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J’ai testé la Versailles de Jean Sunny, au 1/43.

J’ai testé la Versailles de Jean Sunny, au 1/43

Norev a raté le coche avec Jean Sunny. Lorsque le fabricant de Villeurbanne a décidé de proposer le coffret de montage avec sa Simca Versailles, il aurait pu profiter des exploits du cascadeur et proposer un coffret « cascadeur » avec la Versailles de Jean Sunny.

Le coffret de montage de la Simca Versailles n’a pas eu le succès escompté. Ce coffret est rare. Je ne l’ai que rarement vu. Je ne collectionnais pas les Norev quand je l’ai trouvé au milieu des années quatre-vingt mais j’ai eu l’intuition de le garder plutôt que de le mettre en vente.

Je me rappelle que M. Gillerau en avait trouvé un autre qui différait par la couleur de l’emballage. Je ne connais ce coffret qu’avec la version classique de la Simca Versailles, dépourvue de la friction.

Pour reproduire les exploits du cascadeur la version équipée d’une friction me paraît tout indiquée.

Cependant, ces petites aides à la propulsion montraient très vite leur limites. Norev proposa sur une partie de sa gamme une finition « Mécanique ». Outre la friction visible à l’intérieur de l’habitacle, la version « Mécanique» se différenciait des modèles normaux par ses jantes de couleur noire.

Ces jantes seront ensuite écoulées sur les modèles équipés de suspensions jusqu’à épuisement des stocks qui étaient, il faut le dire, conséquents.

Minialuxe, autre firme française à concevoir ses miniatures en plastique imitera Norev en équipant aussi sa reproduction au 1/43 de Simca Versailles d’une friction.

Cette dernière est de meilleure qualité que celle du fabricant lyonnais. Elle assure la plupart du temps un roulement impeccable.

Les lignes de l’auto sont moins fidèlement reproduites que sur la Norev. L’absence de parties chromées nuit au rendu de la miniature. Elle possède cependant du charme. Nous avions déjà évoqué son histoire dans un blog ancien. (voir l’article consacré à la Simca Versailles de chez Minialuxe).

Une autre firme a proposé une Simca Versailles équipée d’une friction. Il s’agit de la marque Gégé. Cette firme est plus connue pour ses poupées et ses modèles au 1/20. Les modèles réduits au 1/43 sont nettement moins fréquents. Les modèles étaient très luxueux et vendus plus cher qu’une Dinky Toys. Ils étaient livrés en coffret, à monter avec un petit tournevis.

Certes, ce sont de très belles miniatures. J’oserai même dire trop belles en ce qui concerne la Versailles.

La Simca Versailles se voulait être une « petite» américaine. Gégé l’a justement chargée de chromes, notamment au niveau de l’entourage du pare-brise.

Certes la Versailles était richement chromée mais, sans être fardée comme une « vraie » américaine et Gégé en a peut être -trop fait.

Je préfère nettement le traitement plus sobre, plus réaliste de la Norev. C’est une question d’appréciation personnelle.

La friction de la Gégé fonctionne parfaitement. Plus tard, pour rentabiliser son moule Gégé créera une version pour circuit électrique.

Il faut dire qu’avec son prix de vente élevé le modèle avec friction n’a pas rencontré le succés escompté. Pour l’occasion, elle perdra ses chromes de pare- brise.

C’est dans un coffret Rallye de Monte-Carlo qu’elle trouvera place, à côté d’une Citroën DS19, cette dernière étant nettement plus appropriée pour ce type de coffret.

La Simca Versailles a peut être brillé dans des rallyes régionaux, mais contrairement à la Citroën DS19 elle n’a pas laissé de souvenirs au palmarès du Monte-Carlo.

La firme Jomat a aussi édité un coffret de circuit électrique, intitulé « “circuit casse-cou” Jean Sunny ».Le programme figurant sur le couvercle du circuit est des plus alléchants :

« Auto-rodéo, saut au tremplin, mur de la mort » et autres acrobaties sont au programme . La Simca Versailles, bardée de stickers « Jean Sunny »est ici réduite au 1/32.

Avec son autre gamme de circuit électrique, intitulée « électro route  » et qui utilise des miniatures au 1/43, Jomat aurait pu proposer un autre coffret cascade.

L’entreprise possédait dans sa gamme de miniatures deux Versailles empruntées à Norev et à Quiralu.

Mais iI faut avouer que ces miniatures, très lourdes devaient avoir du mal à avancer correctement. Alors de là à les faire décoller d’un tremplin !

Une dernière firme a proposé une Simca Versailles équipée d’un mécanisme. C’est Solido, dans sa série Junior. Le modèle est équipé du dernier type de moteur, à plat, à remontage à clef.

Ce dernier ne présente pas les contraintes du précédent qui était vertical. Il est moins encombrant, plus facile à loger. C’est une belle réalisation.

La carrosserie est monobloc, la finition assurée grâce à des pochoirs. Le pavillon est en plastique. Le mécanisme à remontage à clef est puissant.

C’est celle-ci que je choisirai  pour tenter de la mettre sur deux roues. J’attends juste que ma petite-fille grandisse un peu pour tenter l’expérience. Je ne manquerai pas de vous tenir informés de mes tentatives.

Je ne suis pas sûr que M Pigozzi, patron de Simca appréciait les cascades et l’image qu’elles véhiculaient. On y voyait pourtant une auto très équilibrée capable de parcourir de longues distances sur deux roues.

Le fabricant de pneus « Kleber-Colombes » tira profit des acrobaties de Jean Sunny en adoptant ce slogan imparable « Toutes les audaces  en toute sécurité ».

Mais l’image du cascadeur, capable de toutes les audaces au volant de sa Versailles, au risque de la détruire, ne colle pas avec la clientèle petite bourgeoise de cette paisible berline.

M. Pigozzi préféra se servir des exploits de son auto et de son record à Miramas : 200 000 kms parcourus à plus de 100km/h de moyenne. Simca se servira de l’exploit pour sa publicité dans les journaux et donnera même le nom de “Miramas” à une version de sa gamme. Mais aucune miniature ne commémora ce record.

Il nous reste comme témoin de ce record une transformation de Raymond Daffaure sur une base Norev.

Au delà de ses modèles en bois, on sait que l’artiste de Marmande était connu pour de nombreuses transformations sur base plastique (Norev, Minialuxe) ou même, ce qui est moins connu, sur zamac.

Ces transformations sont boudées par beaucoup d’amateurs qui n’en perçoivent pas encore l’intérêt. Pour ma part je les affectionne .

Celle de l’Ariane des records de Miramas est assez émouvante. Elle reste un beau témoignage, contemporain du record. Et cela lui donne bien plus de force qu’à toutes les productions clinquantes actuelles.

 

Versailles sur deux roues

Versailles sur deux roues.

Sur la photo, l’homme apparaît concentré. A le regarder, on comprend que la démonstration requiert de la dextérité. Il tient entre les mains une reproduction miniature d’une Simca Versailles.

Il est en train d’expliquer la technique peu orthodoxe qui lui permet de conduire une automobile sur deux roues, le plus longtemps possible : le public est conquis.

Cet homme c’est Jean Sunny. Il a connu la célébrité grâce à de nombreux records du monde automobile de distance parcourue sur deux roues à travers la France. Son nom sera associé à des spectacles de cascades automobiles, très apréciées jusque dans les années 80. Le concept est importé des Etats-Unis, à l’image des courses de stock-cars apparues en France également après-guerre (voir le blog consacré aux courses de stock car) .

C’est le programme de son spectacle, avec photos, trouvé à Reims lors du salon « Les Belles Champenoises» qui m’a inspiré cet épisode du blog. J’ai été séduit par la photo où il simule avec des reproductions miniatures de Simca Versailles, auto avec laquelle il réalisait une partie de son spectacle, sa technique pour mettre une auto en équilibre sur deux roues.

Les photos semblent tirées d’un reportage que la télévision lui aurait consacré. Cela explique la mise en scène. On remarque en premier lieu que les miniatures ont été floutées. Dinky Toys? Norev ? (voir le reportage diffusé à la télévision et disponible grâce à l’INA…12 minutes de bonheur !)

Combien d’enfants ont été tentés, après avoir vu le reportage, de reproduire les gestes du champion avec leurs miniatures, du haut de la table de la cuisine ? Après une chute de 80 cm ils pouvaient ainsi tester la solidité des modèles.

Ensuite, tout dépendait du revêtement au sol. Moquette ou parquet, et la peinture émaillée de votre Dinky Toys n’avait pas trop souffert.

Carrelage ou béton, dans ce cas, mieux valait avoir tenté l’expérience avec une Norev en Rhodialite.

« Rhodialite », qu’est ce que c’est ?

En feuilletant les pages des annuels professionnels consacrés au monde du jouet, il est instructif de voir comment les sociétés de raffinage de pétrole, principalement installées dans la vallée du Rhône ont tenté de donner une image positive et avantageuse de leurs produits dérivés.

Le plastique ayant très vite été associé à une image de qualité médiocre, peu solide, Rhône-Poulenc va contourner le problème et créer la dénomination « Rhodialite ». Elle va bien sûr déposer le nom de ce type de plastique.

Ainsi votre miniature Norev n’est pas en plastique, mais en « Rhodialite », ce qui change tout.

Il faut dire que la dénomination « plastique » est bien trop générale. Elle englobe une multitude de produits en fonction de leur degré de raffinage.

Dans un premier temps, les publicitaires à la solde de Rhône-Poulenc, vont employer leur talent à convaincre les fabricants de jouets des qualités du produit et de sa parfaite adaptation à ce type de fabrication.

Ils vont ensuite convaincre les commerçants pour leur diffusion. Il reviendra à ces derniers la charge d’expliquer à leur clientèle les avantages de ces nouveaux produits et de combattre les préjugés liés au plastique.

Il est vrai que cette matière a beaucoup de qualités. La solidité en fait partie bien évidemment.

Monsieur Véron a même osé ce slogan au dos d’un des premiers catalogues de la marque: “stop les quelconques bagnoles”. On appréciera la photo avec les modèles maquillés, empruntés à la game Norev !

La semaine prochaine: ” J’ai testé la Versailles, au 1/43, de Jean Sunny”.