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Mon père

Mon père

Le soleil vient de se lever. Il brille déjà. C’est la promesse d’une belle journée de fin d’été. Nous sommes le dimanche 1er septembre 2019. Il est 7h30 et c’est l’heure de mettre en ligne le 541ème blog.

J’ai cependant une émotion particulière en le publiant. Un pincement au coeur. Il marque une étape dans ma vie. Désormais pour moi le blog ne sera plus jamais plus comme avant. Vous pouvez relire ce 541 ème blog consacré aux Fiat 1400, regarder les photos, vous ne trouverez rien de bien différent par rapport aux précédents.  (voir le blog 541).

Ce matin cependant je sais qu’il manquera un lecteur. “Mon” premier lecteur, mon père. Il nous a quitté ce jeudi 29 août 2019.

C’était sa première activité du dimanche : lire le blog.

Ce blog a été créé dans des circonstances bien particulières (voir le blog consacré à ce sujet). J’ai compris assez vite que  je l’avais fait pour lui. C’est pour lui témoigner ma reconnaissance que chaque semaine je publiais ces textes et ces photos toutes issues de notre collection.

Le blog me permettait de lui présenter notre collection sous un autre angle, comme une invitation à la redécouvrir. A 80 ans, il avait gardé un regard d’enfant pour ses vitrines. Jusqu’au bout, il a su admirer ses modèles comme il les admirait au premier jour de leur acquisition. Il nous a transmis, à mon frère et moi, la qualité rare de toujours s’émerveiller et de ne jamais être blasé.

Cette collection a une histoire hors du commun. Mon père est né le 2 septembre 1939, la veille de la déclaration de guerre. Il a eu très peu de jouets : un camion de pompiers Vébé et des soldats Quiralu.

Il n’avait aucun ressentiment par rapport à cette situation. A cette époque, elle était commune à beaucoup de familles.

Le début de cette aventure tient à presque rien, une petite étincelle, un dimanche au marché aux puces de Saint-Ouen. Nous étions en 1974 et j’avais 11 ans. Il nous avait acheté chez un brocanteur du marché Serpette à mon frère et à moi une miniature chacun.

Je ne me rappelle plus celle que mon frère avait choisi mais je me rappelle très bien de la mienne. Il s’agissait d’une Panther Bertone de chez Politoys à 19 francs. Peut-être est-ce la manière dont j’en ai pris soin, la manière dont je l’ai conservée qui a éveillé sa curiosité.

Les parents et les grands-parents essaient souvent de développer chez leurs enfants un intérêt pour la collection : timbres, porte-clefs, minéraux, trains…. Par ce biais, c’est quelquefois sa propre satisfaction que l’adulte recherche. Mon père rêvait peut-être aux jouets qu’il n’avait pas eu.

Nous allions très fréquemment au marché aux puces. Quelque temps plus tard, sur le trottoir menant au marché Jules-Valles, il avait été attiré par un stand de jouets anciens et notamment par les modèles situés dans la petite vitrine plate.

Le fait qu’ils soient ainsi protégés et mis en valeur les distinguait sans conteste des autres miniatures présentées en vrac. C’était le signe évident de leur supériorité. Mon père avait attrapé le virus.

Nous avons choisi ensemble une Renault Etoile filante de chez CIJ, la même que nous voyions à l’époque au pub Renault. La semaine suivante, nous avons commencé la série des monoplaces Dinky Toys Grande- Bretagne et des bolides de la série 100. Puis vint l’envie des voitures de record, des camions citernes, puis des camions publicitaires.

Ne cherchez pas de logique. La seule constante fut le désir d’acquérir les pièces rares et notre apprentissage se fit à l’écoute des plus anciens, des professionnels, et des autres collectionneurs. Nous avons eu suffisamment d’apétit et d’humilité pour acquérir rapidement les bases.

C’est en rangeant sa bibliothèque, en voyant tous les ouvrages auxquels nous avions participé que jai mesurer l’étendue, la diversité et la qualité de cette collection.

Le premier a nous avoir sollicité pour illustrer un ouvrage fut Bertrand Azéma. Il est venu de nombreuses fois à la maison pour ses deux premiers ouvrages. En 1980, nous étions bien peu à collectionner les variantes de couleurs de la série 100.

La première rencontre avec Jean-Michel Roulet date de 1980. Près de 40 ans après notre première rencontre, nous avons eu beaucoup de plaisir à collaborer à son dernier ouvrage. Pouvoir communiquer aux nouveaux collectionneurs des photos, des documents qui les aideront dans leurs recherches a été un réel plaisir.

C’était comme un juste retour des choses : le premier ouvrage de Jean- Michel Roulet paru en 1978 avait guidé nos premiers pas de collectionneurs de Dinky Toys.

Notre collaboration aux ouvrages consacrés aux Tekno et aux productions danoises tient à une anecdote. Une très grande partie des modèles photographiés dans ces livres ont été faites chez mon père.

A chaque voyage à Copenhague, Hans Hedegard, l’auteur de ces livre,  me vendait quelquesTekno de sa collection. J’y allais cinq fois par an. Un jour, en présence de son épouse, il m’a expliqué qu’il était d’accord pour continuer à me vendre des modèles à la condition que j’accepte qu’ils viennent photographier notre collection pour la seconde édition du livre, édition qui se distinguait de la précédente par le passage à la couleur. Ils sont venus faire ces photos deux jours durant. L’opération s’est renouvelée plus tard pour le livre sur les jouets danois.

Quand des collectionneurs toulousains,Thierry Redempt en tête, se sont mis en tête de retracer l’histoire de CIJ et JRD, ils nous ont bien évidement contactés. Ce fut une belle collaboration et un beau succès commercial. Plus tard, ils ont récidivé avec trois ouvrages sur les Dinky Toys, qui offrait aux amateurs de la marque une vision différente de celle qui prévalait. 

A chaque fois, c’est avec plaisir que mon père faisait partager sa collection, avec le le souci louable de donner aux autres ce que nous avions reçu 40 ans auparavant.

Deux semaines avant la disparition de mon père, mon ami Jakob m’a cédé une pièce rare à Houten : un Volvo N88 Titan promotionnel pour le réseau Volvo en Suède, avec sa boîte créée pour l’occasion. Nous en possédions déjà, un, sans la boîte. Il faut dire que cette dernière n’avait jamais été répertoriée.

En le comparant avec l’exemplaire que nous possédions déjà, je me suis apperçu qu’un marquage sur un des cubes différait : “Volvo Viking Diesel ” contre “Volvo Viking”.

Sur le chemin du retour des Pays-Bas, j’avais eu le plaisir de partager cette découverte avec lui au téléphone

C’était un rituel immuable. Sur le chemin du retour de chaque bourse, je lui passais un petit coup de téléphone. J’entends encore résonner sa voix : “Alors, tu as trouvé de belles choses”. Il utilisait la forme affirmative, c’était pour lui une évidence. Je ressentais bien la fierté qu’il avait pour moi.

Le lendemain de sa disparition, un autre Tekno, un Scania 110 semi-remorque citerne “Gulf ” est venu compléter la collection. J’ai ressenti le vide.

J’ai compris que je n’allais plus pouvoir l’appeler  pour lui annoncer ma découverte. Je me suis rendu compte que j’étais seul. Plus personne pour partager le plaisir de la découverte. Je n’avais pas anticipé cette situation.

J’avais 11 ans quand l’aventure a commencé, j’en ai 56 aujourd’hui. Jamais nous n’aurions pu imaginer le destin de cette incroyable collection.

Depuis sa disparition, je me rends compte cependant que sa plus belle réussite est ailleurs, dans le fait d’avoir su souder une famille autour de lui. Désormais c’est à mon frère et à moi de conduire cette famille et de transmettre les belles valeurs qu’il nous a inculquées. C’est pour être digne de lui et de sa mémoire que je m’y attacherai, c’est ce qui me permettra de surmonter ce moment difficile, et de continuer de collectionner

Philips c’est plus sûr ?

Philips c’est plus sûr !

Ce slogan publicitaire vous l’avez sans doute lu des dizaines de fois. On peut dire qu’il est gravé dans nos mémoires, au point que l’on ne cherche même plus à le comprendre.

Il s’adressait à la ménagère qui achetait un appareil électroménager, au père de famille qui se renseignait pour une télévision ou au commerçant qui devait changer ses néons. je ne vais pas faire l’inventaire des produits de la firme d’Eindhoven, tant sa palette était large et adaptée aux besoins de tous.

Une chose est sure, son service marketing était des plus efficaces, si l’on en juge par le nombre de modèles réduits qui ont porté le nom de cette multinationale dans les années cinquante-soixante.

Grandes et petites séries semblent avoir jalonné l’histoire des modèles réduits aux couleurs de cette firme. Je n’ai aucun doute sur les accords “payants” ayant lié Phillips au monde du jouet. Prenons les panneaux publicitaires Minialuxe. Je doute que Philips n’ai pas versé son obole pour voir apparaître son nom sur ces panneaux.

Quel intérêt autre que celui d’une rémunération aurait-‘il pu conduire à ce choix chez Minialuxe? De quel avantage en nature la firme française aurait-elle bénéficié? On aimerait poser la question au dirigeant de l’époque.

Autre exemple. Prenons le Volkswagen Kombi de premier type, référence 413 de chez Tekno. Celui aux couleurs de Philips est le plus fréquent de toute la gamme de ce fabricant. Tous les collectionneurs le possèdent.

On sait que Tekno a produit beaucoup de versions différentes de son Volkswagen Kombi. Pour la firme danoise, le critère du choix de la publicité apposée sur le fourgon résultait du marché auquel le modèle était destiné : local (Danemark), Scandinave (Suède, Finlande) ou alors “le reste du monde”.

Très vite les dirigeants ont compris qu’envoyer des modèles vantant un journal danois ou un fabricant de brosses à dents dont la production ne sortait pas du Jutland n’avait aucun intérêt pour les clients de la Grande-Bretagne ou des Etats-Unis.

Il  était donc important de faire figurer des firmes présentes aux quatre coins du monde. Les compagnies pétrolières comme BP, Caltex, Mobil répondaient parfaitement à ce critère. Des firmes d’électroménager comme Bosch ou Philips également.

Lego Volkswagen Kombi "Philips" (document Anticommondo)
Lego Volkswagen Kombi “Philips” (document Anticommondo)

Il est troublant que Philips se soit rapproché d’une autre grande firme de jouets danoise, Lego, pour commander une série de véhicules portant son logo (Mercedes semi-remorque et Volkswagen  Kombi). Ces modèles semblent n’avoir été distribués qu’à travers le réseau Philips.

Il n’y a qu’un pas à franchir pour imaginer que Philips et Tekno scellèrent leur accord par un contrat.

Ainsi le Volkswagen Kombi puis également ne l’oublions pas, le Ford Taunus ont été décorés aux couleurs de Philips. Si le Volkswagen a été produit en très grande quantité, le Ford Taunus l’a été en quantité beaucoup plus réduite, sûrement pour des raisons de coût de revient du produit Il est donc logiquement bien plus rare.

Cette version du Volkswagen aux couleurs Philips vous la retrouvez dans le monde entier ! Ce fut “la” version exportation de la gamme. Si vous êtes familiers des Tekno, vous aurez remarqué que l’on peut même trouver les deux types de jantes (zamac brut puis acier chromé avec le logo VW au centre) prouvant bien que cette version fut produite sur une très longue période. Sur la dernière version, la nuance bleue tire sur le violet.

Tout cela n’aurait pas nécessité un blog si, il y a trente ans, dans une vente chez Christie’s n’était apparue une version “Philips” gris clair uni. L’authenticité ne faisait aucun doute.

Il faut parfois faire des choix et je n’ai pas pu l’acquérir. Sa livrée gris unicolore était empruntée à celle de la version “Zoo”.

Heureusement, un autre exemplaire a été mis en vente quelques années plus tard, toujours en Grande-Bretagne. Il venait d’une collection américaine. Il était accompagné d’une autre version finie en deux tons de vert, finition empruntée à la version “Dansk Lakfabriker”.

J’ai pu acquérir ces deux modèles des plus intéressants.

Bien plus tard, chez Collectoys, j’ai été intrigué par la nuance de couleur d’un modèle proposé aux feux des enchères. Personne n’avait remarqué que les décalques Philips avaient été appliqués sur une version Oké (crème et bleu moyen).

L’expérience est l’alliée du collectionneur. Il y a du plaisir à repérer une variante qui était jusque là inconnue.

Le fait que Tekno ait puisé des versions déjà assemblées dans ses stocks pour compléter des envois vers les pays anglo-saxons confirme que l’entreprise a dû parfois improviser pour assurer ses commandes.

La version gris unicolore peut paraître logique car l’originale est gris clair et bleue. Celle empruntée à la version Oké  peut également être compréhensible.

Par contre la version finie dans les deux tons de vert n’appartient à aucune logique. On peut simplement penser que Tekno devait être fortement démuni à ce moment-là pour avoir été chercher cette couleur. Cela donne à penser qu’il y a d’autres combinaisons hasardeuses. Si vous en possédez , n’hésitez pas à me le faire savoir !

Finalement, après quelques quarante-cinq années de collection de Tekno, cette version que je ne regardais plus en vitrine, j’ai appris à la reconsidérer et à l’apprécier à sa juste valeur. Celle d’un modèle de très grande diffusion, qui a connu quelques incidents de parcours.

Je me demande si le slogan entrevu au début de l’article était bien choisi. “Philips” c’est vraiment plus sur?  Pour les modèles Tekno on peut se poser la question. Et pour la Citroën 2cv camionnette de chez Dinky Toys?

PS: je n’ai pu résister au plaisir de vous faire partager la réalisation d’un ami Belge qui travaillait chez Philips à Bruxelles. (voir le blog consacré à Monsieur Alain). Autant le dire de suite, ce modèle n’a jamais été réalisé chez C.I.J !  c’est un clin d’oeil du regretté  monsieur Alain au Citroën 1200kg  réalisé par Dinky Toys.

Dernier Blog de la saison. Rendez- vous en Septembre.

 

 

 

 

 

 

 

Lennart, une histoire d’amitié.

Lennart, une histoire d’amitié.

C’est un trajet que je redoute. La route qui ramène de Londres en France est semée d’embuches. Il faut prévoir large si l’on veut être à l’heure pour attraper son bateau ou sa navette. A chaque fois c’est une course contre la montre. On a vite fait de rester à quai une heure ou deux en cas d’échec.

En ce samedi 25 mai 2019 cela s’est bien passé. Avec M. Dufour qui m’accompagnait, nous avons même pu avoir la navette précédente. Même lorsque le précieux sésame d’embarquement est enregistré, il faut encore franchir les postes de douane et parfois, la navette s’envole car les formalités ont trainé.

Cette fois c’est bon. Nous avons même cinq minutes d’avance, et le frein à main serré, le moteur arrêté, j’en profite pour sortir mon téléphone. C’est une chose que je ne fais pas en temps normal car j’essaie d’éviter la dépendance à l’outil.

Mais ce jour, j’attends des nouvelles de Patrick l’informaticien qui doit dépanner le site hébergeant le blog. Je me contente de survoler la liste des noms des gens qui m’ont écrit. Là, je vois le prénom d’un ami suédois.

Intrigué, j’ouvre le message. Il m’apprend que notre ami commun, Lennart Elmqvist, est souffrant. Cette nouvelle vient ternir la joie que j’avais éprouvée pour avoir attrapé ma navette au vol. Elle vient me rappeler combien nous sommes fragiles et éphémères et comment il faut savoir relativiser les choses.

Elle me replonge instantanément dans le passé. Celui des belles rencontres que j’ai faites durant mes voyages en Scandinavie. C’est la passion de la marque Tekno qui m’avait poussé à aller chercher sur place ce que je ne trouvais pas ici.

C’est là que j’ai rencontré trois personnes formidables. Elles étaient toujours ensemble. Inséparables.

Gunnar, l’organisateur de la bourse de Göteborg nous a quittés en 2004. (voir le blog “mon ami Gunnar”).

Lars avait pris ses distances avec la collection et évolué vers d’autres centres d’intérêts. Mais la passion des miniatures l’a repris.

Lennart, lui, a continué. Il a constitué une très belle collection . C’est un amateur de belles choses. En fin connaisseur, il sait apprécier nos Dinky Toys France et bien sûr les Tekno.

C’est Lars qui m’a envoyé le message m’annonçant les soucis de Lennart. Et je me mets à réfléchir à la définition que je pourrais faire “d’un ami collectionneur”. Intéressante question. Voyons le contexte.

Désormais, l’argent est roi. Il s’affiche partout. Prenez les revues spécialisées dans le domaine de la collection, les pages sont remplies de chiffres avec des zéros, sans qu’on trouve l’analyse qui pourrait les justifier. Tout est argent.

Les sites de ventes aux enchères en ligne se sont multipliés, permettant à n’importe qui de tirer le meilleur prix des objets qu’il a à vendre et de profiter ainsi de la compétition entre collectionneurs.

Heureusement, le monde de la collection n’est pas encore entièrement contaminé par cette course au profit. Il reste des amateurs qui, lorsqu’ils cèdent une miniature, s’intéressent surtout à l’endroit où elle va aller et au plaisir qu’elle va procurer à l’ami collectionneur.

Quand Lennart rentra un lot de miniatures provenant de la concession Volkswagen de Stockholm tout nouvellement créée (1963), c’est avec un réel plaisir qu’il a partagé avec moi sa découverte. J’ai encore son courrier.

Collectionneurs de Tekno nous n’avions pourtant jamais entendu parler de ces modèles hors-commerce.

J’ai fait un blog relatant une partie de cette histoire que je vous invite à relire. (voir le blog Scania Vabis).

Avec ce coffret cadeau Scania Vabis, il y avait aussi trois miniatures exceptionnelles. Trois Volkswagen bien sûr. Une 1200 et deux 1500. Les couleurs étaient connues, classiques. Par contre elles portaient chacune une inscription (jour, mois, année) sur le pavillon et l’inscription “Centrum”.

D’après Lennart il semblerait que ces autos aient été distribuées pour l’inauguration de cette très grande et toute nouvelle concession Volkswagen dans la capitale suèdoise, Stockholm. Le nom “Centrum” indique bien l’emplacement du garage.

Pour l’occasion, le propriétaire avait commandé à Tekno une série de Volkswagen  avec  le nom du garage et une date sur le pavillon. On peut peut penser que les festivités ont été organisées à ces dates.

Connaissant ma passion pour cette firme, Lennart accepta de m’échanger deux des trois modèles. Il garda dans sa collection la Volkswagen 1500 de couleur bleue, portant la date du “16.9.1963”.

S’il n’y avait pas eu de l’amitié entre nous, jamais il ne m’aurait cédé ces deux miniatures. S’il avait voulu en faire une question d’argent, il en aurait tiré un beau prix en les mettant aux enchères. Il n’a pas cédé aux sirènes du profit facile.

Mais ces autos, il sait où elles sont, et resteront. Elles lui survivront et me survivront aussi. Elles ont une histoire, elles symbolisent un peu l”amitié entre deux hommes qui va bien au-delà de l’intérêt de ces modèles.

Pour faire honneur à Lennart, qui apprécie ces modèles, j’ai rassemblé quelques autres Volkswagen 1200 pour accompagner la version “centrum”.

C’est une très belle série. En 1958 Tekno a offert une belle version, réduite au 1/43, contrairement à la version de 1954 (vitre ovale) qui était réduite au 1/50 environ.

La version “Centrum” de 1963 est une “mise à jour” de la version de “1958”. Comme sur la vraie voiture, des clignotants sont apparus sur le haut des ailes avant. Les feux arrière ont aussi été modifiés et positionnés plus haut. Enfin Tekno a modernisé sa miniature en adaptant un aménagement intérieur en plastique et une suspension.

Tekno a vu là un moyen habile d’adapter son modèle à de nombreux marchés locaux qui utilisaient cette auto pour leurs services publics : police, services postaux.

Je n’ai gardé dans cet article que les modèles contemporains de cette version “Centrum”, donc équipés de ces fameuses jantes en zamac enjolivées d’un insert en acier chromé. Elles sont la signature du fabricant danois.

La collection est un acte individuel. On collectionne pour soi. Mais dans cet univers particulier, on fait parfois de belles rencontres. Et ce sont elles qui donnent une histoire, comme un supplément d’âme à nos modèles réduits.

Alors, lorsque l’on n’a pas de nouvelles d’un ami, on s’inquiète, on a peur de plus revivre de tels moments . C’est un peu égoïste.

Il est temps de dire à Lennart qu’il est à l’origine de mes plus beaux souvenirs de collectionneur. Merci Lennart.

Ce blog devait paraitre Dimanche 16 Juin. Je voulais l’offrir à Lennart. Il est parti ce 11 juin 2019. Je présente à sa famille mes plus sincères condoléances. j’ai laissé le texte  au présent. C’est celui qu’il devait lire.

Littérature scandinave

Littérature scandinave

Hans Christian Andersen, poète danois et auteur de célèbres contes comme La petite sirène et Le vilain petit canard mit beaucoup de temps avant d’être reconnu dans son pays, où il fut d’abord moqué.

C’est à l’étranger, en Grande-Bretagne, en Allemagne et même en France où il sera l’ami d’Honoré de Balzac qu’il sera apprécié. Nul n’est prophète en son pays !

Désormais, le parc de Tivoli en plein coeur de Copenhague le met à l’honneur et le célèbre en héros national. L’artère pénétrante de Copenhague qui arrive sur la splendide place de l’hôtel de ville porte son nom.

Lego et Tekno, les firmes danoises de jouets les plus représentatives dans les années cinquante seront à l’image des critiques et du public danois contemporains de l’artiste.

Ils ne sauront exploiter cette manne locale .

On aurait apprécié que ces entreprises réalisent des fourgons aux couleurs de Tivoli, décorés avec quelques-uns des personnages les plus représentatifs de ces contes. Ces articles ne viendront jamais. Vers la fin de sa production, Tekno réalisera bien un fourgon Ford Transit aux couleurs de Tivoli mais sans aucune référence au poète et à ses personnages .

Pire, Tekno préférera proposer une version aux couleurs de Anders, l’éditeur danois chargé des intérêts du grand Walt Disney au Danemark, décoré de Donald et sa bande. Cet hebdomadaire est l’équivalent de notre journal de Mickey.

Déjà, en 1960, la culture américaine prenait de plus en plus de place dans notre quotidien. La petite sirène d’Andersen connaitra un succès mondial grâce à ce même Walt Disney. Ma fille s’en souvient encore .

Tekno a réalisé un modèle splendide. Il a conçu une décalcomanie différente pour chaque face du fourgon, obligeant le collectionneur que je suis à en acquérir deux ! Ce n’est pas le plus rare de la série, mais son effet en vitrine est garanti.

Un autre magazine danois a eu l’honneur de voir ses couleurs apposées sur un Volkswagen fourgon de chez Tekno. Il s’agit du magazine “Familie Journal” concurrent direct de Anders. Là aussi, la décoration est des plus réussies. Tekno a utilisé toutes les surfaces disponibles sur le fourgon pour afficher les différents héros du journal. Superbe.

Ce magazine avait son pendant en Suède sous le titre “Allers” . Tekno reproduira aussi cette version destinée bien sûr au marché suédois. On peut ainsi voir les variantes linguistiques entre ces deux langues. La version suédoise est bien plus rare.

Dans une logique qui m’échappe un peu, Tekno apposera les décalcomanies de la version « Allers » sur le Volvo N88 ridelles bâché. On connaît plusieurs variantes d’assemblage de couleurs. On peut logiquement penser que Tekno trouvera ainsi dans cette version un débouché pour écouler ses décalcomanies.

Ces versions mythiques sont rares, mais doivent tout de même être appréciées avec un certain recul.

Le manque de cohérence dans l’assemblage des couleurs, en deux mots le manque de rigueur dans la fabrication de ces modèles font qu’à mes yeux ils ont moins d’intérêt que les deux Volkswagen fourgons.

D’autres journaux, des quotidiens cette fois, retiendront l’attention de Tekno. On y voit une certaine filiation avec ce qui se faisait en Allemagne ou aux Pays-Bas à la même époque.(voir le blog consacré à ces modèles).

“Jyllands Posten” journal édité dans le Jutland eut l’honneur d’une reproduction d’un fourgon Volkswagen à ses couleurs, jaune et vert. Il est superbe. Ce modèle a été distribué dans le réseau commercial traditionnel, même si on peut imaginer qu’il connut aussi un usage interne au journal.

Le grand journal « Berlinske Titende » avec ses couleurs si représentatives, vert et crème s’affichera sur une reproduction d’un Volkswagen Kombi, de premier type, sous la référence 413. Il bénéficiera d’une diffusion traditionnelle, en commerce.

C’est sûrement une des versions les plus courantes que Tekno réalisera. Le second moule, portant la référence 405, reconnaissable à son échelle de reproduction supérieure (1/43 environ), équipé de vitres et d’un pare-choc arrière connaitra également une reproduction aux couleurs de ce journal. C’est là l’une des plus rares versions réalisées par Tekno sur ce type de carrosserie. On a du mal à comprendre ce qui s’est passé. Lorsqu’on a le modèle en main, on s’apperçoit que Tekno a essayé une nouvelle technique pour  appliquer la décoration et que cela n’a pas été une réussite technique. On comprend du coup l’arrêt rapide de cette version.

Je n’en connais que 4 exemplaires.

La version réalisée pour « Aalborg Stiffstende » journal de cette ville côtière est promotionnelle. Les couleurs jaune et noir sont des plus attrayantes.

J’ai gardé pour la fin le Volkswagen fourgon aux couleurs de «Politiken Ekstra Bladet». Sa réalisation laisse songeur sur les capacités de Tekno a produire une version particulière. La miniature reprend les couleurs du vrai véhicule qui reçoit une décoration bicolore. En cela rien d’extraordinaire.

Cependant, au lieu d’avoir une découpe horizontale, elle est verticale et et en courbe. La réalisation d’une petite série a obligé Tekno a concevoir un atelier particulier où une personne aidée d’un pochoir appliquait la peinture de couleur bleue. On aurait aimé connaître le nombre d’exemplaires produits et surtout le nombre de rebuts.

C’est bien évidemment une version hors commerce. J’ai pu récupérer un autre objet, représentant le même Volkswagen avec les mêmes couleurs. Il est en papier plié. C’est la silhouette du fourgon qui est dessinée et articulée au sommet du pavillon. Un texte en danois explique au lecteur tout l’intérêt du journal. A défaut d’avoir la version réalisée par Tekno, c’est un excellent palliatif.

Il est intéressant de constater qu’un certain nombres de décorations réalisées par Tekno sont la reproduction fidèle de véhicules circulant dans les rues de Copenhague. Cette série publicitaire en papier, de Volkswagen et de Ford Taunus le confirme.

Bien plus tard, sur la base du Ford Transit, Tekno réalisera une autre version aux couleurs de ce même journal. Elle n’est pas rare. On est cependant frappé par la finesse de la reproduction des décalcomanies.

Une page du journal est reproduite sur un flanc et on peut parfaitement y lire le texte,…en danois bien sûr.

On constate que Tekno, ou tout du moins le fabricant de décalcomanies qui effectuait ce travail pour Tekno maîtrisait comme nul autre fabricant au monde cette technique d’impression. C’est bluffant. Plus tard, le fabricant italien Cartograf qui fera ses armes avec AMR  puis Solido égalera et dépassera même cette qualité vue au Danemark 20 ans plus tôt.

La renommée de Tekno vient notamment de ses décalcomanies extraordinaires.

 

La lectrice

La lectrice

Dernièrement, une information a retenu mon attention. Un chercheur gallois annonçait que les suites pour violoncelle de Jean-Sébastien Bach avaient été en partie composées par son épouse, Maria-Magdalena. Il récidiva plus tard en annonçant que la soeur de Mozart avait participé aussi à la composition de quelques oeuvres. Je ne sais s’il faut accorder trop de crédit à ce genre d’annonces, mais une chose est sûre, je ne vais pas attendre qu’un journaliste découvre le pot aux roses avec le blog de l’Auto Jaune : je l’avoue dès à présent, mon épouse participe à l’écriture du blog.

Je me souviens du jour où elle a regardé la feuille sur laquelle j’avais rédigé le brouillon de mon premier blog. Connaissant ses facultés de rédaction, je souhaitais qu’elle ait un regard critique sur mon travail. Ce fut la douche froide.

Contresens, erreurs de syntaxe, fautes d’orthographe, le bilan n’était pas fameux. On peut dire qu’elle s’arrachait les cheveux. Elle m’a confié plus tard avoir bien cru que nous n’y arriverions jamais.
Moi qui partais avec de grandes illusions, j’ai compris qu’il allait falloir travailler dur si je voulais arriver à mon but : partager et transmettre ma passion des autos miniatures.

Ainsi, à grands coup de ciseaux” pour reprendre son expression favorite, mon épouse a remanié le texte afin qu’il soit clair et compréhensible de tous. N’ayant pas un égo surdimensionné, j’ai pris la chose avec philosophie. Avec le temps, j’ai pu constater que ses corrections permettaient aux gens non initiés au monde de la collection de miniatures de trouver un intérêt à la lecture de ces quelques lignes.

Il faut reconnaître que le support papier n’était pas la bonne solution et que le traitement de texte facilite le travail à quatre mains. Mais l’inspiration me venant souvent de manière soudaine, sur mon vélo, dans une salle de cinéma, dans un musée ou dans le métro j’ai toujours besoin de consigner l’idée sur une feuille avant qu’elle ne s’envole.

Cependant, poursuivant notre petit bonhomme de chemin, nous voici arrivés au cinq-centième blog, ce qui représente quelques feuillets. Je n’ai  pourtant jamais eu la tentation de concevoir un ouvrage sur notre collection. Ce qui m’intéresse, c’est de présenter les miniatures à travers leur histoire et mes expériences personnelles, sous un angle original et différent de ce qui existe déjà. Pour cela, le blog laisse une liberté sans pareille : il est de plus accessible à tous. Et si de livre il n’y aura jamais, j’ai quand même décidé de faire un clin d’oeil au monde de l’édition en retenant ce thème pour le blog du jour.

En fait, je dois avouer, qu’il y a déjà très longtemps que je cherchais un prétexte pour vous montrer une miniature qui me tient à coeur. Il s’agit d’un véhicule réalisé par Erzgebirge.

C’est plutôt la thématique choisie par le fabricant qui est exceptionnelle. Il s’agit d’un bibliobus des années trente. D’après des photos que j’ai pu voir du vrai véhicule, il aurait été conçu sur la base d’un Büssing.

Réalisé bien sûr en bois, comme tous les jouets de cette firme, il possède un charme indéniable. Le fabricant a même pris le soin de faire figurer à l’intérieur, à l’aide d’un tampon, des livres rangés sur des étagères.

Une figurine représentant la bibliothécaire finit de donner au jouet toute sa poésie. Enfin, il est intéressant de rapprocher la fabrication de ce jouet de la période troublée que traversait l’Allemagne dans les années trente et notamment de l’autodafé en 1933 des ouvrages écrits par des écrivains juifs ou communistes. Ce pacifique petit véhicule, contemporain de ces exactions, peut être vu comme un symbole de la transmission du savoir, mais aussi comme un pied de nez aux autorités nazies.

A partir de ce véhicule, j’ai choisi de dériver vers les véhicules arborant des noms de journaux ou de maisons d’édition situés dans l’Europe du Nord. Au regard du nombre de miniatures aux couleurs des grands quotidiens allemands, on ne peut s’empêcher de penser qu’il y  avait outre-Rhin un engouement pour ce type de vecteurs publicitaires.

Le grand quotidien “Der Spiegel” fera réaliser des miniatures à ses couleurs.

Märklin fournira tout d’abord un Volkswagen Kombi, puis Tekno un camion Ford D800.

Pour cette occasion, Tekno a conçu cet habillage de type fourgon, peu crédible mais bien pratique pour apposer l’autocollant ceinturant la caisse. Il s’agit bien sûr de véhicules hors commerce.

A partir de son Volkswagen fourgon, Wiking produira une version estampillée à l’aide d’un tampon “BZ” pour le Berliner Zeitung.

En tant que firme berlinoise, Wiking semblait une entreprise toute indiquée pour ce journal.Ce produit est rare. Je ne me souviens pas en avoir croisé un autre que celui que je possède.

C’est à RW Modell qu’un autre journal, le “Berliner Morgen Post” s’adressa pour reproduire ce sympathique Ford Transit châssis court.

La décoration est des plus sobres. Conçu pour une fonction promotionnelle, comme tous les produits présentés ce jour, il est également difficile à se procurer.

Autre pays du Nord a avoir utilisé les miniatures automobiles comme vecteur publicitaire, les Pays-Bas. Présentons deux rares et splendides produits. Le premier, a été réalisé pour un hebdomadaire de programmes de télévisions “Avro Bode”.

En échange d’un abonnement, le journal envoyait par la poste ce très sympathique Bedford 10cwt de Corgi Toys aux couleurs du magazine. Pour cette occasion Corgi Toys a réalisé une couleur spécifique, un très beau bleu dur, et a décoré les panneaux du fourgon de décalcomanies aux armoiries du journal. La boîte, blanche, est très sobre. L’ensemble était bien sûr glissé dans un petit carton d’expédition que je n’ai jamais vu. Le produit est rare.

L’autre modèle est peut être encore plus intéressant. Le 21 décembre 1963, en échange de 3 Florins, le lecteur du journal “Haagsche Courant” pouvait acquérir une reproduction “made in Denmark” (dans le texte) d’un Volkswagen Kombi aux couleurs du journal. Pour ma part, j’ai acquis le journal près de 30 ans après avoir eu la miniature et ce document a autant d’intérêt que la miniature produite par Tekno.

Il se peut que l’objet ait été distribué par l’intermédiaire d’abonnements et qu’un surplus ait été vendu. Des lecteurs néerlandais pourront peut être m’éclairer sur ce sujet.

En attendant la suite, consacrée aux maisons d’édition scandinaves, je dois ici juste remercier mon épouse de m’avoir épaulé, aidé conseillé. Les textes n’auraient pas eu le succès qu’ils ont sans elle. Ils sont le fruit d’une longue complicité et nous avons un plaisir toujours renouvelé à vous les présenter. Quant à moi mon premier plaisir consiste à la surprendre à travers ces histoires.

 

 

 Autojaune

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