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Un musée imaginaire

Un musée imaginaire.

C’est comme un rituel. A la sortie de chaque exposition, mon épouse redoute que j’achète l’ouvrage qui lui est consacré. A la maison les étagères sont pleines et depuis quelque temps je dois vraiment être sélectif dans mes achats.

Cette fois, fait unique, j’ai acheté l’ouvrage avant l’exposition. C’est dans une librairie, véritable havre de paix au milieu de l’agitation des soldes, que j’ai découvert le livre qui m’a incité à aller voir l’exposition.

C’est la couverture qui m’a attiré. Il faut dire que l’oeuvre de Paul Signac est hypnotisante. C’est d’ailleurs le propre de la technique pointilliste qui joue avec la décomposition des couleurs.

Il s’agit en fait d’une double exposition. Le sujet en est un personnage atypique : Félix Fénéon. Le titre de l’ouvrage donne envie d’en savoir plus : “Félix Fénéon Critique, collectionneur, anarchiste”.

La première exposition lui est consacrée au Musée du Quai Branly, reconstitue une partie de sa collection “d’arts lointains”. Il est à l’origine de cette appellation, remplaçant avantageusement celle “d’art primitif” ou “d’arts sauvages”.

La seconde s’est tenue à l’automne 2019, au musée de l’orangerie. Elle présente sa collection d’oeuvres picturales. Félix Fénéon fut proche de Seurat, Signac, Matisse et Bonnard entre autres. Il a dirigé la galerie Bernheim où ces artistes ont été exposés.

Nous voilà donc partis au musée du quai Branly. C’est déjà tout un plaisir d’emprunter la rampe d’accès aux salles du musée. La projection vidéo, “the river” de Charles Sandison a l’art de vous transporter vers un “ailleurs”.

L’arrivée dans l’espace réservé à l’exposition est un autre enchantement. J’y suis allé curieux de découvrir les objets présentés mais également désireux de connaître la vision du collectionneur qu’était Félix Fénéon. C’est un aspect qui m’intéresse au plus haut point.

Une scénographie remarquable met en valeur les objets. L’association des couleurs sur les cimaises, la subtilité des éclairages, tout est fait pour charmer l’oeil et l’attirer vers les objets. Le spectateur est ainsi en condition pour en apprécier la beauté.

La lecture des textes associés est également importante pour pénétrer dans l’univers particulier de cette exposition..

Je m’interroge sur les choix du commissaire de l’exposition : thématique, liens entre les objets, correspondance et dialogue entre les oeuvres exposées.

Au fil du parcours, je me suis demandé pourquoi on avait retenu tel ou tel objet : intérêt esthétique ou raison historique ?

J’en arrive à mon regard de collectionneur de miniatures. Qu’est ce qui fait qu’une pièce est importante ou pas, belle ou pas…Qu’est-ce qui fait qu’on a envie de l’acquérir ?

En tant que collectionneur, j’ai toujours cherché à privilégier l’histoire de la miniature. Pour cela j’ai donc un vif intérêt pour tous les modèles situés en amont de la production de grande série.

Tous les prototypes, plans, et autres essais de couleurs qui ont précédé la production de masse.

Aujourd’hui je vais vous présenter un exceptionnel ensemble. D’après l’historique du vendeur, ces modèles ont été acquis dans une vente de charité. Ils sortaient bien sûr de Binns Road. Contrairement aux modèles de la série 39, présentés eux dans le livre de Mike Richardson, les modèles de cette série étaient inconnus des amateurs de Dinky Toys des années 90. Ils sont apparus dans une salle des ventes londonienne. (voir le blog consacré aux série 39 prototypes)

On comprend bien que peu de gens sont intéressés par ce type de produits. Ces modèles sont exceptionnels mais il est très difficile pour un amateur intéressé de “plonger” dans cet univers s’il n’a pas déjà quelques exemplaires en vitrine. On peut retrouver ce phénomène avec les Dinky Toys Afrique du Sud. C’est un investissement certain. Alors, pour beaucoup, le fait de ne pouvoir être sûr d’en obtenir d’autres, constitue un frein.

En attendant voici l’ensemble de ces pièces uniques. Certaines ont abouti à une production, vous les reconnaîtrez aisément. D’autres sont restées à l’état de projet.

J’apprécie beaucoup le camion Austin à ridelles. Il trouvera un descendant à l’échelle “Dublo” (1/87) en version équipée d’un châssis court. C’est surtout sa déclinaison de couleurs qui est fort intéressante : cabine rouge et ridelles bleues.L’harmonie des couleurs a dû séduire les dirigeants de Dinky Toys. Ils la choisiront pour le Leyland Comet, camion qui prendra la place de  l’Austin à ridelles dans la production.

Ces véhicules sont dignes d’un musée et j’y réfléchirai un jour si l’opportunité se présente. Cependant, j’ai bien conscience qu’avoir des pièces dignes d’intérêt n’est qu’une étape. Les mettre en valeur en est une autre. C’est pourquoi je reste admiratif du travail des commissaires d’expositions des musées de France. Ils font un travail exceptionnel que le collectionneur que je suis apprécie pleinement.

Quel courage !

Quel courage !

“C’est beau quand même d’envoyer un télégramme comme ça… il faut avoir du culot, hein ? C’est vrai, non, c’est extraordinaire qu’une femme belle vous envoie un télégramme comme ça : c’est merveilleux ! Moi, jamais j’aurais fait un truc comme ça. C’est formidable, de la part d’une femme, c’est formidable ! Quel courage !

Bon, si je tiens cette moyenne, j’arrive à Paris vers… six heures, six heures et demie, ….Six heures, six heures et demie, elle va être couchée, bien sûr. Qu’est-ce que je fais, je vais dans un bistrot, je l’appelle d’un bistrot. Ou je vais chez elle… Une femme qui vous écrit sur un télégramme “Je vous aime”, on peut aller chez elle… Oh oui ! je vais aller chez elle, pourquoi pas ? “

 

Vous avez peut-être reconnu ce monologue. Il est extrait du film de Claude Lelouch,” Un homme et une femme” Palme d’Or au festival de Cannes 1966. Au volant de sa Ford Mustang, Jean-Louis Trintignant part dans la nuit rejoindre à l’autre bout de la France la femme qui lui a écrit qu’elle l’aimait.

Ces mots synthétisent la passion. La passion amoureuse. La passion qui permet de rouler toute la nuit, de rester éveillé, de calculer sans cesse le nombre de kilomètres qu’il reste à faire et l’heure approximative d’arrivée.

On peut lui trouver des points communs avec notre passion pour les miniatures automobiles. J’en ai parlé récemment avec Jean-Michel Roulet. Nous nous remémorions les années soixante-dix /quatre- vingt et évoquions le souvenir de mon père.

“Les collectionneurs étaient des vrais passionnés” disait-il. “Ils vivaient à cent à l’heure” et il ajouta “C’est une forme de passion un peu folle qui s’éteint et c’est aussi un âge d’or qui prend fin.” J’ai trouvé ces mots très justes.

J’ai aussi repensé à cela en recevant le dernier ouvrage de Claude Wagner. Quel courage de sortir en 2019 un tel ouvrage (481 pages) !

C’est un livre de passionné. Loin de tout calcul commercial, très loin de toutes les publications racoleuses offrant en pâture aux collectionneurs les résultats des salles des ventes, avec les chiffres pour toute analyse.

Avec mon père nous avons parfois fait l’amer constat de la perte de connaissance des produits de la part des collectionneurs, malgré les dizainesd’ ouvrages à leurs disposition .

Hasard du calendrier, j’ai reçu l’ouvrage de M. Wagner, la semaine où étaient programmées plusieurs ventes aux enchères en France. Les Dinky Toys France ont le vent en poupe. Les résultats sur les variantes inhabituelles ou les essais de couleurs le démontrent. Les enchères à 4 chiffres et plus ont été nombreuses.

Dans ce tourbillon de prix, l’ouvrage vient à point nommé. Ni prix, ni référence à l’argent.

Il s’agit simplement de la description méticuleuse, par chapitres, de l’univers Dinky Toys : les présentoirs, les affichettes, les catalogues, les publications d’encarts publicitaires dans les journaux comme Le Journal de Mickey et Le Journal de Tintin, les modèles hors-commerce.

C’est un travail de bénédictin qu’a fait là M. Wagner afin d’être le plus complet possible. On ouvre le livre  et on ne le referme plus, tant il y a à découvrir. J’ai moi-même appris beaucoup de choses que j’ignorais.

Ce travail a été guidé par la passion pour la marque. Cette passion, M. Wagner l’a depuis sa plus tendre enfance, comme beaucoup d’entre nous me direz-vous. Mais lequel d’entre-nous peut se targuer, comme M. Wagner d’avoir été lauréat du concours Dinky Toys de 1962 et de voir son nom figurer dans la liste des vainqueurs ?. (document page 400).

Et combien de ceux qui figurent dans la liste des vainqueurs ont su garder leur passion pour la marque et préserver leur âme d’enfant ?

Devant un tel travail, aussi complet, on ne peut qu’être admiratif. M. Wagner l’a fait pour que les prochaines générations de collectionneurs puissent raccrocher leurs modèles réduits à l’histoire de la marque. C’est ainsi que les modèles prendront leur juste valeur, et c’est grâce à ce genre de travail que les gens continueront à s’intéresser à la marque et à la valoriser.

Je vous encourage donc vivement à acheter cet ouvrage, qui constitue un vrai bol d’air dans ce monde où l’argent domine tout. Je joins l’adresse électronique de monsieur Wagner pour commander son ouvrage:

contact@manoirdelacroix.com.

 

Claude Wagner

MANOIR  DE  LA  CROIX

50530  MONTVIRON   SARTILLY  BAIE  BOCAGE

Le livre est disponible au prix de 64,90€  et de 8 € d’envoi.

Facéties anglaises ou quand Londres était en Europe.

Facéties anglaises ou quand Londres était en Europe.

Je me suis parfois demandé si quelque génie malicieux ne s’amusait pas à venir contrarier ma journée. Rien de grave, mais des suites d’événements, amusants, troublants qui viennent étayer cette hypothèse.

Cela se produit souvent en terre anglo-saxonne, territoire peuplé de fantômes et de créatures magiques, depuis les sorcières et les elfes de Shakespeare jusqu’à Harry Potter.

Avant l’ouverture des portes de la manifestation qui se tient à Sandown Park en ce mois d’août 2019, la conversation entre acheteurs “continentaux” ne traite que d’un sujet: le Brexit et surtout les difficultés qu’il risque d’y avoir dès la prochaine édition de novembre.

Pour ma part, j’avance que Brexit ou pas, je serai là lors de la prochaine édition.

C’est peut être dans cette réponse, un brin arrogante, que j’ai commis une imprudence aux oreilles des génies malicieux qui étaient présents ce jour à Sandown Park.

Tout commence très bien. Une heure après l’ouverture des portes, une personne me tape sur l’épaule.

“Vous me reconnaissez?  me demande t-elle ” je dois lui avouer que  si son visage me dit quelque chose, je suis incapable de le situer et de mettre un nom dessus. L’homme me rappelle alors que je lui ai acheté il y a fort longtemps en Suède des modèles Muovo finlandais.

Un ami commun d’Helsinki, l’avait informé que j’étais toujours présent à Sandown Park et qu’il pouvait s’y rendre et prendre avec lui deux rarissimes modèles de la marque fnlndise Muoval   afin de me les présenter. Quelle drôle de surprise.

Nous faisons affaire très vite. Ce sont des camions de style américain, dans l’esprit des productions nordiques. La cabine et surtout la calandre sont très particulières, et ne ressemblent à celles d’aucun autre modèle. Je suis aux anges !

En tant que Finlandais, membre d’un pays de l’union européenne où l’euro est la monnaie, nous traitons notre transaction en euros.

Quelques temps plus tard, je suis attiré par un curieux présentoir Dinky Toys. Il est de taille réduite, donc facile à mettre en évidence dans des vitrines déjà bien remplies.

C’est surtout la thématique retenue par Dinky Toys qui m’interpelle, la télévision. De nombreux fabricants ont choisi ce support pour donner une image moderne de leurs produits.

Le vendeur est un néerlandais. Il n’est jamais facile de traiter avec eux. Mais c’est en euros bien sûr que nous faisons affaire.

La bourse continue. La moisson est bonne. L’heure du départ approche. A ce moment je vais toujours rendre visite à un marchand qui est très long à déballer. Les deux petites vitrines plates sont là, je les ai vues il y a deux heures déjà mais elles étaient encore vides.

C’est l’heure d’aller voir s’il a eu le temps de les remplir. Cependant je suis arrêté sur le chemin par la vue d’ un objet. C’est la couleur verte qui m’attire. Le slogan aussi : “Souvenir of Ireland”.

j’ai vite fait le rapprochement avec mes deux transactions du jour faites avec deux membres de la CEE.

Me voici enfin devant les deux petites vitrines plates. Elles sont désormais remplies. Et bien remplies. J’achète quatre véhicules d’avant-guerre en superbe état. Le vendeur m’explique qu’il se sépare de quelques pièces de sa collection.

C’est toujours un moment d’émotion quand une personne de 70 ans explique que ces modèles il les a depuis….si longtemps. C’est une petite partie de sa vie.

Je n’avais pas en collection cet autorail GWR de chez Dinky Toys. Le vendeur m’indique qu’il y a voyagé enfant et que la couleur, crème et brun est la seule recevable. la boîte de six pièces l’accompagne.

Le temps s’arrête.

Il me cède également un magnifique coffret postal d’avant-guerre en état exceptionnel. Il prendra dix minutes à l’emballer précautieunesement. Nous faisons l’addition. En livres sterling bien sûr.

Nous nous entendons très facilement et là sa femme me dit : vous voulez payer en euros?  je relève la tête, comme abasourdi.

Non, les anglais ne capituleraient pas comme ça, Eux qui ne se sont jamais laissés envahir depuis Guillaume le Conquérant. Aussi peu de résistance ?

A ce moment, devant mon regard étonné mon interlocutrice rajoute : “English joke ” plaisanterie  anglaise !

Malicieuse jusqu’au bout, elle m’assurera qu’il n’y a que sur la promenade des Anglais à Nice, qu’elle accepte l’idée de se compromettre avec des euros.

Emblématique de Nice, bien plus internationale que les allées de la bourse de Sandown Park cette artère est ainsi nommée en souvenir de la construction d’un chemin de pierre, concédé à la communauté anglaise, réalisé par leurs soins et à leurs frais au début du 19éme.

Livre Sterling
Livre Sterling

Mais les fantômes ont la rancune tenace. Brexit aidant, ont-ils voulu me donner une leçon?

Malicieux, j’ai choisi de mettre en image également ce très beau bus à deux étages produit chez Wells. Il s’agit de la version d’avant-guerre équipée  de pneus en caoutchouc.

Vous apprécierez le slogan publicitaire.  “Merci d’acheter Britannique” ! Il faut dire qu’au même moment sur le marché londonien , Fischer, fabricant allemand  avait produit ce somptueux bus à deux étages aux couleurs de la  compagnie “General”.

 

La querelle des bouffons

La querelle des bouffons

Ce n’est pas une conversation entendue dans une rame de métro de la ligne 5 en direction de Bobigny qui m’a inspiré cette chronique. Non, c’est une émission de Jérémie Rousseau diffusée le 7 juillet 2019 sur France Musique qui relatait cet épisode historique appelé “la querelle des Bouffons”  ou “guerre des Coins”.

Nous sommes au 18ème siècle. Louis XV règne. Les encyclopédistes, Jean-Jacques Rousseau à leur tête, vont lancer une polémique. Ces derniers sont charmés par un nouveau type d’opéra, tout droit venu d’Italie, l’opéra “buffa”. Ils mettent en avant ses qualités : effets comiques, légèreté, sujets inspirés du quotidien qui sont les caractéristiques principales de ce type d’ opéra.

A cette époque, on joue à la Cour du roi des tragédies lyriques typiquement françaises, dont les sujets sont inspirés de la mythologie. Lully est à l’origine de cette musique “savante”. Rameau, en sera le digne successeur. Ce dernier, avec l’appui du roi et de sa maîtresse Mme de Pompadour s’opposera donc à Rousseau, aux encyclopédistes et à la reine. Cette “querelle” durera deux ans et fera l’objet d’échanges musclés entre les partisans des deux camps.

Dans le domaine de la collection d’automobiles miniatures, j’ai parfois assisté à des querelles de chapelles, entre les partisans des modèles en « fer » et les partisans des modèles en « plastique ».

Une petite partie des collectionneurs de DinkyToys peuvent avoir du mépris pour les modèles Norev en plastique, du fait de la déformation dans le temps de certains d’entre eux. Ils opèrent un raccourci rapide entre le prix, faible, des Norev et l’absence de qualité. C’est un raisonnement assez simpliste.

Les amateurs de miniatures Norev peuvent répondre que les Dinky Toys ne sont pas exemptes de problèmes de tenue dans le temps. On observe de la “metal fatigue” même sur des produits d’après-guerre.

Je me souviens d’un confrère, Alain Gransard, qui avait mis sous cloche dans son magasin, une superbe Ford Vedette 1949 issue du fameux stock de magasin provenant de Marseille, “La Provence”, entièrement en métal fatigue. Il s’agissait de mettre en garde les amateurs de Dinky Toys : “Regardez ce qui vous attend.” On reconnait bien là le style d’Alain Grandsard.

Une chose m’est apparue évidente au fil de mon activité commerciale. Les collectionneurs de miniatures reproduisent très souvent dans leurs choix de collection le schéma de l’enfance. Ainsi ceux qui ont été bercés par les miniatures en plastique restent toute leur vie attachés à cette matière. On n’échappe pas si facilement à son destin !

C’est très souvent le prix, bien plus élevé des modèles en zamac qui a contraint les parents de l’enfant à se rabattre sur la miniature en plastique. C’est très rarement un choix délibéré. Famille nombreuse, ou parents tirant le diable par la queue et l’enfant aura été familier des Clé, des Minialuxe ou des Norev.

Devenu adulte, installé dans la vie, même si ce dernier a la possibilité financière de collectionner les Dinky Toys, il restera bien souvent comme attaché à ses Norev.

Même si j’ai parfois taquiné les amateurs de Norev, j’ai un faible pour cette firme. Depuis l’enfance également. Mon père était à l’époque fumeur, ma tante également, et j’associe le souvenir des présentoirs Norev à l’odeur du tabac.

Haut comme trois pommes, je les regardais en contre- plongée et leurs couleurs me faisaient rêver. La matière plastique dans laquelle elles étaient injectées n’était aucunement un obstacle pour moi .

D’ailleurs, dès le début de notre aventure de collectionneurs mon père et moi, avons été séduits par cette firme. Un des premiers thèmes de notre collection a été les camionnettes publicitaires, et Norev en ayant produit un grand nombre, cette firme nous est vite devenue familière au même titre que Tekno ou C-I-J.

Je vais vous présenter ce- jour le Citroën 1200Kg . Norev savait utiliser la planche à décalques (papier) ! Au fil de la production qui s’est étalée de 1959 à 1968 environ, de nouvelles publicités sont régulièrement apparues.  Certains modèles ont subi des déformations dans le temps.

Observez les modèles photographiés. Nous avons mis du temps à réunir ces exemplaires bien conservés. Mais ils sont la preuve que l’on peut en trouver en bel état.

Il y a quelques raretés. Les promotionnels bien sûr, dont celui édité pour Citroën Ouden à Rotterdam aux Pays-Bas. je n’en sais pas plus sur la façon dont fut diffusé ce modèle. On peut légitiment penser qu’il a été distribué dans cette grande concession.

Celui aux couleurs Michelin est peu fréquent. Vous aurez noté que Norev a curieusement reproduit ce véhicule de couleur verte et non jaune , couleur traditionnelle du manufacturier clermontois.

Celui aux couleurs d’une succursale Lévitan à Toulon avec l’adresse du magasin m’a été cédé par M. Darotchetche, un des auteurs du livre qui fut un véritable succès sur la marque Norev. On peut légitiment penser que les dirigeants de cet établissement ont demandé à Villeurbanne de réaliser sur la base du modèle du commerce une variante avec leur adresse. D’autres magasins Lévitan ont peut -être fait de même.

Les autres modèles semblent tous avoir été produits en série. Il  est fort probable que d’autres modèles promotionnels réapparaîtront un jour ou l’autre.

Les premiers exemplaires du Citroën HY sont sortis dès 1959. Il faut bien se souvenir que Norev, on l’oublie un peu, a reproduit tous ces modèles à l’échelle du 1/43.

D’ailleurs, sur une rare publicité apparue dans dans le premier répertoire consacré aux miniatures automobiles en 1959, on peut lire ce slogan imparable:

“Vous pouvez passer sous une échelle mais pas sur celle de votre collection. Norev respecte scrupuleusement la réduction au 1/43.”

C’est un argument des plus intéressants quand on sait qu’une partie des amateurs de DinkyToys pensent que toutes les Dinky Toys sont au 1/43 !

Voilà bien quelques arguments qui risquent de raviver la querelle entre les deux clans.

Au bout d’un certain temps, Jean-Jacques Rousseau fut lassé par cette polémique. Il lâcha quelques encyclopédistes qui selon lui étaient allé trop loin dans la querelle et les propos. D’ailleurs il reconnaissait bien le talent et le travail de Rameau.

Christoph Willibald Gluck
Christoph Willibald Gluck

Il vit dans la musique nouvelle de Christoph Wilibald Glück, une alternative aux deux camps opposés.

S’agissant de la collection de miniatures, à l’image de  Jean-Jacques Rousseau qui aima Rameau, s’enthousiasma pour les Italiens et se laissa charmer par Glück, je vous suggère une solution des plus simples.

Les deux firmes ont des atouts non négligeables. Faites comme nous, collectionnez les deux.

PS: nous tenons, ma mère, mon frère et moi à remercier toutes les personnes  qui nous ont témoigné leur soutien. Sachez que nous avons été très touchés par les très nombreux  messages. Merci de tout coeur.

Le crépuscule

Le crépuscule

A peine sorti de la mégapole new-yorkaise, la nature est omniprésente. Moins de vingt minutes se sont écoulées depuis l’aéroport de Newark, et l’on a déjà oublié les gratte-ciel et la civilisation.

Le changement est même assez brutal. Il est plaisant de sortir de l’univers bétonné pour retrouver la nature. Les forêts sont nombreuses sur la route qui traverse le New Jersey vers la Pennsylvanie et, en ce début novembre, le spectacle est grandiose .

Le ciel bleu vient rehausser cette impression. Pourtant, à bien y regarder, l’automne se meurt. Les couleurs ont subtilement viré du jaune et rouge flamboyant à un ocre et brun qui annoncent l’arrivée prochaine de l’hiver.

Ce sont des détails mais la nature s’apprête à un long sommeil. Ce n’est pas la température encore presque estivale qui pourrait faire croire à cela.

Pourtant, comme me dit un autochtone à l’hôtel, dans dix jours il y aura peut-être 20 cm de neige ! On pourrait croire à une blague, mais l’automobiliste averti que je suis a bien reconnu le crissement particulier des pneus hiver sur le parking de l’hôtel où je viens d’arriver.

Chaque automne, je guette ce moment si particulier où la nature perd son éclat et glisse vers l’hiver. C’est souvent imperceptible, petite touche par petite touche, un coup de vent par ci, une journée de pluie par là, la nature fait le reste. C’est le crépuscule de l’automne.

Quand la commission sportive internationale a autorisé la publicité sur les automobiles de course, elle ne sait pas encore qu’elle a ouvert la boîte de Pandore. Mais cela va se faire par petites touches, comme pour l’arrivée de l’hiver.

Dans un premier temps, seuls les pétroliers sont autorisés à apposer leur logo sur les flancs des autos de course. Ces derniers participaient activement à la vie des différentes équipes de formule 1 ou de “sport prototypes” avec pour seul retour, la possibilité de communiquer sur les résultats par le biais des publicités dans la presse.

“Esso” et “BP” éditaient également chaque année de belles publications reprenant les différents succès des autos qu’ils avaient “aidées” financièrement au cours de l’année.

On appréciera cette publication d’Esso de 1956 où le pétrolier n’hésite pas à placer la Jaguar Type D victorieuse au Mans cette même année à côté d’une Peugeot 403 en pleine attaque dans un rallye hivernal.

Puis ce fut au tour des équipementiers d’avoir le droit de s’afficher sur les autos : pneus, éclairage, bougies, essuie-glaces. Jusque-là, rien d’extraordinaire.

Cela faisait sûrement grincer des dents les amateurs purs et durs pour qui une auto devait concourir sous la seule couleur du pays qui l’engageait. Il a fallu faire preuve de pédagogie, expliquer qu’il était nécessaire à la survie de toutes ces équipes d’introduire un peu de publicité.

Sans le savoir, le monde de la course automobile va se trouver bouleversé par cet événement. Le sport automobile ne sera jamais plus comme avant.

Les sponsors vont bientôt exiger une meilleure visibilité de leur investissement : cela entrainera l’arrivée de la télévision. En vendant son âme, la course automobile n’a-t’-elle pas perdu  de son intérêt ?

Lotus, un constructeur innovant sur le  plan technique et financier.

Le début de la saison 1968 fut terrible pour l’écurie Lotus. Elle a vu son pilote numéro un, l’Ecossais Jim Clark, disparaitre dans une épreuve mineure de formule 2 à Hockenheim.

Puis c’est Mike Spence qui trouve la mort aux essais d’Indianapolis. Ce dernier remplaçait l’Ecossais dans le baquet de la Lotus.

Hasard du calendrier, c’est dans cette période catastrophique que l’écurie a introduit le premier sponsor étranger au monde de l’automobile, j’ai nommé le cigarettier “Gold leaf”.

Le Premier Grand Prix de la Lotus 49B sous ces nouvelles couleurs à Jarama pour le Grand Prix d’Espagne sera une première victoire. On imagine que ce succès mit un peu de baume au coeur à tous les membres de l’écurie.

Le second Grand Prix à Monaco sera une seconde victoire. La saison se révélera difficile mais Graham Hill pilote numéro un de l’écurie Lotus sera couronné d’un second titre de champion du monde.