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Ménage à trois

Ménage à trois

 

Dés le début de notre intérêt pour la firme C-I-J, au milieu des années soixante dix, j’ai été fasciné par l’incroyable saga de cette marque. Et surtout du rapport qui exista entre la firme automobile Citroën, et les industriels du jouets que furent C-I-J et JRD. Un ménage à trois.

Remontons l’histoire. Fernand Migault reprend en 1919 l’entreprise  de jouets créait par son père en  1878. Il approche André Citroën en 1922. Ce dernier voit dans la fabrication de qualité, des répliques en jouets de ses autos un vecteur extraordinaire pour intéresser les enfants de ses clients, qui plus tard seront des consommateurs.  Mais, la mauvaise santé financière des automobiles Citroen et la reprise en main  par Michelin en 1935 va faire se rapprocher la C-I-J  de Fernand Migault à Louis Renault. Ce dernier  étant tout content de récupérer ce type de fabrication à son ancien rival André Citroën. Parallèlement, on assistera, au même moment à  la création de JRD, fondée par monsieur Rabier, ancien responsable de la fabrication des « Jouets Citroen » à Briare. C’est ainsi que JRD, pour simplifier, reprendra à son compte ,appelons cela  « la fabrication de reproduction d’automobiles Citroen », pour les différencier des vrais jouets Citroën d’avant 1935. Les deux firmes de jouets vont  ensuite cohabiter prés de trente ans, jusqu’au jour où JRD va tomber  en 1963 dans le giron de la société Jex (produits ménagers), eux même absorbé par le géant américain Johnson, qui ne conservera que les marques ayant un lien avec son activité principale: les produits ménagers. C’est à la C-I-J que l’on va naturellement penser pour reprendre le stock. les liens de monsieur Rabier, créateur de JRD avec ses anciens collègues de Briare n’ont surement pas été étranger à ce rapprochement. Ainsi, après avoir été séparé, les deux firmes vont de nouveau se trouver liées pour une fin programmée. Quel curieux destin.

Les modèles Citroen de chez JRD se retrouvant chez C-I-J ont donc une forte valeur symbolique. C-I-J va ainsi distribué des Citroen 2cv camionnette, des 11cv traction et le 1200Kgs. La DS19 (voir le blog consacré à la Citroën DS19 berline) ,la version cabriolet mais aussi l’Ami 6,  la 2cv berline et le T55 ne connaitront pas une seconde vie chez C-I-J.

Contrairement à ce que les gens ont pensé, et j’ai eu l’occasion d’en parler (voir le blog consacré à la Citroën traction de chez C-I-J) la C-I-J n’a pas racheté les moules. Non, elle a récupéré surement pour un prix très modeste, tout le stock de pièces détachés (jantes, décalques, carrosseries, châssis et même boîte vide!) de chez JRD.

Ainsi, dernièrement j’ai eu le plaisir de trouver un exemplaire du Citroën 1200Kgs police en boîte JRD, mais avec étiquettes surchargés  et renumérautés  provenant de la C-I-J. Une analyse plus profonde prouve le bienfondé des descriptions ci-dessus. Le modèle est équipé d’un plancher JRD ! ce qui veut dire que jusqu’à épuisement du stock de châssis mais aussi de boîte provenant de la JRD, il a d’abord été produit ainsi.Ensuite, C-I-J créera un châssis en tôle, lisse, sans inscriptions et une boîte Europarc générique.  Par contre, il semble toujours être équipé de jantes en aluminium de chez C-I-J. Cette dernière conservant le stock de jantes en zamac produite par JRD pour équiper sa Citroën 2cv camionnette postes et aussi bien sûr la Citroen Traction 11cv. On constate la même chose au niveau des décalques. Ils proviennent de chez JRD puis une fois épuisé ce sont ceux du charriot de police  qui feront affaire. Même le gyrophare, d’abord en plastique translucide de couleur jaune , verra sa matière (plastique opaque ) et sa couleur viré au saumon. Dernier détail, mais d’importance. La C-I-J a voulu marqué de son emprunte cette version police. Dés le début de sa nouvelle fabrication, elle l’a affublé d’un panonceau en plastique placé devant le gyrophare et décoré d’une décalcomanie police provenant du charriot de police. Ce modèle étant de suite identifiable par rapport au modèle JRD qui en est dépourvu.

C’est un modèle des plus intéressant. Il est à mettre en parallèle avec la version Brandt qui connaitra strictement la même logique (des jantes C-I-J, d’abord un châssis JRD, puis lisse de provenant de la C-I-J et enfin une boîte surchargé avec une étiquette dactylographie, qui sont la signature des dernieres productions de Briare)

 

Comment  C-I-J  pouvait elle espèrer vendre des Citroën 1200Kgs police en 1966 quand on voit ce que Dinky Toys proposa en 1966 avec son superbe 1200Kgs Currus et son gyrophare électrique ?

En fait, ces modèles  C-I-J étant distribué dans des réseaux  et des zones d’habitation très différente, ils ne rencontraient que rarement de manière frontale cette concurrence. L’une était vendue dans les bazars et autres marchands de couleur à la campagne alors que l’autre était l’apanage des marchands de jouets en ville. Par contre, ces C-I-J devaient être  en concurrence avec les Minialuxe et autres Norev bien moins chers. De plus le plastique commençait a être accepter par les consommateurs et n’était plus un repoussoir

Désormais, ces C-I-J sont de vrais raretés. J’ai un souvenir ému quand j’en parle. En 1980, je rêvais devant  les ouvrages de monsieur Nakajima. Dans un de ses nombreux ouvrages (j’en connais au moins cinq) il avait décidé de classé une partie de sa collection par thème. Il y avait donc un chapitre consacré aux véhicules de police du monde entier. Figure page ??? trois versions de ce rare C-I-J. Nous avions déjà du mal en a en avoir un à l’époque ! j’étais et je le suis toujours admiratif d’une telle collection. Il nous a fallu 30 ans pour réunir nous aussi ces versions !Petit clin d’oeil à monsieur Nakajima, le dernier exemplaire que j’ai trouvé en boîte possède une étiquette de prix en Yen ! Ces modèles furent donc  vendus jusqu’au Japon !