La trahison des images

La trahison des images

C’est le titre d’un article d’Anne Sinclair que j’ai lu au hasard d’un voyage, dans le Journal du Dimanche du 5 novembre 2017.

Elle même l’avait emprunté au peintre René Magritte. C’est en effet un de ses tableaux les plus célèbres.

L’artiste a peint, plein cadre, une pipe, et a légendé ainsi :

« Ceci n’est pas une pipe » .

Cela peut être vu comme de l’humour belge, l’artiste étant d’outre-Quiévrain. Plus sérieusement, Anne Sinclair explique que Magritte exprime l’idée que l’art n’est que la représentation du réel et non le réel lui-même.

Elle fait ensuite un parallèle avec une publicité pour la chaîne de télévision CNN. Ce média a choisi de montrer une pomme, « une reinette bien rouge » avec la mention « Ceci est une pomme ».

Cette chaîne poursuit-elle, a comme cible le nouveau président des États-Unis, Donald Trump et sa vision des faits. Elle continue le raisonnement  ainsi :

« Et cette pomme est la façon dont la chaîne américaine, désignée par le président comme son ennemi personnel, a choisi de proclamer que Trump pratique la trahison, non pas des images mais de la réalité elle-même ».

Je vais laisser aux grandes personnes le soin de philosopher sur le sujet. Mais cela m’a rappelé une anecdote.

Anne Sinclair parle d’une reinette bien rouge. Pour autant, est-elle sure qu’il s’agisse d’une vraie reinette et non une Canada grise, ou une Golden jaune transformée par photoshop ?

Si vous n’avez pas encore vu le livre de Thierry Redempt consacré à la série 500 en Dinky Toys France, je vous invite à l’ouvrir au chapitre consacré aux Dinky Toys Afrique du Sud, et plus particulièrement à la page où figure la photo de la Ford Thunderbird de couleur crème. Je dois vous avertir que j’ai réécrit la légende de la photo.

« Ceci ressemble à  une Ford Thunderbird Afrique du sud…mais ceci n’est pas une Ford Thunderbird Afrique du Sud ».

Comment puis-je en être sûr ? Eh bien je figure comme étant l’heureux propriétaire du modèle. Quand Thierry Redempt m’a offert le livre en remerciement pour service rendu, en ouvrant cette page, j’ai marqué un temps d’arrêt. J’ai douté même.

J’étais pourtant, à l’époque, certain de ne pas avoir cette variante de couleur crème. En regardant la page précédente, j’ai compris la supercherie. Photoshop ! le logiciel qui permet de retravailler les photos. C’est le modèle en photo à la page  précédente qui a servi de base et dont la couleur a été modifiée. Les petits défauts subsistent, il suffit de regarder.

Étonnant non ? A l’époque j’avoue avoir été déçu qu’on puisse employer un tel procédé. je pense qu’une légende appropriée aurait été la bienvenue. Je me suis donc amusé à parcourir le livre et j’ai ainsi débusqué une Fiat 1800 crème avec pavillon vert, dont l’unique exemplaire était la propriété de Jean-Michel Roulet.

Cette pratique me parait dangereuse. Ces livres spécialisés sont là pour éclairer les collectionneurs. Ils servent de référence, on parle de tel modèle vu dans tel ouvrage. Le collectionneur se projette, il rêve au travers de ces ouvrages.  J’ ai passé ma vie à rechercher les modèles que je voyais en photo dans les livres de Messieurs Nakajima ou Hedegard. Si j’avais appris que je courais après une chimère quelle n’aurait pas été ma déception ! C’est la trahison de l’image.

Dans le cas de la Ford, la couleur existe et était connue. Mais il fallait signaler le montage. Sinon, c’est la porte ouverte à tous les abus.

Dans certain cas cependant, le procédé peut se révéler intéressant. Dans les années 90, la maison de vente Christie’s faisait très régulièrement des ventes de jouets. Lors d’une édition mineure, constituée de  lots provenant de nombreux vendeurs, j’ai vu, au milieu d’un banal lot constitué d’une vingtaine d’autos, neuves et sans boîtes, une curieuse miniature. La collection devait contenir une centaine d’autos réparties en 5 lots.

Visiblement ces 5 lots venaient d’Afrique du Sud car on reconnaissait facilement quelques exemplaires de Dinky Toys anglais avec les couleurs spécifiques réalisées en Afrique du Sud.

Au  milieu d’un des lots trônait une Borgward Isabella de couleur crème. Je suis persuadé, sans pouvoir le prouver, que cette couleur a été produite en Afrique du Sud. Chronologiquement cela est tout à fait possible. La Borgward porte la référence 549. Les autres Dinky Toys France qui ont été produites à Johannesburg portent les références 553 pour la Peugeot 404, 554 pour l’Opel Rekord. De plus cette auto germanique est crédible. Je ne pouvais assister à la vente le jour suivant. J’avais laissé un ordre mais je n’ai pas eu le lot. Comme je le pressentais, c’est un marchand anglais avec qui j’avais l’habitude de batailler qui l’a eu. Lors de mon voyage suivant, je n’ai pas manqué de lui demander mais elle était déjà repartie. Il m’a donné l’identité de l’acheteur, mais ce dernier l’avait à son tour vendue. J’en ai perdu la trace.

Dans ce cas précis, le logiciel photoshop est une aide . Je ne suis pas choqué, en expliquant les faits qu’on recrée la couleur afin de faire avancer les recherches.

Depuis j’ai réussi à trouver la Ford Thunderbird dans sa variante crème. Dans la série des Afrique du Sud, la Ford Thunderbird a une place à part. C’est une belle et imposante auto. Ce modèle éphémère a connu quatre couleurs, aucune n’a été produite en grand nombre. La plus fréquente est la bleu métallisé. Les trois autres sont très rares, aussi rares que la Borgward.

 

 

La plus rare miniature « made in France » ?

La plus rare miniature « made in France » ?

Delahaye est une des plus anciennes firmes d’automobiles françaises. Sa création remonte à 1895.

Comme ses concurrents, Emile Delahaye a choisi le vecteur de la course automobile pour se faire connaître. A l’époque c’était le passage obligé. C’est ainsi que le 24 septembre 1896 deux autos Delahaye prennent part à une des toutes premières compétitions automobiles, le Paris-Marseille-Paris : 1710 kilomètres d’aventure. Seuls 14 véhicules terminent cette épreuve, dont les deux Delahaye. C’est une Panhard qui remporte l’épreuve à 25,250 de moyenne horaire.

Parmi les nombreuses péripéties, la plus savoureuse est celle où les Delahaye qui faisaient route ensemble ont été prises au  milieu d’une tempête en Côte-d’Or. Elles ont été immobilisées de longues heures, le temps que leurs équipages scient les arbres abattus en travers de la route !

Au fil des ans, la marque a trouvé sa clientèle, la grande bourgeoisie. Les Delahaye ont ainsi acquis une image d’autos cossues, solides. Chez Delahaye, on a toujours préféré les solutions éprouvées aux nouveautés. Pas de clinquant ni de tape à l’œil chez ce fabricant, juste de la belle ouvrage. Pendant des décennies cela va être la ligne de conduite de la firme installée rue du banquier à Paris, près des Gobelins.

Au début des années trente les Delahaye sont équipées de caisses carrées, très classiques. Et puis en 1935, la 135 est arrivée. C’est une auto bien plus sportive que celles produites précédemment.Elle peut se comparer aux Bugatti, Talbot et autres Delage de l’époque.(voir le blog sur les Peugeot 402)

Étrangement, ces belles autos n’ intéressent pas les fabricants de jouets qui semblent préférer les autos familiales, de course ou utilitaires. JRD sera donc le seul à produire une Delahaye 135 cabriolet en plastiline à l’échelle du 1/42 environ. Philippe Moro m’a signalé l’existence d’un coupé de couleur verte. Je ne l’ai jamais vu.

La version cabriolet est une des miniatures françaises les plus rares jamais produites.

Des copies ont été réalisées dans les années quatre-vingt. Elles sont bien plus lourdes que les originales et leur peinture est également très brillante.

C’est grâce à la dispersion d’une exceptionnelle collection de jouets français d’avant-guerre qu’un exemplaire a refait surface. Avec une copie également  ! 

A la fin de la vente, Gilles Scherpereel est venu me trouver et me dire que j’avais bien fait d’acquérir ce rarissime modèle. De la part de quelqu’un qui a eu entre les mains les plus rares jouets, et qui n’est pas familier de ce genre de commentaires, cela m’a confirmé la rareté de ce jouet.

Baroud d’honneur en 4cv

Baroud d’honneur en 4cv

L’avenir semblait tout tracé pour la C-I-J. Elle n’avait qu’un interlocuteur, Renault, et un contrat d’exclusivité qui lui permettait de reproduire en zamac les véhicules du groupe Renault. Au milieu des années cinquante le constructeur automobile qui était devenu après guerre La Régie Renault décida de mettre fin au contrat.

On imagine à quel point cela dut être difficile à accepter pour la direction de la C-I-J, d’autant que la relation dépassait le simple cadre du droit à l’exclusivité de reproduction. Depuis l’avant guerre, il y avait entre les deux firmes une étroite collaboration qui concernait également la distribution des jouets (voir l’article consacré à ce sujet).

Ce fut un vrai coup de massue. Il est facile d’analyser la situation. Comment La Régie Renault pouvait-elle accepter d’être absente des catalogues Dinky Toys, firme concurrente à la C-I-J, et qui était au début des années cinquante la référence absolue dans le domaine des reproductions miniatures automobiles ? Peugeot, Simca, Ford, Citroën se partageaient ce privilège. Le contrat d’exclusivité avec la C-I-J devenait un obstacle pour La Régie et freinait la distribution de ses modèles auprès du jeune public.

La C-I-J aurait pu rapidement sombrer corps et biens. Cela va malheureusement arriver, mais l’échéance va être retardée. Courageusement la direction va relever la tête et se battre. Ce fait est oublié un peu vite des collectionneurs.

Les reproches de la Régie vis à vis de la firme de Briare devaient concerner la mauvaise distribution des modèles mais aussi la rusticité des fabrications. Avez-vous observé de près les C-I-J d’avant 1955 ? Un détail a dû vous frapper.

Elles possèdent toutes des châssis pincés(4CV, Frégate et autre Prairie mais aussi les Panhard).(voir l’article sur les premières C-I-J Renault 4cv)

La méthode de fixation du châssis en tôle peinte est des plus rustique même si C-I-J maîtrisait parfaitement cette technique. Cependant, depuis 1950, Dinky Toys France sertit ses modèles et évite ainsi les disgracieuses surépaisseurs au niveau des pare- chocs.

La firme de Briare va réagir, fini les châssis pincés. Toute la série des Prairie et ses dérivées vont être équipées de châssis marbrés et rivetés. Il en est de même pour la Renault 4cv. Pour la Frégate, un nouveau moule va être créé au 1/43, en place du 1/50 environ.

Cela bouge à Briare. D’ailleurs on peut légitimement s’interroger : ces investissements coûteux ont-ils été bien réfléchis ? En effet, les modèles cités ci-dessus étaient déjà en fin de vie chez Renault.

Pour sa Renault 4cv, C-I-J va modifier sa calandre et la mettre au goût du jour. En effet, depuis 1954 La Régie  Renault équipe désormais ses autos d’une calandre simplifiée à trois barres.

Dans la production des Renault 4cv équipées de calandre à trois barres, on distingue deux variantes de jantes.

Logiquement, les premiers exemplaires reprennent les jantes en plastique de couleur rouge et les couleurs de carrosserie vues sur la variante précédente équipée d’une calandre 6 barres. La carrosserie de couleur  noire est peu fréquente.

Ensuite, le modèle sera équipé de jantes en plastique de couleur argent, comme le reste des autos produites à la C-I-J durant cette période. Cette ultime variante connaitra les boîtages Europarc. Le modèle continuera sa longue carrière avec des couleurs chatoyantes mais peu crédibles: orange, bleu métallisé, bleu layette…pour notre plus grand plaisir de collectionneur.

Les ultimes versions sont reconnaissables à leurs châssis peints de la couleur de la carrosserie. Quel luxe !

Cette Renault 4cv. C-I-J connaitra une carrière au long cours. (voir le premier épisode et les suivants).

C-I-J sortira une version police parisienne qui a eu un certain succès.

Mais ces derniers sursauts ne pouvaient suffire à sauver cette entreprise pourtant si attachante. Nous sommes au début des années soixante. C-I-J n’a pas vu arriver la concurrence. On imagine que son marqueur était Dinky Toys et la reproduction de la berline populaire. Cependant depuis 1957, un certain Solido a lancé sa série 100, avec ses innovations techniques et un catalogue qui correspond à la demande de la jeunesse de ces années.

Il reste que la C-I-J est une firme des plus intéressantes. Elle possède un grand nombre d’amateurs et c’est justifié. Il y 40 ans j’avais réalisé un brouillon de livre sur la C-I-J. Finalement d’autres l’ont fait à ma place.

Une auto qui déménage

Une auto qui déménage

« Hi Vincent! come to see me. I have wonderful Tootsietoys’ private labels trucks! » C’est ainsi que m’interpella Steve Butler, l’accent américain en plus, lors de la dernière édition de la convention d’Allentown en Pennsylvanie.

Quinze ans auparavant, visitant sa collection j’avais pu admirer ces Mack Tootsietoys publicitaires.

« Private labels » c’est ainsi que les américains qualifient les modèles promotionnels. Entre-temps, je n’étais pas resté inactif et j’avais pu profiter de modèles mis en vente pour enrichir ma collection. Ainsi, devant l’étal de Steve, un seul modèle a retenu mon attention car j’avais déjà trouvé moyen d’acquérir les autres.

Il s’agissait d’un Mack « B » tracteur semi-remorque citerne « Union Carbide » de couleur argent. Pour être franc, lors de mon tout premier voyage outre-Atlantique, il y a fort longtemps , j’en avais déniché un, mais il était en état très moyen. Je ne l’avais pas conservé. Par contre je me souviens qu’à l’époque il ne figurait pas dans les ouvrages consacrés à ces modèles, mais sa finition ne laissait aucun doute sur son authenticité. Depuis ce temps lointain, c’était la première fois que l’occasion d’en acquérir un autre se présentait.

A côté trônait un « simple »International tracteur semi remorque de déménagement aux couleurs de « Dean Van Lines ».

« Et celui-là, tu l’as ? » me demanda-t-il. A sa manière de poser la question j’ai compris qu’il devait posséder une particularité. Je pratique Steve Butler depuis longtemps, et ce dernier sait se mettre au diapason de son interlocuteur. En regardant de plus près j’ai compris.

La boîte ! Une boîte promotionnelle ! Je n’avais jamais vu cette dernière. On sait que la firme de Chicago ne s’embarrassait pas de fioritures quand elle proposait des jouets. Un cent était un cent. Le camion était vendu sous bulle thermoformée, peu onéreuse et sans aucun attrait pour le collectionneur. De plus, le camion doit être laissé tel quel, car avec le temps une réaction fait que la peinture adhère à la bulle et s’arrache en cas d’ouverture..

Ce camion finira sa longue carrière au Mexique chez Tutsietoys. C’était avant l’heure une manière de délocaliser dans des pays où la main-d’œuvre était bon marché.

 

Un superbe étui décoré à usage promotionnel a été créé avec un GMC dessiné à la place de l’International fabriqué par Tootsietoys. Un détail ! Il est bien possible que Dean Van Lines ait commandé lui-même les étuis en fournissant à l’illustrateur des photos de sa flotte équipée de GMC.

 

Une fois acquis ce bel objet, j’ai pensé à un autre modèle, dont le seul lien avec le camion du jour est le nom de la compagnie de transport. « Dean Van Lines ». C’est une rareté. Il s’agit d’une Kuzma-Offenhauser.

Cela ne vous dit rien ? Normal. Cette auto a couru sous le nom de son commanditaire « Dean Van Lines » cette même entreprise de déménagement.

Je n’ai pas réussi à trouver plus d’informations sur cette relation. Cependant il semble que cette entreprise de déménagement avait trouvé dans la compétition automobile un vecteur publicitaire intéressant. La publicité devait être réservée aux acteurs du monde automobile, fournisseurs et accessoiristes: elle a contourné le problème en engageant des autos sous son nom commercial. Cette pratique m’a semblé innovante et pour le moins  ingénieuse.

Cette auto est assez connue en Europe. Elle a en effet remporté une éphémère épreuve, à Monza, disputée sous le nom de « course des deux mondes ». Cette épreuve opposait des autos disputant aux Etats-Unis les 500 miles d’Indianapolis et les monoplaces engagées dans le championnat du monde de formule 1.

Monza disposant d’un anneau de vitesse, cela rendait possible cette confrontation faisant honneur à la vitesse. En 1957 c’est Jimmy Bryan au volant de la « Dean Van Lines Spécial » qui remporta l’épreuve. Il remporta aussi, sur une auto similaire les 500 miles d’Indianapolis, en 1958.

Cette reproduction en miniature est une rareté. A l’époque l’ auto fit la une des actualités de sport automobile. Pourtant, un seul fabricant l’a inscrit à son catalogue. La défaite infligée par cette auto américaine, n’a pas suscité l’ardeur des fabricants de jouets européens qui ne voyaient pas d’intérêt à la reproduire.

Elle a pourtant intéressé un fabricant italien, E.G.M, de Milan, qui a dû y voir un moyen de se distinguer par rapport à la concurrence. La proximité du circuit de Monza où se déroulait l’épreuve n’est peut- être pas un hasard dans ce choix. J’ai eu la chance de me procurer cet  exemplaire dans une manifestation en Suisse, perdu sur une table. J’en étais tout étonné moi-même, ne la connaissant qu’à travers la photo dans le livre de Paolo Rampini page 396. Je n’en ai  revu  qu’une autre, que j’ai cédée à monsieur Dufour.

Quel étrange lien tout de même, entre ce camion de déménagement et cette monoplace au passé glorieux. Le slogan publicitaire aurait pu être « une auto qui déménage »

 

 

 

Quelle couleur, dites-vous ?

Quelle couleur, dites-vous ?

C’est la question que j’ai posée à mon interlocuteur, et je suis encore tout étonné de sa réponse : « Argent ! » me dit-il. « Êtes-vous sûr ? » lui rétorquai-je . « Oui c’est la couleur que j’ai indiquée sur ma liste » me répondit-il.

Ce dernier avait travaillé toute sa vie au bureau d’étude de chez Meccano. C’est chez lui que j’ai pu récupérer le lot des 18 prototypes en bois réduits au 1/60 que Dinky Toys France avait étudié à la fin des années soixante (voir l’article consacré à ces miniatures) et le lot de plans originaux .

Notre homme avait mis sur la table du salon un certain nombre de miniatures dont il souhaitait se dessaisir. En fait, il s’agissait de modèles qu’il avait en plusieurs exemplaires, sachant qu’il voulait garder deux exemplaires de chaque modèle.

Quand j’ai pris la Ferrari 250 GT 2+2 de couleur rouge, ce dernier a regardé sa liste et m’a dit : « Oh, j’ai dû faire une erreur ! Il faut que je la garde. J’en ai conservé une de couleur argent, il faut que j’en garde aussi une rouge ».

C’est ainsi que j’ai découvert par hasard cette variante. Devant mon étonnement au sujet de la couleur décrite, nous sommes remontés à l’étage pour vérifier si la liste n’était pas erronée. Et là, à mon grand étonnement, l’auto était bien argent avec intérieur en plastique rouge, montée avec les fameuses jantes en plastique chromé qui n’équipent que les modèles de pré-série !

C’est la couleur de la Mercedes 230SL qui porte la référence suivante, 516.

Que dire, sinon qu’il faut rester bien modeste dans la connaissance des Dinky Toys. Ce même jour, après avoir expliqué à notre homme que ces modèles étaient destinés à ma collection et non à la vente, j’ai aussi pu acquérir une Matra 530 rouge avec un intérieur en plastique noir.

Il m’a confirmé qu’il s’agissait de la couleur choisie par le bureau d’étude pour injecter le plastique, quitte à la peindre ensuite pour faire des essais de couleurs.

Figuraient également dans le lot une Peugeot 504 berline bleu métallisé, comme l’Opel Rekord 1900 de série, un cabriolet Peugeot 504 bronze, identique à celui photographié dans le livre de Jean-Michel Roulet, confirmant ainsi l’existence d’une petite série.

Plus étonnante fut la découverte de la Peugeot 204 berline. Elle est rouge, comme celle qui figure sur l’affichette de présentation.

Encore plus surprenant est le châssis non gravé « SGDG » comme celui du modèle de couleur blanche offert par Peugeot lors de la présentation de la série. Il  est noir satiné et non mat. L’intérieur a été peint de couleur brun. Les poignées de porte ont été soulignées avec de la peinture argent.

J’ai expliqué à mon interlocuteur que j’essayais de regrouper le plus grand nombre de documents et de modèles afin de transmettre aux futures générations de collectionneurs toutes ces informations récoltées auprès de ceux qui avaient travaillé au bureau d’étude. Une relation de confiance s’est installée.

j’ai toujours eu un profond respect pour ces anciens du bureau d’étude.

J’écoute toujours avec intérêt leurs anecdotes, comme celle du mouliste du 43 rue Cavendish qui ne jurait que par les autos de sport et de course, et qui se moquait gentiment des gens du bureau d’étude de chez Meccano, quand ces derniers lui apportaient les plans de Moskvitch ou de Peugeot 504 à réaliser. (voir le blog consacré au mouliste du 43 rue cavendish)

Mon vendeur m’a confié le dossier de plans tel qu’il avait pu le sauvegarder à la fermeture. Il en avait cédé une vingtaine avant mon passage que j’ai pu récupérer. Il était ravi que je puisse avoir l’intégralité des plans sauvegardés.(voir le blog consacré aux plans)

Voici encore une petite page de la grande histoire des Dinky Toys . D’autres découvertes sont sans doute encore à venir.

Auto Jaune Le Blog de Vincent Espinasse collectionneur