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Barclay Ford A

Barclay Ford A

Découvertes au pays de l’oncle Sam

Après les Ford A de chez Tootsietoys à vocation promotionnelle, je vous invite aujourd’hui à poursuivre les découvertes.(voir l’article sur les Ford A Tootsietoys)

Tootsietoys et Barclay Ford A
Tootsietoys et Barclay Ford A

Selon moi, cette autre version promotionnelle de la Ford A est encore plus intéressante que les versions présentées précédemment. Elle a pour origine une autre grande manufacture américaine, Barclay. Elle est aussi en plomb. La technique d’injection est différente de celle utilisée par Tootsietoys et de ce fait, la gravure est moins fine, la finition plus rustique. C’est aussi un moulage monobloc. Le résultat est satisfaisant.

Comme pour les Tootsietoys décrites plus haut, toute la rareté de l’objet réside dans sa boîte. Je dois confesser que ce fut une découverte pour moi car je n’avais auparavant jamais eu l’occasion de rencontrer un boîtage pour une Barclay.

Comme pour les miniatures du géant de Chicago, le conditionnement se faisait en cartons assortis. Nul doute que là encore , Ford a mis la main à la poche pour la création de ces étuis. Il est intéressant de constater que la firme de Détroit a fait appel à deux firmes pour réaliser une auto similaire.

On notera la concordance des couleurs entre le modèle réduit et le boîtage. Barclay a également produit une version limousine avec 6 vitres. Il est fort possible que cette version ait aussi reçu un étui individuel.

Pour finir, je n’ai pu résister au plaisir de vous montrer une autre Barclay que je ne connaissais pas avant la mise en vente de cette collection. Outre l’aspect visuel de cette intéressante auto à traction avant, c’est surtout la boîte individuelle qui retient mon attention. On sent que Barclay a fait un réel effort pour proposer une auto ressemblante.

C’est indubitablement une auto promotionnelle et un produit qu’on peut qualifier de rare.

Tootsietoys Ford A

Tootsietoys Ford A

« La même que papa »

Lorsque nous avons commencé avec mon père, au milieu des années soixante-dix, la boîte avait peu d’importance. Mon père disait souvent que ce qui importait c’était l’état du jouet. Il ne voulait d’ailleurs que des objets en parfait état de conservation. Par voie de conséquence, nous avons eu beaucoup de choses en boîte. Cependant, il est vrai que l’absence de boîte ne l’a jamais empêché d’acheter un jouet. Moi non plus d’ailleurs.

Tootsietoys Ford A
Tootsietoys Ford A

Il n’est qu’un domaine où la boîte a toute son importance, c’est celui des modèles promotionnels. Elle véhicule souvent un message publicitaire et fait partie intégrante de l’objet.

J’ai beaucoup d’attirance pour les firmes de jouets américaines. Elle est due notamment à l’approche commerciale de ces firmes, très différente de celle des fabricants européens. Prenons l’exemple de Tootsietoys. Très rapidement, dans une logique de rentabilité l’entreprise a diffusé sa production à grande échelle, ce qui a permis de réduire les coûts.

Il faut dire que nous étions en période de croissance et que le marché, de taille conséquente, pouvait absorber cette production.

Quand, en Europe, le conditionnement des modèles se faisait par six, chez Tootsietoys il se faisait par boites de 12, voire plus ! L’étui individuel était tout simplement impensable car trop cher. On peut voir dans cet exemple parmi d’autres (uniformisation des accessoires, des couleurs, …) une similitude avec les techniques de fabrication mises en œuvre par l’industrie américaine au début du siècle dernier, notamment chez Ford.

Tootsietoys et Barclay Ford A en étuis individuels
Tootsietoys et Barclay Ford A en étuis individuels

Dernièrement, une importante collection a été mise sur le marché. Parmi de nombreux trésors, j’ai pu acquérir un ensemble de trois Ford A de chez Tootsietoys des plus intéressant. La Ford A de chez Tootsietoys a été réalisée en un très grand nombre d’exemplaires. Elle est injectée en plomb et munie d’une jolie calandre rapportée. Elle est assez fréquente.

Les trois exemplaires que je vous présente sont pourtant rares et doivent leur rareté aux étuis en carton annonçant « The new Ford ». Cet étui les distingue des modèles de base. Nul doute qu’elles furent distribuées chez Ford telles quelles. Il est possible que Tootsietoys les ait également distribuées avec leur étui en magasin.

Si tel est bien le cas, je pense que Ford a mis la main à la poche pour avoir le droit d’appliquer son slogan publicitaire et pour financer le surcoût de l’étui individuel.

La couleur de la carrosserie est assortie à celle de la boîte. J’imagine bien les vendeurs dans les concessions en 1928 offrir ces produits de grande consommation aux enfants dont les parents étaient venus admirer la nouvelle Ford.

J’imagine également ces enfants repartir à la maison avec la reproduction de la voiture que papa venait de commander.

Un dernier commentaire concernant la version « US Mail ». Dans tous les ouvrages consacrés à Tootsietoys, cette version est décrite comme ayant été diffusée uniquement dans les coffrets cadeaux. En clair cette auto n’aurait pas été vendue séparément. La découverte de ces étuis atteste du contraire. Il y a toujours à découvrir !

 

L’ouverture sur le monde

L’ouverture sur le monde.

1543. Cette date ne vous dit sûrement rien. Rassurez-vous, elle me laissa également de marbre. Pourtant en 1543, un événement important s’est passé à l’autre bout du monde.

Débarquement des portugais
Débarquement des portugais

Trois navires portugais ont accosté à Tanegashima au Japon. C’est, pense-t-on, la première fois que le pays s’est ouvert à des étrangers. Le choc, on l’imagine a été de taille, deux cultures totalement différentes se rencontraient.
Les Portugais étaient venus convertir les Japonais à la religion catholique. Accessoirement ils voulaient en profiter pour ouvrir un nouveau comptoir commercial.

Les Japonais furent impressionnés par la stature des marins portugais. Sur le paravent qui narre la scène ils sont représentés très grands, voire disproportionnés par rapport à la stature des autochtones.

Le noir est la couleur qui domine les habits des européens tandis que les japonais arborent des vêtements aux couleurs chatoyantes. D’après des historiens, les japonais ont trouvé que ces étrangers manquaient singulièrement de manières.
Pour immortaliser cette extraordinaire rencontre, les artistes japonais de l’école Kano ont reproduit le débarquement sur des tentures servant de paravent. L’événement sera à l’origine d’un courant artistique baptisé « Namban Bunka » ou culture des barbares du sud.
J’ai fait le rapprochement avec l’univers de la collection et les découvertes que j’ai fait récemment.

Il s’agit des premières miniatures automobiles fabriquées au Japon, elles datent manifestement des années trente. Ce fut une vraie surprise de découvrir ces miniatures du pays du soleil levant, bien éloignées des standards des productions européennes de la même époque.

Pourtant certaines d’entre elles dégagent un air de déjà vu.
Prenons cette splendide limousine bicolore. Elle est en plomb injecté. La gravure est correcte et l’injection de très belle qualité. C’est la nécessité de loger le mécanisme qui a façonné les formes de l’auto et je ne suis pas en mesure de dire si elle reproduit avec fidélité une auto japonaise d’avant guerre. Elle ne ressemble à aucun autre jouet automobile de la même époque. Les teintes utilisées par le fabricant de cette miniature sont caractéristiques de celles appliquées sur les jouets japonais en tôle d’avant-guerre : le dégradé de vert était à la mode.

La Toyota AA de 1936, qui semble être la première Toyota produite, est, elle, réalisée dans un matériau en vogue de l’autre côté du Pacifique, aux USA.

Le jouet est en caoutchouc (rubber) comme bon nombre d’autos américaines réalisées à la même époque. Il est amusant de constater que si Toyota s’est fortement inspiré de la ligne aérodynamique immortalisée par la Chrysler Airflow, le fabricant japonais, inconnu malheureusement, a fait de même en s’inspirant des productions Auburn et Sun Rubber en caoutchouc.

Signalons juste que l’échelle de reproduction est inférieure à celles des modèles américains contemporains (1/50 environ).

Le bus est également digne d’un grand intérêt en raison de son traitement. La finition fait penser aux premiers modèles de la marque SR (France) qui avaient inondé le marché américain, dès les années 1910. Ce n’est pas un hasard si cette firme japonaise s’est inspirée des fabrications françaises. Les firmes japonaises qui se sont intéressées très tôt au marché américain ont forcément rencontré ce type de jouets, elles s’en sont inspirées. Le marché américain était la cible principale des japonais à l’époque car il fallait faire rentrer des devises dans le pays.

Le modèle reproduit un car japonais, reconnaissable à sa porte latérale, située côté droit, puisqu’au Japon on roule à gauche. On remarquera également que les personnages sont figurés de dos. En effet ils sont assis sur des banquettes alignées sur les parois du véhicule et non transversales comme chez nous en Europe. L’inscription « Noriai » signifie « bus ».

J’ai trouvé ce modèle dans une bourse américaine. La protubérance à l’arrière a une fonction ludique. Le vendeur a tenu à m’en faire la démonstration, se mettant à souffler comme un forcené dans l’arrière du véhicule pour émettre un sifflement strident qui a fait se retourner tous les gens de la bourse ! En effet, ce qui fait office de cache roue de secours est en fait une petite turbine qui émet ce sifflement lorsqu’ on souffle.

L’auto de course possède aussi une clef solidaire du mécanisme comme la limousine décrite plus haut. Son inspiration est sans aucun doute américaine. C’est également aux Etats-Unis que j’ai trouvé cet exemplaire. Pour l’anecdote, un autre fabricant japonais de jouets en celluloïd copiera ce bolide. J’en possède un de couleur rose du plus bel effet. Je l’ai également rencontré équipé d’un petit crochet en acier sur la tête du pilote, ce qui permet de l’accrocher dans le sapin de Noël les modèles exportés aux Etats-Unis.

Avant de devenir la grande puissance économique que l’on connaît, le Japon s’est inspiré de ce qui se produisait de mieux aux Etats-Unis mais aussi en Europe. Les fabricants ont délibérément copié bon nombre de produits, comme vous avez pu le constater avec ces quelques exemples. Ils ont appris très vite.

La paix revenue, l’industrie du jouet japonais inondera le marché américain avec des produits de très grande qualité, innovants et inventifs. Ces jouets supplanteront les jouets allemands, longtemps demeurés le modèle en Amérique.
Le déferlement des jouets japonais aux USA s’est prolongé jusqu’aux années quatre-vingt.
La roue a tourné. Ce n’est plus du Japon que viennent les jouets mais d’un autre pays asiatique, la Chine.

Qu’est-ce que c’est ? D’où ça vient ?

Qu’est-ce que c’est ? D’où ça vient ?

Les collectionneurs qui s’intéressent aux plombs américains sont vite confrontés à un problème : celui de l’authentification des modèles. Connaître l’origine d’un modèle est souvent plus difficile que de savoir si la peinture est ou non d’origine.
Le collectionneur est ainsi fait : il aime comprendre, analyser, classer et dater. Qu’est-ce que c’est ? D’où ça vient ?

C’est une des raisons qui m’ont poussé à lancer ce blog il y a déjà quelques années. Outre le plaisir de partager des anecdotes, il y a un intérêt à diffuser l’histoire des miniatures. Le but semble atteint.

J’ai eu beaucoup de retours qui m’ont notamment permis de corriger certaines inexactitudes. L’intérêt de la démarche, c’est qu’elle conduit à la vérité.

Moi aussi, j’ai été confronté à l’identification des plombs américains et je le suis encore. Il n’y a pas d’ouvrage spécifique consacré à ce thème. Pourtant, des collectionneurs ont écrit des ouvrages sur la production des jouets américains. Ainsi, les modèles promotionnels, les « Rubber » (caoutchouc), les Hubley et les Tootsietoys ont leur ouvrage de référence. Il est intéressant de constater que certains auteurs comme Dave Leopard ont édité une seconde mouture de leur ouvrage qu’ils ont été amenés à compléter à la suite des informations recueillies après la publication du premier volume. Le supplément d’informations et les rectifications apportées incitent à acheter le second ouvrage. Il en est ainsi du livre sur les Tootsietoys qui a connu trois éditions.

Malheureusement les plombs dits « Slush » n’ont pas eu cet honneur. Pourtant je connaissais « le spécialiste » du sujet, Ferdinand Zegel de Washington. Sa maison était un incroyable capharnaüm : il y avait des jouets partout, jusque dans la salle de bain.

Ferdinand étant célibataire, cela ne gênait pas sa femme. Victime d’un petit accident de la route alors qu’il se rendait à une bourse aux USA, il est mort peu de temps après. Il nous reste sa participation à une série d’ouvrages recensant les fabricants de jouets et donnant les cotes de ces jouets. Je parle de série d’ouvrages, car des éditions révisées sont régulièrement publiées. Il faut alors naviguer dans ces pavés qui comptent des centaines de pages. Cela demande du temps car le classement aléatoire ne facilite pas les recherches. Il faut s’aider des clichés en noir et blanc. Un autre ouvrage parle de ces plombs, c’est celui de Paolo Rampini. Une fois n’est pas coutume, je ne louerai pas cet ouvrage qui contient beaucoup d’erreurs. Il faut reconnaitre que si l’on ne va pas régulièrement sur place, il est difficile de référencer ces jouets.

Je vais donc revenir à plusieurs reprises sur ces plombs. (voir:http://autojauneblog.fr/2016/04/10/investissement/). J’ai choisi de les classer par thème. Cette semaine vous découvrirez des ambulances, des autos de police, des semi-remorques et des véhicules de travaux publics.

Ces derniers ont énormément de charme. Ils symbolisent bien l’essor industriel du pays. A la même époque, ce thème est assez peu fréquent en Europe. C’est le sort des utilitaires qui n’ont jamais vraiment suscité l’intérêt des fabricants européens dans les fabrications avant-guerre. (voir aussi : http://autojauneblog.fr/2014/08/30/camions-du-futur/ )

J’accordera une mention particulière pour cette superbe ambulance Metal cast. Je n’en ai rencontré qu’une seule. Le modèle est rare, c’est certain. !

(sur le même sujet: http://autojauneblog.fr/2011/06/22/sur-l-ovale-d-indianapolis/http://autojauneblog.fr/2011/06/20/y-a-cent-ans-lovale-dindianapolis/ )

Investissement ?

 

Investissement ?

En attendant mon vol retour pour la France, je déambule dans les couloirs de l’aéroport de Newark. Mon œil est attiré par la une d’un magazine. Il s’agit d’une peinture dans laquelle dominent le vert et le bleu.

Barclay torpédo
Barclay torpédo

Plus que la couleur ou le thème, c’est la technique qui m’attire. On devine les touches rapprochées, à la façon des pointillistes ou des divisionnistes italiens. J’aime énormément ces œuvres où les peintres ont mis en œuvre des traités scientifiques sur la perception de l’œil humain. Seurat, Signac, Delaunay plus tard furent emblématiques de ce mouvement.

Je m’approche donc du magazine et je demeure consterné par le titre : « Comment faire un investissement fructueux ? » Je n’ai même plus envie de regarder car je comprends que le sujet du magazine est centré sur l’investissement et le rapport au profit.

Des clients m’ont parfois posé ce type de question : « Est-ce un bon investissement que l’achat de ce produit ? » En toute franchise, j’avoue être incapable de répondre. C’est une question que je ne me pose jamais. Mon père ou moi n’avons jamais poursuivi cet objectif.
Parfois, nous avons été déraisonnables. C’est bien ce qui caractérise un collectionneur. Où est la raison ?
Cependant, réunir une collection de qualité est autant une question de moyens que d’opportunités. L’argent ne fait pas tout, loin de là. Je sais qu’en écrivant cela je vais déclencher des railleries.

Bien connaître les miniatures et l’histoire des fabricants permet de saisir les bonnes affaires au bon moment. Cet opportunisme est à mes yeux la clef d’une collection réussie : il faut savoir s’intéresser avant les autres à un produit. Beaucoup de collectionneurs ne font que prendre le train en marche.

La hausse de la demande par rapport à un produit qui n’est plus commercialisé entraîne mécaniquement une hausse des tarifs. Depuis plus de trente ans que j’exerce mon métier j’ai bien souvent essayé de conseiller mes clients, parfois de les lancer sur de nouveaux thèmes. Je ne suis pas toujours suivi dans mes conseils. De très nombreuses pièces qu’on n’a pas su saisir ne sont jamais repassées, ou alors à des tarifs fort différents.

Il y a quelque temps, un client m’a interpellé sur un point. Il trouvait que je ne mettais que très peu de mentions « rare » dans le descriptif de mes annonces. Il avait cherché dans tout le site les quelques mentions rares et avait alors acheté les produits pensant faire un investissement.

A ce niveau de réflexion, j’ai dû lui expliquer que rareté ne coïncide pas forcément avec un prix élevé. Un modèle peut être rare mais n’intéresser que très peu de collectionneurs. C’est la rencontre du facteur rare et d’un nombre important de gens cherchant cet objet qui fait que les prix vont alors s’envoler. Je n’ai rien inventé, c’est la simple notion de marché que l’on apprend en seconde.

Je vais donc vous présenter un échantillon de pièces peu fréquentes, C’est un ensemble de plombs américains. Certains modèles présentés ce jour, je ne les ai vus qu’une fois. D’autres sont plus fréquents mais peu souvent dans cet état de conservation.
Placement ? je ne les définis pas comme tel. Cela vous inciterait peut-être à les collectionner et à faire s’envoler les prix ! Où serait alors le plaisir d’acquérir des pièces intéressantes sans casser sa tirelire ?