Comme une évidence.

Comme une évidence.

C’est sa bonne humeur légendaire et ses « Hello !!! Vincent !!! »  qu’il me tançait de loin qui  me resteront en mémoire .

John Garside était connu  de tous dans les manifestation londonienne  de jouets anciens.  A 85 ans, il continuait à venir saluer ses amis à Sandown Park, s’arrêtant, tel un omnibus à quasiment toutes les tables, pour échanger quelques mots.Pour l’occasion les gens lui offrait une chaise car la station debout le fatiguer. Assis, sa canne entre les jambes, le sourire malicieux, il échangeait sur tout, sur rien.

Notre homme avait une passion. C’est par ce biais qu’il s’était rapproché de moi : la marque C-I-J ! tous les modèles de la firme de Briare l’intéresser: en bois, en tôle, en plâtre et farine, en plastique, en zamac et à toutes les échelles ! Il aimait me répéter qu’il avait quasiment trouver un exemplaire de tous les articles produit par la firme de Briare : parking, miniature au 1/87, aérogare, garage, miniatures, animaux en bois, moules à sable… Il faut être un  anglais pour s’intéresser, de manière aussi passionné à  à une « petite » marque étrangère. Française de surcroit. Nous n’avons cependant, jamais parlé du rôle de Jeanne d’Arc dans la guerre de cent ans ni même de Waterloo. Je le regrette, car comme beaucoup d’anglais il ne manquait pas d’humour.

Maintenant qu’il est parti pour d’autres cieux, il me reste l’image de ce petit bonhomme et de sa barbe taillée en pointe.

On voyant ces C-I-J mis en vente Outre -Manche, je me suis rendu compte comment ces modèles C-I-J avaient du charme.  J’ai redécouvert en quelque sortes cette production de Briare.

Des modèles de base, commun, pour la plus part mais que nous avons peut être, nous collectionneurs français oubliés de regarder. Il est temps de les redécouvrir.

Il est certain que le lien unissant la Régie Renault à C-I-J a conditionné une partie de son destin. Comment élargir l’offre de modèles réduits, en reproduisant  des miniatures d’autres marques, tout en ne froissant pas la Régie Renault ?

La firme de Briare avait pourtant de solides atouts. Une expérience et une très grande maitrise dans le façonnage de la tôle,  et ce depuis sa création, avant-guerre.

Prenez le camion Renault 120cv dit « fainéant » surnom donné par les utilisateurs du fait de la position du moteur, à plat (allongé) . La firme de Briare va réussir  à partir d’un moule, celui d’un tracteur, et grâce  à l’aide d’accessoire emboutis, pressés , pliés, offrir pas moins de sept versions !  la huitième,  la semi remorque citerne sera  elle réalisée en zamac.

La plus classique, la benne basculante est un petit chef d’oeuvre. La benne et son système de levage sont entièrement réalisés en tôle. Je ne pense qu’un autre fabricant de jouets  ait maîtriser aussi parfaitement ce matériau. Certes, au moment où cette version est conçu, au milieu des années cinquante, peu de fabricants l’utilisent encore. Si la qualité d’exécution est parfaite, les formes juste, ce matériau véhicule une image  vieillotte, celles des jouets d’avant guerre. Désormais place au zamac et même au plastique.

Même remarque pour la version semi remorque bâché . La béquille articulé mérite attention, tout comme la réalisation des trois panneaux rectangulaires  sur les ridelles de la remorque. Tout est parfait. Ce modèle sera décliné dans une version à usage publicitaire pour les Potasses d’Alsace. A l’occasion un étui spéciale sera réalisé. Deux commandes distincts ont été réalisé. La première suivant la chronologie de fabrication chez C-I-J, est équipé de jantes en plastique de couleur rouge. Plus tard, lors d’une seconde commande, elles seront de couleur argent. Pour l’occasion une autre décalcomanie sera réalisé qui se reconnait au sigle apposé sur le devant de la bâche mais aussi au positionnement des lettres sur les ridelles afin de mieux les centrer lors de lors application.

Il faut  revenir sur une variante importante au niveau du moule. Seules les versions benne, grue, bâché et fardiers sont concernées. les premiers exemplaires possèdent un pare chocs avant ajouré, prouvant que C-I-J maîtrisait parfaitement l’injection du zamac et surtout possédait des moulistes de talent. Plus tard, dans un soucis de simplification, de rigidité, le pare chocs sera partie intégrante de la cabine . Pour ces quatre versions, les ultimes versions, équipées de jantes argent, bénéficient de nuance de couleurs très différentes de celles rencontrées sur les premières série.

Quatre versions ne connaitront que le second moule, avec pare choc plein: la citerne Shell, la pelleteuse, le transport exceptionnel  et la toute dernière, la dépanneuse.  Cette dernières est la plus rare de toutes les versions. Elle utilise comme base peintes et décorés, les surplus des tracteurs de la version Shell et du transport Exceptionnel Bourget Montreuil.

C’est la moins crédible, la moins réaliste. Encore une fois, C-I-J utilisera son savoir faire dans le pliage de la tôle lors de la réalisation de la potence et de son support. On peut mesurer les difficultés que rencontrait C-I-J à ce moment là.  Ce palan sera recyclé sur la trèmis de son coffret « Sablières de la Loire ». Tout ce recyclé chez C-I-J. C’est d’ailleurs un des attraits de la marque.  Cette faculté de se resservir d’accessoires, de pièces, pour créer d’autres versions.

On peut aussi se dire que la spectaculaire version Bourgey Montreuil a aussi été réalisé avec les moyens du bord. les remorques et les berceaux  recevant l’élément de la centrale nucléaire (un tube tricolore !) sont aussi en tôle.

La semi remorque citerne est injectée en zamac. Elle est réaliste et bien conçu. Elle accompagne avantageusement le Renault 1000Kgs conçu à la même époque. On note que la firme de Briare entretenait avec la Shell et aussi avec BP des liens étroits. Amusez vous à compter les véhicules aux couleurs Shell.

Ces modèles, à part la Potasse D’Alsace et les dépanneuses sont assez fréquents. Les trouver en excellent état de conservation  n’est  pas si aisé. Ils forment un superbe ensemble, et sont dignes d’être placé en vitrine avec les produits de Bobigny, qui avait projeté de réaliser une version tardive de ce camion, avec la calandre portant le monogramme Saviem, suite au regroupement sous ce patronyme des activités poids lourds de la régie et de l’absorption de Latil et Somua.

C-I-J avait perdu l’exclusivité des reproductions en miniature des produits Renault. Dinky Toys vu là une opportunité de s’engouffrer dans la brèche. Le choix n’était pas judicieux. La cabine avait déjà été très bien traité par la C-I-J et elle  commençait en cette fin des années cinquante à datée. De plus la version choisi,  semi remorque « panier » avec bouteille de gaz, certes original venait d’être proposé par JRD ! il reste la maquette en bois et le plan.