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La boîte de Pandore

La boîte de Pandore

Solido Lancia Flaminia avec phares moulés, jantes en acier et volant à deux branches
Solido Lancia Flaminia avec phares moulés, jantes en acier et volant à deux branches

C’est Solido qui a ouvert la boîte de Pandore en 1961 avec sa Lancia Flaminia équipée de portes ouvrantes. La Ferrari 250GT 2+2 et la Ford Thunderbird qui viennent juste après marquent encore une progression dans la reproduction de nouveaux détails. (voir le blog consacré à la version française de la Ferrari 250 GT 2+2).

(voir le blog consacré à la Ford Thunderbird)

Désormais, une nouvelle tendance apparaît dans la fabrication des miniatures automobiles. Celle de « la miniature maquette ». Une course effrénée a lieu entre les bureaux d’étude de Solido, Politoys, Mebetoys,Tekno, Corgi Toys et Dinky Toys pour savoir qui sera le premier à introduire de nouveaux détails, de nouvelles sophistications sur les miniatures. La surenchère technique entre les fabricants finira par engendrer selon moi des gadgets inutiles. Autre calamité, des firmes au passé glorieux, comme C-I-J, JRD ou même Mercury vont être exclues de cette course. Le manque de moyens financiers pour les uns (C-I-J) ou techniques (Mercury) pour les autres peut expliquer ce renoncement.

A partir du milieu des années soixante, les Mercury ne sont plus que l’ombre des premières productions. Je passe sous  silence la piètre Simca 1000 coupé Bertone de chez C-I-J avec tous les ouvrants, sortie en 1964.

Solido pré série Jaguar Type D ex collection Bertrand Azéma
Solido pré série Jaguar Type D ex collection Bertrand Azéma

Cette course à la sophistication qui a commencé avec les suspensions, puis le vitrage puis les portes ouvrantes va s’accélérer. Quatre ans séparent les suspensions de la Jaguar Type D (1957) des portes ouvrantes de la Lancia Flaminia (1961). (voir le blog consacré à  la Jaguar Type D).

Tout va très vite : peinture métallisée, phares en strass, châssis ajouré laissant voir la mécanique et enfin modèles équipés de toutes les parties ouvrantes. C’est beau, mais cela a un coût. Et c’est vraisemblablement ce coût qui a précipité la fin de ce type de miniatures, l’arrivée des fameuses roues rapides et de la simplification à outrance.

Je suis persuadé que beaucoup de fabricants ont vu arriver cette nouvelle vague et ses roues rapides avec soulagement !  (voir le blog sur les Dinky Toys prototypes avec roues rapides)

Ce ne sera pas le cas de Solido qui restera fidèle à la qualité qui a fait sa renommée depuis les années trente.

Il faut dire que Solido avait un atout de taille. Je veux parler de ses accords commerciaux avec l’Espagne (Dalia), le Danemark (Tekno), l’Argentine (Buby), le Brésil (Brosol) et même les Etats-Unis avec l’accord conclu chez Marx (fabrication délocalisée à Hong-Kong). Ainsi, elle a pu amortir plus facilement un outillage et une fabrication coûteux.

La Ferrari 250 GT 2+2 et la Ford Thunderbird vont connaitre une très belle carrière à l’international. Il faut rappeler aussi que les pays latins ont une clientèle très ciblée « voitures de sport ».

Pour Dalia c’est simple. Solido envoyait les pièces détachées, et les autos étaient peintes, assemblées, mises en boîte et distribuées en Espagne.

La Ferrari gardera son châssis gravé Solido contrairement à la Ford Thunderbird qui reçoit une gravure indiquant son origine ibérique « Solido-Dalia » , ce qui facilite son identification.

Du fait de l’absence d’identification Dalia, certaines couleurs de Ferrari 250GT 2+2 de chez Dalia ont été répertoriées par erreur comme des Solido dans le premier livre de Bertrand Azéma consacré aux productions françaises,.

Les Ferrari 250 GT 2+2 de chez Dalia équipées de jantes en acier sont faciles à identifier, car en France, Solido n’a produit le modèle qu’avec des jantes à rayons. La difficulté est donc de reconnaitre une Dalia lorsqu’elle est équipée de jantes à rayons. Cela demande une petite analyse.

En Espagne, la plaque d’immatriculation est peinte de couleur blanche. Par ailleurs, je n’ai jamais rencontré de Ferrari 250GT 2+2 Dalia équipée du tableau de bord rapporté, ce qui tend à prouver qu’il y a eu un décalage entre le début de la production française et les premières Dalia.

Par contre, si la majorité des Dalia a des phares en strass, il y a bien un modèle avec les phares moulés et cette version me semble plus rare.

La Ford Thunderbird ne pose pas de soucis d’identification. Si les versions équipées de jantes en acier sont dignes des fabrications françaises, il n’en est pas de même de celles affublées de jantes à rayons.

Le temps aidant, le regard que les amateurs portent sur ces dernières versions a évolué. Elle sont désormais très convoitées. On appréciera les couleurs.

Enfin, contrairement à ce que voudraient nous faire croire certaines personnes, les Dalia ont bénéficié d’une certaine rigueur dans leur fabrication. Observez les finitions des modèles photographiés : tous les modèles avec jantes en acier sont pourvus de feux arrière rapportés et d’une finition argent typée. Celles avec jantes à rayons en sont toutes dépourvues.Il n’y a pas d’anachronismes mais bien une logique chronologique. Un lecteur a signalé l’existence  d’une version de premier type avec jante en acier et phares moulés.

Dans l’Espagne franquiste, le pouvoir d’achat était limité et les Dalia ont rencontré un beau succès. Dinky Toys a essayé de contrer Solido avec la fabrication Poch. En vain, le succès n’a pas été au rendez vous. Les Dalia avaient des prix de vente nettement inférieurs. La création de la populaire Seat 1400C, prouve tout l’intérêt de Solido pour ce marché.

La Ferrari 250GT 2+2 finira sa carrière au Brésil. Comme toutes les productions Brosol possédant un châssis en zamac, la Ferrari porte l’identification du pays producteur (Brésil) sur le châssis. Il a donc été regravé. L’outillage a été envoyé au Brésil, marquant de fait la fin de la production de la version Dalia.

Le moule reviendra ensuite ien France. Verem ressortira le modèle avec des peintures clinquantes. Une version intéressante a été produite en édition limitée pour la gamme « Glamour » en Italie .

Elle reproduit une auto qui a équipé la police romaine. Deux autos ont été livrées à Rome. Une des deux fut détruite très rapidement dans un accident, la seconde existe toujours !

 

La Ford, elle ne sera jamais fabriquée en amérique latine. Cela peut s’expliquer par sa très longue carrière en France. Elle restera incorporée au coffret caravaning jusqu’au milieu des années soixante-dix . (voir le blog consacré à ce sujet).

 

 

Solido Porsche Formule 2

Solido Porsche Formule 2

Porsche « made in France »

Solido Porsche F2 avec premier type de boîte et pins "Stirling Moss" je drive à la Stirling Moss !
Solido Porsche F2 avec premier type de boîte et pins « Stirling Moss » je drive à la Stirling Moss !

Dans le blog précédent nous avons pu voir dans quelles conditions la maison Porsche avait participé au championnat du monde de Formule 1.

C’est également par opportunité que de nombreux fabricants de miniatures ont inscrit la reproduction de cette 718 monoplace à leur catalogue.
En analysant l’histoire des fabricants de miniatures un constat s’impose. Les fabricants de jouets ont reproduit à des périodes distinctes une partie du plateau des monoplaces de Grand Prix.

Quand au milieu des années cinquante Dinky Toys propose sa série « 23 », Crescent Toys, Charbens et Corgi Toys agissent par mimétisme et reproduisent aussi des monoplaces.

Le passage du moteur à l’arrière entraine une nouvelle vague de reproductions. C’est à cette époque qu’apparaît notre Porsche. Elle sera intégrée dans les gammes des fabricants de jouets de la seconde vague. Au début des années soixante, Politoys, Ingap, Clé, Solido, et quelques autres fabrications de Hong Kong font partie des fabricants désireux de proposer à leur jeune clientèle des formule 1.

En fait, ce phénomène doit davantage au besoin des fabricants d’étoffer leur catalogue qu’au succès de l’auto sur les circuits !

Solido Porsche F2 couleurs peu fréquentes
Solido Porsche F2 couleurs peu fréquentes

En 1957 Solido est à l’origine de la seconde vague de reproductions de monoplaces et de voitures de course. Sans chauvinisme aucun, force est de constater qu’aucun fabricant de miniatures durant cette période ne sera capable d’offrir aux enfants et aux collectionneurs des bolides de cette qualité.

 La Ferrari 156, parue peu de temps après la Porsche, et la Ford GT40 constituent deux modèles pour lesquels Solido est passé complètement à côté de son sujet

Mais revenons à la Porsche 718 de chez Solido. Elle est superbe. Elle possède des formes justes et la gravure est de belle qualité.

On apprécie les deux grilles moteur et surtout le travail effectué par le mouliste pour restituer le pot d’échappement bien particulier de cette auto.

Elle connaitra comme toutes les monoplaces Solido une carrière assez longue au cours de laquelle elle sera équipée de jantes en acier puis en 1965, des fameuses jantes en zamac moulées dites « Standard ».
La version finie dans la couleur argent est fréquente. Dans cette déclinaison, les deux grilles moteur sont peintes de couleur noire ou rouge. Les modèles arborant la couleur verte ou noire sont moins fréquents. En 1965, Solido a éprouvé le besoin de redynamiser sa gamme. L’opération s’est concrétisée par l’apparition d’une « série luxe » dans laquelle les modèles sont équipés des fameuses jantes « Standart » et reçoivent chacun une décalcomanie particulière.

Ainsi la Porsche est ornée d’une bande tricolore (rouge, noir et jaune) symbolisant les couleurs allemandes. Il est surprenant de constater que lors d’une seconde édition de ce décalcomanie la couleur jaune de la bande est remplacée par la couleur blanche.

Hasard ou volonté de ne pas afficher les couleurs allemandes ? Je me souviens avoir entendu dans mon enfance des remarques de mes parents et grands-parents montrant que les plaies de la dernière guerre n’étaient toujours pas refermées.

Signalons que ce même décalcomanie servait aussi sur l’autre Porsche disponible à la l’époque, la GT 8 cylindres.
Enfin, un petit papier imprimé « série luxe » accolé sur une face de la boîte finit de convaincre l’acheteur qu’il vient de faire une acquisition de qualité.

Cette auto connut bien entendu une très longue carrière en Espagne, à Barcelone, chez Dalia. Je vous laisse découvrir les couleurs, ou tout du moins celles que je connais, car chez Dalia, il est toujours difficile de lister ces dernières sans en oublier.

(voir l’autre article consacré à la Porsche F2)

Dalia Lancia Flaminia

Dalia Lancia Flaminia

Elégance italienne à Barcelone.

Dalia Solido Lancia Flaminia avec phares moulés
Dalia Solido Lancia Flaminia avec phares moulés

Comme bon nombre de modèles de la série 100, la Lancia Flaminia sera produite de l’autre côté des Pyrénées, en Espagne. Contrairement à d’autres modèles de la série 100, sa carrière internationale se limitera à ce pays. Elle n’aura malheureusement pas l’honneur d’être produite au Brésil ou en Argentine.

La version espagnole produite à Barcelone chez Dalia aura une belle et assez longue carrière.

Dalia Solido Lancia Flaminia avec phares moulés
Dalia Solido Lancia Flaminia avec phares moulés

L’existence de trois boîtes différentes en atteste.

Ceci dit, par rapport à d’autres modèles Solido-Dalia comme la Mercedes 220SE ou la Ford Thunderbird, elle ne sera jamais affublée des décorations et accessoires qui caractérisent les Dalia dont la production s’est étendue sur une longue période. Il n’y aura pas de déclinaison taxi, ambulance, Autopistas, course ou Bomberos. Il est certain que cela ne n’aurait pas été très crédible.

Mais sur ce point, Dalia ne s’est jamais retenue de produire, surtout à la fin, des versions farfelues qui font désormais le bonheur des collectionneurs.

Il est intéressant de constater que le moule Dalia recevra les améliorations apportées par Solido à son modèle : les phares rapportés ont ainsi remplacé les phares moulés. Comme toujours avec Dalia, la qualité décline avec le temps. Les premières versions, celles avec phares moulés, recevront une peinture de meilleure qualité que les modèles suivants. Il en sera de même pour les finitions argent au pochoir. Par contre Dalia n’utilisera jamais les jantes standard en remplacement des jantes en acier chromé concaves comme Solido le fit.

La palette de couleurs est large. II est heureux de constater que Dalia n’affublera jamais cet élégant coupé de couleurs criardes. Il existe sans doute d’autres teintes que celles qui sont photographiées, à vous de les trouver !

En voilà une autre, arrivée récemment

voir les autres articles  consacrés à la Solido Lancia Flaminia

Cooper… la révolution sur les circuits !

Une petite Cooper1,5 L… voici un modèle bien commun et il n’y a aucune difficulté à s’en procurer une. Au plan commercial, ce modèle fut un grand succès pour Solido.

ensemble Cooper 1,5L Solido et Dalia
ensemble Cooper 1,5L Solido et Dalia

Mais cette petite auto a une grande histoire… Cette histoire concerne à la fois la véritable voiture et le fabricant de jouets qui en proposa une reproduction. Dans les deux cas il s’agit de petites révolutions.

Commençons par la monoplace. La seconde moitié des années 50 voit apparaître de nouvelles règles dans le monde du sport automobile qui autorisent les formules 2 à concourir avec les formules 1. La différence tient essentiellement dans la cylindrée des moteurs, celle des formules 2 ne pouvant excéder 1500cc. Les constructeurs britanniques ont eu l’ingéniosité de tirer partie du faible encombrement de ces blocs moteurs pour les faire passer d’une position devant le pilote à une position derrière celui ci. Ce déplacement du bloc moteur a eu pour principal avantage d’abaisser le centre de gravité de la voiture.

Malgré leur évident manque de puissance dû à leur petite cylindrée, incontestablement plus légères et plus maniables, les petites monoplaces ont eu très rapidement des résultats fort encourageants.

Dès leur deuxième saison en 1958 elles créent la surprise générale en s’imposant aux deux premiers Grands prix (Grand prix d’Argentine avec Moss au volant et grand prix de Monaco avec notre pilote national Maurice Trintignant). Elles tirent également leur épingle du jeu sur des circuits exigeants en matière de tenue de route ou d’agilité, tel le Nürburgring où elles occupent les seconde et troisième places derrière une Vanwall. Sur les circuits rapides, légion à l’époque (Reims, Monza, Spa) la différence de puissance ne peut compenser l’excellente tenue de route de ces autos.

C’est cette version de 1958 que Solido va reproduire, la version 1,5 L (l’année suivante les Cooper adopteront un moteur 2,5 L
Alliant un bon moteur et une conception révolutionnaire, les petites Cooper survolent les deux saisons suivantes et permettent à Jack Brabham de remporter la couronne mondiale à deux reprises. Les Ferrari sont irrémédiablement distancées. En ayant intelligemment transféré le bloc moteur en position centrale arrière Lotus et Cooper ont révolutionné la formule 1. La physionomie des monoplaces est à jamais bouleversée. Il est intéressant de voir sur les clichés d’époque la cohabitation des imposantes Ferrari qui semblent prêtes à avaler les petites Cooper…

Ferrari s’entêtera en essayant de compenser son handicap de tenue de route par un surcroît de puissance. En vain, les Anglais ont été les plus forts !

Porsche 550 Solido : aux 4 coins du monde

La programmation par Solido de la reproduction de cette Porsche 550 fut un excellent choix. Dans le contexte des années d’après guerre, le fabricant d’Oulins eut un certain courage de reproduire une auto germanique.

Cette auto de course a été le deuxième modèle produit pas Solido dans le cadre de sa série 100. Il faudra attendre le quatorzième modèle (référence 113) pour voir enfin apparaître une auto de course arborant une robe « bleu France » (DB Panhard).

A la décharge du fabricant d’Oulins, la marque Gordini était la seule marque française à concourir dans le but de remporter une victoire au classement général. Les autres petits constructeurs français se faisaient une spécialité des victoires à l’indice de performance, et dans les catégories inférieures qui n’attiraient pas beaucoup les concurrents étrangers ! Certain journalistes étrangers ne manquaient pas d’ailleurs d’insinuer que l’Automobile Club de l’Ouest favorisait par ses règlements les petits artisans français.

Enfin, tous ces petits constructeurs à l’imagination fertile proposaient d’une saison à l’autre des autos assez différentes ce qui constitue un inconvénient majeur pour les fabricants de miniatures : ces modèles étaient rapidement démodés alors qu’il faut un délai d’environ deux ans entre le choix du modèle et sa réalisation.

A l’inverse, la petite Porsche 550 apparue en 1953 ne change pas de physionomie durant plusieurs saisons. Solido choisit la version de 1955, année qui marque pour Porsche une nette progression.

Porsche 550 Dalia
Porsche 550 Dalia

La miniature voit le jour en 1957 avec la référence 101. Elle fait suite à la Jaguar type D, reine de l’endurance. Comme celle-ci, elle est équipée de suspensions. Cette innovation va révolutionner les jeudis après midi des petits écoliers !

Son châssis est moulé en zamac. Initialement couleur argent, il reçoit rapidement une teinte gris clair. La première version décrite ne doit pas être confondue avec la version danoise (Solido /Tekno) qui reçut une peinture irisée, typique des productions danoises de l’époque.

La carrosserie est monobloc, mais dans le souci d’apporter un petit plus au niveau des détails, un saute vent est réalisé en plastique transparent. Cela n’a l’air de rien, mais il s’agit d’une innovation car à cette époque les fabricants moulaient cet élément avec la carrosserie. (voir par exemple celui de la Jaguar type D de Dinky Toys). Comme toutes les autos de course du début de la série 100, le pilote en plastique connaîtra une transformation durant la production de la miniature. Le second possède bras et jambes, ce qui est un plus pour un pilote de course ! Cette évolution coïncide avec le passage d’un volant de deux branches à trois branches.

Peu de variantes apparaîtront durant l’histoire du spider chez Solido, mais il faut tout de même signaler celle de la couleur du tendelet. La couleur verte (avec des nuances) est très fréquente. Par contre la couleur rouge est très rare. Il semblerait que cette couleur corresponde aux tous premiers modèles. Cette variante n’a pas été listée sur le premier exemplaire du livre de Bertrand Azema.

Nous avons eu la chance de trouver en 35 ans deux exemplaires avec tendelet rouge qui tous deux correspondent avec des autos dont la peinture est recouverte d’un vernis épais, ce que l’on peut constater également sur certaines Mercedes 190sl.

Les jantes en acier chromés n’évolueront guère. Si cette auto aura en France une histoire paisible, le moule connaîtra, lui, une longue carrière à l’exportation due à l’aura grandissante du constructeur de Züffenhausen.

L’aventure commence au Danemark. Soucieux d’élargir sa gamme, Tekno loue à Solido 6 moules, quatre cabriolets et deux autos de course. Il semble bien que le moule de la Mercedes 190sl n’ait jamais fait partie de ce transfert et qu’en conséquence le modèle ne soit jamais sorti au Danemark, bien qu’il soit décrit dans le livre de Monsieur Azema. Les autos de course ont été réalisées dans au moins trois couleurs : le vert, le rouge et l’argent. Dans ces versions le tendelet est de la même couleur que la carrosserie. Le traitement de la peinture des phares diffère sur la version argent : ceux ci sont peints de couleur ocre. Le châssis a reçu une peinture argent irisée, typique des productions scandinaves, bien que la mention « Made in France » soit restée gravée. Compte tenu de la rareté des modèles, on peut penser que la location fût de courte durée. Tekno n’imprimera d’ailleurs pas d’étui particulier et importera de France des étuis « made in France » sur lesquels il se contentera d’apposer, sur un seul côté, une étiquette où figurent ses références. Enfin, le nombre d’étiquettes imprimées ayant été inférieur à celui des boîtes importées il n’est pas rare, au Danemark de trouver des boîtes sans étiquette.

Pour conclure, la présence de ces Solido /Tekno dans un des catalogues Tekno destinés aux détaillants, avec leurs références Tekno, ne peut que conduire à les classer dans les Tekno. L’aventure du moule se poursuit en Espagne, chez Dalia, qui accueillera d’ailleurs un très grand nombre de moules Solido. Détail amusant, Dalia fabriquera aussi des Tekno sous licence ! On voit bien que de nombreux liens reliaient déjà ces firmes européennes…! La petite Porsche issue du moule Solido porte chez Dalia la référence 5 ; elle recevra pour l’occasion un châssis gravé Dalia made in Spain, sans la mention Solido. Elle sera produite dans de nombreuses teintes : des verts plus ou moins foncé, du blanc, du jaune, de l’argent, du rouge, du crème et certainement d’autres couleurs.

Contrairement aux Tekno, celles-ci comme les Solido ont le tendelet peint d’une couleur contrastée. Les boîtes connaîtront des variantes ce qui permet d’établir une durée de vie assez longue. Enfin, le moule demeuré inutilisé pendant plusieurs années sortira d’une retraite bien méritée, pour partir en Amérique du sud, au Brésil en vertu d’un accord portant sur plusieurs anciens moules entre la société Brosol (filiale des carburateurs Solex de Sao Paulo) et Solido. Solido créera en outre pour l’occasion trois moules inédits dont nous reparlerons. Brosol opérera un choix dans la sélection des moules, axé sur la compétition. Nous sommes à l’aube des années 70 mais cela n’empêchera pas ses dirigeants de choisir les moules de la Ferrari 500TRC ou bien de la Porsche 550 qui date du milieu des années 50. Brosol l’affublera des jantes de la Ford MK IV! La finition est de très bonne qualité, supérieure à celle des Dalia. Les châssis peints de couleur noire, portent l’inscription Solido industria Brasileira gravée. Plusieurs couleurs de carrosserie existent : jaune, rouge, bleu, vert et probablement d’autres !

Cette auto a conservé tout son charme. Je ne peux m’empêcher de penser à mon père en écrivant ces lignes. Nous avons en effet commencé notre collection en 1974 par la recherche de miniatures Porsche de compétition. L’appétit venant en mangeant, notre intérêt s’est étendu à l’ensemble des miniatures 1/43ème et nous a finalement conduit à faire le tour du monde pour compléter notre collection!

Je peux dire que ces petites miniatures Porsche de course nous procurent, 35 ans après leur acquisition, toujours autant de plaisir. (lire la suite)http://autojauneblog.fr/2016/04/28/porsche-550-graine-de-champion/