pour joindre aussi trois résultats de test sur des modèles Junior d’immédiat après-guerre.

Un ami de Bertrand Azéma m’a raconté que ce dernier avait eu entre les mains des documents établissant que Solido avait reçu des lingots de zamac durant l’occupation, et ce malgré les restrictions que l’on imagine. Il semble que ces documents, rédigés sous le régime de Vichy que je n’ai pas eus en main, ont été sauvegardés. Solido a donc pu obtenir du zamac durant l’occupation et j’ajouterai du zamac de bonne qualité.

Pour preuve j’ai récupéré il y a quelques temps des coffrets  d’autos de la série Junior qui avaient été oubliés au fond d’un magasin. Les couleurs étaient inhabituelles. Pas de trace de métal fatigue, ce qui prouve la qualité du zamac, et surtout un papier dans chaque coffret indiquant la date de production “été 1942”. On remarquera la présence de roues entièrement en zamac conséquence des restrictions qui frappent le caoutchouc.

Un jouet qui rassure

Pour Noël 1939, nos belles insouciantes auraient pu offrir à leur petit neveu ce splendide et très luxueux coffret qui est l’oeuvre de Mignalu, une filiale de CBG- Mignot. La firme est apparue en 1938, son nom est une contraction de Mignot et d’aluminium.

Le petit neveu inquiet depuis la déclaration de guerre de septembre 1939 et les récits de la “grande guerre” du grand-père, officier de réserve, qui cependant n’a connu ni les tranchées ni les premières lignes, sera sans doute rassuré par ce splendide coffret de Mignalu, où nos forces mécanisées sont mises en avant.

Gageons que le grand-père, fin stratège digne du Génénéral Boum, personnage truculent de la “Grande duchesse de Gerolstein” de Jacques Offenbach, pourra également réconforter l’enfant en lui dévoilant la stratégie de l’état-major français, celle qui repose sur l’édification d’un obstacle infranchissable : la ligne Maginot.

Effectivement, l’histoire donna raison au grand-père et à l’état-major français : le 10 mai 1940 les Allemands ne passeront pas par l’Est… Non, mais ils viendront du Nord !

Le coffret est somptueux. On imagine que peu d’exemplaires ont été fabriqués. Le prix de vente devait le cantonner à une clientèle huppée. L’exemplaire que j’ai récupéré est en état exceptionnel. On peut facilement imaginer qu’il s’agit d’un invendu.

Le coffret est constitué de véhicules reproduisant les camions des firmes Unic, Somua et Lafly, qui équipaient notre glorieuse armée.

Le fabricant a même incorporé des éclaireurs à moto. Il fallait bien prévenir ceux qui étaient sur la ligne Maginot de l’attaque Allemande à venir.

On appréciera la joyeuse troupe qui défile au son du clairon. En prêtant l’oreille, on entendrait presque résonner les airs de “la Grande duchesse de Gérolstein” .(voir la vidéo  ah ! que j’aime les militaires de Jacques Offenbach)

Dans cinq mois, en mai, la famille sera sur la route de l’exode. Le coffret restera à Paris. Il y aura plus important à transporter.

 

Satanique plastique

Satanique plastique.

La vie des saints a rarement été un long fleuve tranquille. On peut même dire qu’ils avaient la peau dure au vu des différents supplices que leur ont infligé leurs tortionnaires. On ne peut qu’être marqué par l’iconographie relative à leur martyre, notamment dans la peinture des “primitifs italiens”.

J’ai repensé à cela lors d’une conversation avec un sympathique client, M. Danglard qui m’expliquait qu’enfant, malgré les moyens limités de sa maman, il ne jouait qu’avec des miniatures en “métal”, bien plus onéreuses que celles en plastique.

Il ne supportait pas les miniatures en plastique que cette dernière avait parfois la mauvaise idée de lui offrir. “Elles n’étaient pas solides. Elles survivaient rarement plus d’une journée entre mes mains.” m’expliqua -t-il.

J’ai été un peu étonné, car il se trouve que je préparais à ce moment-là un article sur la “Rhodialite” et sa légendaire robustesse, comme le vantait la pubicité. Je pensais qu’il forçait un peu le trait. Et M. Danglard m’avoua qu’il leur faisait subir des tests extrêmes. (voir le blog consacré  à ce sujet)

Projection contre un mur, chute d’une table de cuisine ou démontage en force de l’habitacle. Vous comprenez alors que ces images barbares m’ont immédiatement fait penser aux tableaux cités plus haut, comme ceux représentant par exemple Sainte Catherine d’Alexandrie.

Cette dernière avait refusé les avances de l’empereur Maxence. Furieux ce dernier la fit enfermer sans nourriture. Elle fut sauvée par une colombe qui lui apportait de quoi se substenter. Qu’à cela ne tienne, l’empereur la condamna au supplice de la roue…qui d’après la légende se brisa suite à intervention divine et devint ainsi son attribut iconographique.

Excédé, l’empereur décida de lui faire trancher le cou. Ces épisodes décrits dans la Légende Dorée ont fourni matière aux artistes. De Rogier Van der Weyden à Hans Memling en passant par Giovanni da Milano.

Les siècles ont passé. Désormais, dans le prolongement de l’action de M. Danglard qui martyrisait ses modèles en plastique, c’est la matière même qui est vouée aux gémonies.

Regardez ce splendide catalogue Norev du début de production. Pour convaincre de la qualité du plastique utilisé par Norev une clientèle réticente, le dessinateur s’est surpassé. Pour peu, on penserait qu’il s’est servi des “expériences” de M. Danglard.

On voit le bambin utiliser des outils dignes des tortionnaires sous l’inquisition espagnole, tenailles et autres pinces, afin de vérifier la bonne tenue de la “peinture” !

L’expérience du “grand saut dans le vide” est également décrite avec force  détails. Je passerai rapidement sur la projection de la version mécanique contre la plinthe de l’appartement. Malgré cet ajout de puissance, la carrosserie résistera. Enfin selon la publicité du catalogue.

Tous ces efforts de communication n’étaient pas vraiment utiles. Ces miniatures en plastique avaient déjà trouvé leur clientèle. J’en fais partie.

Il y a quelque temps, une partie de la population a pris conscience du danger pour la planète de la profusion du plastique, et surtout de son difficile (impossible ? ) recyclage .

Cela a commencé avec la suppression des sacs plastiques dans les commerces. Désormais ce sont les emballages et les bouteilles dans cette matière qui sont dans le collimateur du législateur et des écologistes.

Ainsi mon épouse est partie en croisade contre le plastique. Désormais, elle n’achète plus de pot de fromage blanc au supermarché mais va à la crémerie avec son pot réutilisable qu’elle fait remplir. Idem pour le café et pour bien d’autres produits qui étaient auparavant conditionnés avec des emballages jetables. A la maison, haro sur le plastique.

Et mes miniatures ?

Après l’article réalisé il y a quelques années sur le blog “Le plastique c’est fantastique” (voir cet article) , désormais le leitmotiv à la maison c’est “Le “plastique c’est satanique”.

Je commence à regarder mes Norev d’un autre oeil.

Vu la tournure des événements, l’heure est à l’urgence pour réaliser des articles sur mes miniatures en plastique. Prochainement, faire l’apologie de ces miniatures pourrait être limité, contrôlé, voire interdit.

Oser montrer des autos en plastique, avec leur emballage en plastique ! Une hérésie ! On en a décapité pour moins que cela.

Avant qu’il ne soit trop tard, j’ai donc souhaité vous présenter quelques raretés injectées en plastique.

Le bassin méditerranéen a été un grand pourvoyeur de jouets en matière plastique, toutes qualités confondues.

En Italie, une firme se détache des autres par son utilisation différente, plus luxueuse, de la matière plastique. On pourrait la comparer à Gégé, marque française, qui, elle aussi, a proposé des miniatures dignes déjà à l’époque d’être placées à côté des plus belles productions en zamac.

Cette firme c’est ICIS Fergam de Milan. Les premières séries sont équipées de châssis en tôle et de très belles jantes en acier chromé qui donnent à ces miniatures une fière allure.

Plus tard, à l’image des Norev, elles recevront des jantes en plastique ayant reçu une finition chromée, qui malheureusement ont du mal à tenir dans le temps. Les nombreuse parties rapportées en plastique chromé donnent à ces autos de la prestance.

Il y a dans cette gamme une auto qui  se détache nettement des autres par sa rareté. C’est un modèle mythique, l’Alfa Romeo Giulia TI .

J’ai pu trouver deux couleurs de cette miniature. Il semble qu’il existe également un modèle vert. Esthétiquement, l’auto n’a rien d’extraordinaire. Mais l’Alfa Romeo a été produite très peu de temps et elle est rare.

Dans la gamme je lui préfère l’originale Ferrari 250 GT Pininfarina ou la Lancia Appia coupé. Le plastique est d’une qualité qu’on pourrait dire supérieure, donnant l’impression qu’une laque a été appliquée. Toutes ces autos sont sorties entre 1959 et 1960. Soixante ans après leur aspect est toujours aussi séduisant.

L’historique de ces modèles est assez compliqué à retracer. Une analyse montre que plusieurs d’entre eux ont connu d’ importantes variantes de moule.

La Lancia Flaminia en est un parfait exemple. Observez les deux calandres, les clignotants et les autres détails de la carroserie. La première version est équipée d’un beau chassis en tôle qui sera remplacé par un châssis moulé en plastique. La version unicolore est peu fréquente.

Les autres Lancia sont fort réussies. Si l’Appia existe en Mercury, à une échelle inférieure, la version coupé d’ ICIS est inédite. Il existe d’autres variantes de couleurs.

Les Fiat n’ont rien d’original. Elles ont toutes été déjà vues, chez Mercury notamment. La seule qui se détache est la Fiat 1200 cabriolet, très convaincante.

La Fiat 1800 berline, même si elle a été vue ailleurs, est loin d’être facile à se procurer. Comme pour la Lancia Flaminia, je n’ai jamais revu une version noire unicolore.

L’Alfa Romeo 2000 berline est assez fréquente.

Cette gamme a toujours été recherchée. Dans les années 80, nous avons pu profiter de quelques opportunités, et ainsi compléter les couleurs. Mais ces modèles sont toujours fort prisés en Italie.

Il est désormais important, pour nos petits enfants, de ne pas encourager la diffusion des jouets en plastique. Mais il ne servirait à rien d’éliminer ces beaux jouets, ces miniatures fabriquées dans une matière pleine d’avenir en 1960 et qui ont gardé tout leur pouvoir d’attraction.

 

Petit bonheur

Petit bonheur

Le contraste est saisissant. Violent même. La lumière artificielle et surexposée des spots renforce cet effet. C’est presque aveuglant.

Vous avez passé non sans mal le contrôle de sécurité de l’aéroport et vous débarquez dans le royaume du “Duty free”. Tout y est luxueux, cela brille, l’or jette ses feux.

A ce moment vous vous demandez même si vous ne vous êtes pas trompé de chemin. Mais non, la route est imposée. Obligé de traverser ce pays de Cocagne pour rejoindre l’avion.

Comme Ulysse vous devez résister aux sirènes du monde du luxe. Elles sont toutes là, plus belles les unes que les autres, rivalisant d’ingéniosité afin de se démarquer des voisines.

Je résiste à la tentation de m’arrêter quand soudain j’entrevois comme une échappatoire, une faille, une ouverture… Une pancarte indique que l’entrée est libre : j’y vais.

Vous n’avez pas rêvé, des oeuvres d’art sont là. Offertes au regard des voyageurs, comme une récompense après les différentes épreuves que vous venez de traverser. Un vrai bol d’air. Je m’y engouffre avec délice.

Cette petite exposition est consacrée à Dina Vierny. Elle fut le modèle d’ Aristide Maillol puis de Bonnard, Matisse et Dufy.

C’est beau et c’est touchant de découvrir la même femme à travers le regard de plusieurs artistes. Chacun avec le style qui lui est propre. Plus tard cette femme ouvrira une galerie à Paris. Saluons donc cette heureuse initiative des aéroports de Paris. Cette exposition était visible dans le terminal 2E hall M.

Vous l’avez compris c’est ce hall que j’ai emprunté afin d’embarquer pour la bourse d’Allentown aux Etats-Unis comme chaque année à pareille époque.

La-bas j’ai eu aussi,  comme à l’aéroport mon lot de désagréments avant l’éclaircie.