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Land Rover Dinky Toys promotionnelle

« Grosse bagnole » à la campagne, épisode 2

ou l’histoire de la Land Rover Dinky Toys promotionnelle.

série du commerce et série spéciale
série du commerce et série spéciale

Il n’est point besoin de maîtriser l’anglais parfaitement pour traduire « Land Rover ». On peut aisément traduire cela par “La Rover agricole “. Cette auto conçue en aluminium après-guerre du fait de la pénurie d’acier est le fruit de la réflexion de décideurs anglais qui se sont inspirés de la Jeep américaine. Surtout des nombreuses possibilités qui s’offraient après- guerre a ce type d’engin tout terrain qui n’existaient pas avant la guerre, et que cette dernière avait enfanté.

Nos amis anglais ont donc mis en chantier une auto polyvalente qui pourrait suppléer et compléter les taches agricoles d’un petit tracteur, tout en étant capable de se déplacer facilement sur route.

La prise de force plaçée sur le côté gauche du véhicule est un bon exemple du genre de travaux agricole que pouvait effectuer cette auto. Sans parler des différents accessoires qu’elle pouvait tracter.

 

L’introduction de la reproduction en miniature, chez Dinky Toys dans sa gamme agricole n’est pas le fruit du hasard. Il y a vingt-cinq ans environ, Alan Lee, solide collectionneur anglais fit la découverte d’un surprenant ensemble. Ce dernier mit la main sur un suremballage de six pièces. Jusque-là rien d’extraordinaire.

Par contre ce dernier était accompagné d’une lettre émanant du représentant du Ministère de l’agriculture anglais dans le comté du Warwickshire. De cette lettre j’avais déduit que le ministère avait dans chaque comté un représentant. Cette lettre mettait en évidence le besoin de faire connaître les vertus de la Land Rover dans le milieu rural .

Ce représentant très officiel de l’Etat britannique devait donc faire la promotion de ces machines. On imagine tout un attirail de catalogues, et autres notices explicatives. En plus de cela, l’Etat britannique avait commandé une série de Land Rover à Dinky Toys qui devaient être distribuées lors de ces démonstrations. Pour cela, c’est bien une commande spéciale qui a été faite. L’auto est d’une robe inédite, kaki. Mais ce que l’on remarque en premier c’est la finition « luxueuse » de ces miniatures. Je n’en sais pas plus. Je ne sais comment ont été exécutées ces modifications. Une chose est sûre. J’en ai acquis une à l’époque. Il y en avait cinq autres, toutes neuves en boîtes. Alan Lee avait gardé la lettre d’époque, mais je l’ai eu en main. Je n’ai pas souvenance d’ avoir revu d’autres exemplaires de cette rare version. (voir l’autre article sur la Land Rover)

Dinky Toys Land Rover

Grosse bagnole … épisode 1

Voici une drôle d’histoire qui m’a servi  de prétexte pour vous présenter la Dinky Toys Land Rover pick-up.

nuances de couleur sur le premier modèle (intérieur de couleurs bleu)
nuances de couleur sur le premier modèle (intérieur de couleurs bleu)

Il y a déjà fort longtemps que je me déplace dans Paris en vélo. Près de 25 ans, été comme hiver. Je conviens que c’est un choix dangereux. Il faut avouer que dans la capitale, la cohabitation entre les différents moyens de se déplacer est devenue tendue, pour ne pas dire plus. Chacun rejette la faute sur l’autre, et oublie simplement qu’en fonction de l’heure de la journée et du déplacement, il a vocation à passer d’une catégorie à l’autre.

Dernièrement j’ai été pris, dans un gigantesque embouteillage dans le cœur de Paris. Même en vélo, pas moyen de se dégager. Il fallait patienter, mettre pied à terre et attendre une petite brèche où s’infiltrer pour repartir. Devant moi se trouvait un autre cycliste. Ce dernier paraissait bien frêle coincé à côté d’une grosse auto du genre «  tout terrain urbain ».

Arrivé à hauteur du conducteur, il décocha à son encontre cette petite maxime : « grosse bagnole petite quéquette ! ». Je restais pantois devant le côté moqueur et enfantin de l’invective. Dans la jungle urbaine les échanges d’amabilités prennent rarement cette forme.

Notre cycliste n’hésita pas, deux minutes plus loin, à récidiver. L’incongruité de la situation tenait aussi au personnage.   Il s’agissait d’un monsieur d’âge mûr, qu’aucun signe extérieur ne distinguait. Il y avait de l’humour potache dans son comportement. Cette petite scène m’a réjoui et depuis, à chaque embouteillage parisien, à la vue des grosses autos engluées dans la circulation je ne peux m’empêcher de penser à ce cycliste.

Il faut bien dire que les constructeurs proposent des autos de plus en plus volumineuses. Les motos, les scooters mais aussi les poids lourds semblent soumis aux même lois du marché : toujours plus gros. C’est un paradoxe au moment où il y a de moins en moins de place !

Enfant je rêvais de Land Rover. C’était le rêve d’un enfant qui avait lu « Le lion » de Joseph Kessel ou qui regardait les aventures de Daktari à la télévison. Ces autos étaient rares dans le parc automobile français.

A la campagne, quelques professionnels de chez nous utilisaient ces engins, notamment les gardes forestiers de la forêt de Compiègne. Mais de là à imaginer que quarante ans plus tard les versions urbaines de ces engins seraient à la mode, il y avait un monde.

 

Je vous propose donc une petite étude de ce joli modèle que Dinky Toys a créé pour sa série agricole, la série 27. Tracteurs, remorques, accessoires de travaux des champs et même un break Woody constituent cet ensemble fort plaisant. Le succès de cette série ne s’est jamais démenti, au point qu’en bon gestionnaire, la firme de Binns Road les garda fort longtemps au catalogue. Il faut aussi avouer qu’un tracteur ou une remorque d’épandage se démodent moins vite qu’une monoplace ! Comme cette dernière, la série agricole connaitra des jantes en plastique du milieu de années soixante !

Notre Land Rover est donc sortie en 1950 sous la référence 27 D. Elle fut distribuée par boîte de 6. Dès le départ l’auto est disponible en deux teintes primaires qui évolueront chacune au gré de la production.

La première est de dominante orange et la seconde de dominante verte. Commençons par l’orange. La première série est de couleur brique (très différent de l’orange classique). Dans cette finition de carrosserie, les sièges sont peints en bleu marine. Plus tard la couleur de la carrosserie s’éclaircira nettement et l’intérieur sera de couleur vert foncé. En fin de production de cette version apparaitront les jantes en plastique en place de celles en zamac peintes. Enfin, l’auto recevra une robe de couleur rouge avec intérieur de couleur jaune. En toute fin de production, sans doute pour des raisons d’économie, ce dernier ne recevra même plus ce voile de peinture jaune.

La série à dominante verte aura une carrière plus courte. Les premiers exemplaires seront proposés en vert très pâle avec intérieur de couleur crème. Au fil de la production, le vert prendra des tonalités plus franches. A ma connaissance la série de couleur verte ne recevra jamais de jantes en plastique, cette déclinaison de couleur étant arrêtée prématurément. Les amateurs de variantes ont avec cette auto matière à collectionner. Fort logiquement, compte tenu de la durée de production, le moule a subi des retouches et des aménagements, notamment dans les parties échancrées. Les photos permettent d’apprécier l’évolution des pare- chocs avant. C’est un parfait exemple de ce que l’on peut appeler « simplification dans le temps ».

Perfide Albion

C’est lors de la bourse d’échange de Donington que j’ai acquis auprès de mon ami Tom un jeu de cartes des sept familles « typically English ». Je l’avais vu quelques heures auparavant, mais son intérêt ne m’était pas tout de suite apparu. Ce jeu de cartes présente les hauts lieux touristiques du Royaume-Uni : Londres bien sûr, mais aussi Manchester, Leeds, Coventry et ses usines … ! Alors que je négociais avec Tom, mon regard se porta une seconde fois sur l’objet. Et là, j’ai eu un véritable déclic. A moins d’être né doté de l’humour anglais, il faut un peu de recul pour apprécier le produit et les choix de l’illustrateur. L’auteur de ces dessins dont la notoriété n’a pas dépassé la société pour laquelle il travaillait n’a certes pas le talent de ses compatriotes Lucian Freud ou Francis Bacon. Cependant il se dégage des vignettes une atmosphère que l’on ne trouve que de l’autre côté du Channel.

A partir de ces cartes à jouer, nous allons donc faire un petit tour du Royaume-Uni. J’ai choisi à cette fin quelques productions anglaises caractéristiques. En effet, si la production britannique a été dominée par Dinky Toys, Corgi Toys, Matchbox et Spot-On, il ne faut pas oublier toutes les petites firmes qui ont parfois mis sur le marché des modèles inattendus. A les voir, on s’interroge sur les modalités de leur distribution. On peut penser que la diffusion d’objets d’une si médiocre qualité a été confiée à un réseau de petits magasins de jouets ou de bazars.

Land Rover aux couleurs du RAC et sa caravane de chez Lone Star
Land Rover aux couleurs du RAC et sa caravane de chez Lone Star

Ici à gauche un bel ensemble constitué par une Land Rover châssis court aux couleurs du RAC et sa caravane de chez Lone Star. Cette dernière, installée sur les parkings d’autoroutes, servait à collecter les nouvelles adhésions au célèbre automobile club. C’est un ensemble harmonieux que cet attelage. La Land Rover dans cette livrée est peu fréquente, et bien plus rare que la caravane. Je l’ai installée à Windsor, clin d’œil à la célèbre bourse d’échange internationale.

Le Royaume-Uni sans Rolls-Royce ne serait plus le Royaume-Uni. Pour l’occasion, j’ai choisi une reproduction de chez Robin Hood et pour l’accompagner, la carte à jouer de Crewe, lieu de fabrication de cette firme. A sa gauche, un rare véhicule, assez énigmatique, que je n’ai jamais revu. Sa décoration est inspirée de jouets que j’ai croisés aux USA. Le décalque à l’arrière est somptueux. Rien de moins que Robin des Bois ! Je ne pouvais choisir que la carte à jouer représentant Nottingham. Le dessinateur de ces cartes ayant lui aussi choisi ce célèbre héros pour symboliser cette ville.

Puis j’ai choisi deux véhicules qui symbolisent les petites firmes britanniques. Il s’agit de deux rares promotionnels. Si le fourgon, sans marque distinctive réelle, aux couleurs du cirage Meltonian possède un charme indéniable,

Perfide Albion
Perfide Albion

il n’est pas possible d’en dire autant du camion AEC équipé d’une capucine aux couleurs des chips Smiths. Offrir en prime ce genre de véhicule à sa clientèle, il fallait avoir bénéficié de la part de Timpo, le fabricant, d’une sérieuse ristourne ! On imagine que le nombre d’exemplaires fabriqués a été très faible, car l’on croise rarement ces deux véhicules.

Le Royaume-Uni, c’est aussi les chantiers navals et la construction. Seul un esprit anglais pouvait se permettre de concevoir des engins aussi originaux et compliqués. Mais de là à les reproduire en miniature ! Condom a franchi le pas. Ces deux Muir Hill font partie de tout un ensemble que j’affectionne et qui a pour point commun la construction. J’ai choisi la carte de Newcastle et ses chantiers navals.

Deux jouets de bazar, un Timpo et un Elmont. J’avoue que ce modèle, sous ses apparences banales m’a toujours laissé perplexe. Comment un fabricant de jouets a-t-il pu proposer à de jeunes enfants un transport de caisse indiqué « Atom load » !

A l’heure où l’énergie nucléaire est montrée du doigt par beaucoup, avoir osé dans les années 50 proposer un transport de combustible nucléaire, il fallait oser. C’est comme cela que l’on convertit les jeunes enfants aux joies du nucléaire, peut être ! Pour l’illustrer, la carte de la bouillonnante cité de Sheffield.

Perfide Albion
Sundaw

Pour terminer Londres et deux jouets peu fréquents du fabricant Sundaw. J’imagine bien ces tracteurs d’entrepôts le long des quais de la Tamise, à l’époque où l’on déchargeait des bateaux une multitude de marchandises qui étaient convoyées vers les entrepôts voisins à l’aide de ces véhicules, conçus pour être maniables. La fabrication est rustique.

Voilà notre petit tour d’horizon terminé. Il est intéressant de s’interroger sur la place occupée par ces petites firmes anglaises au destin souvent éphémère, sur le marché du jouet, par rapport aux grandes firmes que furent Corgi Toys, Dinky Toys ou Spot-On. Il me semble que la Grande-Bretagne a eu cette particularité de voir coexister des fabricants de miniatures très inégaux. Ces derniers ont proposé de l’excellent ou du médiocre.

Désormais, nous regardons ces productions britanniques avec du recul et nous pouvons nous laisser charmer par la conception rustique des jouets Sundaw ou Timpo. C’est le regard du collectionneur, ce n’est plus celui de l’enfant.

Il était une fois la Belgique avec Corgi Toys

Il était une fois la Belgique avec Corgi Toys

Bernard Arnault a récemment défrayé la chronique et suscité des débats enflammés en demandant la nationalité belge. La Belgique est un pays où, moi aussi j’aime me rendre. D’Antwerpen à Liège en passant par Bruges ou Bruxelles, les paysages sont superbes, les architectures éblouissantes et variées, le dépaysement bien réel pour tout français qui pourrait être un peu blasé par son pays.

Reisler coffret vendu lors de l'expo de 1958
Reisler coffret vendu lors de l’expo de 1958

Loin de notre morosité nationale, les Belges sont reconnus pour savoir faire la fête. Leur table est excellente, et c’est le paradis des buveurs de bière. Leur bonne humeur légendaire permet d’oublier la météo parfois capricieuse, qui finalement n’est pas tellement différente de celle de la région parisienne ! Voilà bien des raisons d’aller faire un tour outre-Quiévrain ! Ce sont sans aucun doute ces bonnes raisons qui ont poussé un capitaine d’industrie à demander la nationalité belge. Je vais vous présenter aujourd’hui des modèles issus de fabricants étrangers qui désireux de s’implanter en Belgique, ont adapté des modèles de leurs gammes pour le marché belge.

Corgi Toys qui est certainement le fabricant le plus agressif du marché de la miniature s’est naturellement intéressé à la Belgique, vraisemblablement par le biais de son importateur. Corgi Toys est le seul fabricant que je retrouve présent aux quatre coins du monde. Grace à un catalogue intelligemment conçu, les produits pouvaient s’exporter partout, ce qui n’était pas le cas de Dinky Toys trop typé britannique.

Les magasins de jouets belges distribueront donc quelques modèles Corgi Toys exclusifs. Le plus savoureux, pour nous français, est celui réalisé sur la base de la camionnette Bentam Karrier. En lieu et place du sticker « Joe’s Diner », qui, lui, fut distribué un peu partout, nos amis belges pouvaient se procurer une version « patates frites » bien plus adaptée aux spécificités locales.

Sur le dessin du décalque trône un magnifique cornet de frites, il ne manque plus que la mayonnaise ! Remarquons le texte en français, pour ce modèle diffusé dans un pays qui connaît deux langues différentes. En touriste averti, je peux me localiser selon que les panneaux publicitaires ou indicateurs du bord de la route affichent leur message en wallon ou en flamand. Il y a certes la particularité de la région de Bruxelles ou le wallon peut côtoyer le flamand. C’est peut être pour éviter toute polémique que l’organisme qui gère l’assistance routière en Belgique, le Touring Secours a choisi un nom avec une consonance anglo-saxonne ! Corgi Toys transformera ses versions RAC, autre grande société d’assistance routière établie en Grande-Bretagne, pour les adapter au marché belge. Sur la base de la version 109LWB, Corgi Toys se contentera de peindre ses Land Rover en jaune, et d’appliquer des stickers TS. Le succès dut être au rendez-vous. En effet, lorsque Corgi Toys créera un second moule, plus moderne, équipant sa miniature d’une bâche en plastique et non plus en tôle et de suspensions, elle réalisera également une série en livrée TS. Ces deux miniatures sont peu fréquentes.

Sans être un inconditionnel de la firme Corgi Toys, j’ai beaucoup de plaisir à rassembler les modèles que cette compagnie a créé pour des marchés spécifiques. Ces trois modèles en sont un parfait exemple.

Enfin, le petit présentoir avec les figurines fut produit par Reisler, firme danoise, pour l’importateur Belge Bois Manu, à l’occasion de l’exposition universelle de 1958, afin d’accompagner le car Mercedes également produit par une autre firme Danoise, Tekno dont l’importateur pour la Belgique était aussi Bois Manu !