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Un Bluebird sous les drapeaux

Vincent légendez et enlever le texte en fin d’article et cette phrase !

Les enfants savent souvent poser les bonnes questions et en toute candeur, s’interroger sur les choses essentielles. France Inter en a fait une émission, « Les p’tits bateaux » présentée par Noëlle Breham. Le dimanche en fin de journée, ils questionnent l’animatrice sur des sujets divers.

Bluebird fabriqués aux USA, de profil
Bluebird fabriqués aux USA, de profil

Les plus grands spécialistes, chacun dans leur domaine, apportent des réponses très instructives. Pour ma part, je me suis souvent interrogé en voyant les différentes autos de record, principalement celles d’avant-guerre. Pourquoi arborent-elles le drapeau des Etats- Unis conjointement à l’Union Jack de l’empire britannique ? Je n’ai plus l’âge de participer « aux p’tis bateaux », alors, il m’a fallu mener l’enquête tout seul.

Tous les Bluebird ont bien été conçus en Grande-Bretagne. C’est dans son garage de Bromley dans le Kent, banlieue située au sud-est de Londres à proximité du circuit de Brooklands, que Sir Malcolm Campbell préparait ses autos.

C’est en effet sur le circuit de Brooklands que ce passionné de compétitions commença à courir. Brooklands et Indianapolis sont considérés comme les deux premiers circuits du monde. Brooklands fut en fait la réponse des amateurs de vitesse au nouveau code de la route anglais de 1903. Ce dernier stipulait entre autres que la vitesse sur route ouverte était limitée à 20 mph (32 km/h). La création du circuit permit aux amateurs de sensations fortes de céder à leur passion sans être hors la loi.

En 1935, Sir Malcolm Campbell a déjà battu le record, mais il a été détrôné. Il faut dire que depuis le milieu des années 20, la lutte est intense pour se l’approprier, et bien souvent, le nouveau détenteur ne profite que peu de temps de la gloire due à son exploit. C’est donc le lundi de Pâques 1935 que le nouveau Bluebird est présenté au public sur l’autodrome de Brooklands. Il effectuera quelques tours devant un public acquis à sa cause. Sur un film d’époque un détail m’a surpris. Sur l’exemplaire sorti du garage, avant qu’il ne se rende sur le circuit, Sir Malcolm Campbell dévoile à la caméra un étrange système dont je ne sais s’il sera conservé par la suite. Un mécanisme permet de modifier l’ouverture de la face avant. Après son exhibition londonienne, l’auto partira aux Etats-Unis. En effet,la plage de Pendine, au Pays de Galles, est devenue trop exiguë et c’est sur la plage de Daytona que sera effectuée la tentative victorieuse. C’est la que se trouve la clef du mystère. Une longue tradition fait que les concurrents arboraient sur les carrosseries de leur bolide deux drapeaux : celui de la nationalité de leur auto et celui du lieu où la tentative est effectuée. Ainsi, certains Bluebird arboreront deux drapeaux britanniques, la tentative ayant lieu à Pendine Sands. La Sunbeam Silver Bullet de Kaye Don combinera, à Daytona, Union Jack et Star Spangled Banner. Quant au Bluebird Proteus, il arborera le drapeau britannique et celui de l’Australie pour sa tentative océanienne.

PS : 1935 sera la dernière tentative sur la plage de Daytona. Ensuite c’est à Bonneville sur son lac salé, toujours au Etats-Unis, que seront effectuées les tentative de record.

Pour illustrer cette page, place aux fabrications américaines.
Photo premier rang à gauche : ensemble des Bluebird fabriqués aux USA de profil
Photo second rang à gauche: Lincoln (plomb) deux tailles différentes
Photo second rang à droite : inconnu (plastique)
Photo grande taille au troisième rang : ensemble de modèles de fabrication américaine
Photo quatrième rang à droite: inconnu (plomb) ce modèle est peu fréquent
Photo quatrième rang à gauche: Tip Top toys (plomb) peu fréquent modèle. Observez les rivets représentés sur les passages de roues
Photo grande taille au cinquième rang: ensemble de modèles de fabrication américaine

Sur l’ovale d’Indianapolis

Pour illustrer cette course, j’ai choisi des autos de fabrication américaine, toutes reproduites à une échelle proche du 1/43. Comme souvent avec les fabricants de jouets d’outre-Atlantique, les gammes sont déclinées dans plusieurs échelles. Ceci est particulièrement vrai pour les jouets réalisés en cast iron, mais les modèles en caoutchouc (rubber) et en plomb (slush) n’échappent pas à cette logique. Il existe ainsi une série de bolides similaires reproduits à l’échelle du 1/60.

Craft Toys Miller
Craft Toys Miller

La période de production de ces jouets s’étale de 1930 à 1950 environ. Les deux reproductions avec capot moteur amovible sont particulièrement intéressantes : le capot moteur est réalisé en tôle et coulisse verticalement pour laisser entrevoir une reproduction sommaire du moteur. Ils ont été réalisés par Craftoy.

Les modèles équipés de jantes en bois, peintes de couleur rouge, sont des Barclay. Le bolide bleu est particulièrement impressionnant par son aspect agressif.

Le modèle de couleur verte, avec le pilote installé très en retrait est une Kansas. Le modèle sera repris par d’autres fabricants.

Les monoplaces, rouge et turquoise, équipées de roues en caoutchouc de couleur blanche sont des Lincoln.

Enfin, celle de couleur argent dans la vignette en haut à gauche de l’article 144 est également une Lincoln, celle de droite étant une CAW portant la référence CWV08.

Il y a cent ans sur l’ovale d’Indianapolis

Le 29 mai 2011, sur l’ovale d’Indianapolis, les bolides se sont élancés pour la course du centenaire. La course a lieu tous les ans depuis 1911. Les années de guerre, avec l’engagement des troupes américaines ont constitué les seules exceptions, en 1917 et 1918 puis de 1942 à 1945.

Indianapolis "slush américain" Miller
Indianapolis “slush américain” Miller

Les Américains se sont toujours distingués par leur sens du spectacle. On parle d’ailleurs d’un show à l’Américaine, qu’il s’agisse d’une campagne électorale, du tour de chant d’une vedette du show-biz ou d’un événement sportif. Le domaine qui nous est cher, celui du sport automobile, ne fait pas exception.

Aux USA, les courses automobiles répondent à un véritable rituel, une occasion sans pareil de communier avec le public.

En Europe, je ne vois comme équivalent que les 24 heures du Mans. Parade des pilotes, ouverture des stands au public, séances de dédicaces : nous sommes à l’opposé des préoccupations des gens qui gèrent actuellement la Formule 1. C’est cet esprit de sport-spectacle qui est à l’origine de la création de la course mythique.

Petit retour en arrière, sur la base des informations issues d’un article très instructif de Jean Paul Delsaux paru dans la revue Auto-Hebdo. La première compétition automobile, Paris-Rouen en 1894, consiste à relier deux villes. Pendant de nombreuses années, ce sera le seul format de course automobile.

Il n’est pas transposable outre-Atlantique où les réseaux routiers sont réduits et les grandes villes reliées par le chemin de fer. Les organisateurs se replient donc sur les grandes étendues de sable offertes par les plages à marée basse.

Pour les villes intérieures, ce sont les « fairgrounds » (champ de foire) qui servent de support à des exhibitions de vitesse. Comme la dimension des terrains varie en fonction de l’importance de la cité, les organisateurs vont homologuer des châssis compatibles avec la taille de ces « fairgrouds ». C’est le début d’une certaine idée de standardisation, idée toujours en vigueur en 2011.

La première course sur un ovale aura lieu sur le Rhode Island State fair en 1896. Les courses sur « dirt track ovals » vont ensuite se multiplier. Cet engouement favorise l’émergence des clubs automobiles. Le premier d’entre eux, l’AAA American Automobile Association, représente les constructeurs automobiles américains. L’autre, l’ACA Automobile Club d’Amérique est dirigé par des industriels de la côte Est, passionnés par les progrès techniques et les belles automobiles européennes. Avec notamment l’organisation de la coupe Vanderbilt, ces derniers importeront la conception européenne de la compétition automobile, c’est-à-dire une épreuve disputée sur route.

Une scission se dessine : alors que l’AAA développe des compétitions ouvertes à des autos issues de la série, bon marché, l’ACA se tourne vers l’innovation technique, réservée à une minorité. Cela ne vous rappelle rien ? En 2011, ces deux conceptions du sport automobile s’affrontent toujours. A partir de là, un dénommé Carl Fisher, encore jeune et déjà à la tête d’une importante fortune, comprend tout l’intérêt de la construction d’un grand stade consacré à la compétition automobile.

En 1909, est inauguré aux Etats-Unis le plus grand ovale jamais réalisé dans ce pays : Indianapolis Motor Speedway.

La première course, le 22 août 1909, sur une distance de 300 miles, sera une véritable hécatombe : elle devra être interrompue en raison du nombre important d’accidents mortels : c’est le revêtement qui est en cause. La décision est prise de le remplacer par une piste en brique, de là son surnom le «brickyard ». Deux ans plus tard, en 1911 les premiers 500 miles auront lieu. Une bande pavée est toujours en place sur l’actuel circuit, en souvenir de cette glorieuse époque. (voir  un autre article sur Indianapolis)https://autojauneblog.fr/2011/06/22/sur-l-ovale-d-indianapolis/