Il s’agit sans aucun doute d’un des premiers modèles issu de ce moule ; le pavillon est encore entièrement lisse : il sera quadrillé sur les modèles de série, puis très rapidement renforcé par une croix en X ; Dinky Toys a toujours utilisé ses premiers tests issus d’un nouveau moule pour faire des essais de couleurs.
Il s’agit d’une logique d’industriel : avant de lancer une production, la firme s’assure qu’il n’y a pas de défaut.
Plymouth Belvedere Dinky Toys : face avant de série
Plymouth Belvedere Dinky Toys
Plymouth Belvedere Dinky Toys: pavillon lisse
Plymouth Belvedere Dinky Toys
Plymouth Belvedere Dinky Toys
Plymouth Belvedere Dinky Toys : face avant de avec cavités asymétriques
Plymouth Belvedere Dinky Toys
Cependant, regardez la grille avant, de part et d’autre de la partie centrale, les cavités sont asymétriques. Dinky toys a certainement modifié son moule. La version définitive de la calandre qu’on trouve sur les modèles de série est beaucoup plus nette. Autre détail, la finition en argent est appliquée au pinceau : on peut penser que les pochoirs n’étaient pas encore réalisés. Il est vraisemblable que Dinky toys a fait réaliser un certain nombre d’essais de couleurs avec ces premiers moulages.
Les variantes de moule, comme ce pavillon non quadrillé, sont à mes yeux, les essais les plus intéressants.
Nous venons de passer le cap des quatre cents articles. Il est temps de revenir sur la création de ce blog. Il a une histoire, il n’est pas né par hasard, sur un coup de tête.
ensemble de Minialuxe taxi première série
Il faut remonter quelques années en arrière, à l’époque où régulièrement Messieurs Beaujardin et Darotchetche venaient me rendre visite au magasin, en tant que clients. Un beau jour, ils m’ont annoncé qu’ils allaient avoir besoin de moi. Un homme d’affaires bordelais, Monsieur Faujanet, lui-même collectionneur, allait lancer un magazine sur le thème de la miniature automobile. Plus tard il relancera la marque Minialuxe. La revue prendrait le nom de « Passion 43 ». Ambitieux projet.
Ils m’ont fait comprendre combien ma collaboration serait intéressante puisque j’avais à la fois la casquette du professionnel de la miniature et celle du collectionneur. J’ai d’abord décliné l’offre, en invoquant le manque de temps. Puis, j’ai reconsidéré ma position. Je me sentais une certaine responsabilité en tant qu’acteur de ce secteur et je ne voulais pas me dérober.
Minialuxe Citroën 11BL traction taxi
Minialuxe Peugeot 203 break taxi
Minialuxe Ford Vedette taxi
Minialuxe Hotchkiss Grégoire taxi
Minialuxe Renault Frégate taxi
Minialuxe Simca Aronde taxi
Minialuxe Simca Versailles taxi
Finalement, on m’offrait l’opportunité de faire partager ma passion. Je donnai mon accord. Je trouvai un arrangement des plus simples avec Monsieur Beaujardin : en échange d’un quart de page de publicité, je m’engageais à produire quelques articles par numéro. La date de lancement du journal correspondait peu ou prou à celle du lancement de mon site de vente en ligne. J’y voyais une opportunité intéressante.
M. Beaujardin m’adressa un courrier confirmant l’accord. Cependant, peu de temps avant le lancement de la revue, M. Beaujardin, est revenu me voir pour dénoncer notre accord. Il allait falloir payer la publicité. Très déçu par cette volte-face à l’origine de laquelle se trouvait vraisemblablement M. Faujanet, je n’ai reçu aucune explication de sa part. Je me suis complètement désengagé de cette affaire, mais j’ai vécu cet épisode comme une mise à l’écart du monde de la miniature.
Piqué au vif par l’attitude cavalière de M. Faujanet, l’adversité m’a donné l’énergie nécessaire pour rebondir. Puisque j’étais prêt à écrire des articles, j’ai demandé à mon fils de me fabriquer la première maquette du blog.
Minialuxe Peugeot 203 break taxi
Minialuxe Peugeot 203 break taxi
Minialuxe Citroën 11BL traction taxi
Minialuxe Citroën 11BL traction taxi
Minialuxe Simca Versailles taxi
Minialuxe Simca Versailles taxi
Ce dernier a connu rapidement une bonne audience. L’outil a ensuite évolué pour quelque chose de plus performant. Depuis, je réalise également un petit recueil, « Pipelette » que j’offre en version papier au moment de Noël. Il est aussi consultable sur le site marchand, le troisième numéro est quasiment fini.
Nous avons chaque jour entre 200 et 500 visites. J’ai toujours autant de plaisir à chercher des thèmes, j’aime particulièrement trouver des liens, parfois improbables, entre les miniatures et des sujets beaucoup plus divers. Je profite de chaque sortie, exposition, documentaire, film, opéra pour trouver la matière première. Au fil des ces articles, grâce à mon épouse qui relit et remet en forme mes écrits et à M. Dufresne qui corrige l’ensemble, nous avons trouvé un style qui est propre au « blog de l’auto jaune ».
Minialuxe Hotchkiss Grégoire taxi
Minialuxe Hotchkiss Grégoire taxi
Minialuxe Renault Frégate taxi
Minialuxe Renault Frégate taxi
Minialuxe Simca Aronde taxi
Minialuxe Simca Aronde taxi
Pour illustrer mes propos j’ai choisi de présenter des Minialuxe, puisque , comme vous l’avez vu plus haut, M. Faujanet est à l’origine de la renaissance de Minialuxe.
Quelle drôle d’idée que d’avoir relancé cette marque, qui de son temps, n’a jamais su conquérir le public.
porte clef taxi pour accompagner les Minialuxe taxi
Minialuxe appartient à un groupe de petits fabricants que je qualifierais, sans aucune arrière-pensée « d’opportunistes ». Comme Clé, FJ, Eria, Quiralu et bien d’autres, ils ont dû se fabriquer un réseau de distribution car celui des marchands de jouets leur était quasiment fermé. Les Minialuxe ont donc trouvé leur place dans les Monoprix, les bureaux de tabacs, les stands des kermesses, les kiosques, les gares, les marchés, les marchands de couleurs et de souvenirs.
C’est le genre de jouets que la grand-mère achetait au gamin avant de reprendre le car pour rentrer au village afin d’avoir la paix durant le trajet retour. Il ne fallait pas que le voyage soit trop long car les ouvrants des miniatures Minialuxe avaient une durée de vie limitée.
L’achat de ces miniatures avait quelque chose de compulsif. C’est clairement la modicité du prix qui déclenchait l’achat, comme pour les Norev. La comparaison s’arrête là. Les Norev ont été distribuées en magasin de jouets. Comme les Dinky Toys et les Solido, elles bénéficiaient d’une gamme solide et renouvelée. Un catalogue annuel venait créer la demande auprès des enfants. Il est vrai d’ailleurs que l’on pourrait classer les fabricants selon qu’ils éditaient ou non un catalogue.
Minialuxe Simca Versailles taxi
Minialuxe Simca Versailles taxi
Pour cet article j’ai sorti une des séries les moins fréquentes de chez Minialuxe. Cette firme a compensé le peu de moules disponibles par une grande variété de déclinaisons. C’est même une constante dans l’histoire de la marque que d’avoir décliné des taxis, des modèles équipés d’une remorque (toujours la même du début à la fin de la production), d’un porte-bagages, d’un mécanisme…Voici donc les miniatures de la première série en version taxi. Elles furent vendues dans des étuis individuels qui sont encore plus rares que les miniatures elles-mêmes.
La présence d’un pavillon lisse permet d’établir que ce modèle était un test. On peut en effet raisonnablement penser qu’à chaque création d’ un nouveau moule, des test étaient effectués afin de vérifier si le moule permettait d’obtenir un modèle sans défaut.
Ensuite, si tel était le cas, le moule était consolidé notamment par un quadrillage du pavillon, ou un renfort entre 2 parties fragiles. Il est intéressant de noter que Meccano ne jetait pas les modèles issus des tests mais se servait de ces premières injections pour tester des couleurs : ainsi, rien n’était perdu !… autre détail intéressant, il existe au moins 2 modèles identiques. Le modèle présenté vient de M. Chaudey, qui était employé au bureau d’études de chez Dinky Toys….
Citroën U23 Dinky Toys
Citroën U23 Dinky Toys
Citroën U23 Dinky Toys
Citroën U23 Dinky Toys
Citroën U23 Dinky Toys
Citroën U23 Dinky Toys
Il m’a été signalé une version rouge avec pavillon lisse que je n’ai malheureusement jamais vu. Dinky Toys a finalement opté pour la réalisation en série pour la couleur rouge. On peut regretter qu’il n’ait pas donné suite à ses essais en vert…
Avec cette Peugeot 203 nous sommes en présence d’une miniature de conception simple. Une carrosserie monobloc en plastique injecté, sur laquelle est simplement collé un châssis en plastique de couleur noire.
Peugeot 203 Minialuxe
Les phares sont les seules pièces rapportées.La finition de la calandre et des pare chocs est réalisée au pinceau, de couleur argent. Les jantes, sur les premières séries sont de diamètre généreux, de couleur orange, et équipées de pneus crampons de couleur gris. Elles étaient communes à toute la série. Elles sont surdimensionnées sur notre modèle. et étaient davantage appropriées aux Aronde, Vedette ou autre Frégate.
Il faut dire que notre Peugeot 203 est un peu ramassée, mais le charme opère.
Peugeot 203 Minialuxe
Peugeot 203 Minialuxe
Peugeot 203 Minialuxe
Peugeot 203 Minialuxe
Peugeot 203 Minialuxe
Peugeot 203 Minialuxe
Les teintes retenues par Minialuxe au début de la production sont attrayantes : les couleurs acidulées semblent tout droit sorti d’un film de Jacques Demy. La particularité des modèles photographiés est qu’ils sont équipés d’une galerie et de 3 valises. Minialuxe équipera ainsi l’ensemble de ses premiers modèles. La galerie est simplement maintenue par 4 points de colle. En proposant cette variante, Minialuxe a bien compris l’intérêt des enfants pour les accessoires. L’idée sera reprise plus tard par des firmes comme Corgi toys et Dinky toys qui livreront leurs modèles avec des valises, malles et sacs à mains à placer dans les coffres.
Ces accessoires faisaient la joie des enfants et plus tard celles des collectionneurs !
Mais il faudra attendre des firmes comme Spot on pour voir réapparaître des galeries équipées de bagages, fleurant bon les départs en congé… et les embouteillages !
Nous l’avons vu précédemment avec Wiking, après la seconde guerre mondiale, les fabricants Allemands ont tous inscrit des véhicules américains à leur catalogue.
Quel véhicule, mieux que la Jeep pouvait symboliser aux yeux des clients l’Amérique ? Après la guerre, c’était vraiment l’auto à reproduire, symbolise de la liberté retrouvée.
Jeep Monex US Zone
Dinky Toys France ne fit pas exception, et, rue Rebeval, dans le 19ème arrondissement de Paris, la première nouveauté après Guerre fut une jeep aux couleurs de US Army.
En France, de très nombreux petits fabricants s’intéressèrent également à ce sympathique véhicule. Inca, Polichinelle, MV et d’autres petits fabricants restés inconnus se mirent à proposer des reproductions de Jeep. Il serait intéressant de savoir pourquoi, si, pour chaque fabricant, la première mouture de leurs production fut aux couleurs de l’US army, ils ont très vite fait évoluer leur gamme vers des versions sans lien avec l’armée américaine : ainsi Polichinelle proposa des versions « France libre » du Général Leclercq et une série tour de France et Dinky Toys France opta pour une version civile, avec maintien de l’étoile qui était gravée sur le coté gauche.
Pour un jouet, la Jeep de la firme Monex présentée est excessivement fidèle. Caractéristique peu fréquente pour une auto injectée en zamac, elle est entièrement démontable et accompagnée d’un petit livret explicatif. Une petite goupille au centre de l’arbre de transmission retient l’ensemble. Il est surprenant cependant de ne pas trouver sur ce jouet aussi détaillé la reproduction du moteur. Si le pare brise, rabattable, moulé en zamac manque de finesse, l’ensemble reste convaincant. Les modèles produits par cette petite firme sont rarissimes.
Jeep Monex US Zone
Jeep Monex US Zone
Jeep Monex US Zone
Jeep Monex US Zone
Jeep Monex US Zone
Jeep Monex US Zone
Sur la boîte de la Jeep figure une mention peu fréquente indiquant que l’entreprise est installée dans le « secteur américain » (Amerik sektor) : la firme Monex était bien sûr enclavée dans Berlin. Il est plus courant de voir apparaitre la mention « US Zone »..
Nous connaissons au moins deux autres véhicules de cet éphémère fabricant que nous vous présenterons plus tard.
Cette firme n’est pas mentionnée dans l’ouvrage de Paolo Rampini dont le listing est pourtant très complet, ce qui est un indice de la rareté de cet objet ! Enfin, on peut s’étonner du choix du fabricant de ne pas avoir décoré sa Jeep aux couleurs de l’US army. C’était sans doute se priver d’une vente importante auprès des GI présents sur place. Mais il est possible que pour cette firme Allemande, comme pour les firmes françaises d’ailleurs, passée l’heure de la libération, la présence des alliés soit ressentie comme pesante sur la vie de tous les jours.
Monex Christian A. Lassen KG Berlin metallwerk Neukölln n° 103
Auto Jaune Le Blog de Vincent Espinasse collectionneur