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Au bonheur des dames

Au bonheur des dames.

“Nous sommes en guerre”. Voilà comment le 16 mars 2020, le Président de la République a présenté la situation du pays face à la crise sanitaire . Il l’a répété à six reprises. Dans son dessin à la une du journal “Le Monde” du mercredi 18 mars, Plantu n’a pas hésité à le représenter avec le costume du Général De Gaulle, ses deux étoiles, et son micro. Ce sont bien les symboles de la résistance de notre pays en 1940 contre l’envahisseur.

Oui, mais voilà, cette fois l’ennemi est invisible.

Coïncidence étrange, tandis que les habitants de Paris fuyaient vers la province à la suite des mesures de confinement, les rues de la Capitale s’ornaient des affiches d’une exposition organisée par la mairie de Paris, toujours aussi inspirée, au musée de la libération : “1940 les parisiens dans l’exode”.

Nous avons retenu de nos cours d’histoire comment l’Angleterre fut pendant des siècles notre ennemi héréditaire : que de batailles, de traités de paix bafoués, d’alliances malheureuses. Waterloo marqua le coup d’arrêt des querelles entre nos deux nations. L’heure était venue de l’industrialisation, en Grande-Bretagne d’abord, puis partout dans la vieille Europe et désormais, ce n’est plus sur les champs de bataille que se joue la suprématie mais dans les usines.

La paix est nécessaire au développement économique. La France bénéficiait d’un essor économique, quand la Prusse, habilement, piégea Napoléon III dans le but de créer un nouveau  pays : l’Allemagne. La guerre était inévitable. De 1870 à 1944 c’est de la Prusse puis de l’Allemagne que sont venus les l’envahisseurs.

J’ai trouvé il y a quelques années cette figurine en plomb de fabrication française. On y voit une cage où est enfermé l’empereur Guillaume.

L’objet semble inspiré d’une image d’Epinal que je me souviens avoir vue dans un de mes premiers livres d’histoire.  Elle représentait une des cages de bois où le roi Louis XI faisait enfermer ses prisonniers de haut rang. C’est Victor Hugo qui, dans son roman “Notre dame de Paris”, a popularisé ces « tombeaux », l’appellation “fillettes du roy” étant par contre fantaisiste car le terme désignait non les cages mais les fers entravant les prisonniers.

L’empereur Guillaume II a l’air à l’étroit dans sa cage. Il a l’air furieux. Comme au zoo, une pancarte figure devant les grilles avec cette inscription “sauvage”. Une colombe, symbole de la paix, s’est posée sur le dessus de la cage.

Cet objet est rare, je ne l’ai rencontré qu’une fois. Je l’ai acquise, et l’ai placée au milieu de ma collection Plank.

Notre ennemi était donc clairement identifié durant ce conflit.

Durant le confinement, je suis allé travailler quasiment tous les jours pour assurer les envois à la boutique.

Pendant ces deux mois l’affichage publicitaire rencontré sur mon parcours en vélo est resté le même, le temps s’est arrêté, et par bonheur, il ne s’est pas figé sur des photos de hamburgers dégoulinants : l’affiche publicitaire qui a accompagné tous mes trajets faisait la promotion du musée de la grande guerre à Meaux.

Voilà encore une étrange coïncidence. Sur cette affiche, que j’ai eu le temps de détailler deux mois durant au gré des abribus de mon trajet, un personnage a fini par nettement se détacher. Il faut dire que le graphiste a rehaussé la croix qu’il arbore sur la manche droite : c’est bien sûr de l’infirmière dont je veux parler.

C’est après le conflit de 1914 que les historiens se sont intéressés au rôle primordial des femmes durant la guerre.

Celles qui ont fait tourner les usines ont eu droit aux honneurs de la presse pendant que les hommes se battaient au front.

Par contre, celles qui soignaient les blessés ont été passées sous silence. Il ne fallait pas démoraliser la population en montrant blessés et infirmières. 

Les temps ont changé. Désormais, l’infirmière a le droit de figurer sur l’affiche du musée au même titre que le “poilu”, le biplan Spad, le taxi de la Marne, le char Renault FT17 et les autres symboles de ce conflit.

Une fois de plus cela nous ramène à la situation actuelle. Avec la crise sanitaire, les gens semblent découvrir le mérite et le dévouement du personnel soignant. Comment a-t-on pu attendre une situation extreme pour s’en apercevoir ? Comment nos dirigeants ont-ils pu être à ce point aveugles ?

Alors que les applaudissements  de 20 heures se sont taris, le blog du jour est juste un témoignage de reconnaissance au personnel soignant.

J’ai réuni quelques-unes des ambulances miniatures les plus marquantes, les plus originales de mes vitrines.

Pour reproduire des miniatures d’ambulance, les fabricants ont eu plusieurs options.

La première, la plus aboutie, est de créer un moule spécifique. Cela demande des moyens. Les carrosseries très typées des ambulances empêchent bien souvent de pouvoir réutiliser le moule pour un autre usage. Il y a certes la possibilité de proposer une variante d’ambulance pompier. Cependant certains ont réussi ce tour de force, comme Tekno.

La firme danoise a choisi comme premier modèle, au 1/43, une reproduction d’ambulance Packard. Pour Bent Danielsen c’est la toute première Tekno en zamac. Elle reproduit une ambulance de la compagnie Zonen.

Les premiers exemplaires, sublimes, sont équipés de roues en tôle formées de deux parties.

Les premières carrosseries sont de couleur blanche, puis une version sera déclinée en rouge et noir, au moment de la réunification des compagnies Falck et Zonen.

Plus tard, Tekno réussira à réutiliser ce premier moule en déclinant une version postale. A l’occasion, elle se servira de l’emplacement conçu pour fixer le drapeau pour installer un petit mat de couleur rouge. C’est un exemple rare de réutilisation d’un moule d’ ambulance miniature en une autre version.

Certains ont fait l’inverse.

Savoye a décliné son moule du fourgon police en ambulance. Il a fallu revoir l’inscription latérale. Le policier juché sur le marchepied, typique des paniers à salade américains, est ici réincarné en brancardier intrépide.

On se demande s’il ne va pas falloir une autre ambulance pour venir le ramasser après un virage pris de manière trop rapide.

Une autre option, très commune, consiste pour le fabricant de jouets à utiliser le moule d’une camionnette tôlée ou vitrée de son catalogue, et à l’affubler d’un autocollant ambulance ou mieux d’une croix rouge. C’est souvent le cas chez les petits fabricants.

Charbens avec sa Morris ou ce fabricant danois, encore inconnu à ce jour, avec sa camionnette Dodge, ont pu décliner une ambulance à peu de frais.

RW Ziss et son Ford Transit ou Lima avec sa Fiat 500C ont eux aussi opté pour une transformation minimaliste avec l’adjonction d’un simple décalcomanie. On pourrait en citer encore beaucoup d’autres.

Avec quelques investissements supplémentaires, une sirène, un aérateur, un gyrophare, le fabricant pouvait donner l’illusion d’une vraie création.

Lego avec ses sirènes positionnées sur le pavillon a parfaitement réussi son coup, tout comme Buby et sa Buick Caballero.

Tekno avec son beau gyrophare a su habiller son Ford Taunus Transit fourgon. Le brancard confirme la fonction sanitaire du jouet.

Rico et Commando ont également réussi à transformer leurs classiques fourgons DKW en ambulances ibériques spécifiques. Le vitrage intérieur peint en blanc mat, la sirène et l’aérateur positionnés sur le pavillon du DKW métamorphosent ces simples fourgons.

Les espagnols ont toujours su utiliser les pochoirs avec une grande dextérité. C’est une tradition. Ce furent des maîtres dans cet exercice. La petite croix rouge sur la sirène est une pure merveille dont je ne me lasse pas.

Le Romeo de chez Politoys est dans la même veine, un cran en dessous. Politoys s’est contenté de positionner deux gyrophares et de peindre les baies vitrées.

La version mexicaine excite la curiosité. Le gyrophare est surdimensionné, les baies vitrées latérales transparentes et enfin, les jantes à rayons laissent à penser à une ambulance “sportive”, conduite par le héros local de l’époque Pedro Rodriguez. C’est Mc Gregor qui se chargea au Mexique, de la réalisation de ce modèle avec l’outillage Politoys.

Les fabricants allemands ont joué la facilité. Märklin et Gama se sont contentés de mettre un gyrophare sur leur modèle minibus.

Certains fabricants ont pu, avec un peu d’ingéniosité, transformer à peu de frais un modèle existant et offrir un produit très différent par rapport à la production de base.

En France, Polichinelle a adapté une carrosserie spécifique à son châssis de Willys de série. Cette miniature semble avoir été inspirée par la réalisation d’un carrossier local. Le petit fabricant français a fait l’effort de ne pas positionner le siège passager. L’espace vacant est occupé par un brancard livré avec la miniature.

Enfin, certains fabricants de jouets ont créé un moule reproduisant une carrosserie ambulance qu’ils ne  déclineront  pas dans d’autres versions. Voici quelques exemples.

Ma préférée est celle de Pilot. Le fabricant danois a conçu un moule spécifique de toute beauté. Les lignes sont pures. Cette Ford est rare.

Restons en Scandinavie avec cette Minicar norvégienne. Elle représente une Chevrolet. La carrosserie est des plus typées. Un mélange de savoir-faire scandinave et américain. A mes yeux, c’est l’ ambulance la plus rare que je possède. J’en ai vu deux dans ma vie, je les ai acquises et j’en ai cédé une M. Dufour.

Atypique, c’est le qualificatif qu’on peut attribuer à cette ambulance du début du siècle dernier produite en Allemagne par Fisher pour le marché anglais. c’est une Oldsmobile. En voyant l’objet on comprend que les presses ne pouvaient resservir pour un autre modèle.

Le Tub Citroën, d’avant-guerre diffusé par Les jouets Citroën est une réussite. Il reproduit un modèle vu durant l’occupation allemande. Il est aux couleurs de la croix rouge.

Afin de collecter des fonds, l’organisation internationale n’a pas hésité à s’associer avec un fabricant de jouets, et ce de l’après-guerre jusqu’aux années soixante-dix.  Une partie de la somme récoltée par le commerçant lors de la vente du jouet lui était reversée. C-I-J, avec son break Citroën, Polichinelle, et plus tard Majorette ont réalisé des séries pour l’organisation.

Le plus étrange est la création par une firme française qui demeure pour moi encore inconnue de ce fourgon Renault pour la croix rouge française. L’échelle est le 1/43. Ce fabricant ne semble pas familier avec la création de jouets. Le modèle a du charme, mais il y a une certaine approximation. La boîte est en plastique, transparente. On notera la fiche numérotée aux couleurs de la croix rouge .

La direction de Binns Road a toujours souhaité avoir une ambulance à son catalogue, et ce quasiment depuis les premières Dinky Toys. C’est une magnifique Bentley qui inaugure la série en 1935 sous la référence 30F. Les premières versions ont les vitres latérales découpées. Afin de simplifier la fabrication, ces baies seront occultées après.

Une Daimler lui succédera. Elle symbolise à elle seule le modèle “ambulance” chez Dinky Toys tant sa durée de vie sera longue. C’est à cause de ce modèle que Liverpool opposera son veto au projet de production de la Peugeot 203 ambulance à Bobigny.

La Daimler connaitra une copie au Japon réalisée par Marusan.

Les copies d’ambulances anglaises ont jalonné la production mondiale. Réduites, agrandies, ou de même taille, elles pourraient constituer un thème de collection. Cela a commencé très tôt, comme en témoigne cette Charbens, monobloc, très fortement inspirée de la Dinky Toys.

J’aime également beaucoup la Pontiac de chez Guisval directement inspirée de celle de Binns Road. Copier une ambulance américaine en Espagne, il fallait oser.

Ce n’est qu’un aperçu rapide. Le sujet mériterait un ouvrage à l’instar de celui réalisé par le Docteur Force, dans les années 90, relatif aux véhicules d’incendie. Je conseille cet ouvrage, il est de très bonne qualité.

Enfin, vous ne pourrez plus exposer vos ambulances en vitrine sans faire une petite place à quelques figurines d’infirmières. Elles mettront en valeur vos miniatures.

PS: J’ai fait ce blog au mois d’Avril 2020. Le 29 Mai 2020, j’ai fait une lourde chute à vélo. Prothèse de la hanche ! J’ai pu, pendant les 12 jours d’hospitalisation, mesurer le sens des propos ce blog. Que serait on sans la bienveillance du personnel hospitalier ? Les infirmières apportent au patient ce plus qui  nous aide à remonter la pente. Leur gentillesse, leur dévouement nous font comprendre qu’il reste de belles choses ici bas. Merci mesdames les infirmières de la clinique Gaston Métivet  à Saint-Maur-des-Fossés.

 

Une bonne surprise.

Une bonne surprise.

“Ah ! Je ne me souvenais plus de celle-là !” Voilà la réflexion qui m’est venue au moment d’examiner une des miniatures Tekno que je vous présente ce jour.

Je crois entendre mon père qui s’émerveillait d’un rien : une variante de couleur ou de décalcomanie, issue d’une série qu’il appréciait plus particulièrement. Une joie simple. Une joie d’enfant.

Ces Scania Vabis de chez Tekno, équipés de la cabine profonde et du capot moteur ouvrant, sont alignés au fond d’une vitrine. Ils ne sont pas disposés devant comme ceux de la première génération dont le capot ne s’ouvre pas, et pour lesquels j’ai une nette préférence.

Je préfère les variantes plus anciennes, moins sophistiquées. Les parties ouvrantes, les suspensions, les aménagements intérieurs, les gadgets, et les accessoires qui à partir de 1960 sont devenus incontournables pour les fabricants de jouets sous peine d’être dépassés par la concurrence me laissent un peu indifférent.

Ces aménagements correspondent pourtant aux innovations techniques inhérentes à ma génération. Je suis né en 1963. Mais c’est ainsi.

Je dois donc me plier en deux et me contorsionner pour les voir et les extraire de la vitrine afin de les photographier. C’est sûrement la raison pour laquelle j’ai tant tardé à écrire la suite du premier blog paru il y a deux ans en mars 2018. La préparation des photos qui nécessite de sortir les modèles des vitrines et des cartons est la partie la plus fastidieuse de l’élaboration d’un article. Il faut prévoir beaucoup de temps pour une séance de photos de miniatures de camions. Aujourd’hui, j’ai trouvé ce temps et je suis motivé par l’envie de finir ce que j’ai commencé.

Il y a donc deux ans, en mars 2018, j’avais présenté la première partie (voir la première partie consacré aux Scania semi-remorque citerne de premier type). Compte tenu du grand nombre de variantes que nous avions rassemblées avec mon père, il m’a paru évident, du fait de la présence de deux cabines différentes  de scinder le sujet en deux.

Si la carrière du Scania Vabis 75-76 en version tracteur semi-remorque citerne de chez Tekno fut limpide et simple, celle de son successeur, immédiatement reconnaissable à son capot moteur ouvrant, sa cabine profonde, et son aménagement intérieur sera plus tourmentée.

La nouvelle cabine apparaît en 1965. Ce qui peut troubler le collectionneur de Tekno, c’est la reprise de l’appellation 76 sur les premiers exemplaires des nouvelles cabines. Les premières variantes sont toujours équipées de bouchons de citerne en zamac, peints de couleur argent, puis en zamac brut, empruntés aux modèles de la première génération.

Le passage au marquage 110 sur les capots moteur, coïncide avec le remplacement sur les citernes des bouchons en zamac par des bouchons en plastique, de couleur blanche, que je trouve moins esthétiques.

Avant d’aborder les différentes variantes, je pense qu’il faut signaler que Tekno préférera diffuser le tracteur Volvo N88 Titan attelé à la citerne plutôt que notre Scania Vabis 110. Ce dernier, était plus sophistiqué, donc plus cher à fabriquer. La situation économique de Tekno, à cette époque, puis son rachat et son déménagement dans le Jutland ne sont pas étrangers à cela.

Les trois versions aux couleurs “Scania Vabis”, semblent avoir été produites uniquement pour un usage promotionnel mais on ne peut pas exclure que des exemplaires aient été distribués dans le commerce.

Celles que je vous présente ont été récupérées dans les locaux de l’importateur Scania Vabis France dans les années 80. Ce sont des versions rares. On peut tenter un classement chronologique. La version avec deux tons de bleu est la première. Elle reprend en effet l’harmonie de couleurs de la version antérieure, la 76.

La seconde semble être celle dont la partie supérieure de la citerne reçoit une finition de la même couleur que celle appliquée sur les flancs.

Enfin, celle que je décrivais au début de cet article, celle que j’avais effacée de ma mémoire, reçoit une finition simplifiée, dans une nuance de bleu nettement plus claire.

Quelques tracteurs semi-remorque citerne 110 sont décorés aux couleurs de petites compagnies scandinaves locales. Le trait commun des D-A-K, des Scully, des Koppartrans et des Scandiflex est qu’ils ont été réalisés à la fois avec ce tracteur Scania 110 et  avec le Volvo N88. L’explication se trouve encore une fois dans le coût de fabrication réduit qui résulte de l’utilisation de la cabine Volvo.

Ces versions sont peu fréquentes, mais elles ne peuvent rivaliser en rareté avec les versions 75-76. La Koppartrans était réservée au marché suédois. Les autres sont des versions promotionnelles. Cependant il faut savoir qu’à partir de la débâcle de Tekno dans les années soixante-dix, elles ont été aussi distribuées dans le commerce, d’abord au Danemark puis aux Pays-Bas, en Allemagne et en Grande-Bretagne.

La version aux couleurs du carrossier “Titan” est très rare. Je ne l’ai jamais revue ! Elle est peu spectaculaire, mais l’amateur de Tekno saura apprécier cette version. Des surplus circulent, qui sont dépourvus de la décalcomanie à l’arrière. Ils ont peu d’intérêt.

Celle aux couleurs Chevron Calpam est fort réussie. Ce distributeur devait avoir une flotte composée uniquement de Scania. Tekno n’a jamais équipé cette citerne avec un tracteur Volvo. Notons que cette belle version existe avec le marquage 76 ou 110 et donc avec bouchons en zamac ou en plastique. J’ai préféré la première.

Il faut aussi signaler deux versions qui m’ont fait défaut pendant près de 25 ans. Et pour cause. Quand je les ai acquises, j’ai compris pourquoi. Elles ont été référencées par Hans Hedegard et Dorte Johansen, les auteurs de l’ouvrage sur les Tekno.

Elles venaient directement de chez Tekno et des vitrines du fameux hall d’exposition qu’avait cette firme, vitrine qui fut pillée à la fermeture. Un collectionneur établi dans le Jutland les avait précieusement gardées et en avait fourni la photo aux auteurs du livre. Je reste persuadé qu’elles sont uniques. Les décalcomanies sont empruntées à la série des Mini Dodge produite par Tekno au milieu des années cinquante.

Quelle importance faut-il accorder à ces variantes uniques ? Elles sont historiques, mais ne peuvent intéresser qu’un passionné de la marque.

J’ai laissé les étiquettes correspondant aux lots. Elles font pour moi partie de l’histoire de la marque.

J’ai gardé le meilleur pour la fin. Finalement, les deux versions les plus difficiles à se procurer sont les deux versions arborant les couleurs des deux grandes compagnies pétrolière, la Shell et la BP.

Vous avez sûrement en collection les versions avec un tracteur Volvo N88. Mais les avez-vous déjà vues avec un Scania 110 ?

Ces deux versions de Scania Vabis 110 sont rarissimes. Le seul élément que j’ai en ma possession est l’endroit où, il y a fort longtemps, je les ai trouvées : aux Pays-Bas, à une époque où ne circulaient pas tous ces faux.

Je les ai recroisées deux fois. Je les ai obtenues dans des conditions très favorables, au prix des versions avec tracteur Volvo. Il est clair que les vendeurs n’avaient pas connaissance de la rareté. J’ai examiné bien attentivement ces exemplaires : pas de doute, ils sont d’origine. J’ai entendu parler d’un autre collectionneur qui les possédait. Il est fort possible que se soit l’importateur aux Pays-Bas qui soit à l’origine de cette commande car les Scania Vabis sont très populaires dans ce pays. Il est vrai que l’importateur néerlandais de Tekno a toujours eu un rapport privilégié avec la direction danoise (voir l’article consacré aux Opel Record 1958).

 

 

Au bois de mon coeur

Au bois de mon coeur.

La vue des cyprès et des pins parasols à travers la baie vitrée du train qui relie l’aéroport de Fiumicino à Rome est un enchantement. C’est avec la nature, et plus particulièrement les arbres, que le dépaysement s’opère. Ces cyprès bordant la voie de chemin de fer m’ont fait oublier l’endroit que j’avais quitté une heure et demi auparavant.

Les arbres font partie de nos voies de communication. On se demande parfois s’ils n’ont pas guidé l’homme dans le dessin des routes !

De 2006 à 2008, j’ai photographié avec un appareil jetable le même groupe d’arbres, situé sur une butte au bord de l’autoroute du Nord, juste après la jonction des autoroutes A1 et A2.

Ces arbres étaient situés exactement à mi-distance, 140 kilomètres, entre Paris et Calais. Passé ce repère je savais alors combien de temps il me restait pour attraper le bateau ou la navette du tunnel vers la Grande-Bretagne.

J’aime jalonner mes parcours d’autoroute de points de repère, de balises. Comme les marins en mer.

Lorsque la route est éprouvante ces repères mettent du baume au coeur. Parfois au terme d’un rapide calcul, on comprend qu’on ne pourra pas attraper la navette et qu’il faudra prendre le départ suivant.

Et puis un jour, ces arbres ont disparu. Ils ont été abattus. Pendant très longtemps, à chaque passage, j’ai ressenti de la tristesse devant la butte dégarnie. J’avais perdu ma balise. Ce n’était plus pareil, même si la distance à parcourir restait la même.

Bien longtemps après, la société gérant l’autoroute du Nord a replanté de jeunes arbres. Au départ, les tuteurs étaient plus hauts que les troncs. Désormais, ils ont commencé à prendre forme.

C’est donc tout naturellement que je traduis dans mes vitrines et dans mes photos de miniatures mon attachement à la nature et particulièrement aux arbres

Les arbres sont souvent liés à un type de paysage. Ces reproductions miniatures de sapins sont d’origine allemande. L’industrie du jouet de ce pays a toujours été aux avant-postes dans le domaine du modèlisme ferroviaire, et dans celui du décor de ce dernier.

Ces sapins ont été créés pour les réseaux de chemin de fer. J’en ai fait un usage détourné pour créer trois scénettes où j’ai mis en place des miniatures automobiles. Dans notre imagerie populaire, le sapin est facilement associé à l’hiver et au froid.

Une route nationale en période hivernale dans le Forez. Les automobilistes ont mis les skis sur la galerie et la jeep chasse-neige passe pour dégager la chaussée. Cette dernière est bien appréciée des automobilistes en période hivernale, ils savent que grâce à son action, la voie sera dégagée.

L’autre scéne se passe en Allemagne. Le chasse-neige est un camion Borgward. Ces camions fort robustes n’ont pas connu en Europe, une carrière aussi active qu’en Allemagne.

J’apprécie les deux personnages que Siku a créés spécialement pour cette miniature. Un petit sac de sel est également fourni par le fabricants pour plus de réalisme. L’enfant devait l’ouvrir et disperser le contenu afin de recréer un salage sur sa chaussée imaginaire.

Une fois le contenu du sachet vidé, il pouvait compléter le salage avec la salière familiale, sans trop de dommages, un coup d’aspirateur suffisant à effacer l’initiative malheureuse.

La troisième  se passe à Berlin dans les années cinquante, en pleine guerre froide. Nous sommes dans un bois jouxtant la ville. J’ai créé une rencontre entre fonctionnaires des deux blocs. ll ne fait pas chaud dehors, et il faut se faire violence pour sortir de la confortable Mercedes, qui est équipée d’un puissant chauffage, comme le sont souvent les berlines allemandes.

Face à la Mercedes 300 de chez Märklin, la Wartburg MS(RDA) paraît frêle. Il n’en est pas de même avec la carrure du fonctionnaire sortant de l’auto.

Il doit se dire que la Mercedes doit être bien confortable et qu’elle conviendrait mieux à sa morphologie. Je vous laisse imaginer la suite de l’histoire. Tout est permis, nous sommes dans la fiction.

Pour les deux scénettes suivantes, j’ai utilisé un autre arbre, associé, lui,  plutôt à la chaleur : le palmier.

Sur la première route, ce sont les véhicules typés qui doivent vous aider à reconnaitre le lieu. Les inscriptions apposées sur le camion et le car sont un indice.

Vous n’arrivez pas à les déchiffrer ? C’est normal, c’est de l’hébreu.

Nous sommes sur la route reliant Tel Aviv à l’aéroport David-Ben -Gourion. Le car Leyland aux couleurs de la compagnie d’aviation nationale “El-Al” est splendide. Ces couleurs vives répondent à celle du Bedford type “S” bâché reconverti en camion école ! C’est à ma connaissance la seule reproduction en jouet d’un tel véhicule.(voir le blog consacré à ce véhicule “permis poids-lourds à Tel-Aviv”)

Il fait chaud, les vitres sont ouvertes.

L’autre composition est plus énigmatique. Reconnaitre du premier coup la localisation de la photo n’est pas aisé. Je vous aide. Que voit-on ? Des autos anglaises.

En fait, sans être un spécialiste de l’automobile, le lecteur aura compris que ces autos, peintes dans ces couleurs suaves ne peuvent appartenir qu’à des ressortissants du pays de  sa Gracieuse Majesté. La végétation ne ressemble pourtant pas à celle que l’on croise en Grande-Bretagne. De plus, il y a une auto française.

Elle se reconnaît aussi à sa couleur : gris anthracite. Les consommateurs français ont peu d’attirance pour les couleurs vives. L’auto est stationnée devant un panneau d’interdiction …de stationner. Pas de doute, nous sommes en France !

…vous avez trouvé ? Nous sommes sur la Promenade des Anglais, à Nice bien sûr ! Cette artère, bordée de palmiers, symbolise bien la Riviera française.

Et puis, quoi de plus logique que de trouver des autos anglaises sur la route qui a pris ce nom en l’honneur de l’importante colonie d’Outre-Manche qui venait chaque hiver couler des jours heureux à Nice.

J’aime retranscrire dans mes vitrines l’univers des routes bordées d’arbres. La verticalité du tronc permet de construire des images différentes, où la miniature s’efface un peu face au décor.

J’ai été marqué par les artistes japonais et par l’utilisation qu’ils font des arbres,  et  autres structures verticales, qu’il s’agisse de peintres d’estampes ou de cinéastes comme Yasujiro Ozu.

Les fabricants de jouets n’ont pas été sensibles comme moi. Peu d’entre eux ont proposé des reproductions d’arbres qui viennent plutôt de fabricants de décors ferroviaires ou de figurines.

Siku est une exception et on peut remercier la marque d’avoir compris que les enfants aimaient aussi la verdure.

 

 

L’arrivée du cirque en ville.

L’arrivée du cirque en ville.

On peut mesurer la réussite d’une exposition au sentiment de tristesse qu’on a lorsqu’on arrive à la dernière salle. Heureusement, ce sentiment s’estompe au profit d’un autre, plus agréable, celui d’avoir enrichi ses connaissances et de pouvoir en faire profiter les autres.

C’est donc en sortant d’une magnifique exposition organisée au musée Masséna de Nice, ayant pour sujet l’histoire du cirque et intitulée “Le cercle enchanté” que m’est venu le sujet du jour.

L’exposition abordait l’histoire du cirque à travers ses rapports avec la ville de Nice. On apprenait ainsi que la ville de Nice avait possédé une installation fixe, rue Pastorelli.

C’est l’extraordinaire collection du docteur Alain Frère qui a servi de support à cette féérique exposition. On découvre que le premier établissement fermé servant à recevoir un spectacle équestre est l’œuvre de Philip Astley en 1779 en Grande-Bretagne.

Les historiens avancent l’idée que cette structure fermée permettait de produire le spectacle sans se soucier de la météo que l’on sait parfois capricieuse outre-Manche.

La trace du premier chapiteau démontable, et donc mobile, apparaît en 1825 aux Etats-Unis.

Le cirque se déplaçait d’une ville à l’autre par convoi ferroviaire. On imagine bien, notamment aux Etats-Unis, les grandes distances pouvant séparer une ville d’une autre. Avant que n’apparaisse la traction automobile au début du 20 eme siècle, c’est la traction hippomobile qui servait à convoyer le matériel, mais aussi les cages et les éléments du chapiteau, de la gare à l’endroit choisi pour implanter le cirque.

Un panneau de l’exposition rapporte à quel point l’arrivée du cirque Barnum et Bailey à Nice en avril 1902, fut un évènement marquant : quatre trains spéciaux composés de 67 wagons chacun ! Le gigantisme à l’américaine.

Trois places de la ville furent investies par le cirque. 500 chevaux participèrent au spectacle et bien sûr au montage de ce véritable « Barnum » qui est devenu un terme désignant le gigantisme.

Bien sûr, tous les cirques n’avaient pas cette dimension exceptionnelle. Et dans les petits cirques, les chevaux avaient un dur labeur : après avoir tracté les ensembles ils devaient le soir assurer la représentation. De nombreux documents attestent de ce fait.

Voyez ces ensembles de chez Barclay. Les chevaux sont encore somptueusement décorés de plumets, et cependant ils sont au travail, tirant la cage contenant du lion.

Je n’ai pas pu résister au plaisir de glisser ce découpage offert par un fabriquant de pâtes alimentaire…Ses spaghettis servaient à figurer les barreaux derrière lesquels un terrible léopard attendait l’heure de la parade. Nul doute, le fabricant de pâtes a conçu d’autres cages afin que l’enfant puisse reconstituer une vraie caravane de cirque.

La firme anglaise de personnages miniatures Charbens a reproduit un exceptionnel ensemble dans lequel il revient à l’éléphant de tirer les deux cages et les animaux sauvages. On peut imaginer que ce type de convoi a réellement existé.

Ce jouet a eu en son temps un beau succès d’estime. Il est plein de poésie. Je l’apprécie tellement que j’ai cru bon en acquérir trois en raison des variantes de production.

Plus tard c’est la traction automobile qui remplacera l’animal.

Le fabricant allemand Siku a proposé deux merveilleux éléments qui peuvent être tractés par de nombreux véhicules de la gamme. Cependant, la firme a conçu un coffret composé d’un tracteur Fahr, de la roulotte d’habitation et d’une remorque cage.