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L’ami portugais.

L’ami portugais.

Absorbé par mon travail, je ne l’avais pas entendu entrer. “Ah ! vous êtes là aujourd’hui” me lança le facteur, et avec un immense soulagement j’ai compris qu’il me livrait le colis que je n’osais plus espérer.

Notre père, Bernard Espinasse 2/09/1939- 29/08/2019
Notre père, Bernard Espinasse 2/09/1939- 29/08/2019

Le collectionneur a un rapport émotionnel avec les objets convoités.

Quelques jours de retard pour un colis prennent vite des proportions inquiétantes. Il faut dire que je tenais beaucoup à ce colis qui contenait bien plus que des modèles, il contenait une histoire ou plutôt des histoires.

Ce colis avait été posté la veille de la disparition de mon père, le 28 août. Il est arrivé le 12 septembre et je n’ai pas eu l’occasion d’annoncer à mon père cette acquisition.

Face à quelqu’un de malade, on attend parfois le moment opportun, le léger mieux, pour parler “d’autre chose”. Ce moment n’est jamais arrivé. Ces miniatures marquent donc un moment charnière de ma vie de collectionneur.

Le colis contenait 14 Solido Buby issues de la série 100. Connaissez-vous ces produits ? J’ai eu le temps depuis 1975 d’en apprécier la rareté..

Dans le livre consacré aux Solido étrangères, celui avec la jaquette de couleur jaune, Bertrand Azéma fournit peu d’informations concrètes sur le sujet.

On peut même dire que ses propos sont assez confus. Ils ne sont d’ailleurs illustrés que par 4 modèles photographiés. C’est un indice qui permet au collectionneur de mesurer la rareté du produit.

Ce sont les productions étrangères de Solido les plus rares, et de très loin. Grâce à ce lot, nous avons pu compléter notre collection.

Ces modèles résultent d’un accord entre Solido et Buby.

Buby est une firme argentine qui dès le milieu des années cinquante a développé sa propre gamme (voir les blogs consacrés à ce sujet). Afin d’étoffer son offre sur le marché local, elle a signé un accord avec Solido qui voyait là un bon moyen de gonfler ses ventes à l’exportation.

Les Argentins ont toujours été amateurs de sport automobile, et Solido avait dans son catalogue de quoi satisfaire largement cette demande. Pour bénéficier d’avantages fiscaux (droits d’importation réduits), l’accord portait sur une importation de carrosseries et châssis bruts.

La peinture et le montage s’effectuaient sur place, à Buenos-Aires. Outre les boîtes et les couleurs, on peut identifier les Solido Buby grâce à leurs jantes, souvent différentes de celles utilisées sur le marché français.

Ainsi, l’Alfa Romeo 2600 est équipée de jantes en zamac concaves peintes, conçues pour recevoir un enjoliveur. Les mêmes jantes sont utilisées sur d’autres modèles de compétition, comme la Porsche, mais sans l’enjoliveur. Je trouve le résultat final très réaliste.

Quelques modèles reçoivent une petite décalcomanie de forme rectangulaire sur fond jaune indiquant la provenance argentine de la fabrication car les châssis d’importation française ont conservé leur marquage “made in France”, comme ceux de nombreuses Dalia d’ailleurs. Ceux en zamac reçoivent une finition noire mate très différente de celles des modèles français.

Ce colis me tenait à coeur pour une autre raison, et non des moindres. Il m’était envoyé par un très grand collectionneur portugais, José Andrade, amateur de pièces rares, et qui réorientant sa collection, souhaitait que ces autos viennent enrichir la nôtre.

C’est un choix généreux de sa part. Connaissant notre vif intérêt pour la marque, il a préféré les céder en bloc, sachant qu’elles allaient rejoindre nos vitrines, plutôt que de les voir dispersées aux quatre coins du monde. De par sa longue expérience, il sait combien il est difficile de réunir cette série complète

C’est un des plus beaux moments de la vie d’un collectionneur que de se voir confier de la part d’un ami quelques modèles. Ces miniatures resteront à tout jamais attachées à son souvenir. Merci José de me les avoir confiées.

“Ah! que j’aime les militaires”

“Ah! que j’aime les militaires”.

“Je suis gai, soyez gai, il le faut , je le veux” . Ces paroles extraites de l’acte 3 de “la Belle Hélène” de Jacques Offenbach collent parfaitement à ces portraits de jeunes femmes. (voir la vidéo extraite de l’opéra de la Belle Hélène)

Nous sommes  pourtant juste après la déclaration de guerre du président Dalladier à l’Allemagne le 3 septembre 1939.

“Drôle de guerre”. C’est ainsi que l’on a appellé la période courant de la déclaration de guerre à l’attaque allemande du 10 mai 1940. Durant ces sept mois, il y a bien eu des combats, mais ils se sont déroulés loin de notre territoire national, en Pologne, en Norvège.

En France, l’atmosphère est étrange. Certains continuent d’afficher insouciance, voire légèreté. Il fallait effectivement une sérieuse dose d’optimisme pour créer ce type de coiffes. On est loin de l’esprit de revanche qui régnait au début du précédent conflit de 1914.

j’ai trouvé ces photos de mode lors de la diffusion d’un documentaire sur la vie de Gabrielle Chasnel, plus connue sous le nom de Coco Chanel. Elles sont extraites de défilés de mode qui ont eu lieu durant cette période. Les chapeaux ornés de jouets m’ont interpellé, notamment celui avec le canon Solido.

Les stylistes semblent avoir trouvé leur inspiration dans le catalogue des étrennes ou la vitrine d’un marchand de jouets. Ils ont laissé libre cours à leur imagination.

Réussir à placer avec élégance et raffinement un avion de guerre, un canon Solido, un char ou un croiseur CBG sur un chapeau relève de la gageure. Esthétiquement, c’est très réussi.

Notre analyse a posteriori de ces photos est influencée par un élément déterminant. Aujourd’hui, nous connaissons les souffrances et les horreurs engendrées par ce conflit. Alors, ces chapeaux peuvent être perçus comme des provocations malvenues.

L’univers futile de la mode a-t-il le droit de récupérer un thème aussi morbide que celui de la guerre, même s’il le fait par le prisme du jouet ?

On peut aussi penser que les créateurs y ont trouvé un moyen d’évacuer leurs angoisses en affrontant la réalité à leur manière. Comme une sorte de dérision.

Ces canons Solido ont été produits avant le conflit. J’avais pu récupérer auprès de la famille Azéma quelques pièces des plus intéressantes : des prototypes de canon, et surtout des fiches qui avaient été réalisées au bureau d’étude.

On peut y lire les résultats et les appréciations des tests réalisés avec différents types de ressort ou d’ autres mécanismes.

Testeur de jouets voilà un bien beau métier, surtout durant cette période trouble.

j’en profite pour joindre aussi trois résultats de test sur des modèles Junior d’immédiat après-guerre.

Un ami de Bertrand Azéma m’a raconté que ce dernier avait eu entre les mains des documents établissant que Solido avait reçu des lingots de zamac durant l’occupation, et ce malgré les restrictions que l’on imagine. Il semble que ces documents, rédigés sous le régime de Vichy que je n’ai pas eus en main, ont été sauvegardés. Solido a donc pu obtenir du zamac durant l’occupation et j’ajouterai du zamac de bonne qualité.

Pour preuve j’ai récupéré il y a quelques temps des coffrets  d’autos de la série Junior qui avaient été oubliés au fond d’un magasin. Les couleurs étaient inhabituelles. Pas de trace de métal fatigue, ce qui prouve la qualité du zamac, et surtout un papier dans chaque coffret indiquant la date de production “été 1942”. On remarquera la présence de roues entièrement en zamac conséquence des restrictions qui frappent le caoutchouc.

Un jouet qui rassure

Pour Noël 1939, nos belles insouciantes auraient pu offrir à leur petit neveu ce splendide et très luxueux coffret qui est l’oeuvre de Mignalu, une filiale de CBG- Mignot. La firme est apparue en 1938, son nom est une contraction de Mignot et d’aluminium.

Le petit neveu inquiet depuis la déclaration de guerre de septembre 1939 et les récits de la “grande guerre” du grand-père, officier de réserve, qui cependant n’a connu ni les tranchées ni les premières lignes, sera sans doute rassuré par ce splendide coffret de Mignalu, où nos forces mécanisées sont mises en avant.

Gageons que le grand-père, fin stratège digne du Génénéral Boum, personnage truculent de la “Grande duchesse de Gerolstein” de Jacques Offenbach, pourra également réconforter l’enfant en lui dévoilant la stratégie de l’état-major français, celle qui repose sur l’édification d’un obstacle infranchissable : la ligne Maginot.

Effectivement, l’histoire donna raison au grand-père et à l’état-major français : le 10 mai 1940 les Allemands ne passeront pas par l’Est… Non, mais ils viendront du Nord !

Le coffret est somptueux. On imagine que peu d’exemplaires ont été fabriqués. Le prix de vente devait le cantonner à une clientèle huppée. L’exemplaire que j’ai récupéré est en état exceptionnel. On peut facilement imaginer qu’il s’agit d’un invendu.

Le coffret est constitué de véhicules reproduisant les camions des firmes Unic, Somua et Lafly, qui équipaient notre glorieuse armée.

Le fabricant a même incorporé des éclaireurs à moto. Il fallait bien prévenir ceux qui étaient sur la ligne Maginot de l’attaque Allemande à venir.

On appréciera la joyeuse troupe qui défile au son du clairon. En prêtant l’oreille, on entendrait presque résonner les airs de “la Grande duchesse de Gérolstein” .(voir la vidéo  ah ! que j’aime les militaires de Jacques Offenbach)

Dans cinq mois, en mai, la famille sera sur la route de l’exode. Le coffret restera à Paris. Il y aura plus important à transporter.

 

J’ai fait un rêve.

J’ai fait un rêve.

C’est une petite photo couleur, en bas de page. Curieusement, cette photo n’a aucun lien avec le sujet de la rubrique principale intitulée “made in Argentina” et consacrée à la firme Buby.

Plus précisément, elle porte sur une nouvelle gamme de miniatures reproduisant les autos s’étant illustrées dans les rallyes argentins et les courses de la “Temporada”. Nous sommes en avril 1971. Il s’agit du mensuel “L’automobile” qui consacrait régulièrement quelques pages au modélisme automobile.

Le regretté Christian Moity, auteur de la rubrique en question, explique que le premier article qu’il a consacré à la marque Buby, dans ce même magazine lui a valu un important courrier de lecteurs mécontents de n’avoir pu se procurer les modèles photographiés.

Il justifie son nouvel article en expliquant que sa fonction de journaliste est d’informer et non pas de passer sous silence l’existence de certaines productions, quitte à frustrer les amateurs.

En effet, au moment de la publication de l’article, ces Buby ne sont pas disponibles à la vente sur notre marché national pour cause d’absence d’importateur. (voir l’article consacré à ce sujet).

Nous sommes exactement dans ce cas de figure pour les deux modèles de l’ intrigante photo couleur décrite plus haut.

“Faisons un rêve” .

Voilà comment Christian Moity introduit le second sujet relatif aux deux miniatures de sa rubrique modélisme. Le journaliste explique qu’un groupe de quatre amateurs anglais a décidé de reproduire au 1/43 les autos ayant marqué l’histoire du sport automobile. La marque portera le nom d’un des leurs : John Day.

Ce qu’il y a de nouveau, c’est que ces autos sont destinées uniquement aux collectionneurs. Christian Moity n’a d’ailleurs pas relevé dans son compte rendu ce point fondamental.

Pour résumer, disons qu’à l’aube des années soixante, le monde de la collection des miniatures automobiles est composé en grande majorité d’amateurs qui se contentent de rassembler les modèles du commerce. Ils sont une minorité à s’aventurer dans des transformations, voire mieux, des créations.

Pour les pionniers de la collection, l’objectif est de recréer chez soi un musée imaginaire retraçant l’histoire de l’automobile.

J’aime beaucoup le début de la préface signée du Comte Hadelin. de Liedekerke-Beaufort dans le Premier Répertoire  Mondial des Automobiles Miniatures , édité pour l’exposition de 1959 du C.I.A.M . Ce dernier était le président de l’ Automobile Club de France.

“Toutes les voitures du monde”

“Nous avons tous rêvé d’un musée de l’Automobile assez grand pour contenir un modèle de tous les véhicules qui ont circulé dans le monde depuis que l’ingéniosité des hommes a su mettre un moteur sur des roues. Ce Musée idéal n’existera jamais car il faudrait une ville entière pour l’abriter, si même on pouvait encore retrouver une voiture de toutes les marques et un exemple de toutes les carrosseries suscitées par tant de modes et destinées à de si multiples usages.

Mais ce rêve se réalise sous une autre forme et bientôt nous pourrons dire en effet que toutes les voitures construites depuis les inventions de Cugnot et de Beau de Rochas seront sous nos yeux.

C’est le modèle réduit qui nous offre cette possibilité, la seule, d’embrasser d’un seul regard ce gigantesque panorama, et de rassembler dans un même lieu tout le parc automobile mondial.”

Tout est dit dans ces quelques lignes sur la motivation des amateurs : recréer chez soi l’histoire de l’automobile.

A dix ans d’écart, le comte H. de Liedekerke-Beaufort et Christian Moity ont utilisé le même mot : rêve.

Or, en 1960, les productions industrielles ne suffisent pas à combler ce rêve. Alors, comment faire ? Voilà bien la question que se sont posée les amateurs d’automobile soucieux de constituer un musée de miniatures et nous verrons la semaine prochaine les solutions qu’ils ont trouvées.

En attendant, et pour illustrer cette première partie j’ai choisi de vous faire partager la solution de Raymond Daffaure à cette équation. En 1960, l’histoire de la course automobile passionne les amateurs.

Connaissez-vous beaucoup d’autos de courses d’avant 1914 ? C’est loin me direz-vous, plus d’un siècle en effet !

Serge Pozzoli, rédacteur en chef du fameux “Album du fanatique de l’automobile” est un des premiers à avoir consacré des articles à ce type d’autos dans sa rubrique “Les tiroirs de l’inconnu”.

Ce sont des hommes comme lui qui ont permis à Raymond Daffaure de nous laisser d’émouvants témoignages et de satisfaire ses clients qui lui en faisaient le demande. Les modèles sont approximatifs, mais quel intérêt historique !

A suivre.

 

 

Plus vite, toujours plus vite.

Plus vite, toujours plus vite.

Deux secondes. C’est l’écart qui a permis à Odile, Arthur et Franz, les protagonistes du film de Jean Luc Godard “Bande à part” de battre le record de la visite du musée du Louvre la plus rapide de l’histoire. Le précédent record appartenait à un américain dont l’histoire n’a heureusement pas retenu le nom, tant son record était stupide et sans intérêt.

Ce record n’avait sans doute pas d’autre but que de faire parler de son détenteur. Pari perdu, on a retenu l’absurdité du record on en a oublié l’auteur.

Le cinéma se servira de ce fait divers. Il inspira à Godard cette scène où les trois personnages cités plus haut moquent l’auteur du record et nous mettent peut-être en garde contre une société de l’excès.

Plus vite, toujours plus vite. Le cinéaste avait bien senti et anticipé toutes les dérives de ce mouvement venu des Etats-Unis. Tout est superficiel, dénué d’analyse ou de réflexion.

On va au Louvre, au Café de la Paix et aux Folies Bergère, parce qu’il le faut .

Des lecteurs du blog m’ont quelquefois reproché d’écrire des textes trop longs, fastidieux à lire. Faites plus court, plus simple.

Le support «tout fait» que j’emprunte à ” Worldpress ” qui me sert pour réaliser le blog me le répète : «Faites des phrases courtes, utilisez des mots simples». Voilà le type de commentaires qui jalonnent mes textes, il faut être compréhensible par tous… et facile à traduire dans toutes les langues…

Petite histoire d’un modèle au long cours.

Pour faire plaisir à ces quelques lecteurs et à mon système d’exploitation je vais vous présenter rapidement et sans trop de détails une Solido des plus classiques, l’Alfa Romeo 2600 Bertone. Bertrand Azéma souligne que c’est un des modèles qui a connu une des plus longues carrières des modèles de la série 100.

Très logiquement, comme la Ford Thunderbird déjà étudiée dans un blog précédent (voir le blog sur la Ford Thunderbird), elle a été placée dans un coffret de montage : «caravaning 1». Ce dernier a été produit jusqu’au début des années quatre-vingt, comme celui de la Ford d’ailleurs.

Comme évoqué également dans un précédent blog consacré à l’Aston Martin DB5, le prêt de l’outillage de l’Alfa Romeo 2600 au Brésil a contraint Solido à la remplacer dans son coffret “caravaning 1” de manière temporaire par le coupé anglais.(voir le blog consacré à l’Aston Martin DB5 de Solido).

Portant la référence 125, elle est donc la quatrième miniature de la série 100 a être équipée de portes ouvrantes. La comparaison avec la Politoys en zamac  sortie à la même époque est assez intéressante.

Sans chauvinisme aucun, ma préférence va nettement au modèle français. Plus fluide, possédant une gravure exceptionnelle (admirez la calandre et le traitement du radiateur) la Solido me paraît nettement supérieure.

Politoys qui ne maîtrisait pas encore parfaitement la technique des ouvrants, qu’elle avait d’ailleurs empruntée à Solido a voulu en faire trop : tout s’ouvre, au détriment de la justesse de la ligne et de la qualité des ouvrants.

Solido attendra avec raison quelques années pour offrir des modèles tout ouvrant comme la Panhard 24BT ou la Lamborghini Miura, miniatures aux qualités exceptionnelles.

Plein phares !

On distingue trois variantes principales sur ce modèle, variantes qui concernent toutes le traitement des phares. Au fur et à mesure de la production, apparaîtront également des variantes de jantes.

La première version se distingue par le traitement en peinture des optiques de phares. Ils sont soulignés grâce à un pochoir de couleur bronze. Ces modèles sont toujours équipés d’un châssis peint de couleur gris clair et de jantes en acier chromé de forme concave empruntées aux modèles de la série 100.

j’ai référencé quatre couleurs d’intérieur. Il y a une logique de combinaison chez Solido. Cependant on ne peut exclure des combinaisons qui seraient dues au hasard.

Dans l’ensemble les couleurs sont assez fréquentes. Je sortirai du lot quelques nuances de bronze qui sont moins courantes. Une seule couleur mérite le qualificatif de rare, c’est la version finie en rouge métallisé.

La seconde version se distingue par des phares rapportés. Bertrand Azéma les qualifie de strass poli dans son ouvrage. Le châssis sera désormais de couleur noire ou gris. le modèle sortira d’abord avec les classiques jantes en acier vues sur le premier modèle, puis il sera équipé des fameuses jantes  moulées, dites”standard” chez Solido.

Parmi les couleurs, je distinguerai celle de couleur  bronze équipée de jantes en acier.

Enfin, comme souvent, il existe un modèle qui ne répond à aucune logique. La version est rare. Elle est finie en rouge brun métallisé ( j’ai même deux nuances assez nettes) . Sa singularité vient du fait qu’elle semble avoir toujours été assemblée avec un châssis vissé et non bouterollé, emprunté aux modèles “Caravaning”.

Depuis ma première découverte j’ai trouvé deux autres exemplaires pour la boutique avec les mêmes caractéristiques. Ces modèles sont bel et bien sortis uniquement en étui individuel, malgré leurs châssis vissé.

Enfin la troisième variante se singularise par le traitement des phares rapportés qui sont désormais en strass à paillettes. Ces modèles, plus tardifs sont donc forcement équipés des jantes “standard”. Les modèles du coffret “caravaning” ont cette caractéristiques de phares, mais sont toujours équipés de jantes en acier.

Je n’ai pu me résoudre à faire plus simple. Pour expliquer certaines variantes, il faut bien rentrer dans les détails.

Évitons de faire comme la presse spécialisée qui nous abreuve de photos avec des prix sans l’analyse qui les justifierait. C’est facile, cela, tout le monde peut le faire. Comprendre, analyser, questionner fait partie de la vie du  vrai collectionneur.

N’ayant pas de recettes publicitaire à encaisser je n’ai aucun compte à rendre aux statistiques de visites du blog.

Je rassure la fraction de mes lecteurs qui apprécient mon travail, au risque d’être à contre-courant je continuerai dans cette voie.

 

Un cas unique

Un cas unique

Une question s’impose. Pourquoi la Porsche dénommée “GT” par Solido, celle qui a couru au Mans en 1961, a-t-elle mis autant de temps à être produite ? Pour mémoire, rappelons qu’elle ne fut commercialisée qu’en 1964. Elle semble avoir perturbé la direction de Solido.

L’auto est apparue sous l’appellation officielle RS61 en avril 1961 lors des essais préliminaires des 24 heures du Mans. Elle participa ensuite à la course qui s’est déroulée en juin 1961. Elle n’a rien d’une “GT”. Elle est équipée d’un 4 cylindres. Elle ne participa pas à l’épreuve en 1962 et revint en 1963, rebadgée 718 avec un 8 cylindres. C’est pourtant la même auto.

Il est bon de souligner un détail important. En 1962 un nouveau règlement est entré en vigueur dans le championnat mondial d’endurance. Seules les autos de la catégorie “GT”sont autorisées à marquer des points. Les “sports” (prototypes), qui font les beaux jours du Mans depuis 10 ans peuvent encore concourir en catégories dites “expérimentales ou Prototypes” et se tailler la part du lion au classement général.

Mais devant la montée en puissance des ces “monstres” les instances sportives ont cru bon de les mettre à l’écart en ne comptabilisant que les résultats des “GT”. C’était oublier que certaines épreuves comme les 12 heures de Sebring ou les 24 heures du Mans avaient besoin de ce type d’autos pour faire rêver le public et le satisfaire.

Du coup Solido voit dans ce nouveau format du championnat du monde une opportunité de diversifier son catalogue et de montrer son savoir-faire dans la réalisation d’autos de course fermées. Solido avait déjà sorti des autos de cette catégorie, comme l’Aston Martin DB4, et l’Abarth 1000, avec portes ouvrantes. La firme d’Oulins a dû voir dans ce coupé Porsche, qui n’a rien d’une GT malgré l’indication sous le châssis, une manière, un peu dérobée de coller à l’actualité sportive.(voir l’article consacré  à la version Solido)

Drôle de destin que cette auto chez Solido. Elle aura du mal à paraître et restera au catalogue jusqu’en 1971 ! Autre fait exceptionnel et unique chez Solido, elle connaitra toutes les fabrications étrangères (Dalia, Buby et Brosol) et aussi la série économique Dynam. C’est la seule miniature  de la série 100 qui peut se targuer d’un tel pedigrée.

On peut voir dans cette carrière au long cours un aveu d’échec. On sait que M. De Vazeilles programmait un amortissement très précis pour ses modèles. Le fait qu’elle soit restée aussi longtemps au catalogue, qu’elle ait fait partie de la série économique Dynam et qu’enfin les trois principales fabrications étrangères l’aient inscrite à leur catalogue tend à prouver que Solido a mieux géré l’utilisation du moule que la commercialisation du produit par ses soins.

L’étude de cette miniature m’a permis de mieux comprendre le fonctionnement de Solido.

Il apparaît clairement que le moule de cette miniature n’a pu autant voyager. Comment expliquer que l’on ait trouvé cette auto en même temps dans les catalogues Solido, Dalia et Buby ? En parlant avec des gens de chez Solido au moment des premières Verem, au milieu des années quatre-vingt, j’ai compris qu’un moule n’est pas comme un appareil électroménager ou une automobile. Il ne redémarre pas d’une simple pression ou d’un tour de clef !

Un arrêt prolongé nécessite un travail minutieux pour le remettre en route, le réajuster. C’est coûteux en temps et en argent. Je parle bien sûr pour des moules conçus dans les années soixante car les pressions d’injection et même les outils servant à injecter ont évolué avec le temps. Il apparaît alors comme une évidence que les Dalia et les Buby ont été injectées en France. Elles partaient ensuite en pièces détachées pour être peintes, assemblées et distribuées en Espagne ou en Argentine.

Ce mode d’importation était beaucoup moins taxé que ne l’aurait été un produit fini. En effet, la main d’œuvre du pays où était effectué l’assemblage final profitait de ce mode opératoire.

La version Dalia possède un châssis gravé “Dalia Solido”. Elle connaitra une très longue carrière, interrompue par la version Dynam et la modification du moule au niveau des passages de roues arrière. Je n’ai jamais vu une version Dalia avec les ailes découpées.

La version Buby est des plus intéressantes. J’ai pu récupérer une lettre de chez Solido où l’on quantifie le nombre de pièces envoyées à Buenos Aires.

Buby l’a équipée de belles jantes, simples, en zamac, très reconnaissables et assez crédibles pour ce type d’auto. La boîte est bien sûr identifiable facilement. Les monogrammes Solido apparaissent sur les flancs.

J’ai pu récupérer auprès de Bertrand Azéma le prototype de la boîte, peint à la gouache.

Pour les modèles brésiliens, c’est une autre méthode. Et là aussi, la Porsche «GT» est un parfait exemple pour mieux appréhender l’histoire de Solido.

Les Brosol sont des fabrications tardives de 1968. Le choix des modèles inscrits par Brosol à son catalogue est révélateur On y trouve des Maserati 250F, des Ferrari Testa Rosa et des Porsche 550 du début de la série 100 ! Ce sont des autos qui n’étaient plus produites en France. Cela ne posait donc pas de problèmes à Solido de louer ses moules pour une durée déterminée. Ils reviendront en France ensuite.