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Le car Chevrolet Plombel

Bus Stop dans la pampa

Le car Chevrolet Plombel que nous vous présentons possède un charme certain. Nous l’avons acquis auprès de Guy Harrison, collectionneur britannique de très longue date, lorsque celui-ci céda sa collection qui comportait des modèles de tous les pays.

Car Chevrolet Plombel
Car Chevrolet Plombel

Plombel, firme argentine a produit ce petit car Chevrolet après la seconde guerre en 1945. Paolo Rampini référencie ce fabricant dans son ouvrage. La firme proposa également des autos américaines (Cadillac 1941, Ford Fordor, Packard 1937) et des monoplaces (Mercedes W154 et autres Ferrari 375). Il est en plomb, injecté, d’une seule pièce, et possède une gravure assez fine.

La production confidentielle permet de penser que ces jouets Plombel n’ont jamais été exportés.

La silhouette de ce modèle et les couleurs retenues, typiquement locales permettent d’en situer l’origine géographique. Il est l’image fidèle des petits cars sud américains, construits sur des châssis de poids lourds à empattement court et habillés d’une carrosserie avec capot qui sillonnaient la pampa. La capacité est d’environ 18 places. On peut remarquer le bossage sur la malle arrière destiné à loger le ou plutôt les roues de secours. On imagine aisément qu’en cas de crevaison entre deux villes distante de plusieurs centaines de kilomètres, au milieu de la pampa, il était préférable d’être équipé de ces accessoires de rechange.

Nous aimons particulièrement cet objet, son côté exotique y est pour beaucoup. Ce jouet représentatif du paysage argentin est un peu une invitation à aller se promener du côté de Buenos-Aires.

Auprès de ce même collectionneur britannique, nous avons acquis une version plus récente d’un petit car de même capacité, avec cabine à capot, et mêmes couleurs, ce qui me permet de penser que ces miniatures correspondent à une ligne réelle.

L’ouverture sur le monde

L’ouverture sur le monde.

1543. Cette date ne vous dit sûrement rien. Rassurez-vous, elle me laissa également de marbre. Pourtant en 1543, un événement important s’est passé à l’autre bout du monde.

Débarquement des portugais
Débarquement des portugais

Trois navires portugais ont accosté à Tanegashima au Japon. C’est, pense-t-on, la première fois que le pays s’est ouvert à des étrangers. Le choc, on l’imagine a été de taille, deux cultures totalement différentes se rencontraient.
Les Portugais étaient venus convertir les Japonais à la religion catholique. Accessoirement ils voulaient en profiter pour ouvrir un nouveau comptoir commercial.

Les Japonais furent impressionnés par la stature des marins portugais. Sur le paravent qui narre la scène ils sont représentés très grands, voire disproportionnés par rapport à la stature des autochtones.

Le noir est la couleur qui domine les habits des européens tandis que les japonais arborent des vêtements aux couleurs chatoyantes. D’après des historiens, les japonais ont trouvé que ces étrangers manquaient singulièrement de manières.
Pour immortaliser cette extraordinaire rencontre, les artistes japonais de l’école Kano ont reproduit le débarquement sur des tentures servant de paravent. L’événement sera à l’origine d’un courant artistique baptisé « Namban Bunka » ou culture des barbares du sud.
J’ai fait le rapprochement avec l’univers de la collection et les découvertes que j’ai fait récemment.

Il s’agit des premières miniatures automobiles fabriquées au Japon, elles datent manifestement des années trente. Ce fut une vraie surprise de découvrir ces miniatures du pays du soleil levant, bien éloignées des standards des productions européennes de la même époque.

Pourtant certaines d’entre elles dégagent un air de déjà vu.
Prenons cette splendide limousine bicolore. Elle est en plomb injecté. La gravure est correcte et l’injection de très belle qualité. C’est la nécessité de loger le mécanisme qui a façonné les formes de l’auto et je ne suis pas en mesure de dire si elle reproduit avec fidélité une auto japonaise d’avant guerre. Elle ne ressemble à aucun autre jouet automobile de la même époque. Les teintes utilisées par le fabricant de cette miniature sont caractéristiques de celles appliquées sur les jouets japonais en tôle d’avant-guerre : le dégradé de vert était à la mode.

La Toyota AA de 1936, qui semble être la première Toyota produite, est, elle, réalisée dans un matériau en vogue de l’autre côté du Pacifique, aux USA.

Le jouet est en caoutchouc (rubber) comme bon nombre d’autos américaines réalisées à la même époque. Il est amusant de constater que si Toyota s’est fortement inspiré de la ligne aérodynamique immortalisée par la Chrysler Airflow, le fabricant japonais, inconnu malheureusement, a fait de même en s’inspirant des productions Auburn et Sun Rubber en caoutchouc.

Signalons juste que l’échelle de reproduction est inférieure à celles des modèles américains contemporains (1/50 environ).

Le bus est également digne d’un grand intérêt en raison de son traitement. La finition fait penser aux premiers modèles de la marque SR (France) qui avaient inondé le marché américain, dès les années 1910. Ce n’est pas un hasard si cette firme japonaise s’est inspirée des fabrications françaises. Les firmes japonaises qui se sont intéressées très tôt au marché américain ont forcément rencontré ce type de jouets, elles s’en sont inspirées. Le marché américain était la cible principale des japonais à l’époque car il fallait faire rentrer des devises dans le pays.

Le modèle reproduit un car japonais, reconnaissable à sa porte latérale, située côté droit, puisqu’au Japon on roule à gauche. On remarquera également que les personnages sont figurés de dos. En effet ils sont assis sur des banquettes alignées sur les parois du véhicule et non transversales comme chez nous en Europe. L’inscription « Noriai » signifie « bus ».

J’ai trouvé ce modèle dans une bourse américaine. La protubérance à l’arrière a une fonction ludique. Le vendeur a tenu à m’en faire la démonstration, se mettant à souffler comme un forcené dans l’arrière du véhicule pour émettre un sifflement strident qui a fait se retourner tous les gens de la bourse ! En effet, ce qui fait office de cache roue de secours est en fait une petite turbine qui émet ce sifflement lorsqu’ on souffle.

L’auto de course possède aussi une clef solidaire du mécanisme comme la limousine décrite plus haut. Son inspiration est sans aucun doute américaine. C’est également aux Etats-Unis que j’ai trouvé cet exemplaire. Pour l’anecdote, un autre fabricant japonais de jouets en celluloïd copiera ce bolide. J’en possède un de couleur rose du plus bel effet. Je l’ai également rencontré équipé d’un petit crochet en acier sur la tête du pilote, ce qui permet de l’accrocher dans le sapin de Noël les modèles exportés aux Etats-Unis.

Avant de devenir la grande puissance économique que l’on connaît, le Japon s’est inspiré de ce qui se produisait de mieux aux Etats-Unis mais aussi en Europe. Les fabricants ont délibérément copié bon nombre de produits, comme vous avez pu le constater avec ces quelques exemples. Ils ont appris très vite.

La paix revenue, l’industrie du jouet japonais inondera le marché américain avec des produits de très grande qualité, innovants et inventifs. Ces jouets supplanteront les jouets allemands, longtemps demeurés le modèle en Amérique.
Le déferlement des jouets japonais aux USA s’est prolongé jusqu’aux années quatre-vingt.
La roue a tourné. Ce n’est plus du Japon que viennent les jouets mais d’un autre pays asiatique, la Chine.

Berlines Cherryca Phenix

Berlines Cherryca Phenix

A l’abri des regards

La scène se déroule au musée du Louvre. Une jeune fille se poste devant un tableau de Nicolas Poussin, sort son téléphone et photographie l’œuvre. La guide qui était juste à côté lui fait remarquer que les photographies sont interdites au sein de l’exposition. Elle ajoute qu’avant de photographier un tableau le spectateur doit prendre le temps de le regarder. Un peu plus loin dans l’exposition j’ai compris toute la portée de la phrase.

Dans cette même exposition, un des commissaires explique qu’un tableau de Poussin n’a jamais rien d’exceptionnel au premier abord. Il faut savoir le regarder et interpréter les symboles. Une bague avec un diamant symbolise la pureté et la foi en Dieu. Une sphère dominant un élément architectural doit être interprétée comme l’œil de Dieu. Cela demande bien sûr une initiation.

Poussin disait que celui qui connaissait les écritures pouvait déchiffrer ses tableaux

A cette époque déjà on s’inquiétait de savoir apprécier les œuvres d’art. Ainsi Paul Fréart de Chantelou, amateur et collectionneur contemporain du peintre, avait imaginé une scénographie afin de mieux apprécier sa collection.

Ses tableaux étaient dissimulés derrière des tentures de velours vert. Il expliquait aux amis qui découvraient ses chefs-d’œuvre, qu’un de ses plaisirs était de redécouvrir ses tableaux. Aussi considérait-il qu’il ne fallait pas les voir en permanence.

Cela m’a bien évidement conduit à rapprocher ce point de vue de celui des collectionneurs de miniatures automobiles. Pour nombre d’entre eux, ne pas exposer sa collection est quelque chose d’impensable. Au cours de ma carrière j’ai entendu beaucoup de commentaires au sujet de tel ou tel collectionneur qui n’exposait pas sa collection. Cela m’a souvent amusé car généralement c’est un problème matériel plus qu’un choix personnel.

Mais il est vrai que pouvoir ouvrir de temps en temps un carton, une boîte, est un plaisir extraordinaire. Redécouvrir des modèles soigneusement rangés, les déballer, les aligner, les comparer fait partie du plaisir. On est bien souvent étonné de redécouvrir un objet que l’on avait complètement oublié. Les bonnes surprises se succèdent au fil des déballages.

Un des exemples les plus marquants est celui des miniatures de fabrication japonaise. Dans les années 70-80 elles n’intéressaient qu’une poignée d’amateurs. Il fallait déjà avoir un regard curieux et ouvert sur le monde. Ainsi, les amateurs français n’avaient d’yeux dans les productions japonaises que pour les voitures américaines ou européennes. C’est mon ami Kazuo Kato, marchand japonais, qui lors de ses séjours en France m’initia aux subtilités de ces fabrications japonaises. Profitant des acquisitions que je faisais pour son compte, je m’y suis intéressé. Au départ, faute de place, je les listais et les rangeais soigneusement. Longtemps après, ce fut un bonheur de les redécouvrir.

Voici donc un florilège de modèles aux accents orientaux. J’ai un faible pour les grosses berlines Cherryca Phenix. A leur seule évocation, les yeux de mon ami japonais brillaient de plaisir. Elles étaient les plus demandées au Japon. Je me souviens qu’il préférait les versions routières aux versions taxi ou police. Pourtant, désormais, ce sont ces versions les plus recherchées car elles sont plus rares. Ces autos sont superbes.

Si près si loin

L’été dernier, la région Bretagne avait organisé dans plusieurs villes des expositions relatives aux liens entre la Bretagne et le Japon, qui, contre toute attente, unissent ces deux parties du globe.

Micro Pet
Micro Pet Prince Skyline

C’est ainsi que les peintres de l’école de Pont-Aven se sont inspirés des estampes japonaises qui commençaient à circuler en Europe. Des artistes comme Emile Bernard ou Paul Sérusier ont emprunté à leurs aînés japonais l’utilisation des aplats de couleur, ou la présence de troncs d’arbre verticaux afin de structurer le tableau.

Quelque temps auparavant, j’avais été surpris lors d’un reportage sur la gastronomie française. Le chef breton d’un établissement étoilé expliquait qu’il allait chercher l’inspiration dans l’archipel nippon.

Ces éléments m’ont fait réfléchir. Et je n’ai pas peur d’affirmer que l’éclectisme et la variété de notre collection ont été inspirés par la collection de Monsieur Nakajima, originaire du pays du soleil levant.

Micropet
Micropet : les deux plus désirables de la série

C’est un beau souvenir que celui du merveilleux petit ouvrage paru au milieu des années soixante-dix dans lequel Monsieur Nakajima présentait une partie de sa collection. Le premier tome était en anglais. Il offrait un panorama de la production mondiale. Dix ans après le livre de Jacques Greilsamer, il reprenait un classement par marque et par pays. L’ouvrage ne comportait pas de listing mais un choix pertinent des modèles les plus représentatifs aux yeux de l’auteur. Le livre alternait les pages en noir et blanc et les pages couleurs.

Ce livre, je l’ai usé jusqu’à la corde. Il faut dire que son petit format permettait de le transporter partout. Adolescent, je me souviens très bien que je le posais à table devant moi, et qu’il accompagnait mon repas bien mieux que les conversations familiales.

Evidemment, mes pages préférées étaient celles consacrées à Tekno, Buby, Micro Models. Les photos en couleur des modèles m’enchantaient. C’est indiscutablement à travers cet ouvrage, qui sera suivi de quatre autres tomes que nous nous sommes ouverts au monde de la collection. La vue des Hubley en cast irons américaines, des Micro Models australiennes, des Gamda israéliennes, ou des Micropet japonaises avait de quoi donner le tournis. Cette variété se trouvait au niveau des échelles, des matériaux et des jouets présentés. Nous n’avions pas vraiment l’habitude en Europe de mettre le plastique à l’honneur. Monsieur Nakajima mettait tous ses modèles sur un pied d’égalité, qu’il s’agisse de Siku en plastique, de Norev ou de Wiking.

Ma page préférée était dans le troisième tome. Elle était consacrée aux VW Kombi Tekno. J’ai bien souvent compté le nombre de modèles que nous avions encore à chercher. Alors que nous avions des difficultés à les rassembler, je me demandais comment il avait pu les trouver, lui, si loin du Danemark. Monsieur Nakajima, j’aurais aimé vous rencontrer pour vous dire combien je suis redevable de votre travail. Vous m’avez montré la voie. En votre hommage, je vais présenter la série de Micropet, qui, au Japon, est la série de miniatures la plus recherchée.

Micropet

Voici donc l’ensemble des autos japonaise de la série Micropet :

  • Subaru 360
  • Datsun Bluebird Deluxe
  • Nissan Cedric
  • Prince Skyline
  • Mazda 360
  • Toyopet Coronaline
  • Prince Skyway
  • Hillman Minx