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Le gout du luxe.

Le goût du luxe

Je n’irai pas par quatre chemins. Au risque de diviser et de créer la polémique entre collectionneurs, Solido est à mes yeux la marque de jouets la plus passionnante du siècle dernier. Elle a su se montrer innovante tout en assurant la constance de sa production.

Je suis un collectionneur éclectique, mes centres d’intérêt sont nombreux, mais s’il faut avoir une préférence, c’est à Solido qu’elle va.

L’acquisition récente de quelques coffrets de montage Solido m’a ramené à l’excellent ouvrage de Bertrand Azéma, “Jouets Solido 1932-1957”, ouvrage qui fait la part belle au créateur de la marque, Ferdinand De Vazeilles, et aux premières productions.

J’ai relu l’interview qu’avait donné son fils, Jean de Vazeilles en 2001 Ce dernier lui avait succédé en 1953.

Ferdinand et Jean de Vazeilles représentent à eux deux près de cinquante ans d’histoire de la production .

Et l’on constate que Solido a toujours été en avance sur les autres. La firme a produit pendant cinquante ans des jouets de qualité, robustes et ludiques grâce à leur conception intelligente.

Le fil rouge qui relie les premières Solido aux dernières n’est pas toujours évident à percevoir. On peine à établir le lien entre une auto de type “140” de 1932 (c’était la dimension en cm), qui prendra le nom de ” Major” en 1938 et une Alfa Romeo 2600 encore disponible en 1978 en coffret “Week End 1” devenu par la suite “Caravaning 1”.

Elles ont pour point commun d’être démontables et disponibles dans d’attrayants coffrets. Leurs montage, démontage et transformation ont occupé plusieurs générations d’enfants.

Pour mieux comprendre l’intérêt de cette firme, il faut remonter à sa création. Je me suis inspiré des écrits de Bertrand Azéma qui avait eu des relations privilégiées avec le fondateur, Ferdinand de Vazeilles.

En 1919, Ferdinand de Vazeilles est le premier industriel en France à créer une entreprise de fonderie sous pression.

C’est lors d’un voyage en Angleterre, juste après la grande guerre de 14-18 qu’il a découvert cet outillage révolutionnaire. Il comprend immédiatement que ce type de machine possède un potentiel infini dans ce monde de l’après 1918, qui est à reconstruire. Son premier client sera Pleyel, le fabricant de pianos. Très rapidement l’industrie automobile suivra. Renault et Citroën seront de fidèles clients de sa société “Aluvac”.

L’affaire prospère. Ferdinand de Vazeilles prospecte sans cesse de nouveaux secteurs industriels qui pourraient avoir besoin de ses services. Parmi ceux-ci , l’industrie du jouet lui semble tout indiquée.

Il trouve que les jouets disponibles à cette époque, surtout ceux fabriqués en France  dits “jouet de quat’sous” mais  aussi les jouets en composition, sont dépassés. Il démarche les industriels du secteur, mais n’essuie que des refus.

Qu’à cela ne tienne, il les fabriquera lui-même. Il scinde sa société en deux, pour, très peu de temps après, ne garder que la fabrication de jouets. Il fallait qu’il soit sûr de lui. Le succès sera vite au rendez-vous. Il s’est positionné sur le haut de gamme, avec des articles assez chers. La finition chromée des autos renforce cette impression.

Ferdinand de Vazeilles a toujours eu le goût du beau. Dès la création des premiers modèles, l’idée de les proposer dans de luxueux coffrets a germé. Pour diffuser les grandes boîtes de montage, au prix élevé, il se tourne évidemment vers les boutiques de jouets les plus renommées, comme le fameux Nain Bleu rue Saint-Honoré à Paris.

Ferdinand de Vazeilles doit composer et offrir également des coffrets de taille plus modeste, au prix plus accessible. Des boîtes de deux carrosseries seront ainsi très vite proposées à la clientèle.

Ces dernières assureront la renommée de la firme. Les grandes boîtes demeurent, elles ont un côté inaccessible et font rêver les enfants.

Le principe de ces coffrets prestigieux perdure jusqu’en 1956. A cette date, le coffret “Concours d’élégance” contient plus de 20 modèles ! C’est un sommet inégalé dans le domaine des coffrets de miniatures automobiles. Summum du luxe, pour ce coffret, la clientèle peut choisir entre trois tailles.

Je vous laisse imaginer la dimension des coffrets. Ils constituent un véritable catalogue couvrant la production Solido du moment. On y retrouve mélangés des camions, des autos, des scooters, des avions provenant de diverses séries. Les Mosquito sont au 1/75, les Baby au 1/60 et les Junior au 1/40 environ. Un inventaire à la Prévert en quelque sorte.

Précisons que sur les notices professionnelles, ces coffrets ne sont pas décrits. Solido demande aux professionnels intéressés de se rapprocher de l’entreprise pour obtenir des renseignements. Peu furent produits.

Solido devait réserver ces coffrets à un petit nombre de commerçants, ceux qui avaient la clientèle potentielle. On imagine la fierté du commerçant qui, au moment de Noël, pouvait présenter un coffret de ce type dans sa vitrine illuminée.

La volonté de proposer de beaux coffrets est toujours restée ancrée dans l’esprit de la famille. Des coffrets Junior de grande taille, certes plus modestes que les démesurés “Concours d’élégance”, sont restés très longtemps au catalogue. Ils figurent sur les listes professionnelles jusqu’en 1967.

Quand la série 100 a été lancée, l’idée de la proposer parallèlement en version démontable ne semble pas avoir été retenue. Seuls trois modèles, au début des années soixante, connaîtront une déclinaison démontable : la Ford Thunderbird 63, l’Alfa Romeo 2600 et l’Aston Martin DB5 (voir les blogs consacrés à ce sujet).

Les accessoires issus des modèles Junior, le hors-bord et la caravane, reprendront pour l’occasion du service, et ce jusqu’à la fin des années soixante-dix !

Au début des années soixante, la direction va, à sa manière ressusciter les “Concours d’élégance”. De mémoire, cette tentative n’a jamais été consignée dans aucun ouvrage. Il faut dire que très peu d’exemplaires semblent avoir survécu . Ces coffrets sont exceptionnels de par leur rareté.

Pour les fêtes de fin d’année (1963 sûrement), il s’agit de proposer un produit exceptionnel à une clientèle exigeante et fortunée. Pour ces coffrets cadeau, la direction a réutilisé les emballages destinés à ses premiers coffrets de montage poids lourds. Elle les a garnis de modèles issus des séries 100, 200 et 300 : deux chars, un Patton américain et un PT76 russe, deux camions, un Berliet TBO benne et un Renault 4×4 bâché, deux autos, une Citroën Ami 6 et une Ferrari 250GT 2+2 et enfin deux voitures de course, une monoplace Ferrari 156 et un coupé Abarth 1000. L’étude de la liste des modèles montre combien la gamme était étendue.

La direction semble s’être “amusée à bien marquer les contrastes : deux blindés appartenant à deux camps opposés, une paisible berline française et un fougueux coupé italien, une fine monoplace et une GT de petite cylindrée.

Autos, camions et même char de combat se mélangent. On est bien dans l’idée de proposer un échantillon de la gamme du moment. Le poids de l’ensemble a peut être été un frein à la constitution d’une boîte de plus grande taille ! Les modèles de la série 100 ont tous pris de l’embonpoint, et celui des chars et des camions est conséquent.

J’ai pu trouver deux autres coffrets avec les véhicules encore ficelés réalisés à la même époque et utilisant la même base, le coffret de montage Poids-Lourd.

Le premier ne contient que des autos de tourisme de la série 100. On notera que Solido a pris soin de présenter ses modèles avec les portes ouvertes. L’aspect visuel est des plus réussis. Les modèles sont bien sûr maintenus sur le socle par le même type de ficelle qui était utilisé avec les modèles Junior.

Il va de soi que l’intérêt de ce type de produit est de le trouver avec les miniatures encore ficelées sur le socle. Quel enfant a pu résister au plaisir de couper la ficelle pour jouer avec ces belles miniatures ? Ceci explique le fait qu’ils soient restés si longtemps inconnus.

Un second contient la gamme des autos de course. Il est tout aussi somptueux. C’est un condensé des voitures qui ont dominé les divers championnats automobiles sur la période de la fin des années soixante. On notera l’uniformité des couleurs pour les modèles de nationalité anglaise. Ils sont désormais finis dans un”racing green” des plus convaincants.

Avant ces grands coffrets illustrés, Solido testa sa formule de coffret en réutilisant des boîtes de couleur jaune destinées aux coffrets Junior . Ces derniers ont été listés par Bertrand Azéma. J’ai d’ailleurs trouvé la trace d’une “boîte Le Mans” dans la notice destinée aux professionnels de 1958 et 1959.

Dans ses recherches sur Dinky Toys, Claude Wagner a retrouvé dans un catalogue “Le Bon Marché” édité pour les fêtes de fin d’année une photo  de ce coffret jaune contenant les autos de course de la série 100.

Avec le même boîtage, de forme plus grande, il existe un autre coffret, où les autos sont présentées en arc de cercle, comme dans la courbe d’un circuit. D’autres coffrets existent, contactez-moi si vous possédez l’un d’eux !

Le fait que la direction n’ait jamais cherché à créer un emballage spécifique semble indiquer qu’il s’agissait de ballons d’essai.

Dernièrement, j’ai eu l’opportunité de récupérer auprès de Mme Azéma deux autres coffrets des plus étranges. Ils témoignent encore de la volonté de proposer des objets luxueux.

Dans ce cas particulier, Solido a choisi la couleur or pour décorer le coffret contenant les miniatures. En voyant la boîte, on imaginerait plutôt qu’elle est destinée à recevoir un flacon de parfum. L’examen des autos nous amène au début des années soixante-dix (1973-1974). Ces coffrets n’avaient jamais été ouverts. Le film plastique scellant l’ensemble prouve qu’ils sont d’origine.

Cette année, deux autres exemplaires provenant directement de la famille de Vazeilles ont été mis sur le marché. Cette découverte prouve qu’une série a été faite. On comprend que le boîtage a été réalisé spécialement. Les miniatures sont dans leur boîte standard. Les boîtes superposées forment une colonne, insérée dans le luxueux carton.

Qui se souvient de ces éphémères coffrets ? Ils sont très rares. On comprend bien qu’une fois les fêtes de fin d’année passées, le commerçant pouvait facilement mettre en vente individuellement les miniatures des coffrets invendus.

On pourrait aussi ajouter à cette liste le rare cendrier avec la Panhard. Le cendrier est estampillé Solido. La boîte à elle seule transpire l’idée du luxe. D’ailleurs sur la notice le vocable est utilisé.

Durant la période de la présidence De Vazeilles, les coffrets hors norme ont été le fil rouge de la production. Ils témoignent d’une réelle volonté de proposer des jouets différents de ceux des concurrents, et d’associer à la marque une image de qualité. Une certaine idée du luxe en somme.

 

 

La Solido Ford Thunderbird au camping

La Solido Ford Thunderbird au camping

S’il est un trait qui caractérise bien Jean de Vazeilles, c’est d’être fidèle à ses convictions. Et c’est dans cet esprit qu’il reprend les rênes de Solido, l’entreprise familiale.

Ludiques. Les autos doivent être ludiques. Pour cela, son père avait conçu des jouets démontables. Et jusqu’à la cession de son entreprise au milieu des années soixante-dix, contre vents et marées, Jean de Vazeilles restera attaché à ce principe et veillera à ce qu’on propose des coffrets contenant des modèles à assembler. C’est ce qui avait fait la renommée de Solido dès le début des années trente.

Les axes aiguille, les couleurs flashy, les parties ouvrantes, les roues en nylon, rien ne viendra contrarier la certitude de Jean de Vazeilles selon laquelle les enfants ont plaisir à démonter leurs miniatures puis à les remonter. Certitude vérifiée, j’ai personnellement beaucoup utilisé la petite clef Solido. Cela fonctionnait si bien que l’on se prenait à rêver, on était le roi de la mécanique.

Nous avons vu il y a quelques temps comment la Ford Thunderbrid cabriolet avait servi de transition entre la série Junior et la série 100 (voir l’article sur la Ford Thunderbird cabriolet). L’histoire bégaie, et c’est sa descendante, la Ford Thunderbird coupé 1963 (voir l’article sur la Ford Thunderbird coupé référence 128) qui va inaugurer les nouveaux coffrets démontables succédant, dans l’esprit, aux coffrets Junior des années cinquante.

Il est bien difficile de savoir si cela est dû au lien avec la maison Ford, au hasard, ou tout simplement au besoin pour Solido d’amortir le moule de cette Ford Thunderbird coupé. N’oublions pas que Jean de Vazeilles était un bon gestionnaire. Le moule, coûteux, devait être rentabilisé au plus vite. Il aurait fallu lui poser la question.

Solido lancera donc deux coffrets : Week-End 1 et Week-End 2. Dans le premier c’est une Alfa Romeo 2600 qui est fournie. Dans le second c’est la Ford Thunderbird qui doit tracter la caravane.
L’Alfa Romeo avait précédé l’américaine au catalogue (référence 125) et possédait aussi les portes ouvrantes. La différence entre les deux coffrets consiste en la fourniture d’un hors-bord, d’une tente de camping et de personnages de la marque Starlux.

D’accord pour le hors-bord, mais quand on a ce type d’auto on va à l’hôtel et pas au camping !

Le coffret Week-end 2 connaîtra une très longue carrière. Encore une manière d’amortir au mieux l’outillage. Il sera rebaptisé “Caravaning” et la Thunderbird s’y verra finalement supplantée par une Renault 30 ou une Citroën CX plus en phase avec les années 80.

L’illustration du couvercle du coffret sera remaniée deux fois ! La dernière coïncide avec nos débuts de collectionneurs, au milieu des années soixante-dix ! C’était hier.

Ford et Solido: une longue complicité

Ford et Solido: une longue complicité

Avez-vous déjà compté le nombre de miniatures arborant le logo Ford dans la fameuse série 100 de chez Solido ? Il y en a huit, ce qui place le fabricant de Detroit au troisième rang des marques automobiles les plus représentées dans cette série. Ferrari détient le record avec 14 modèles. La seconde marche du podium est occupée par la firme allemande Porsche, avec neuf unités, juste devant Ford et ses huit modèles. Les trois marques représentent presque le tiers de la série 100. A travers ces chiffres, un constat s’impose. Celui de l’attachement et de la fidélité de Solido envers certaines firmes automobiles.

 

Pourquoi? M. De Vazeilles s’est exprimé sur le sujet en expliquant que certaines firmes comme Mercedes fournissaient les plans très facilement. D’autres entreprises comme Ferrari laissaient faire sans demander de contrepartie financière, comme c’est désormais le cas.
Il semble aussi qu’il y ait eu des affinités plus fortes avec certaines marques.

Ainsi, Ford a toujours bénéficié d’un traitement de faveur. Solido visait peut-être une ouverture sur le marché américain. On constate la volonté de proposer les déclinaisons et les évolutions d’un même modèle au fil des ans.

Par exemple, quand en 1956 Solido décide d’incorporer une version pick-up à sa gamme Junior, c’est une Ford qu’elle choisit. Près de quinze ans plus tard, dans sa série Major ressuscitée ce sera également une Ford, d’un millésime contemporain au coffret, qui remplira cette mission dans le coffret Major IV. Cette continuité montre bien les liens entre Solido et certaines firmes automobiles. Il aurait été intéressant que Bertrand Azéma questionne M. De Vazeilles sur ce sujet. Pouvait-il y avoir un contrat entre Ford et Solido ?

Dans la même logique, lorsque le cabriolet Ford Thunderbird a perdu son intérêt, il a été remplacé l’année de son éviction du catalogue, en 1963, par une autre version de la Thunderbird, plus moderne.

Solido ayant lancé en 1961 ses fameuses portes ouvrantes, elle choisit pour la nouvelle mouture de la Thunderbird la version coupé, avec portes ouvrantes bien entendu. Cela permettra au bureau d’étude de montrer l’étendue de son talent. Il est aussi très intéressant de constater que plus de vingt-cinq ans plus tard, quand Solido dans sa série Age d’or, se tourne vers les autos américaines de la période dite des “fifties” et des “sixties” très en vue dans les années quatre-vingt, c’est encore une Ford Thunderbird qu’elle propose. Ultime clin d’œil au passé, ce sera une version cabriolet du modèle 1961 ! Cette fois c’est le capot moteur qui est ouvrant.

Je me souviens très bien comment Bertrand Azéma m’a dévoilé la sortie prochaine de cette Age d’or avec des yeux gourmands. Nul doute qu’il avait conseillé le bureau d’étude dans ce choix.

Cette référence 128 va connaitre une très longue carrière. Lorsque l’on a commencé à chercher les variantes de couleurs au milieu des années 70, sa cote était basse du fait qu’elle était encore disponible dans les coffrets Caravaning. Cette ultime version était disponible en vert pomme. Quelle drôle d’idée !

Désormais c’est une auto prisée. Les nombreuses variantes de teintes excitent la convoitise des collectionneurs. Il y a pourtant à mes yeux de fausses raretés. Les versions bicolores, spectaculaires, ne sont pas rares. J’en ai vu bien plus souvent que des versions de couleur jaune, bleu métallisé ou rouge métallisé.

L’auto sera d’abord produite avec des phares moulés, peints de couleur or. Le châssis est généralement peint de couleur grise. Il faut toujours se méfier avec une firme comme Solido, des versions intermédiaires ne sont jamais à exclure.

En 1965, Solido voudra donner un coup de fouet à sa gamme en lançant la série “luxe 65”. Il lui faudra créer et mouler une plaque minéralogique sous le pare-chocs avant pour apposer l’immatriculation en papier fournie avec chaque auto. L’entreprise profitera de cette modification pour équiper son modèle de phares translucides.

Il est intéressant de constater que Solido continuera d’employer certaines teintes après avoir effectué cette modification, ce qui tend à prouver une certaine rigueur dans le choix de ces teintes et surtout la programmation de ces dernières dans le temps.

(voir l’article sur la Ford Thunderbird cabriolet 113B)

 

Avez vous le « Brevet pour la conduite des Dinky Toys »?

Avez vous le « Brevet pour la conduite des Dinky Toys »?

En cette année 1954, la reprise économique est là. La guerre et les restrictions semblent loin. La Foire de Paris en est le symbole fort. De plus, l’année 1954 correspond au 50ème anniversaire de la 1ère édition qui a eu lieu en 1904. Une grande campagne publicitaire accompagne la manifestation avec affiches, timbres et médailles commémoratives.

Dinky Toys essais de couleur de Buick Roadmaster
Dinky Toys essais de couleur de Buick Roadmaster

Meccano comprend l’importance de l’événement et décide de prendre un stand. A cette époque les industriels entendaient respecter leurs clients, c’est à dire les commerçants, et ils ne s’autorisaient pas la vente directe de leur production.

Désormais cela peut faire sourire, mais à l’époque, les marchands de jouets n’auraient pas accepté que Meccano fasse de la vente au détail sur son stand. S’il ne peut vendre ses produits, Meccano va savoir profiter de son emplacement pour les promouvoir.

Les coffrets de panneaux de signalisation lancés en 1953 sont un support idéal pour initier les jeunes conducteurs au code de la route. Un grand diorama est installé à cette fin. Les panneaux de signalisation Dinky Toys y ont la part belle. Priorité aux intersections, stationnement et sens interdits, passages à niveau, tous les pièges de la route sont reconstitués. Je devine le regard émerveillé des enfants devant une telle maquette. Les jeunes visiteurs sont invités à concourir afin d’obtenir leur « brevet pour la conduite des Dinky Toys ». Pour obtenir le précieux diplôme, l’enfant doit faire progresser une Dinky Toys en suivant les instructions d’un membre du personnel et en respectant les règles du code de la route et les panneaux routiers qui jalonnent le parcours.

Une question me taraude. Meccano profitait-il de cette rencontre avec sa jeune clientèle pour tester des nouveautés techniques ou des assemblages de couleurs de présérie ? En effet, en 2015, dans une émission de France Culture consacrée aux jouets, la fille de Jean de Vazeilles, le patron emblématique de chez Solido, avait expliqué que son père aimait placer des prototypes pour tester la réaction des enfants, notamment au moment de l’arbre de Noël.

Pour la petite histoire, l’exemplaire du « brevet pour la conduite des Dinky Toy » que j’ai récupéré provient des archives de Bertrand Azéma. Déjà passionné par les Solido, il n’avait cependant pas dédaigné le brevet DInky Toys !

Je profite de l’occasion pour vous présenter des essais de couleur de modèles sortis en 1954 chez Dinky Toys et qui auraient pu être présentés lors de cette Foire de Paris. L’année 1954 a été riche en nouveautés chez Dinky Toys, elles sont de belle tenue.

Citons la Ford Vedette 54 ainsi que la Buick, qui reste pour de nombreux amateurs, notamment les étrangers, la plus belle des Dinky Toys France. Deux utilitaires viennent enrichir le catalogue : le Peugeot D3A et le Citroën 1200Kg qui connaîtra une très longue carrière.
Cette même année, on constate chez Dinky Toys un fort investissement dans les techniques commerciales (dites aussi “Marketing”) pour inciter les jeunes amateurs à acheter les produits de la marque. Outre sa présence à la Foire de Paris, Dinky Toys fera réaliser un très beau présentoir agrémenté de fiches en carton afin de signaler les nouveautés de l’année. C’est un objet superbe et rare.

Une pochette transparente a été conçue afin de glisser les fiches portant le nom des nouveautés au fur et à mesure de leur sortie.

Pour l’occasion, j’ai fait imprimer des permis que je remettrai aux 200 premiers acheteurs du site. Afin d’éviter toute confusion avec le document original une mention signale qu’il s’agit d’une reproduction, datée de 2016 éditée à 200 exemplaires numérotés.

Banale, la Lancia Flamina Solido ?

Banale, la Lancia Flamina Solido ?

C’est l’interview de Jean de Vazeilles patron de Solido, qui m’a ouvert les yeux il y a une vingtaine d’années. Lorsque le journaliste lui a demandé quel était son modèle Solido favori, il a répondu sans l’ombre d’un doute, la Lancia Flaminia.

Moi, la Lancia Flaminia ce n’était pas mon modèle favori, elle venait après bien d’autres modèles. Il faut dire que la série 100 comporte un très grand nombre de miniatures exceptionnelles parmi lesquelles il est bien difficile de faire un choix.

Solido Lancia Flaminia avec phares moulés, jantes en acier et volant à trois branches
Solido Lancia Flaminia avec phares moulés, jantes en acier et volant à trois branches

Monsieur De Vazeilles expliqua son choix par la fierté qu’il éprouvait d’ avoir été le premier fabricant de modèles réduits au monde à proposer une miniature avec des portes ouvrantes. Parmi toutes les innovations techniques de Solido, notamment celles relatives à la suspension et aux chenilles moulées, c’est celle-ci qui lui procurait le plus de fierté.

Depuis ce jour, je n’ai plus regardé cette miniature de la même façon.

Récemment Jean-Michel Roulet est venu à la boutique afin de tourner une petite séquence pour une chaîne de télévision. Il devait donner son avis sur la valeur marchande de quelques miniatures qui passaient aux enchères. Peu avant le tournage, lors de la découverte du lot, je n’ai pu m’empêcher à la vue d’une Lancia Flaminia de chez Solido de lui dire toute l’importance que j’accordais désormais à cette miniature, et surtout à cette innovation. Quelques minutes plus tard, lors du tournage il est revenu sur ce détail.

Solido Lancia Flaminia avec et sans inscriptions portières bts SGDG
Solido Lancia Flaminia avec et sans inscriptions portières bts SGDG

Comme le raconte Bertrand Azéma, le secret avait été bien gardé. Sur le catalogue qui annonce sa sortie il n’y a aucune spécification sur ce point. Solido avait pris toutes les précautions pour ne rien dévoiler avant la présentation du modèle. Ainsi, sur les premiers modèles la mention « portes ouvrantes SGDG » n’est pas gravée sur le châssis.

Il semble que Solido ait déposé le brevet au dernier moment afin de ne pas éveiller les soupçons de la concurrence. La surprise dut être de taille.

Les premiers exemplaires sont de couleur rouge métallisé ou bronze. Avec des nuances plus ou moins marquées, ces teintes jalonneront la carrière de l’auto. Les premières séries sont également reconnaissables au volant à trois branches. Elles possèdent des phares moulés.

Solido Lancia Flaminia avec phares strass et phares moulés
Solido Lancia Flaminia avec phares strass et phares moulés

Améliorant sans cesse ses produits, Solido proposera ensuite des phares rapportés du plus bel effet.

Bertrand Azéma avait une affection particulière pour la dernière version qu’il trouvait fort réussie. Les jantes moulées en zamac brut qui remplacent les jantes en acier concaves l’habillent de manière élégante. Dans cette configuration plus tardive, le châssis est peint en noir et non plus en gris comme en début de production. Parmi les couleurs habillant les dernières versions la couleur crème est peu fréquente.

 Seule la version verte mérite cependant le qualificatif de « rare ». J’ai eu l’occasion de récupérer un essai de couleur parme chez Bertrand Azéma, essai qui n’a pas été retenu en production.

Signalons enfin que Facom commanda une série de véhicules destinés à être offerts , sur le châssis desquels son logo était apposé en décalcomanie. Les carrosseries semblent être toujours de couleur bordeaux. Je possède aussi une Mercedes 220SE avec la décoration Facom et les mêmes spécificités techniques, ce qui prouve bien qu’elles furent produites durant la même période.

Arrivé à un certain point le collectionneur de Solido ne trouve plus rien. Une fois épuisées les variantes de couleurs, et elles sont fort nombreuses, je me suis intéressé aux couleurs d’intérieur. Trois couleurs ont existé : ivoire, beige et rouge. Solido a panaché les couleurs de carrosserie et d’intérieur, surtout au début de la production de cette auto. Je suis ainsi arrivé à 27 Lancia Flaminia, sans compter les productions étrangères. Signalons enfin que La Lancia est une miniature des plus abordables.

(voir l’article précédent sur la Lancia Flaminia)

(voir l’article sur la Lancia Flaminia Dalia Solido)