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De bonnes raisons d’espérer !

« C’était mieux avant » « Il y a une époque où le matériel débordait des tables » Voilà le genre de phrases que j’ai entendu à deux endroits différents : la semaine dernière aux Pays-Bas, à Utrecht et hier à Chicago. Mes interlocuteurs parlaient bien entendu de manifestations de jouets anciens. Mais leur discours peut sans doute s’appliquer à d’autres activités.

Tekno et Mecline
Tekno et Mecline

Il me semble qu’il y a 10 ans les gens tenaient déjà ce type de discours qu’eux-mêmes avaient entendu une décennie plus tôt. C’est peut-être une manière de se rassurer et de se dire qu’eux- mêmes ont eu la chance de connaître une précédente époque qui était formidable. En avaient-ils alors conscience ? Je vous laisse réfléchir sur ce point. Même si l’on constate des changements importants, je trouve pour ma part que l’époque actuelle est pleine de bonnes choses dans le domaine de la miniature.

La première est la baisse des prix ce qui est dû à la forte baisse du pouvoir d’achat des collectionneurs. La demande demeure forte : contrairement au discours de certains professionnels du secteur et de l’édition, le nombre de collectionneurs est en hausse. La seconde et la plus importante à mes yeux est que les collectionneurs sont devenus plus connaisseurs. Ils spécialisent davantage leur collection, et surtout la valeur monétaire d’un jouet n’est plus le critère d’achat. Il y a eu une époque où certaines personnes n’achetaient que dans un but spéculatif. C’était il y a vingt ans. Les belles années, dites vous ?

Ainsi, je trouve que les collectionneurs achètent mieux et plus intelligemment qu’il y a 20 ans. Autre critère très important pour moi, ils achètent les miniatures qui leur font plaisir et non les miniatures qu’il faut acheter afin de compléter une liste. J’ai connu des gens qui, collectionnant Dinky Toys, se croyaient obligés d’acheter toute la production. Il leur fallait tout avoir, du numéro un au dernier modèle hideux des années quatre-vingt, même s’ils reconnaissaient que ces modèles ne leur plaisaient pas du tout. Personnellement je ne suis jamais tombé dans cet excès.

J’affectionne particulièrement la firme Tekno, mais je ne suis pas tellement intéressé par les variantes de couleurs des modèles du milieu des années soixante. Je n’ai jamais acheté la machine-outil par exemple. J’ai tout de même fait quelques entorses. Ainsi, j’ai acquis il y a fort longtemps le modèle Miraco que Tekno avait fabriqué sous licence. Je ne suis pas sensible à ce type de jouet mais il était intéressant d’avoir un exemplaire de cette miniature résultant d’un accord entre Schuco et Tekno. La couleur du modèle et la présence de la boîte ont fini de me convaincre. Par contre je n’ai jamais cherché à en acquérir une autre. S’agissant d’un jouet rare, les prix demandés sont excessifs par rapport à l’intérêt que je porte à ce modèle. Près de trente ans se sont écoulés et l’année dernière à la bourse de Göteborg j’ai eu la surprise de trouver un dérivé de cette copie danoise. Une variante qui m’était inconnue jusque- là : une version norvégienne de chez Mecline. Tekno avait contourné l’embargo norvégien sur les jouets en installant sur place des filières de fabrication. La encore, la présence de l’emballage d’origine a fini de me convaincre. Un an plus tard, même endroit, je suis attiré par un étal ou trône une étrange boîte : une boîte qui m’est inconnue alors que le texte est en français. Il s’agit encore d’une fabrication sous licence d’un modèle Schuco réalisé par les jouets Richard. L’objet et la boîte sont neufs. La calandre est particulièrement réussie avec un personnage dessiné au centre de celle ci.

Et voilà comment naît une nouvelle branche dans une collection ! Des modèles auxquels je trouve peu de charme mais qui ont un lien avec la firme Schuco et sont rares. Chacun vit avec ses contradictions…

J’ai écrit ce petit texte pendant mon séjour à Chicago, la veille du début de la manifestation de jouets anciens. Tôt le matin, sur le parking, je rencontre un client de Montréal. Savez-vous quelle a été sa première phrase ? « Vous-vous rendez compte le changement en 20 ans ! C’était les beaux jours … » Je n’ai pas pu m’empêcher de rire et de lui résumer la teneur du petit texte que je venais de terminer.