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Pour 19€ tu peux avoir le livre…

Pour 19€ tu peux avoir le livre…

« L’éminent marchand d’art, grand collectionneur et richissime David Nahmad, dont la fortune est estimée à 1,8 milliard de dollars selon le magazine Forbes, a constitué avec son frère Ezra l’une des plus importantes et prestigieuses collections d’art privées du monde. La collection de la famille Nahmad est riche de plusieurs milliers d’oeuvres et chefs-d’oeuvre, signés des grands noms de l’art moderne, depuis les maîtres du pré-impressionnisme et de l’impressionnisme » . Voilà comment le site de vente en ligne, Amazon, présente le livre « Matisse collection Nahmad » édité chez Lienart à l’occasion de l’exposition temporaire au Musée Matisse de Nice 2021/2022.

Musée Matisse à Nice
Musée Matisse à Nice

Ce type de présentation a le don de m’indisposer. Désormais, pour vendre un livre, ou tout autre produit, on ne sait parler d’autre chose que d’argent. Avait-on besoin de parler de la fortune de cette famille pour vendre un livre à 19 euros ? cette présentation rend-elle plus beaux les tableaux et surtout quel lien a-t-elle avec l’exposition ?

le livre à 19€ " Matisse collection Nahmad"
le livre à 19€  » Matisse collection Nahmad »

Après avoir acheté l’ouvrage, dans une « vraie » librairie et lu l’interview croisée entre Claudine Grammont, la directrice du musée Matisse à Nice, et les deux frères David et Helly Nahmad , le sourire m’est revenu.

Loin des propos de la présentation de l’ouvrage par le site de vente en ligne que je qualifierais de vulgaire, David Nahmad se confie sur son métier de marchand d’art et sa passion de la peinture, prouvant bien que les deux ne sont pas contradictoires. Je cite David Nahmad :

« L’art doit être accessible, un tableau se destine au public. Personnellement, je ne vois pas l’intérêt d’acheter une oeuvre si c’est pour la garder chez soi. La possession, c’est la pire des choses. Le tableau en lui-même n’a pas de valeur, c’est avant tout un document. »

Que dire de plus ? Il faut beaucoup d’expérience et d’humilité à un marchand/collectionneur pour tenir ce type de propos.

Les deux frères n’éludent pas la question de l’argent. Après tout, ils sont marchands. C’est leur métier d’acheter et de revendre. Comme tout commerçant d’ailleurs.

Leur passion pour la peinture de Matisse est palpable dans toutes les réponses faites aux question de la directrice du musée Matisse de Nice. Et si leur savoir est grand, il n’est jamais écrasant pour le lecteur néophyte.

Ils parlent de leurs tableaux avec passion, soulignant les points forts, les détails qui les ont touchés, que ce soit l’exécution du carrelage du tableau « Sur la chaise longue » ou l’importance de la couleur de la ceinture verte de la « Femme au fauteuil ». Ces détails révélés sont comme des confidences que l’artiste nous aurait glissées à l’oreille.

Ces quelques lignes aident le visiteur de l’exposition à mieux appréhender les toiles de Matisse.

Dans la formulation d’une de ses questions la directrice du musée rappelle que les deux frères ont une conception ancienne du métier basée sur la connaissance des oeuvres, historique et esthétique.

Et lorsqu’il faut parler d’argent c’est au travers d’une anecdote ou de l’ histoire d’un tableau et de l’évolution de son cours.

Une crise politique, énergétique, un putsch militaire et le marché s’effondre au grand dam de ceux qui vendent à ce moment-là. David Nahmad rappelle l’effet catastrophique qu’à eu sur le marché de l’art en 1979 la prise d’otage à l’ambassade des Etats-Unis à Téhéran

Il raconte l’histoire d’un tableau de Matisse « Les coucous, tapis bleu et rose,1909 » demeuré invendu en cette année 1979. Après la vente, il le rachète avec un Renoir pour £240 000 pour le revendre à Pierre Bergé et Yves Saint Laurent en 1981. Le tableau sera remis sur le marché lors de la vente de cette prestigieuse collection en 2009, et sera cédé à 35 millions d’euros.

Il est tentant de faire le rapprochement avec le marché du jouet ancien et ses fluctuations. J’ai par exemple suivi l’évolution dans le temps de la cote d’un jouet de fabrication française.

Mon point de départ est l’acquisition par mon père. Depuis 1975, date du début de la collection nous avons toujours consigné nos achats manuellement sur des fiches bristol…

Mon choix s’est arrêté sur un jouet produit par JRD, l’Unic Izoard tracteur semi-remorque-porte wagon Kronenbourg. C’est un modèle tout en contraste. Si la version de base est très fréquente, il existe trois variantes rares.

Le jouet reproduit un véhicule qui a réellement existé. Le wagon et la remorque ne sont pas à la même échelle que le tracteur Unic qui est lui au 1/50. Il faut donc regarder ce jouet avec des yeux d’enfant et non de maquettiste. L’ensemble est cependant fort original.

Décrivons le modèle de base. Sur la première version du porte-wagon, la cabine est finie en deux tons, ivoire et rouge. La remorque peut être de couleur rouge ou argent. Il manque souvent la petite barre qui servait à bloquer le wagon sur sa remorque plateau. Elle se fixe entre le hayon et le crochet d’attelage du wagon. JRD a pris le soin d’imprimer une notice. Les pneus de la remorque souffrent souvent de déformations. Il faut, je pense l’accepter et les laisser plutôt que les changer.

Ce modèle nous l’avions payé 200 Francs le 4 septembre 1980. A titre de comparaison, deux semaines plus tard, le 24 septembre nous avions enrichi notre collection de JRD avec le peu fréquent Berliet Gak feux de forêt, payé 850 Francs et la Peugeot 404 de couleur bleu pâle, acquise elle pour 100 Francs.  Cela vous donne une échelle des valeurs de l’époque.

A ce stade de l’étude, il faut souligner un point qui va sans doute étonner de nombreux collectionneurs actuels. La différence entre un modèle en boîte ou un modèle sans boîte était minime. Le phénomène de la plus value de la boîte va apparaître en France bien plus tard.

En 1984, le 6 juin, mon père a acheté à un marchand parisien, M. Neut, la très rare version promotionnelle réalisée en 1964 pour le tricentenaire de la brasserie. L’harmonie des couleurs est superbe. Le modèle reprend les couleurs Kronenbourg, le rouge et le bleu pour le tracteur et le wagon.

Le décalcomanie utilisée est celle qui était apposée sur les flancs du tracteur semi-remorque Berliet. L’ensemble est superbe. Nous en avions entendu parler, mais ne l’avions jamais vu. Le modèle était neuf en boîte et mon père a cassé la tirelire : 13 000 Francs.  Nous sommes bien loin des 200 Francs de la version de base.

On se rend compte de l’engouement suscité par certains modèles. Un autre élément doit ici être souligné. La génération des collectionneurs précédents s’intéressait surtout aux automobiles. Il suffit de feuilleter les magasines Modélisme pour comprendre.

Encore une fois, les ouvrages de Mr Nakajima ont ouvert les yeux des collectionneurs des années 70-80 et la cote des utilitaires va grimper en flèche.

le 1er décembre 1995 nous avons acquis une autre version, rare, qui n’était pas référencée. Elle emprunte la finition de peinture argent et rouge de la cabine réservée à la version transport de liquide « 60 hectos ».

JRD a sans doute trouvé là le moyen de liquider les cabines prépeintes et non utilisées d’un modèle qui venait d’être abandonné. Je n’ai revu qu’un autre exemplaire ainsi assemblé.

Nous l’avions payé 1 600,00 Francs. Dix mois avant nous avions payé 4 250,00 Francs une Citroën 2cv camionnette Comap neuve en boîte. Nul doute qu’aujourd’hui ce type de variante rare a pris de la valeur.

Plus tard, le 22 février 1984, c’est la version produite par C-I-J qui est entrée dans notre collection. A la fermeture de l’usine, le stock de pièces, les décalcomanies et les boîtes ont été cédés à la C-I-J.

Visiblement le stock de jantes en zamac était peu important et la firme de Briare a dû utiliser ses propres jantes en plastique sur les modèles JRD qu’elle distribuait. Elles peuvent être de couleur rouge ou rose, comme sur le Berliet Gak benne à ordures Genève provenant aussi de chez JRD.

Sur certains exemplaires elles sont même panachées ! La teinte de la cabine est plus claire. C-I-J utilisera les étuis JRD qu’elle surchargera d’une petite étiquette collée sur les côtés. Cela sent la fin. Ce modèle est très peu fréquent. Nous l’avons payé 800,00 Francs le 27 février 1984.

Le 6 juin de la même année, nous avons acquis deux autres C-I-J qui comme ce porte-wagon étaient d’origine JRD. Le Citroën 1200 kg police (version petite décalcomanie) avec sa rare boîte spécifique pour 1 700 Francs et le Berliet Gak benne à ordures cité plus haut, variante à jantes de couleur rose pour 350 Francs.

Il m’a semblé intéressant de m’inspirer du discours des deux frères sur l’évolution dans le temps de la cote d’un tableau et de le transposer dans le monde de la collection de miniatures.

Il faut être un marchand ou un collectionneur averti, avec de l’expérience, pour analyser et comprendre les évolutions du marché. On saisit aussi toute la difficulté de prévoir à moyen terme. Les deux frères n’auraient-ils pas dû garder le tableau de Matisse « Les coucous, tapis bleu et rose de 1909 » qui avait été invendu en 1979 ?

La comparaison avec le monde du jouet s’arrête vite. Nous ne sommes pas dans le domaine de l’art. Même très rares, nos jouets ne sont pas uniques. Comme les deux frères Nahmad, les salles des ventes et les marchands, devraient davantage communiquer sur l’intérêt des objets qu’ils vendent, expliquer leur rareté et leurs intérêt, plutôt que de communiquer sur les prix de vente. Mais il faut pour cela, comme les frères Nahmad, être amoureux des objets qu’on présente.

 

 

 

Le rêve bleu

Le rêve bleu

Vous souvenez vous du nom du magasin de jouets de votre enfance ? Celui devant lequel vous restiez, le nez collé à la vitrine, pour essayer d’apercevoir pour de vrai la dernière nouveauté annoncée par l’affichette collée sur la porte du magasin.

A Compiègne où j’ai grandi deux enseignes se partageaient les principales marques de miniatures : « Au Petit Quinquin » rue Saint-Corneille, la rue même où se trouvait la boutique de mes parents et « Le Nain d’Or » avenue Solférino, situé également à quelques encablures de ce dernier. Rien de très original dans le choix de ces enseignes.

Mon épouse se rappelle très bien qu’à Calais, où elle a grandi, c’était la « Tour du jouet »…du fait de l’emplacement de la boutique située près de la fameuse Tour du Guet à proximité de l’entrée du port. Choix bien plus original.

Un facétieux marchand de jouets.

J’aime regarder les noms des magasins imprimés sur les catalogues de jouets. Il m’arrive de remplacer dans ma collection un catalogue par un autre parce que le nom du magasin imprimé sur la couverture me plaît davantage. Il y’a quelques années j’avais été séduit par celui ci : « Au rêve bleu ».

En fait pour être plus précis c’est le tampon tout en longueur qui m’avait plu. J’avais aimé ce petit détail : l’adresse du magasin était à Lyon, au 155 avenue de la Croix Rousse. Tout le monde sait qu’il y a un tunnel à cet endroit. Le facétieux marchand de jouet avait placé son tampon à la sortie du tunnel qui figurait sur la couverture du catalogue.

Devinette

La boutique s’appelait « Au rêve bleu ». Quelle curieuse coïncidence. Regardons de plus près le dessin de la couverture du catalogue : que voyons-nous ? un beau camion bleu qui pointe son capot à la sortie du tunnel. Observez le bien.

C’est fait. Maintenant , allez à la dernière page du catalogue. C’est bien le même camion, celui de la couverture du catalogue qui sortait du tunnel. Il porte la référence 39 A.

Il est annoncé pour la fin de l’année 1957. La couleur du modèle dessiné rappelle bien sûr le Bedford « O » tracteur semi-remorque porte-autos de Liverpool, en version unicolore (tracteur et remorque).

Vous avez sûrement cet Unic semi-remorque porte-autos dans votre collection. . Vous savez donc qu’il n’est pas sorti en série dans cette couleur. Je ne vous apprends rien si je vous dit qu’il est fini en couleur argent avec les ailes du tracteur peintes de couleur orange. L’affichette annonçant la sortie du jouet le montre également avec cette finition.

Si vous êtes observateurs, en dehors de la couleur bleue, facilement identifiable, vous pouvez trouver quatre autres détails qui diffèrent par rapport au modèle de série. Je vous laisse quelques instants.

Réponse

1/ Commençons par le tracteur.

Il a un étonnant pare-brise panoramique, sans montant central.

C’est une interprétation de la réalité par le bureau d’étude. Cette nouvelle cabine Unic apparue en 1954 a donné un coup  de vieux aux poids lourds existants. Le pare-brise de type « panoramique » est large et seul un très léger montant central le divise. Il se peut que la direction de Meccano pour des raisons techniques (injection et répartition de la matière lors de l’injection) ait opté pour un montant central, certes assez discret.

2/ L’ensemble est équipé de jantes en acier chromé.

Sur les modèles de série, Dinky Toys reviendra aux traditionnelles jantes en zamac peintes. On peut penser que ces jantes chromées devaient avoir pour effet d’accentuer le côté luxueux d’un modèle dont la taille était exceptionnelle. La création de cette remorque fut tout de même une petite prouesse technique pour Dinky Toys qui dut en être assez fier, même si l’échelle de reproduction de la remorque (1/43) est différente de celle du tracteur (1/50).

3/ Les deux plateaux de la remorque sont lisses, à l’image du Bedford « O » anglais.

Ce détail est des plus intéressants. On y trouve la trace du lien encore très fort entre Liverpool et Bobigny. La couleur du véhicule, le traitement des plateaux en sont de petits indicateurs. Que pensez  vous enfin du quatrième point ?

4/ Plus surprenant, la manivelle de levage est située sur le côté gauche et non sur le côté droit comme elle le sera pour le modèle de série.

Pour un camion prévu pour le marché français c’est une erreur grossière. En jouant, les enfants reproduisent le sens de la circulation auquel ils sont confrontés tous les jours dans les rues. Or, avec cette manivelle, on imagine les tracas que les gamins allaient rencontrer pour faire se croiser un Unic Boilot et un Willeme fardier !

« LA » remorque bleue

L’exemplaire qui a servi aux dessins du catalogue subsiste heureusement. Cette « fameuse » remorque en laiton, je la connais depuis près de 35 ans. Je l’ai récupérée il y a quelques années seulement avec bien d’autres trésors.

Elle correspond trait pour trait au dessin du catalogue. C’est un produit de toute beauté, le fruit d’un travail artisanal qu’il était impérieux de préserver. La rampe fonctionne.

Par contre, le tracteur manquait jusqu’à ce qu’il refasse surface tout récemment.

J’ai peut être réussi à reconstituer son parcours. Une personne qui travaillait comme dessinateur chez Meccano a récupéré dans les années quatre-vingt un nombre important de pièces. Au départ, il n’avait aucune idée de l’intérêt de ces dernières. Il a ainsi laissé partir une dizaine d’exemplaires dans la nature. Et c’est devant l’insistance de la personne a qui il avait cédé ces quelques premières pièces qu’il a pris conscience de l’intérêt de tout ce qu’il avait récupéré. C’est à ce moment que j’ai fait sa connaissance. Il s’est écoulé près de trente ans avant qu’il me cède l’intégralité de son trésor, moins les quelques pièces éparpillées dans la nature. C’est bien ces dernières qui sont réapparues en salle des ventes en 2018.

L’Unic bleu ainsi que l’Acmat lance-missiles dont il m’avait parlé m’ont permis d’identifier avec certitude le lot de 9 pièces arrivé chez Collectoys. Le résultat de ces enchères fut pour moi des plus surprenants. Ce camion Unic, certes endommagé au niveau du châssis était « LA » pièce. Ayant la remorque, comment passer à travers une occasion totalement inespérée de reconstituer l’ensemble ? Ce fut le modèle qui réalisa le plus petit score.

Je terminerai par un avis de recherche

Gilles Scherpereel m’avait cédé un exemplaire de la remorque finie en bleu soutenu, très différent du bleu pâle. Il s’agit du moule définitif. Dans la même logique que celle décrite plus haut, Bobigny s’était aligné sur la nouvelle couleur choisie par Liverpool pour redécorer son Bedford « O ». Comme une malédiction qui se répète, le tracteur a été égaré. Alors je lance donc un appel à celle ou celui qui possèderait le tracteur  bleu soutenu.

Le Voyage de Junior en province

Le Voyage de Junior en province.

Il y a quelques jours, alors que j’étais à la bourse d’échange de Mulhouse, un collectionneur amateur de Dinky Toys m’a vertement reproché de favoriser les collectionneurs parisiens qui venaient à la boutique, et même de mépriser les collectionneurs de province au motif que je ne leur proposais pas les pièces vendues à la boutique lors du déballage du mardi.

Il est vrai que certains collectionneurs aiment passer le mardi à la boutique, surtout lorsque que je rentre de voyage, de province ou de l’étranger.

C’est le charme du déballage en boutique. Certaines pièces sont à peine sorties des cartons qu’elles rejoignent une collection sans avoir le temps de séjourner dans les vitrines de l’Auto Jaune.

Je m’astreins cependant à garder de belles pièces à présenter sur le site durant la semaine afin de contenter tout le monde. Mais trouver l’équilibre entre le site et la vente sur place est un exercice difficile.

Le collectionneur est ainsi fait. C’est toujours le modèle qu’il a manqué qui est le plus intéressant, rarement celui qu’il vient d’acquérir. Il l’a déjà oublié.

Je n’ai pas aimé cette réflexion. Je viens de la province, je n’ai pas le sentiment d’être « parisien » ni de discriminer mes clients qui ne le sont pas.
Afin de prouver mon attachement à la grande province, je vais profiter de mon déplacement à la bourse de Toulouse le dimanche 3 avril 2016 pour présenter quelques prototypes Dinky Toys, Solido et Tekno.

Après le Louvre Lens après le centre Beaubourg à Metz il y aura l’espace d’un week-end l’Auto Jaune Junior à Toulouse ! Vive la décentralisation !

A cette occasion, fait exceptionnel, mon épouse et moi avons pris une table pour diffuser des produits provenant du site de l’Auto Jaune Junior.

J’ai acquis spécialement pour cette manifestation une petite vitrine dans laquelle je vais exposer quelques prototypes en bois, en acier et en zamac que peu de gens ont eu l’occasion de voir.

Ces pièces n’ont jamais été exposées à la boutique à Paris. Les amateurs toulousains pourront ainsi découvrir le prototype Tekno de la Chevrolet Corvette au 1/20 ainsi qu’une coque en zamac de cette même Corvette mais au 1/43. On peut encore voir la carotte d’injection qui atteste que le moule a bien été conçu.
Jusqu’à présent, personne n’avait entendu parler de modèles Tekno à l’échelle du 1/25. Nul doute qu’inspiré par le fabricant italien Polistil, Tekno avait envisagé de produire une gamme au 1/25 environ. Deux modèles au moins ont été programmés à cette échelle puisque j’ai également récupéré le capot d’une Camaro SS.

Je vous  présente en photo d’autres prototypes, dont quelques Dinky Toys en bois, qui seront visibles à la bourse Tounefeuille.
Tous à Toulouse !

 

Le 8 de Simca

C’est au retour d’un voyage à l’étranger que je trouvais à mon domicile un paquet. Le format de ce dernier en trahissait le contenu. Messieurs Beaujardin, Darotchetche et Duprat me faisaient parvenir leur dernier opus : « 1936-1964 Simca les années Pigozzi jouets, miniatures et objets insolites ».

boîte de 6 Simca 8 sport
boîte de 6 Simca 8 sport

Ces derniers temps, de nombreux ouvrages sur le thème du jouet sont apparus sur le marché. Certains éditeurs ont sans doute besoin d’étoffer leur catalogue et on compte quelques ouvrages sans aucun intérêt.

Ma critique est fonction des informations que l’on peut trouver dans chaque nouvelle parution. Lorsqu’un livre me donne envie d’étendre ma collection au thème ou à la marque dont il a fait son sujet, je peux parler d’une réussite. Dernièrement, un magnifique ouvrage sur les Spot On est paru en Grande-Bretagne. Il a nécessité près de 10 ans de travail de la part de ses auteurs. Il m’a conduit à regarder différemment mes Spot On, et j’ai eu envie d‘élargir mes palettes de couleurs !

Le 8 de Simca
petite série. C’est la couleur inversé qui sera retenue

Revenons à notre ouvrage et tâchons d’être objectif . L’ouvrage est scindé en 4 chapitres de longueurs inégales, évoquant deux sujets distincts. Les deux premiers chapitres qui représentent environ un quart du livre évoquent la passion de la fille du fondateur de Simca, Caroline Pigozzi, pour la firme à l’hirondelle à travers sa collection de miniatures Simca. J’avoue ne pas avoir trouvé grand intérêt à ces pages. Il est dommage que les photos des prototypes et projets hérités de son père soient médiocres. Ces photos sont assorties de commentaires descriptifs qui manquent d’intérêt. Il aurait sans doute fallu raconter quelques souvenirs au sujet de ces jouets pour rendre les vignettes plus intéressantes. De plus un lecteur du blog me signale qu’en page 37, les auteurs vont, en outre, plus vite que l’histoire de la marque en baptisant Simca Marly la Ford ambulance Solido Junior.

J’ai eu par contre une bonne surprise avec le reste du livre, c’est à dire avec les trois quarts de l’ouvrage. Les auteurs ont classé, à la manière d’un alphabet, les nombreux fabricants de jouets qui ont incorporé au moins une auto du groupe Simca dans leur production. Cette liste comprend également les autos des marques liées à Simca.

On trouve ainsi les marques Unic et Gordini. Le travail a été bien mené. Il me parait très complet. J’ai surtout apprécié le fait que les auteurs donnent une brève et intéressante histoire du fabricant de jouets.

Cette démarche va dans le bon sens. Elle fournit aux collectionneurs des informations importantes pour une meilleure compréhension de leur collection. C’est un travail qui a dû nécessiter du temps. A la fin de l’ouvrage pour les passionnés de Simca, un index, rapide, donne la liste des modèles post 1964. On relève quelques erreurs dans cette liste au niveau des matériaux ou du classement. On trouve ainsi une Hatra excavatrice dans la liste Matra de chez Politoys. Je rassure les passionnés de la firme de Romorantin, Matra n’a jamais produit d’excavatrice de travaux publics ! Ces quelques erreurs n’altèrent pas la qualité globale du livre.

J’ai profité de cette occasion pour faire un tour de mes vitrines afin d’en extraire quelques Simca chères à mon cœur. Je vous présente aujourd’hui des projets de couleur pour la Simca 8 qui demeureront sans suite. J’ai un intérêt particulier pour celle de couleur rouge avec intérieur ivoire. Je l’ai acquise auprès de M. Chaudey. Quelques temps avant cette acquisition, j’avais fait la connaissance du docteur Lasson de Valenciennes. Ce dernier m’avait indiqué posséder une couleur similaire, qu’il avait acheté en personne chez un marchand de jouets de Valenciennes. Nul doute qu’elle faisait partie d’une boîte de six. Cela me conforte dans l’idée que ces pièces sont loin d’être uniques. En effet, la finition standard de ces modèles confirme qu’ils ont bien été assemblés sur la chaine de fabrication, et qu’ils sont issus d’une série.

Ceci leur donne un intérêt supplémentaire. Je suis toujours content d’apprendre la découverte d’un autre exemplaire.