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Emballez c’est pesé !

Emballez c’est pesé !

C’est un débat qui perdure. Il divise. Il crée des tensions entre collectionneurs. Il y a ceux qui veulent uniquement avec et ceux qui se moquent de cet accessoire, arguant qu’ils collectionnent les modèles réduits pas les emballages. On ne peut que constater l’écart grandissant désormais entre un modèle mis en vente avec son étui et un modèle qui en est dépourvu.

Si mon père était encore là, il vous expliquerait que lorsque nous avons commencé notre collection au milieu des années soixante-dix, la boîte commençait à être considérée comme faisant partie, à juste titre, du jouet. C’est un phénomène qui est venu de Grande-Bretagne. Nous avons donc dans la mesure du possible acheté avec boîte.

Quand vous collectionnez de manière aussi étendue que nous l’avons fait, trouver une seizième couleur d’Alfa Romeo Giulietta sprint  avec ou sans boîte ne pose pas véritablement de problème. Je pourrais également prendre l’exemple des Tekno.

A un moment, c’est bien la variante qui intéresse plus que la boîte, n’en déplaise aux quelques collectionneurs qui ne voient pas la différence entre une couleur rare, même sans boîte et une couleur banale mais qui a son étui individuel.

C’est peut être aussi cela l’expérience. Il est difficile d’expliquer ce point de vue aux inconditionnels des boîtes.

Pourtant, il y a des modèles qui sans boîte présentent moins d’intérêt. Tous les promotionnels. Dans ce cas l’acheteur doit payer le produit avec une substantielle différence. Baroclem, Renfort Nylon, Primistères, et les fourgons de chez Tekno. On comprend tout l’intérêt du boîtage publicitaire réalisé pour le commanditaire.

Les modèles réalisés pour des marchés export, imprimés dans la langue du pays auquel  ils sont destinés, ont évidement un intérêt nettement supérieur par rapport à un modèle de base.

Tekno a été une compagnie très rapidement tournée vers l’exportation. Les premiers marchés ont été les Etats-Unis comme pour la plupart des firmes européennes après-guerre. Dans un premier temps, Tekno a surchargé ses boîtes danoises à l’aide de petites étiquettes en papier écrites en langue anglaise qui décrivaient le modèle qui se trouvait à l’intérieur. Dans le même temps ces modèles recevaient le plus souvent une décoration à l’aide d’une décalcomanie en anglais (Mail, Black Maria, Taxi, Fire dept…)

Plus tard, Tekno se pliera à la volonté de l’importateur américain en distribuant ses modèles aux USA dans des emballages thermoformés. Un simple socle en carton et une bulle transparente enfermait la miniature qui pouvait être accrochée sur des tringles sur un présentoir spécifique. C’est Tootsietoys qui avait répandu cette façon de faire.

Trouver une Volvo Amazon encore dans son emballage relève de la gageure .

Et l’Europe ? Aux Pays-Bas, l’importateur Tekno a également fait réaliser une boîte spéciale pour l’opel Rekord 1958, voiture très populaire dans ce pays. (voir le blog consacré à cette auto).

En Allemagne une boîte promotionnelle a été réalisée pour la Ford Taunus 17M.

On peut dire en fait qu’un changement s’opéra lors du rachat de Tekno par Algrema un fabricant de poupées danoise. C’est à ce moment que Tekno laissa faire les différents importateurs de ses produits. Nous avons vu précédemment comment Dalia, distributeur en Espagne avait relevé le défi des boîtages (voir le blog consacré à ce sujet)

En Allemagne c’est la société Walco qui fut chargée de diffuser les Tekno. La firme n’hésita pas à créer des coffrets de montage, profitant de la conception de ces miniatures tardives. Les Chevrolet Corvair Monza, les Mercedes 280sl et d’autres fin de production connurent ces boîtes.

Aux Etats-Unis c’est la société  MPC  qui se chargera de diffuser les produits danois. Comme en Allemagne c’est le principe de “modèle à assembler” qui a été mis en avant. Les boîtages sont de taille respectable, comme si dans ce pays tout devait être plus grand qu’ailleurs .

A la même époque, fin des années soixante, sur la côte Est, la société “Global Scale Model Collection” de New York qui importait  déjà les Schuco, diffusera dans des boîtages conçus pour les miniatures allemande de la gamme Micro Racer quelques modèles Tekno. L’étiquette autocollante portant la référence du modèle Tekno qui se trouve sur les languettes  prouve bien qu’il ne s’agit pas d’un bricolage. J’ai pu acquérir au moins deux modèles dans ce type  de boîtage. Je n’ai pas de doute sur le fait qu’il en existe d’autres.

Comment ne pas mentionner les rares boîtages Solido contenant des modèles Tekno. Comme pour les Walco, les modèles n’ont pas grand intérêt à mes yeux, mais les boîtes elles, sont des plus intéressantes. Solido semble avoir réutilisé les boîtes qu’elle avait conçues pour les collectionneurs, produits qui n’avaient pas dû avoir le succès escompté.

Un collectionneur m’a expliqué que Solido s’était servi de ce type de boitage pour les salons du jouet et pour ses représentants. Chaque boîte reçoit une décalcomanie avec le logo Solido et le numéro de catalogue ainsi que le nom de la marque et du modèle représenté. Cette hypothèse est assez séduisante, car on trouve aussi dans ces boites les modèles qu’importait Solido vers la fin des années soixante : Mebetoys, et bien sûr Tekno.

Il se peut que le surplus de ces boîtes ait été distribué dans le  commerce, en vertu du fameux principe selon lequel rien ne se jette dans l’industrie du jouet !

Prochain blog le 18 Octobre 2020.

 

 

 

Du temps que j’étais jeune.

Du temps que j’étais jeune.

Si vous me demandez quel est le véhicule qui m’a plus marqué dans ma vie, je vous répondrai sans hésiter, le vélo que j’utilisais pour aller à l’école tous les jours. Il symbolise mes premiers moments de liberté, d’aventure.

La route était bordée de grand arbres protecteurs. Mon école était distante d’environ un kilomètre. C’est sans doute la proximité de la forêt qui donnait à ce parcours un côté aventureux, surtout l’hiver, quand il faisait encore nuit le matin à 8 heures.

Durant les vacances, avec mon frère, nous allions en vélo de concession automobile en concession automobile afin de collecter des catalogues. Vous l’avez sûrement fait aussi ! Si le garage Simca était situé en ville, le garage Citroën, chose assez rare au milieu des années soixante-dix, était délocalisé sur l’ancienne route nationale menant à l’autoroute A1.

Y aller en vélo constituait déjà un petit périple. J’avais un sentiment étrange en amassant ces catalogues. En 1974, le catalogue d’une Citroën DS21 passait déjà pour une antiquité. J’appréciais pourtant à sa juste valeur ce document que je savais obsolète. Je comprenais aussi en feuilletant celui de la CX, tout juste disponible, que comme celui de la DS21, il serait dépassé lorsqu’un autre modèle la remplacerait dans la gamme.

Ainsi va l’histoire d’une marque automobile avec le lancement puis l’arrêt d’un modèle. Chaque année, lors du salon rémois « Les belles champenoises » je souris en voyant les amateurs de véhicules anciens mais aussi les visiteurs s’enthousiasmer devant les CX.

Je comprends aussi que j’ai pris un coup de vieux !

La CX, c’était ma génération, et elle est entrée au musée. Dans 20 ans ce sera la XM. Je serai bien âgé alors.

Les collectionneurs de miniatures sont très sensibles aux modèles de leur génération, ceux qu’ils ont connus. Certains ont eu la chance qu’on les leur offre, d’autres les ont simplement contemplés dans les catalogues ou dans les vitrines des magasins de jouets.

Dans mon activité professionnelle ce sont sûrement la Mercedes 230SL et la Jaguar Type E de chez Tekno qui semblent avoir marqué le plus les enfants de ma génération.

Ce sont bien sûr leurs nombreux gadgets qui ont donné à ces miniatures cette aura particulière : les sièges basculants et réglables, la direction, la roue de secours et toutes les parties ouvrantes.

Il y a du luxe dans les détails : garniture de portes, vitres de portières à moitié ouvertes. C’est aussi le poids de la miniature qui donne un sentiment de qualité hors du commun. Pourtant, au risque de vous décevoir, je ne suis pas sensible à ces éléments. Je ne suis pas amateur de jouets sophistiqués.

Il me semble que le jouet finit par y perdre de son âme. D’ailleurs, ces miniatures trop lourdes ne roulent pas très bien et l’excès de gadgets nuit à la pureté de la ligne. La Mercedes est souvent affectée d’un problème de jonction entre le châssis et la carrosserie.

Cependant, j’ai trouvé depuis peu un intérêt dans cette série, et c’est grâce à mon ami José Andrade et à ses connaissances dans les productions ibériques que mon intérêt pour cette gamme Tekno est apparu. Il m’a fait découvrir un grand nombre de variantes toutes plus intéressantes les unes que les autres.

C’est à travers la branche Dalia que je les ai découvertes. Un petit rappel s’impose. Depuis les années trente Dalia avait noué des liens commerciaux avec Solido.

Et quand Tekno a signé avec Solido un contrat portant sur la diffusion réciproque de produits dans leurs réseaux commerciaux, Dalia a été impacté. Comme elle le faisait avec Solido, Dalia a importé des carrosseries et accessoires de chez Tekno afin de les assembler et de les diffuser en Espagne.

Tekno était déjà mal en point et peu de modèles ont été concernés. Il s’agit du camion Ford D800, du Ford Taunus fourgon, de la MG 1100, de la Lincoln Continental, de la Ford Mustang, de la Corvair Monza, de la Jaguar Type E et et de la Mercedes 230SL.

Les couleurs diffèrent souvent de celles des modèles danois. Il en est de même pour les jantes. Ainsi, si vous voyez une Lincoln Continental affublée de jantes de forme conique en zamac brut, il y a une très forte probabilité pour que vous soyez en présence d’une Dalia.

Cela peut aider en l’absence de la boîte en carton plein. C’est dans le domaine du boîtage que José m’a appris l’existence de rares boîtes vitrine. Elles reprennent le format des boîtes Dalia Solido tardives mais elles sont de type vitrine : elles sont en carton et reçoivent un film en rhodoïd transparent. Le plus important est le tampon correspondant  au numéro de catalogue Tekno   sur les languettes (834 Ford Mustang, 829 Lincoln Continental….)

Les boîtes sont estampillées Tekno Dalia. Les Lincoln ainsi condtionnées reçoivent des jantes en acier concave. On retrouve ce type de boîte pour la Mercedes 230SL, la Ford Mustang et la Chevrolet Monza.

Avec ce type de boîte, le modèle prend un tout autre intérêt à mes yeux.

Finalement, sans José, je n’aurais pu réunir tous ces modèles avec ces boîtes spécifiques. Je regarde désormais ces miniatures avec un autre œil. Les avoir toutes est loin d’être facile. Elles sont bien plus rares que beaucoup d’autres Dalia Solido. Elles font partie d’un ensemble des plus intéressants dont le point commun réside dans les boîtages spécifiques réalisés pour l’exportation.