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Coup de Klaxon

Coups de klaxon. 
Voici dans son intégralité la dépêche qui fut publiée le 15 mai 2020 par Le Figaro sur le site de l’AFP.
Son titre : ” Des camionneurs perturbent de leurs Klaxons un discours de Trump.”
“Des chauffeurs routiers manifestant près de la Maison Blanche ont perturbé avec leurs avertisseurs sonores un discours vendredi de Donald Trump.
« C’est un signal d’amour », a commenté le Président au sujet du « bruit merveilleux » de ces Klaxons. « Ils manifestent pour le Président Trump et non contre», a précisé M. Trump, qui s’exprimait dans les jardins de la résidence présidentielle, siège de l’exécutif américain.”

Les journalistes de l’AFP expliquent que des dizaines de camions sont garés depuis plusieurs jours devant la maison blanche et perturbent avec leurs Klaxons les allocutions presse du Président américain. Les routiers exigent une revalorisation du tarif kilométrique. Ils sont depuis le début de la crise du Covid en première ligne pour ravitailler le pays.

La Maison Blanche à Washington
La Maison Blanche à Washington

Les courtiers en gros profitant de la situation pour tirer les tarifs à leur avantage, les routiers réclament une part du gâteau. Pour paraphraser le slogan de l’actuel président “Make America Great Again”, certains arboraient des banderoles où l’on pouvait lire: “Make Trucking Great Again” … Dans ce pays les camions ont toujours eu un rôle vital. Cet univers du camionnage américain a inspiré plus d’un écrivain, d’un cinéaste, tant ils font partie du décor.

Malicieusement, j’ai repensé aux publicités des revues automobiles des années soixante, où les accessoiristes rivalisaient d’ingéniosité pour séduire les automobilistes.

Les pages consacrées aux différents types de Klaxon sont les plus savoureuses. La société “Scintex-Sanor” établie à Courbevoie proposait ainsi en page 3 du journal “L’automobile ” de juin 1967 des avertisseurs de 25 à 250 F.

De la trompe de route au “Musiflash” ainsi commentés : “sons accordés ou alternés pour vos vacances à l’étranger” en passant par le “Rallye Flash de Luxe” (de grande classe !) et le “Clearson GT” (Etourdissant) sans oublier le “Stridente” de fabrication italienne.

Pas de doute, les spécialistes de la trompe de route semblent être les italiens. Une réminiscence des grands compositeurs ? Avec une certaine logique, ce pays semblait prédestiné pour offrir à ses automobilistes des outils à la hauteur de leur passion pour les belles voix et la musique.

Cependant, pour se faire entendre à partir d’un véhicule automobile, il y a d’autres moyens. Le haut-parleur par exemple. Faites le tour de vos vitrines de miniatures.

Si votre intérêt se porte sur les modèles allant de l’avant-guerre aux années cinquante, vous serez surpris du nombre de reproductions que les fabricants de jouets ont offerts à leur clientèle. Il faut avouer que cela permettait de décliner à peu de frais une variante ou deux. En effet, une fois installé le haut-parleur sur le pavillon, rien n’empêche d’offrir une version pompier ou police et une version civile.

Ces dernières m’ont toujours énormément intrigué.

Prenons la splendide Mercury Ford de chez Tekno. La version Zonen de secours a un sens. Mais la version civile, très rare, n’est là que pour amortir la splendide double trompe injectée en zamac chromé.

Dans les années 80, ce modèle était mythique. Aujourd’hui les collectionneurs font-ils encore la différence ? J’ai trouvé deux couleurs pour la version “civile”, empruntées toutes les deux aux couleurs de série.

Restons en Scandinavie avec Lemeco. Tout l’intérêt de ce fabricant est d’avoir développé des accessoires très réalistes qui lui ont permis de multiplier les variantes sur la Ford Fordor. La création d’un haut-parleur en zamac et sa fixation sur le pavillon donneront naissance à un modèle attachant, et rare.

Micro au Danemark déclina sur la base de sa Ford V8 une version “radio” pleine de charme. Les deux haut-parleurs injectés en plomb sont surdimensionnés et donnent une idée de la puissance de l’installation. Ce que je trouve de plus remarquable, c’est le joli pochoir sur les portes. C’est un rare modèle.

Le modèle suivant est peut-être mon préféré. C’est une Lancia camionnette “Radio Roma”.

J’aime assez imaginer dans le brouhaha de la capitale italienne la camionnette diffusant la radio grâce à son gros haut-parleur. La cacophonie résultant du passage de l’auto dans les rues devait faire penser à des séquences de film de Fellini.

Le fabricant PM a aussi décliné ses autres décorations ( Ciaccolato Caramelle, Accessori  Auto)  avec le haut-parleur.

J’ai gardé le plus célèbre pour la fin. C’est celui qui vient à l’esprit du collectionneur quand on évoque ce type de modèle. C’est un “grand” classique.

C’est aussi ce que l’on peut familièrement appeller l’art d’accommoder les restes.

Juste après-guerre Dinky Toys réutilisa sa camionnette 28 (la troisième mouture depuis la création de la marque) et adapta deux superbes haut-parleurs.

On peut imaginer que le bureau d’étude de Binns Road avait été inspiré par les nombreux véhicules ainsi équipés qui circulaient dans les rues pendant la seconde guerre mondiale afin de prévenir la population du danger d’une attaque aérienne. Le modèle réduit proposé par Dinky Toys a un certain charme. Les trompes équilibrent harmonieusement le jouet.

Il connut un certain succès, à en juger par le nombre de variantes de couleur et surtout par la création d’un étui individuel . Binns Road a toujours essayé de différer le plus longtemps possible la réalisation de cet accessoire.

Celui de couleur marron est peu fréquent. Seuls les modèles équipés de jantes de couleur ont pu avoir un étui individuel.

Hors du temps, hors des modes.

Hors du temps, hors des modes.

Pas besoin d’affiches racoleuses pour attirer le regard. Prenons pour exemple cet ange Gabriel extrait d’une annonciation peinte par Lorenzo Monaco (1370-1424) et qui a servi pour l’affiche de l’exposition consacrée à  « la collection Alana » au musée Jacquemart André.

Un vrai moment de grâce. Croiser cet ange, placardé sur le devant des bus dans la grisaille de la circulation parisienne, redonne le moral pour la journée.

On se dit qu’il y a encore de belles choses sur terre.

Mon épouse ne partage pas ma passion pour la peinture primitive italienne. C’est donc tout seul que je suis allé contempler cette exposition. Plusieurs aspects de cette collection m’ont interpellé. J’aurai l’occasion de vous en reparler.

J’avais lu dans le magazine Télérama du 09/10/2019, un article présentant cette exposition qui m’avait intrigué. Le journaliste expliquait que l’originalité de l’exposition résidait dans le fait que la collection Alana se situait à contre-courant de la tendance actuelle selon laquelle les amateurs fortunés privilégient l’art contemporain et ses promesses spéculatives plutôt que l’art ancien.

Il est vrai que cette approche, un brin simpliste me convenait bien et confortait mon impression de vivre dans un monde où tout est régi par l’argent.

Mais cette approche est empreinte de naïveté. Tout objet rare a son marché et devient sujet de spéculation. Un Lorenzo Monaco ou un Piero della Francesca ne se trouvent pas sur le « Bon Coin ».

D’ailleurs, deux mois après la parution de l’article, quelle ne fut pas ma surprise d’entendre parler d’une enchère record pour une peinture de Cimabue (1240-1302) : « Le Christ moqué ». Selon le journaliste cette oeuvre allait rejoindre la collection… Alana ! Voilà une information qui met un peu à mal la vision d’une collection « allant à contre courant du marché spéculatif de l’art».

Une pièce exceptionnelle reste une pièce exceptionnelle. Elle défie donc le temps et les modes.

Dans la collection de miniatures automobiles nous retrouvons le même phénomène. Il y a des modes. Il y a toujours eu des modes et il y en en aura toujours. Comme dans l’art ancien, une pièce exceptionnelle franchira sans problème l’écueil des modes.

Plusieurs fois dans ma carrière j’ai tenté d’expliquer à des clients cet aspect des choses. Les Dinky Toys fabriquées en Afrique du Sud peuvent entrer dans cette catégorie.

Elles ont été produites par la société Harris à la suite d’un accord commercial aux termes duquel Bobigny exportait en Afrique du Sud des caisses avec les différents composants permettant la fabrication des miniatures. A charge pour la société Harris de les peindre, de les assembler et bien sûr de les distribuer. Ces pratiques commerciales furent mises en place par certains pays désireux de favoriser la main- d’œuvre locale et de développer une industrie locale.

Ces produits sont difficiles à se procurer et l’on toujours été. La page en couleur du premier ouvrage de Jean-Michel Roulet nous a fait fantasmer mon père et moi. Seuls ceux qui ont essayé de réunir au complet la série peuvent apprécier la prouesse que constitue la réunion de cet ensemble.

 

Mes premières leçons.

Mes premières leçons.

Cet après-midi, je suis dans mon abri de jardin où sont rangées mes archives. Je recherche des photos de voitures de course, plus précisément des cartes postales pour illustrer un blog.

Ces cartes postales de voitures de course ont été mon premier lien avec la collection.

Aux yeux de certains il est bien étrange ce comportement qui consiste à amasser des objets divers et sans utilité apparente.

Aujourd’hui, je recherche la photo d’une Chaparral, prise au Mans dans les esses du Tertre Rouge. C’est une carte postale que j’ai adorée lorsque j’étais adolescent.

Dans le carton étiqueté “archives personnelles collection”, je suis attiré par un petit carnet à spirale de couleur verte. Un répertoire. Il s’agit de celui de de notre collection que j’avais pieusement conservé.

C’est le début modeste de ma vie de collectionneur qui est consigné là et qui défile devant mes yeux.

Je pense pourtant aux mots de Barbara dans sa chanson “Mon enfance” :

“Il ne faut jamais revenir aux temps cachés des souvenirs
Du temps béni de son enfance”

Fallait-il rouvrir ce carnet ? Tout me revient. Mes débuts. J’avais 11 ans en 1974 quand j’ai commencé ce répertoire. Mon père m’avait conseillé de noter tous les modèles que j’avais, afin d’avoir quelques éléments dans le futur, notamment la date et le prix d’achat.

J’ai continué et aujourd’hui encore, je consigne par écrit sur des fiches bristol tous mes achats, avec les mêmes critères qu’au début.

Même à la retraite, je n’aurai jamais le temps de tout reprendre dans un fichier informatique.

Je fais défiler les pages. L’écriture est celle d’un enfant. Apparaissent quelques Dinky Toys, des Mercury. Que des autos de course, bien sûr.

Les prix sont modestes, quelques dizaines de francs. Surgit soudain un modèle annoté d’un 750 francs. Autant dire que ce prix se détache nettement des autres.

Je me souviens très bien de ce modèle. Comment pourrait-il en être autrement ? 750 francs en novembre 1976. La scène est resté gravée à jamais.

C’était chez M. Scherpereel. Jusqu’à présent, lors de nos visites dominicales, je me concentrais sur la vitrine plate à l’entrée du magasin, ou mieux, celle dans le coin à droite. C’était en quelque sorte les vitrines des premiers prix.

Ce jour-là, mon père qui devait avoir en tête le prochain Noël, entama la conversation avec le commerçant. Cela faisait un an que nous venions de temps en temps acheter une miniature ou deux.

Mon père, qui a toujours été attiré par le beau, avait bien compris que la petite vitrine, derrière le commerçant, devait contenir les pièces rares. Le fait qu’elles soient en petit nombre, dans une vitrine en forme de calandre l’intriguait. .

Mon père avait bien sûr tout compris. Ce fut ma première leçon. Savoir où poser les yeux.

A sa demande, M. Scherpereel en sortit cette monoplace Auto Union de chez Märklin qui répondait parfaitement à nos critères de recherche et nous en expliqua tout l’intérêt.

Quand j’ai vu le prix, 750 francs, je crois que j’ai été gêné. Mais mon père ce jour-là franchit le cap.

Il l’acheta en me disant que ce serait mon cadeau de Noël, un peu comme pour justifier cette folie. Vu le niveau de notre collection à l’époque, c’en était une. Il ne savait pas qu’il venait de mettre le doigt dans un engrenage qui allait faire de la collection de miniatures notre passion, et plus tard mon métier. Quel destin quand j’y repense.

J’ai oublié les autres miniatures qui étaient dans cette vitrine ce jour là, sauf une. En bas à gauche.

C’était sûrement la miniature la plus récente de cette vitrine réservée aux modèles rares et anciens. Une étrange Dinky Toys. La boîte ne m’était pas familière. Elle intriguait. Il s’agissait d’une Triumph Vitesse fabriquée en Inde.

Un exemplaire du début de cette fabrication de Binns Road délocalisée en Inde. Une vraie Dinky Toys, et non une copie comme des ignorants ont pu le colporter. (voir le blog consacré à ce sujet) .

Dans l’euphorie de l’achat de l’Auto Union, moi qui étais pourtant réservé, j’ai demandé alors au marchand pourquoi cette Dinky Toys figurait dans cette vitrine. Il nous la sortit. Son prix me déçut. Je pensais que cette vitrine élitiste ne contenait que des modèles au prix élevé.

Ce fut la deuxième leçon du jour. Rareté et prix élevé sont deux choses bien différentes. M. Scherpereel, en plaçant cette rare miniature Dinky Toys de fabrication indienne à cet endroit voulait simplement attirer le regard des connaisseurs.

Je me souviens que ce modèle est resté très très longtemps à cet endroit, des années, ne trouvant pas preneur. J’y repense quelquefois, quand, moi aussi, j’essaie d’attirer l’attention sur un modèle peu fréquent, pas forcément très cher, mais que j’ai eu du mal à faire rentrer dans ma collection.

Il arrive que je ne trouve pas d’acheteur. Je repense alors à cette miniature indienne. Il est parfois difficile d’expliquer aux collectionneurs tout l’intérêt d’un modèle.

En 2020, une Auto Union monoplace 16 cylindres se négocie à des prix allant de 100 à 200 €. Une Dinky Toys indienne de première génération, 3 à 4 fois plus.

Cela m’amène à la troisième leçon du jour. Ecoutez toujours les gens qui ont de l’expérience. J’ai écouté religieusement ce que disaient M. Scherpereel, et d’autres anciens comme Charles Prieur. Et puis un jour, j’ai compris que j’étais mûr pour analyser, comprendre, évaluer un modèle.

Ces Dinky Toys indiennes de première génération, j’ai pu en obtenir en Grande-Bretagne, il y a fort longtemps. J’avais retenu la leçon. Le seul bémol résulte du fait qu’elles sont très fragiles. j’ai renoncé à certains achats à cause de la mauvaise tenue dans le temps de ce zamac de qualité médiocre. Cela contribue à leur conférer une rareté supplémentaire.

On appréciera la grande variété de couleurs. J’ai gardé aussi les Nicky Toys, qui sont venues ensuite, découlant de ces premières séries. Mais je n’ai jamais cherché à collectionner les couleurs de ces dernières.

Elles étaient très communes dans les années 80, alors que les Dinky Toys indiennes elles, étaient déjà rares. Cela M. Scherpereel le savait, lui qui avait placé la Triumph Vitesse à cet endroit pour éveiller la curiosité que doit avoir tout collectionneur.

C’est cadeau !

C’est cadeau !

“Bonjour je suis possesseur d’un J7 Bourbon avec la publicité “Potain service après vente”, on me propose de me le racheter mais je n’ai aucune idée de la valeur, il est comme neuf, pourriez-vous m’ aiguiller svp.merci”

C’est en ces termes qu’un lecteur du blog, M. Patrice Chabanon m’interpella via la rubrique contact du site. (voir le blog consacré aux Peugeot J7 de chez Bourbon)

On me sollicite très souvent pour connaitre la valeur d’un jouet. C’est un sujet sensible. En tant que professionnel je me sers de mon prix d’achat afin de déterminer mon prix de vente. De par mon expérience, j’ai bien sûr en tête une fourchette de prix de vente, que je module en fonction de ce prix d’achat.

Ce 18 septembre 2019, j’ai choisi de répondre ainsi à M. Chabanon :

“Vous êtes collectionneur ? Alors faites plaisir à un autre collectionneur ! Offrez lui ! Plus tard vous vous souviendrez longtemps de ce beau geste et vous ne le regretterez pas !”

Ce dernier m’écrivit le lendemain pour me dire que c’était une bonne idée. Il précisa que la personne qui lui avait demandé ce Peugeot J7 était un bon ami et qu’elle saurait en prendre soin.

J’ai bien aimé sa réponse. J’ai rapproché cette histoire d’une autre anecdote. C’est Robert Goirand qui me l’a contée. Alors qu’il était jeune étudiant à Lyon, il passait tout son temps libre au magasin “Le Bébé lorrain”. Il y allait quasiment tous les jours et cela lui a permis de nouer des liens solides avec Roger Goulon, le propriétaire.

La section lyonnaise du club Dinky Toys a été créée en 1956. Et lorsqu’elle organisait ses animations annuelles sous l’impulsion de M. Goulon, c’est tout naturellement que M Goirand prêtait main forte. La section lyonnaise fut une des section les plus dynamiques et les plus influentes de France.

Elle est d’ailleurs régulièrement à l’honneur dans le bulletin de liaison “Actualités Meccano”. Des photos et compte-rendus  apparaissent régulièrement et en  grand nombre en première page du journal.

Lors de l’édition du 9 octobre 1960, M. Chanu, le directeur général de Meccano vint en personne à Lyon. On le voit lire un discours, à la manière d’un homme politique. On appréciera, derrière lui, les membres du bureau, façon bureau exécutif du parti communiste, tous à l’écoute du grand timonier.

Vous aurez surtout remarqué le grand écart de générations entre les officiants et le public dans la salle : des enfants accompagnés de leurs parents et ces adultes, déjà collectionneurs, assis autour du bureau sur l’estrade. j’imagine combien les gamins devaient avoir hâte qu’on en finisse avec les discours et qu’on commence les jeux !

Le compte-rendu paru dans “Actualités Meccano”, prend des allures de Paris Match. On est ainsi heureux d’apprendre que la femme du préfet, Mme Roger Ricard et son fils Jean-François assistent à l’évènement. On compte aussi la présence d’une représentante de la mairie de Lyon et de M. Perrin Cavalier, directeur des usines de Pont-à-Mousson. On mesure l’importance de l’événement pour la ville de Lyon. Le 9 Octobre 1960, c’était l’endroit où il fallait être et se faire voir.

Cette année-là, Robert Goirand a prêté sa collection. Un petit panneau au centre de la vitrine l’indique. Quelle fierté pour ce dernier. On peut s’interroger sur le sens de la pancarte en carton : “Dinky Toys variété et valeur” .

Il faut bien repérer les deux modèles à l’extrême gauche : une Citroën 2cv camionnette unicolore (grise) et le Berliet GLR multibenne que Robert Goirand vient juste de récupérer auprès de M. Goulon, ce dernier l’ayant lui même obtenu, lors du salon du jouet qui se tenait à l’époque à Lyon.

C’est Robert Goirand qui lui avait soufflé l’idée de récupérer le modèle car cet habile organisateur et commerçant n’était pas du tout collectionneur de Dinky Toys. Il ne gardait rien. Robert Goirand a su en profiter.

Une autre année, lors d’une autre manifestation, il avait animé un jeu pour les jeunes membres du club. A cette occasion, il avait déployé ses qualités de dessinateur. Il ne rechignait pas à la tâche.

Aussi, lorsque M. Goulon le sollicita à nouveau, il lui fit comprendre qu’il attendait un geste commercial en remerciement. C’est peut être le cliché sur lequel, lors d’une réunion du club, un enfant soulève un paquet cadeau plus gros que lui, qui lui inspira cette demande.

Actualités Meccano: un gros cadeau offert lors de la réunion du club "BB Lorrain"...combien de 2cv camionnette à l'intérieur ?
Actualités Meccano: un gros cadeau offert lors de la réunion du club “BB Lorrain”…combien de 2cv camionnette à l’intérieur ?

M. Goulon se déchargea de l’affaire et écrivit à la direction de Bobigny, pour mettre en avant les bons et loyaux services de M. Goirand au sein du club, afin que ce soit directement Meccano qui se charge de la gratification.

Et c’est ainsi que M. Rio, alors secrétaire général du club Meccano à Bobigny, envoya à Robert Goirand un exemplaire d’un modèle qui n’était pas encore sorti. On imagine toute sa fierté lors de la réunion du club lorsqu’il put exhiber auprès des membres son … AML Panhard référence 814. Cela peut faire sourire en 2020, tant ce modèle est fréquent.

Histoire de marquer le coup et de faire plaisir à un membre actif, M Rio prit un des premiers exemplaires sur la chaine. Oui, mais voilà, les antennes plastique n’avaient pas encore été réalisées.

M. Goirand reçut donc un des premiers exemplaires, mais sans le sachet avec les antennes ! L’étui avec la cale est bien là, mais pas les accessoires. Qu’importe, ce dernier n’a jamais cherché à les récupérer.

Il faut dire que ce modèle est unique. La boîte d’envoi avec le tampon de la poste” Bobigny 1962″, l’adresse de Meccano France sur l’étiquette d’envoi et surtout la petite carte “Avec les compliments de Monsieur Rio” donnent à ce modèle une dimension extraordinaire. Son histoire l’est également. J’ai beaucoup apprécié de pouvoir récupérer cette pièce historique.

M. Goirand aurait sûrement préféré avoir la Simca 1000, sortie quelque temps plus tard. Mais il faut savoir que lors de son lancement l’AML se vendait plus cher que la Simca 1000. Meccano lui avait donc fait un beau cadeau.

La Simca 1000, il la trouvera bien plus tard, à la fin des années soixante-dix, rue du Maroc dans le 19ème arrondissement. Il mettra la main, avec Jean-Michel Roulet sur deux exemplaires finis de couleur argent, la sienne avec un intérieur de couleur verte, celle de Jean-Michel Roulet avec un intérieur de couleur noire.

Bien que de couleur argent, la miniature est quand même finie au pochoir, d’une nuance différente de celle de la carrosserie.

 

 

 

 

 

 

Les”petits plaisirs” du ministre.

Les “petits plaisirs” du ministre.

A peine m’avait-elle dit bonjour que ma mère ouvrit son sac à main et me lança : “Je t’ai découpé un article dans Match. Il y a un article sur un ministre qui, comme toi, collectionne les Dinky Toys !”.

On imagine toute la fierté de la mère qui trouve un point commun entre son fils et un ministre. Ce sera le seul.

Il faut vraiment que l’attente chez le médecin soit interminable pour que je daigne ouvrir Paris- Match. Tout m’y semble superficiel. Pourtant, beaucoup de personnalités aiment venir y poser, qu’elles soient du monde politique, sportif ou économique. Il y a ceux qui ont le privilège d’être dans Match et les autres.

Cette semaine là, Stéphane Travert, ministre de l’agriculture au moment de l’article (ministre de juin 2017 à octobre 2018) pose dans Paris-Match. Il nous parle de son métier au ministère, on devine que ce n’est pas un métier facile.

Heureusement, il a “des petits plaisirs ” qui lui suffisent. Parmi ses lectures préférées, Maupassant et Victor Hugo. Le journaliste précise qu’effectivement deux exemplaires trônent sur la table.

Stéphane Travert a choisi de s’établir à Lithaire (Manche) 600 habitants. On sent les liens profonds avec la terre, comme le souligne encore le journaliste. L’image est belle.

Quand ce dernier nous explique que le ministre a aussi un tracteur miniature, nous sommes tout à fait rassurés.

Cet homme est bien comme vous et moi, il a des joies simples.

Mais sa fierté, d’après le journaliste, Eric Hacquemand ce sont ses collections : « Des figurines de BD de l’école belge, des petits trains et une jolie série de voitures Dinky Toys».

On voit d’ailleurs notre homme posant assis devant un échantillonnage de modèles neufs en boîte.

Même ma mère, pourtant habituée à l’univers des collectionneurs (40 ans auprès d’un mari et d’un fils collectionneur) a été impressionnée.

Les belles pièces ne manquent pas. C’est bien une collection de ministre : j’aperçois notamment une Renault Floride blanche…vous connaissez tous la rareté de cette pièce (voir le blog consacré au modèle), et une Buick Roadmaster noir et saumon.

Mais ce qui m’attire tout de suite, et je pense qu’en voyant la photo, vous aurez le même réflexe, c’est le 25 A Ford camion ridelles ajourées de couleur jaune et rouge. Cette combinaison de couleurs n’a pas été retenue pour la série.

J’ai une histoire particulière avec ce modèle. Quand Jean-Michel Roulet sortit en 1978 son premier livre, mon père et moi avions déjà un faible pour la série 25 dont fait partie ce véhicule. (voir le blog consacré à mon père et à la série 25).

Et lorsque Jean–Michel Roulet nous convia à venir voir sa collection à la fin des années soixante-dix, je suis resté admiratif devant ce camion présumé unique. C’est le modèle qui m’avait le plus marqué au sein de cette collection mythique.

Il fut ensuite cédé à Jean-Bernard Sarthe. Plus tard ce dernier s’en sépara par le biais d’une salle des ventes. Les années passèrent, et cet acheteur le mit de nouveau sous le feu des enchères. C’est là que j’ai saisi l’occasion de l’acquérir.

Il était dans la logique de collection que mon père et moi avions planifiée, celle qui tendait à regrouper des modèles hors du commun, en particulier ceux qui font l’histoire d’une marque.

Entraient dans cette logique les plans d’usine, les prototypes en bois et les essais de couleurs. Il faut cependant savoir faire la différence entre les modèles exceptionnels dont l’histoire est traçable, comme ce camion Ford 25 A ayant appartenu à Jean-Michel Roulet et ceux dont l’histoire est trouble pour ne pas en dire plus.