Mon cher Jean…
C’est une artiste, Agnès Thurnauer qui m’a inspiré ce dixième numéro de Pipelette. Cette dernière a imaginé une correspondance avec Henri Matisse (1869-1954). 50 lettres écrites entre avril 2021 et Janvier 2022. Des lettres sans réponses. L’originalité de cette approche m’a de suite séduit. J’envie même cette artiste d’avoir eu cette idée avant, moi. Le musée Matisse à Nice servit de terrain d’expérimentation afin de présenter son travail, autrice et plasticienne, dans une exposition dénommée » On se retrouve chez toi ». La conservatrice du musée, Claudine Grammont, utilisa comme fil conducteur de l’exposition la relation qu’Henri Matisse entretenu avec le monde de l’édition à travers l’illustration de recueil de poésie. Elle avait parallèlement incorporé dans ce parcours, des oeuvres d’Agnès Thurnauer qui répondaient à celles d’Henri Matisse. Ses lettres étaient situés en amont de la visite. Très agréable parcours où l’on s’interroge, où l’on se laisse surprendre, déranger ce qui est le but de l’art.
Agnès Thurnauer a choisit un ton familier avec l’artiste. On se laisse de suite surprendre et cela fonctionne. Elle y mêle la place des femmes dans l’histoire de l’art, et par ricochets celle des femmes dans la société aujourd’hui. Elle évoque les questions de genre, que l’on retrouvera plus loin dans l’exposition avec une de ses oeuvre picturale. Il faut du talent pour réussir une telle gageure. Mélanger le passé, le présent sur le ton de l’amitié allant jusqu’au tutoiement avec Henri Matisse est un exercice de style littéraire périlleux.
Cette idée de dialogue imaginaire m’a séduit. J’ai décidé de m’en inspiré. Ce dixième numéro de Pipelette est consacré à la correspondance. Vous rappelez vous quel était le sujet de la dernière lettre que vous avez écrit ? A qui était elle destinée? À votre fiancé? Aux services des impôts? A un autre collectionneur?
Le dossier 145
Mon cher Jean
Ingratitude .Voilà bien le mot qui me vient après avoir lu la présentation de votre modèle réduit d’Hispano Suiza H6B par Jacques Greilsamer dans les colonnes de sa revue Modélisme. Ingratitude après tout cet vous avez apporté au monde de la miniature automobile. Ne pas voir les atouts, nombreux de votre miniature et ne retenir dans que le défaut du traitement de la capote a de quoi déconcerter le collectionneur que je suis. Vous avez dû vous sentir blesser par autant de virulence. Nous savons que Greilsamer a pour le plastique une aversion profonde. Ses commentaires sur les modèles Norev, de votre ami Veron, sont régulièrement acides. Et pourtant ces Norev sont des produits de grande qualité, très juste dans leurs proportion. Mais les produire en plastique et non en zamac les classe irrémédiablement au rayon de vulgaire jouet pour Jacques Greilsamer. Il fut cependant moins virulent devant les modèles réalisés par Wiking, également en plastique, pour Volkswagen au 1/41. Mais peut on comparer ces modèles destinés à un usage promotionnel, en concession lors de l’achat d’une vraie voiture et une berline Norev que l’on achète à son enfant parce qu’elle reproduit la berline familiale?
C’est l’aspect trop lisse de la capote qui a déclenché le courroux de Greilsamer. Il aurait souhaité un aspect simili . Il a raison, mais de là à ne voir que cela et passer sous silence les atouts du modèle. Moi qui eut la chance de parcourir l’exceptionnel dossier d’étude de ce modèle que vous aviez commandé je peux comprendre votre déception. Ce dossier comporte des explications technique et de superbes croquis explicatifs, qui vous ont guidé dans le choix du modèle. J’ai vu le travail en amont pour la réalisation de ce modèle d’exception. Les conseils, les pièges à éviter. Il est compliqué, cinquante ans après leurs création de recréer la genèse de ces autos d’exception. Souvent le constructeur livrait un chassis/moteur et le client choisissait un carrossier. Vous avez donc dû faire appel à un spécialiste d’Hispano Suiza. Un vrai passionné connaisseur de la marque. Et vu tous les conseils prodigués je devine combien il connait son sujet.
Greilsamer n’a pas sa langue dans sa poche. C’est bien. Quelle mouche l’a t’il piqué pour être si critique avec votre Hispano Suiza? En réfléchissant, je crois qu’il existe une différence d’ approches entre vous sur ce que doit être un modèles réduits. Je l’ai constaté à travers vos différents discours et interview. Je me permet de vous livrer ma réflexion sur ce sujet. Vous avez expliqué que votre but était de produire des produits ludiques de qualité et innovants.Vous avez poursuivi fidèlement, le travail de votre père: des autos démontables et transformable. C’est votre fil conducteur et je suis sûr que vous serez fidèle jà cette ligne.
Je constate cependant que vous avez trainé les pieds à l’heure d’aborder le marché dit de la miniature de « collection » . Les collectionneurs vont font peur. Vous estimez que ce marché est marginale.
Comment rentrer dans son investissement avec un si petit marché? Greilsamer, de part sa position de revendeur a lui crée un marché de collectionneur. Sa boutique comme vous le savez est un incontournable passage pour ces derniers qui viennent du monde entier. De telles boutiques commencent à émerger aux États Unis (Sinclair) et même au Japon ! Figurez vous que j’ai trouvé votre photo, assis à votre bureau dans une revue japonaise. Vous tronez avec quelques modèles dont le superbe Bernard fourgon. Le marché de la collection commence à émerger au pays du soleil levant et de manière active. J’ai d’ailleurs vu des publicités pour vos produits dans plusieurs revues nippones. Greilsamer l’a bien comprit, avec sa revue Modélisme qui épaule son commerce. Il prépare un ouvrage avec Bertrand Azéma. Il me semble que vous avez lancer cette gamme d’Age d’or afin de répondre à cette demande mais sans conviction, pour ne pas prendre de retard si le phénomène se développe.D’ailleurs ces modèles Age d’or que vous avez lancé appartiennent à la série 100 et ne bénéficient toujours pas d’un encart particulier dans vos catalogues. Peut être attendez vous d’étoffer votre gamme pour pouvoir les présenter séparément? Greilsamer ne voit que par les fabricants Italiens, Dugu et Rio. Pour une raison simple. Il considère que ces fabricants répondent parfaitement à la demande. Ils consacrent toute leur force productive à ce marché, avouons le, prometteur. Peut être cherche t’il à vous faire réagir pour vous faire reconsidérer votre position actuel. Cependant, ces critiques acerbes sur votre Hispano ne sont pas justifiées ! Vous avez toujours su réagir. Je vous fais confiance. La prochaine nouveauté sera la Ford GT40 sous la référence 146. Je ne doute pas qu’elle sera à la hauteur de nos espérances.
Amitiés sincères.
Note: Il semble important de signaler que les premiers modèles Solido reproduisant des autos des années 30 étaient intégrés dans la série 100. Ils figurent dans les catalogues Solido au milieu des autres modèles. Quand la gamme fut plus conséquente, un emplacement particulier dans le catalogue fut réservé pour ces modèles sous le nom « série de l’age d’or » C’est d’ailleurs à ce moment que Solido fera le choix de « réserver » ces miniatures aux adultes. La photographie d’un homme dans le force de l’âge assit devant sa vitrine, la pipe au coin des lèvres finira de me convaincre que décidément ces autos n’étaient pas faites pour l’enfant que j’étais ! Cette photo agit encore aujourd’hui sur moi. J’ai l’impression qu’elles ne sont toujours pas faites pour moi. Donnant raison à monsieur de Vazeilles.
Mon cher Jean,
Hasard de la vie. Lors d’un déplacement dans cette belle ville de Lyon, en visite chez une vielle connaissance qui exerce le même métier que moi, j’ai été intrigué par une grande et belle boîte bleue pâle gainée d’un filet bordeaux qui trônait au centre de son magasin. L’étiquette placée au centre porté le nom de votre fabrique : Solido. L’ensemble dégagé une certaine idée de luxe. La taille, bien sûr mais aussi la qualité du carton . Grande fut ma surprise de découvrir le contenu : une carabine et quatre silhouettes d’animaux. Du gibier peuplant la forêt. Nous étions très loin de l’univers familiers des petites autos que l’on rattache immanquablement à votre marque. M’est revenu ce souvenir dont je crois ne vous jamais vous avoir entretenu. Au début de mon activité je fus approché par un jeune homme qui possédait deux gouaches originales réalisées par votre illustrateur »maison » Jean Blanche. Jeune amateur peu fortuné je n’avais pu acquérir qu’un seul des deux dessins. Le prix demandé était suffisant. J’avais choisi la Ferrari 330P3 laissant partir l’Alfa Romeo GTZ rallye. Trente ans se sont écoulé. Cette personne est revenu me voir se souvenant de notre première transaction, avec un ensemble conséquent de dessins et de gouache du même illustrateur. Vous imaginez le plaisir pour un collectionneur de posséder les gouaches originales de dessins qu’ils l’ont fait rêver toute sa jeunesse. Une fois l’affaire conclut, je n’ai pu m’empêcher de lui demander comment il les avaient obtenu. Ce dernier m’expliqua que son père et vous étiez compagnon de chasse . De là était né une amitié entre vous et lui. De ce fait, ce jeune homme avait eu une entrée dans l’usine, où il avait noué des liens avec une personne du bureau d’étude qui lui avait cédé cet impressionnant ensemble qui dormait à l’usine. En voyant ce coffret et ses cibles simulant du gibier, je n’ai pu m’empêcher de le relier à vous et votre passion pour la chasse. Je l’ai acquis . Pourtant à titre personnel j’ai une aversion pour les armes à feux, et ce depuis la petite enfance suite à un drame local. A l’armée lors des manœuvres en forêt de Fontainebleau je m’arrangeai pour distribuer à mes camarades mes cartouches à blanc ne voulant pas les utiliser ! Si Je suis un amateur inconditionnel de vos miniatures, je ne peux me revendiquer comme un collectionneur Solido. Une partie des objets satellites (maquettes plastique, jeux de société, presse agrume, armes à feux…) même estampillés Solido ne m’intéressent pas. J’ai fait cette exception pour le lien à votre histoire personnelle et aussi pour la beauté de l’objet. Cela m’amène à vous donner mon point de vue sur la collection. En ce qui concerne votre marque, Solido, j’essaie de trouver un équilibre entre deux ensembles. Celui, cohérent par leur histoire, composé des modèles de la série 100,10, 300 et autres Junior dont je vais chercher à décliner toutes les variantes. Un autre plus disparate, d’objets qui me plaisent, sans logiques que je vais acquérir sans préméditation. Cela va être celui composé des avions, des modèles équipés d’un système de propulsion par mise à feux ou ce coffrets de carabine. mais en aucun cas je ne chercherai à tout avoir portant votre label. Je ne suis lié, en tant que collectionneur à aucune marque. Cet attachement me fait peur car il vous entraine souvent dans des acquisitions sans passions qui ont juste pour but de compléter une liste de recherche pré-établit qui peut vite lasser.
Une collection doit vivre. Le collectionneur évolue. Rien n’est figé. La preuve: suite à l’acquisition de ce superbe coffret, hasard de la vie de marchand, dans une collection j’ai eu l’occasion de trouver un revolver fabriqué par Mercury. Comme le coffret décrit plus haut, son état de conservation, la présence de la boîte m’ont fait conservé l’objet ! Je ne l’aura surement pas gardé sans l’achat du coffret. mais j’ai trouvé que l’amateur de Mercury que je suis , pouvait avoir un exemple de ce type de produit réalisé pour les enfants et qui est largement illustrés au milieu des miniatures dans les catalogues de ce fabricant turinois.
Cher jean, vous pouvez, à travers ces lignes voir comment le collectionneur est un personnage compliqué. Vous aviez bien raison dans les années soixante de vous en méfier ! Les enfants sont plus simples. Les collectionneurs veulent rester des enfants. C’est un leur, car nous avons par la force des choses grandit. Ces jouets nous donne l’illusion que ce monde est encore proche.
le corbeau
Durant le premier confinement, le chaîne de télévision Arte proposa en première partie de soirée une série de documentaires animalier produite par la BBC. Une bonne manière dans ce monde agité de se poser et de regarder la nature. L’étude de la vie des animaux nous permet parfois de mieux appréhender notre existence. Un documentaire m’a particulièrement marqué. Celui consacré à un animal jouissant d’une mauvaise image , le corbeau. Cet oiseau est doté d’un cerveau très développé. Il est capable de bien des prouesses.
Plus tard, dans un autre documentaire animalier, consacré à la faune vivant dans les forêts d’Europe centrale, je me suis remémoré celui vu prédement. Dans une séquence à coupé le souffle, le spectateur était convié à un spectacle digne d’un scénarios hollywoodiens. Un grand corbeau, perché sur la cîme d’un résineux ayant repéré une horde de chevaux sauvage se reposant au milieu de la forêt, alertait une meute loup, en émettant des croassements stridents, de la présence de ces chevaux . Son but était simple, attendre tranquillement que les loups aient finit leurs travail de prédateur puis leurs festin pour profiter des restes. L’utilisation de drônes virevoltant dans les airs permirent de filmer au plus prés toute l’action: l’arrivée des loups , la fuite des chevaux, la technique d’encerclement des loups, leurs repas et enfin celui du corbeau.
Très intelligent, le corbeau souffre pourtant d’une mauvaise réputation. Son patronyme est associée à l’auteur de lettres anonymes et ce depuis l’affaire de Tulle de 1922. Une vielle femme, Agnès Laval fut confondu suite à une dictée collective. Toute la presse nationale s’intéressa à l’affaire. Le journaliste du « Matin », le jour de l’ouverture de son procès , écrivit « qu’elle ressemblait à un pauvre oiseau funèbre qui aurait reployé ses ailes » . A la suite de cette description l’affaire devint celle du « corbeau ». Le cinéaste Henri Clouzeau se servira de cette trame pour dénoncer en 1943, la délation, et donna même au grand corvidée le titre se son film. Depuis, toutes les histoires de lettres anonymes sont associés à cet oiseau, qui ne méritait surement pas cela.
L’univers de la collection de Dinky Toys peut parfois ressemblé à celle de la série « Dallas », avec ses coups bas, ses mensonges. La cupidité et la jalousie font aussi partie de cet univers impitoyable. je peux désormais ajouter à ce tableau peu ragoutant la présence d’un « corbeau ».
Ainsi, en 2021 j’ai reçu une longue lettre anonyme, tapé à la machine à écrire ! l’histoire de la dictée collective de Tulle semble avoir servit de leçon aux apprentis corbeaux.
Un « inconnu »m’avertissait que la Renault Floride de couleur bleue, modèle encore non répertorié à ce jour dans les ouvrages, proposé par une maison de ventes aux enchères était un grossier faux. Et de décrire par moult détails les points litigieux, à ses yeux.
La première question qui me vint à l’esprit, pourquoi m’avoir envoyé cette lettre? en quoi étais je concerné? cela sous-entendait que je possédais cette miniature ou alors qu’elle venait de ma boutique. Il n’en était rien. Je me suis alors demandé si le « corbeau » ne se servait pas de cette lettre pour que je discrédite la maison de vente et donc aussi le propriétaire de la miniature qui l’avait mit en vente. Ce dernier avait exhumé cette miniature sur un site de vente aux enchères en ligne. Le prix réalisé fut assez modeste. Peu de gens semblaient y avoir cru. On peut imaginer que notre « corbeau » ait raté l’achat du modèle et que, par jalousie il se sente obligé de la dépréciée.
Le »corbeau » enchaina sa démonstration de manière confuse. Ce dernier décrivit des défauts sur les rivets de la miniature. Or, les connaisseurs savent que les Dinky Toys ne sont pas rivetés mais bouterollés. Le rivet est une pièce rapporté. Plus loin, son point de vue sur la véracité des pochoirs latéraux des grilles d’aération fut facilement mit en échec. Je possède en effet des Floride de couleur standard avec des pochoirs similaires, légèrement décalés par rapport à la grille. Cela résulte d’un mauvais calage du pochoir. Je vais arrêter là la démonstration.
J’ai d’ailleurs à l’époque de la vente de cette miniature donné mon avis . Avoir le modèle en main est indispensable afin de conforter son point de vue. Surtout sur ce type d’objet. La miniature m’avait donc sur les photos semblé d’origine. Je vous avoue même que j’étais acheteur ! Pour divers raisons elle m’a échappé.
Mais ce n’est pas pour cela que je me suis répandu en commentaires diffamatoires sur la miniature et sur le propriétaire qui l’avait confié à cette étude et qui pourtant n’avait pas jouer franc jeux avec moi . Il faut monsieur le « corbeau » être beau joueur et savoir perdre. Ce ne sont que des miniatures.
Dans la fable de Jean de la Fontaine « le corbeau et le renard ». Le corbeau tout flatté par les compliments du Renard abandonna sa proie. Le renard est donc parfois bien plus rusé que le corbeau.
Cher Henri
Je te remercie pour l’ invitation. Je te confirme ma présence à la présentation de la nouvelle saison de l’écurie Ford France que tu supervises . J’ai lu le programme: Sport automobile bien sûr, mais aussi du vélo. Tu fais feux de tout bois, comme toujours. Et avec les meilleurs. Les succès d’Anquetil portant la tunique Ford France en 1965 ont donné une image dynamique à Ford. C’est ta mission que de donner une image populaire de Ford sur le marché français . Chapeau. Promouvoir une marque de voiture on apposant son nom sur des maillots de coureur cycliste, il fallait oser. Peugeot avec son équipe cycliste ne doit pas voir d’un bon oeil l’intrusion de Ford dans son pré carré. Et puis ce Anquetil, comme toi c’est un battant.
J’ai bien noté ta participation au prochain Rallye de Monte Carlo en début d’année prochaine. Toujours avec ta fameuse Mustang. Justement, je profite de ce courrier pour t’avertir que nous mettons la dernière main sur notre « petite » Mustang. Je t’en enverrai quelques exemplaires pour toi et tes enfants. Je suis très content du résultat. Elle sera la première miniature a avoir un plafonnier électrique. J’ai prévu une boîte spécifique. Tu me diras ce que tu en penses.
Amitiés sincères.
Cher Henri,
Tu dois être aux anges. Quelle réussite ! palme d’or à Cannes ! Tu n’as pas gagné le Monte Carlo avec ta Mustang , non tu as fait mieux en étant le premier à faire inscrire au générique d’un film un fabricant et un modèle de voiture ! Il te devait bien cela. Quel nez as tu eu en acceptant de recevoir ce Trintignant, et ce jeune cinéaste dont je n’avais entendu parlé. J’ai lu que que c’est son oncle Maurice, le pilote chevronné, qui a couru pour ton écurie qui te les a présenté? Tu me raconteras cela. Que penses tu des mes « petites Mustang »? J’ai d’ailleurs vu que tu avais lancé une ligne de vêtements siglés Ford Mustang. C’est en Amérique que tu as dû comprendre l’intérêt de ces produits dérivés. A mon tour de te proposer une idée. Le film étant un succés, j’envisage la sortie, en parallèle de la version routière d’une version compétition. Il faut avouer que tes exploits à son volant et ceux de ton écurie avec les Greder et autres Schlesser au volant m’ont influencés. Serais tu intéressé par la diffusion d’un modèle aux couleurs de ton écurie Ford France ou même mieux , celle ayant participé au film. Cela se fait désormais. Mes concurrents britannique s’associent ainsi à des série télévisés, des films d’animation. De plus le travail serait simple. Ma boîte diorama pourrait s’adapter facilement. Au fond la plage de Deauville et la photo de la vraie voiture et ses acteurs. Pas besoin de figurine, juste des décalcomanies spécifique. Qu’en pense tu? J’ai bien reçu tes invitations pour la prochaine édition des 24 heures du Mans le 18 Juin. C’est avec plaisir que je viendrai. J’ai vu que vous avez remporté un succès de bon augure en Janvier à Daytona, et devant les Ferrari. J’ai hâte d’y être !
Amitiés sincères.
Cher Henri,
Je suis admiratif de l’enchainement de tes succès. La Mustang est un porte bonheur pour toi. Le film déjà primé à Cannes vient de remporter en ce début 1967 à Hollywood l’oscar du meilleur film étranger. Tu m’as raconté qu’Henri Ford II n’a jamais voulu te croire quand tu lui a répondu que tu n’avais pas versé un centime au réalisateur du film. Ce mois de Janvier a vu la participation de Johny Halliday, Jacques Anquetil au rallye de Monte Carlo ! où vas tu cherché ces idées ! L’idole des jeunes au volant de la Mustang ! quelle publicité ! tu me raconteras comment c’est déroulé l’aventure. Mieux que celle que tu avais confié à jean Girault pour son premier Gendarme à saint Tropez il y a trois ans. Elle avait finit dans le décor. Une rutilante Mustang de couleur rouge tout juste sortie des chaines. Tu avais réussi à convaincre le réalisateur qui avait prévu une Mercedes pour cette scène de son film. Les allemands ont du apprécier ! tu ne vas pas avoir que des amis !
Pense à moi pour le mois de Juin et les 24 heures ! je serai content de revenir. Je ne sais si ton grand patron va revenir. Evite lui la mésaventure de l’année dernière lors du tour d’honneur en Mustang que l’ACO lui a accordé. Tu ne devais pas en mener large , Henry Ford à tes côté et le challenger, Agnelli, patron de la Fiat, qui venait de racheter Ferrari au nez et à la barbe de Ford ,assis derrière. La scène au virage de Mulsanne est digne d’un scénarios d’un film comique. La pluie qui vient et la capote électrique qui refuse de fonctionner ! Et Agnelli plié de rire à l’arrière de l’auto. Voir ces deux grand capitaines d’industrie arrivé à la fin du tour d’honneur trempé a dû être pour toi un étrange souvenir. Tu ne m’as pas dit comment avait réagi Henry Ford ? Cela a dû aussi être aussi tendu en cette fin Janvier suite à la débacle des Ford aux 24 heures de Daytona. Triplé Ferrari sur le sol américain.
Il semble que Ford prépare une nouvelle arme qui devrait apparaitre dés Sebring en ce mois de Février. J’ai besoin de remplacer la vénérable Ford GT 40 à mon catalogue. Je serai content si Ford proposait une nouvelle carrosserie tranchant avec les MK II, cela me permettrait de coller à l’actualité et de remettre les pendules à l’heure. Ma GT40 n’a pas été à la hauteur de mes espérances. Je vais guetter. Si tu as des informations, n’hésite pas. Solido se doit d’être très réactif. J’ai prévenu le bureau d’étude. On va essayer de se surpasser et de raccourcir le processus de création.
Amitiés sincères
Cher Henri
j’apprends que tu quittes Ford France ! Ils voulaient te recasé dans la branche camion et tracteur ! ces américains ont une façon de travailler! je ne comprends pas leur logique. Ou alors peut être trop bien. Henri Ford avait ce caprice de vaincre au Mans. Cela n’a pas été facile mais il l’a fait et même remis son titre en jeux avec panache. Il n’est pas passé loin de la catastrophe ! on a l’impression que comme un enfant qui se lasse de son nouveau jouet il veut passer à autre chose. Peut être aussi que devant la facture à payer ces comptables lui ont fait comprendre que la récréation était finie ! Tu verras ils feront pareil pour la conquête de la lune. Quand cela sera fait, on rangera tout et il n’y aura plus de suite. J’ai entendu que tu avais nouer des liens avec Chrysler, le concurrent. Tu restes chez les américains ! Tu vois, c’est une drôle de coincidence mais ma « petite Mustang » aussi doit subir des changements. C’est aussi l’arrivée des américains avec leurs Hot Wheels et leurs roulement rapides qui sont en train de bouleverser le paysage de la miniature automobile. Tu as vu ma Ford MK IV, fidèle jusqu’aux jantes au dessin exact, équipées de vrais pneus. Et bien figure toi qu’elle fait déjà partie du passé ,alors qu’elle sort tout juste. Je le sais . C’est irrémédiable. Les nouveaux acheteurs ne font même pas voir les deux rétroviseurs asymétriques rapportés. Que dire du compartiment moteur? Et bien ma petite Mustang je vais devoir l’alléger du couteux systéme du plafonnier électrique ! je vais aussi supprimer les quatre anti brouillards rapportés pour en garder que deux et moulés les deux autres. Par contre je vais rajouter une planche de décoration…encore quelque chose qui vient d’Outre Atlantique ! les gamins adorent apposer la décoration ! cela fait aussi des économies pour nous ! je vais même la proposer en promo spéciale, là aussi méthode américaine ! trois Solido dans un sachet pour le prix de deux !
J’espère que nous pourrons faire quelque chose ensemble dans ta nouvelle entité.
Courage mon vieux, tu en as vu d’autres et tu as les capacités morales pour repartir de l’avant.
Amitiés sincères
Monsieur Dinky Toys
mon papa vient de m’offrir pour mes 7 ans mon premier modèle Dinky Toys. Il est très beau. C’est un EBR Panhard comme celui que tonton conduit en Algérie où il fait son service militaire. Il est parti depuis longtemps. Il me manque. Quand je serai grand moi aussi je voudrai conduire un tel engin. Il doit bien s’amuser à son volant. Comme quand il conduit la 2cv familiale sur les hauteurs de Nice où j’habite et qu’il imite dans les lacets des cols les bolides du rallye hivernal qui passe pas loin de chez nous en Janvier. Papa l’a grondé sévèrement. Il est drôle tonton et je l’aime bien. J’ai hâte qu’il revienne car il m’a promis de m’emmener voir notre héros local, Jean Behra un jour aux 24 heures du mans où il brille souvent. justement, je vous écris pour vous demander si vous ne pourriez pas sortir un bolide comme ceux qu’il pilote. Une Porsche ou une Ferrari comme celle qui vient de remporter les 24 heures. J’ai vu un bolide Ferrari dans le catalogue du marchand de jouet que j’ai eu avec le Panhard mais je ne reconnais pas sa forme. Elle doit être très vielle. Je ne sais si notre jeannot la conduite. En tout cas pour mon prochain Noël ce serait bien si vous aviez une belle voiture de course à me proposer.
PS: le catalogue est très beau, je le feuillette tous les jours. A force de le trainer partout dans mes poches Il commence à être usé. Je le connais par coeur et j’ai plus de facilité à retenir les numéros des modèles et les prix que les tables de multiplication. j’espère que vous aurez sur le prochain d’autres chars et aussi des voitures de course.
Pierrot de Nice.
Mise en scène
La scène se déroule sur la plage de Nice, fin Juin, sous un soleil radieux. Un homme, téléphone à la main apostrophe une dame assise au bord de l’eau. J’assiste à dix mètres de la scène, je n’entends pas ses mots mais ses mimiques sont explicites. Il a l’air de lui demander si elle peut le prendre en photo. Rien de très original jusque là. Cependant la scène s’éternise. Le voilà qui mime ce qu’elle doit faire avec ce téléphone. Désormais cet accessoire a des fonctions qui dépassent de très loin ce pourquoi il a été crée. Le téléphone semble s’être transformé en caméra et notre homme lui demande de le filmer. Pas n’importe comment. Il semble avoir prévu un scénario qu’il lui mime. D’abord, vue sur la mer plus elle devra pivoté sur la droite en filmant la promenade des anglais, la ville à et revenir sur lui allonger sur les galets les pieds d’un l’eau. Un 90° puis un gros plan sur sa personne. La dame s’exécute, s’y reprend en deux fois . Au moment du gros plan, telle une vedette surprise dans un bonheur fugitif, fait semblant d’être surpris et esquif une mimique dont je ne connais pas la signification.Cela semble coder et celui qui va l’a voir comprendra sûrement. La vidéo semble avoir été envoyé en quelques secondes. Une minute plus tard, le téléphone sonne.L’homme s’esclaffe . C’est un américain et il a l’air content de lui. Je me suis fait alors cette réflexion. Il y a trente ans il aurait surement consigné sur une carte postal tout le bonheur qu’il y avait a être là, sous le soleil, sur ces galets dans cette belle ville de Nice. La carte postal aurait traversé l’Atlantique pour finir punaiser sur un mûr, sur un réfrigérateur, ou à la poubelle. Cette vidéo quelle duré de vie a-t-elle? Ce soir elle est peut être déjà effacée. Quelles traces restera t’il dans 20 ans de toutes ces vidéos furtivement créer? Les cartes postales, écrites ou non sont des instantanés qui nous renseigne sur l’époque.Il suffit de savoir les regarder.
Je n’oublie que je dois mon approche à la course automobile grâce à elles. La littérature sur le sport automobile était rare au début 70 et les photos qui servaient de support étaient dans une grande majorité en noir et blanc . Les beaux livres avaient des cahiers centraux qui permettaient à l’imprimeur d’insérer des photos couleurs. Je me souviens que la première chose que je faisais était de le feuilleter avant de me décider de l’achat. J’étais parfois déçu du choix opéré par l’auteur. Les cartes postales permettaient pour un cout modique de voir ces bolides en couleur, bien cadré, sur papier glacé et dans un format respectables. Ce fut ma première approche de la collection. J’avais neuf ans en 1972 quand j’ai commencé à les collectionner. J’arpentais les marchands de journaux et les bureaux de tabacs avec leurs présentoirs sur roulettes. C’est à travers ces clichés que je me suis prit d’affection pour les autos de course du milieu des années soixante: les Ford GT40, les Chaparral 2F, les Lola T70, les Ferrari 330P4. J’aimais aussi les formules 1, celles aux formes ventrus et sans publicités de cette même époque.
Il existe une série de photos prise à Monza lors des 1000 kms au printemps 1968 que je regarde toujours avec la même tendresse. Au bout de la ligne droite, le législateur, afin de freiner les bolides avait créer une chicane juste avant le début la parabolique. Les autos passaient donc à faible vitesse. idéal pour les photographes . J’aime la couleur de l’herbe bien verte, à la sortie du printemps et les bordures blanche et noir qui permettent de suite d’identifier le lieu. Une autre époque. Je me suis aperçu bien plus tard, en arrangeant mes vitrines que leur format était idéal afin de mettre en valeur certain modèles réduits au 1/43. Aujourd’hui encore dans des salons dédiés aux voitures anciennes il m’arrive de me laisser tenter. Un retour dans le passé en quelque sorte.
Je vous écris du paradis.
Matisse en 1927 est un peintre reconnu. Il a du succès. L’homme est cependant arrivé au bout d’un processus créatif pictural. Il veut trouver autre chose. Il est en crise. Il n’arrive plus à peindre. Il doit se forcer. Il s’oriente alors vers d’autres support: la sculture, le dessin. Il va, en 1930, première fois dans sa vie, s’arrêter de travailler et entreprendre trois lointains voyages. Trois traversée de l’Atlantique en une année.Trois voyages dont le premier qui le conduira jusqu’en Polynésie, sur les traces de Paul Gauguin. Pas de peinture donc, mais des dessins, consignés dans des carnets. Et surtout des souvenirs, des senteurs, des couleurs qui l’accompagneront jusqu’au bout de sa vie.
Bien des années plus tard, en 1945 il remettra en question auprès d’Aragon puis du photographe Brassaïe ces instants de bonheur fugitif, argumentant même qu’il ne prit pas de photos, de croquis afin de laisser son imagination s’imprégné de ces souvenirs. Pour qu’ils infusent lentement afin de produire leurs effets créatif sans l’aide de souvenir matériel comme les photos ou les croquis. Stephane Guégan dans son texte « l’éden tahitien » publié dans le magasine Beaux Art édition consacré à cette période de la vie de Matisse l’ affirme tout net : « Matisse ment » . Les cartes postales, les lettres, les photos existent. En mal d’inspiration depuis un moment, l’arrivée à Papeete le 29 Mars 1930 fut pour Matisse un choc.Dans une lettre du 2 Avril à Amélie son épouse il indiquera « les tahitiennes font tout pudiquement. Les robes sont dans les tableaux de Gauguin » Il rencontrera même le fils de Gauguin, Emile. Il l’écrit à Amelie le 30 Mars et lui décrit sa beauté animale: « Gauguin a un fils à Moorea. Il y vit en indigène. Ce doit faire plaisir à son père s’il le sait….c’est un très beau gars, grand,bien musclé, le nez busqué, comme celui de son père ». Il continue plus loin »Tout est tellement nouveau pour moi, malgré tout ce que j’ai lu et vu en photo, et Gauguin, je trouve tout merveilleux »
Les nombreuses lettres et cartes postales qu’il adressa à son épouse sont évocatrices du paradis perdu que le peintre trouva en Polynésie française. Dans une autre daté du 27 Mars il dit: »Hier, mardi, temps magnifique mais quelle chaleur. La mer bleu, tellement bleu que le ciel ne l’était plus et des petits nuages léger jusqu’à l’horizon ou tout autour de l’horizon ».Stéphane Gégan explique d’ailleurs que Matisse a finalement gardé du monde de Gauguin dans ses futures travaux le lagon et l’intensité du ciel. « L’éden sans paréos ni vahinés, mais l’Eden tout de même ». Jusqu’à la fin de sa vie il aura le besoin de s’entourer d’objets et de tissus lui rappelant ce paradis. Les carnets de croquis sont là pour le prouver, les belles tahitiennes ne l’ont pas laissé indifférent. Le 20 avril, il fera poser Mihi, la jeune employée du restaurant Tiaré où il prend ses repas. Le lendemain, il annotera une carte postal où l’on voit devant une paillote et des cocotiers une jeune tahitienne posant « un Gauguin sur nature ».
Les artistes sont parfois compliqués dans la gestion de leur mémoire. Les très nombreuses lettres et carte postal qu’il a envoyé à son épouse existent encore. Elles donnent un éclairage sur le ressenti de l’artiste au moment où il les a écrite. Les années passant l’artiste a reconsidéré ses souvenirs. Ces écrits, lettres,cartes postale, nous aide a essayé de mieux comprendre l’artiste. De retour en métropole il écrira le 20 Décembre 1931 à Pauline Schyle qui l’avait reçu avec son mari à Tahiti « Je crois quelques fois que mon séjour à Tahiti (et aux Tuamotu) m’a enrichi l’imagination et que toute cette belle et somptueuse lumière dont je ne pouvais me rassasier au point de ne pouvoir changer de place et rester presque toujours à Papeete, ressort maintenant dans mon travail. Que ne suis-je plus jeune, ma chère Pauline , j’y retournerai (…)
Au moment de faire un bilan de tous les voyages que vous avez effectué, quel serait l’endroit qui se rapprocherait du paradis? Pas facile, tant les souvenirs évoluent dans nos mémoires au gré de petits rien, qui modifie leur perception avec le temps, à l’image de ceux de Matisse. Pour ma part, dans ma vie de collectionneur et de professionnel, je dirai sans aucune hésitation la Scandinavie. D’abord parce que ce fut la première destination lointaine que j’ai effectué de manière volontaire, cinq voyages par an et engagé, avec pour objectif, trouver les Tekno publicitaires manquant à notre collection. La firme danoise avait la faculté de produire des petites série de modèles spéciaux afin de répondre à des demandes modestes. Alors comment les trouver si ce n’est en allant sur place? Je ne me doutais pas de l’aventure qui m’attendait ni jusqu’où elle me mènerait. Je suis parti pour des Tekno et j’ai découvert l’Amérique.
J’ai pu mesurer, en allant sur place aussi fréquemment, comment la culture automobile américaine avait marqué ces pays comme aucun autres en Europe. La raison est simple. Beaucoup de scandinaves ont des liens familiaux avec les États Unis. L’immigration vers les États Unis fut très importante au 19éme siècle. Bien plus tard, j’en ai eu la confirmation lors des bourses d’échange de jouets à Chicago ou Allentown, en voyant les noms à consonance nordique sur les listes des exposants. Les constructeurs automobile américain utilisèrent la Scandinavie comme tête de pont pour importer et même fabriquer sur place leurs autos. C’est donc en toute logique que les fabricants de jouets danois ou suédois puisèrent leurs inspiration dans ces voitures et utilitaire d’origine américaine qui sillonnaient leurs routes . Ils allèrent plus loin encore, montrant bien les nombreuses passerelles existantes : ils reprirent à leur compte les technique de fabrication spécifique usitées Outre Atlantique ainsi que les différents matériaux. Ainsi,Micro emprunta à Barclay le « slush ». Birk, le plomb à Tootsitoys (et aussi son modèle de Graham !) Olson&Skoglund le cast Iron à Arcade, Tomte Lardal le vinyl à Auburn. Et j’en passe.
Ces productions scandinave sont facilement identifiable malgré leur inspiration américaine. Ils possèdent une touche européenne. Si Micro a d’abord produit des Slush assez grossier, à la façon de Barclay, il a au milieu des année trente, amélioré la qualité des ses modèle, osant même reproduire des modèles de grande taille, d’une rare qualité. Micro proposera entre autre un exceptionnel ensemble de cars, bus,trolleybus tramway . Je me souviens du frison qui m’a parcouru le jour où je suis allé visiter le musée des transports de Copenhague. Voir, à l’échelle 1 ces Nesa et autres Réo que Micro avait inscrit à son catalogue fut une souvenir inoubliable. Si Tootsitoys avait lui décliné principalement des autos et fourgonnettes, sous différentes forme et finitions, Birk au Danemark va gratifié ses petits clients d’une impressionnante série d’utilitaire avec entre autres des plateaux,des benne primeur, benne à charbon, balayeuse, pompier premier secours et surtout un exceptionnel car .Autre spécifié nordique ,Birk panachera, avec talent, deux matériaux, le plomb et la tôle pour la réalisation de cette série.
Un autre aspect les distingue des productions américaine. Tout est réfléchit afin d’optimiser l’utilisation ludique du jouet. Ainsi les camions Buick et Dodge de chez Tekno, reproduit au 1/45 environ, réalisés dans l’immédiat après guerre sont conçus comme des jouets de parquet. Cette spécificité est normalement réservé à des jouets de dimension plus imposante. Pour cela,Tekno a réalisé un essieu avant directionnel actionné par un crochet moulé sur le lequel l’enfant pouvait fixer une ficelle. Plus tard, la firme de Copenhague améliora son système directionnel. Sur les Dodge de seconde génération, reproduit au 1/50, la direction sera actionnée du pavillon, par une roue de secours ou un projecteur, faisant office de volant. Cet ingénieux système sera reprit par Vilmer et même Lego. Ce poids lourd mondial de l’industrie du jouet a commencé par des jouets en bois laqué. Encore une spécificité scandinave. Puis, comprenant les limites de ce matériau et s’inspirant de la firme américaine Renwall qui produisait des véhicules en plastique de qualité, Lego proposera un magnifique camion Chevrolet en plastique . L’utilisation du bois, ne fut pas totalement abandonnée. Lego créa des citernes en bois laqué ainsi que des accessoires injectés eux, en plastique, qui venaient s’adapter sur ces Chevrolet grâce à un ingénieux système de bouton pression.Lego venait de créer ses premiers jouets transformables. La célèbre brique plastique allait bientôt arrivé. Quelques uns de ces fameux camions sont même exposés au musée Lego à Billund.
Au fil des ans mon champs d’investigation, qui se limite normalement aux productions comprises entre le 1/38 au 1/60, c’est élargi.Je me suis laissé entrainé dans l’achat de quelques modèles produit en scandianvie, inspirées de ceux réalisés à Chicago par National Product en slush, au 1/38 et au 1/24. Ces derniers étaient réalisés pour un usage promotionnel et étaient distribuer dans les concessions automobile. C’est surement leur petit nombre qui m’a convaincu de franchir le pas, leur l’état de conservation et bien sûr leur allure. Ces miniatures, de tailles plus importante formaient un ensemble cohérent au milieu des autres jouets scandinaves décrit plus haut.
Les années ont passé. Plus de vingt ans. j’ai alors entrepris l’exploration des jouets américain, en allant sur place. Dans un effet d’entraînement, et afin de mettre en miroir ces modèles scandinave avec ceux qui leur avaient servi de source d’inspiration, j’ai fait l’acquisition d’un certain nombre de National Product américaine. La boucle était bouclé.
Si J’ai fait de très belles découvertes, de très belles rencontres, dont celle de Steve Butler, je n’ai jamais ressenti le même plaisir qu’en Scandinavie. Peut être aussi que comme Matisse, le premier voyage lointain vous marque pour toujours. La Scandinavie restera pour moi toujours synonyme de paradis, comme Matisse la Polynésie. Si l’artiste a besoin, pour trouver l’inspiration de faire fonctionner sa mémoire visuel, le collectionneur s’en sert pour les rattacher à ses modèles. Si je devais gardé une partie de ma collection dans le futur, ce serait la branche scandinave de cette dernière.
Lettres en instance à la poste de Marmande
Monsieur Daffaure,
je me permet de revenir vers vous, n’ayant pas eu de nouvelle de vous depuis la dernière parution de Pipelette. Je disais que vous faisiez parti des deux personnes que j’aurai aimé rencontrer afin de parler de votre métier, de la vision que vous avez du modélisme et de son avenir. J’avais quelques interrogations qui sont toujours sans réponses. Les communications sont compliqués compte tenu de l’endroit où vous êtes. J’en suis réduit à des suppositions.
Je résume. Vous avez fait une entrée fracassante, fin des années cinquante dans le monde de la collection de miniature automobile. Les gens, qui aujourd’hui regardent vos produits de haut, semblent ignorer ce que vous avez apporté à cet univers. Il faut comprendre que la collection de « petites voiture » commence à cette période à prendre un essor. Désormais de jeunes adultes, passionnés par l’automobile veulent retracer son histoire mais aussi son actualité, qu’elle soit routière ou sportive. Vaste programme. Les industriels commencent à travers la reproduction d’ancêtre à s’intéresser à ce marché. Mais c’est loin d’être suffisant. Auréolé de votre prix au concours de maquette, vous montez de Marmande à la capitale avec quelques unes de vos réalisations pour le premier salon dédié à la miniature automobile. Le choc fut important pour bon nombre d’amateurs. On imagine ces passionnés qui étaient réduit a accumuler les productions industriels, comprendre qu’ils peuvent vous écrire et moyennant une somme raisonnable, aligné peu de temps après en vitrine le modèle de leur rêve . C’est bien là qu’il faut voir votre génie mais aussi la limite de ce système.
Sur le papier c’est tellement simple. Grace à votre dextérité vous pouvez transformer un simple morceau de balsa inerte et donner vie à une miniature …comme par magie. Oui, mais voilà, très rapidement les demandes partent dans tous les sens. Chaque objet conçu par vos mains est donc unique, vous n’avez pas et j’imagine que vous ne songez même pas à dupliquer vos produits. Vous partez d’un principe simple. Si il y a une autre demande sur le même modèle vous repartez de zéro. Ce côté « dupliqué » sur une même base vous a t’il tenté? vous auriez pu, par exemple, réaliser des gabarits afin de produire plus facilement des séries. Vous auriez aussi pu vous limiter à des modèles bien précis. Ou bien imposer vos choix aux clients.
Vous semblez aimé relevez les défis. Chaque modèle sera donc unique et ne ressemblera pas au suivant. Vous apportez d’ailleurs des améliorations et rectifier des erreurs au fil de la production d’un même modèle. Je me permet d’ajouter que vous avez eu beaucoup de mérite car la qualité des documents disponibles et leurs certaine rareté font que vous avez bien souvent travaillé à l’aveugle pour finalisée une auto. Avec toute la documentation actuelle, cela n’a pas empêcher le fabricant Ixo, mondialement connu, avec une de ses série distribué en presse ,a offrir à ses clients une Talbot Lago ,la pourtant très célèbre vainqueur du mans 1950 équipé d’un 12 cylindres ! Le bureau d’étude chinois n’ayant rien trouvé de mieux que de dupliquer le côté droit du moteur sur l’autre face ! Je n’ai jamais rencontré dans votre très faste production une telle bourde, et surtout pas sur une auto aussi célèbre.
Vous semblez parfois irrité par les remarques que vous prenez vite comme des critiques. Peut être avez du mal à les accepter au regard de la somme de travail que nécessite la création de vos miniatures. Je le comprends fort bien.
On touche là d’ailleurs les limite de votre système. Le temps. Le talent vous l’avez. Mais ce travail vous demande une organisation rigoureuse. La montre est toute aussi précieuse que vos outils et vos pinceaux. Avez vous calculé un temps moyen d’exécution pour un modèle? J’imagine bien que vous aviez vos repères. Cette course après le temps semble avoir été votre perte. Vous avez dû accumulé au fil des années un déficit de retard qui a forcement jouer sur votre santé. Vous étiez devenu un stakhanoviste de la miniature. Pas de vacances, pas le temps de se reposer. Pas le temps d’aller sur un circuit voir ces bolides…j’imagine que parfois la réalisation complexe de ces modèles vous hanté la nuit.
Deux révolutions majeures sont intervenus qui vont bouleverser votre travail. Rappelez vous c’était le sujet de ma question l’année dernière. Je résume la missive.
La première à trait avec le sport automobile, qui était votre fond de commerce. L’arrivée de Ford au milieu des années soixante et ses moyens financiers sans limites. Quel rapport? simple. Les autres concurrents, et Ferrari en premier lieu ont dû, soit s’associer à un grand constructeur ou faire appel à la publicité. D’abord limité aux marques d accessoiriste et de carburant, l’entrée des cigarettes Gold Leaf sur les Lotus va être un tournant. Toutes les autos de course vont devenir des pancartes publicitaire sur roues. Voilà qui va compliquer votre tache. Les limites de la décoration au pinceau vont vite être atteinte. Optu, vous ne semblez pas non plus intéresser à vouloir dupliquer à l’aide de planche de décoration et ainsi réaliser plus facilement une série. L’idée même d’une production imposé vous a fait elle peur? J’ose dire que oui. En attendant ces décorations compliqués entrainant un supplément de temps va être préjudiciable à la qualité de reproduction de vos modèles dés la fin des années soixante.
De plus à cette même période, apparaissent les premiers kits. D’abord les Accorn (fabricant de modèle de slot car qui déclinera une belle série de carrosserie en plastique transparent à découper et à décorée) puis les fameuses John Day en « métal banc ». Cependant le montage de ces modèles n’est pas à la portée de tout le monde. Le vrai changement intervient grâce à Jacques Greilsamer qui a comprit la demande en tant qu’habile commerçant. Ce dernier va faire appel à deux personnes, messieurs Dubray et Evrat qui chacun dans leur domaine de prédilection (Citroën Traction et 402 pour le premier) et modèles de course (Porsche 908, Matra, Tyrrel) pour le second vont dupliquer garce à la réalisation d’un moule des modèles en résine. C’est le début des petites séries. Les décorations des Porsche sont habilement réalisé au pinceau et compléter par des décalcomanies. je reviens donc à ma question, sans réponses de l’année dernière. Avez vous à ce moment senti un changement?
Ces modèles, bien que dupliquer, étaient très difficiles à obtenir. La demande était très importante. Et puis le prix de vente des ces « Modelisme » étaient nettement plus élevés que vos produits. C’est me semble t’il le moment charnière. Vous vous êtes dits que vous aviez, malgré cette vive concurrence encore votre place. N’est ce pas là que vous auriez dû réagir? oui mais comment? tout va allé vite. D’autres artisans vont arrivés. Avec des modèles de plus en plus sophistiqué et le fossé va se creuser irrémédiablement entre vos produits qui gardent des fidèles et les autres. Mais la course aux détails, à l’exactitude va être fatal à votre santé. Vous vous obstinez et puis c’est l’accident.
N’en déplaise aux esprits chagrins qui, par méconnaissance de votre parcours et de votre singularité cherchent à comparer vos modèles aux autres productions. Vos produits ne peuvent être comparer. Il faut juste savoir les replacer dans leurs contextes. Elles sont toutes unique et chacune à son histoire. Ce ne peut être le cas des modèles dupliqués , qui ont leurs atout mais pas cette singularité d’avoir toutes été conçu par les mains d’un même homme.
Quand je prends une de vos créations en main, j’essaye d’imaginer la somme de travail qu’il y a eu pour en arriver là. Quand je vois une date de fabrication qui se rapproche de celle de votre accident, je ressens une certaine émotion. Je sais que le mot fin est proche.
Je voulais vous remercier pour tout ce que vous avez fait pour le monde des collectionneurs. Vos miniatures resteront toujours un émerveillement pour moi.
Appelez moi la direction !
C’est à la sortie de l’exposition « Permis de conduire? » au musée des arts et métiers, que j’ai découvert ce livre : « L’automobile au temps des trente glorieuses » de Mathieu Flonneau.
L’ auteur explique que l’automobile est assurément le phénomène qui permet de mieux comprendre et analyser la période dite « des trente glorieuse » qui s’étend de l’immédiat après guerre au milieu des années soixante dix et la première crise pétrolière. Et de décrire le « phénomène automobile » qui a modifié la France durant cette période: de l’idée faire accéder le plus grand nombre de français à l’automobile, en passant par la création des premiers autoroutes, de l’évolution de la sécurité routière à celui des stations services, de la fidélisation de cette clientèle à la mécanisation agricole, Mathieu Flonneau, en universitaire qu’il est, brosse un portrait complet, et de son évolution au cours de ces trois décennies. Un chapitre est consacré bien évidemment, comment en aurait il pu autrement aux jouets. L’approche est juste. je cite l’auteur : « À mesure que s’accroît le nombre d’automobiles en circulation, et donc le nombre des automobilistes, se développe en miroir un univers ludique à l’échelle des enfants, des garçons surtout ». Il parle de deux marques qui ont marqué la période des années cinquante: Dinky Toys et Norev. Il dit: » Les Dinky Toys sont sans doute les plus réalistes car elles sont dotées d’un système de direction – le prestomatic steering- qui permet de diriger facilement la voiture en appuyant juste d’un côté ou de l’autre, et donnant l’illusion de conduire. «
Cette phrase m’a inspiré cette réflexion. Les miniatures Dinky Toys, jusqu’à la fin des années cinquante furent effectivement la référence incontournable dans le monde entier. Pour le grand publique, elles désignaient une miniature en métal de qualité, comme Bic pour un stylo bille ou Frigidaire pour un frigo. Il faut cependant donner quelques explications et modérer les propos de l’auteur. Dinky Toys est bien à mes yeux sur cette période la « grande » marque de miniature. Cependant, l’apparition de la direction correspond malheureusement au début du déclin de la marque. Bobigny essaye de répondre aux attaques de Solido qui a déjà inventé la suspension et de Corgi Toys, les vitrages. Dans peu de temps Solido enfoncera le clou en créant les première portes ouvrantes. La première miniature équipée d’une direction à Bobigny sera la Fiat 1800 break. L’auto est parfaite, et Dinky Toys a réussi le tour de force de loger cette direction sans déformer les lignes de sa miniature. Oui, mais voilà, qui voulait d’une Fiat 1800 break en 1960? Au début des années cinquante, à l’image de leurs parents qui accèdent à l’automobile, les jeunes gens veulent jouer avec les autos qu’ils voient dans les rues. Dix ans après, la demande a évolué. La magie opéré lors de l’acquisition de la première auto familiale a disparu. Leurs petits frères veulent jouer avec des autos de rêve, des sportives ou des autos de course. Dinky Toys mettra beaucoup de temps à le comprendre.
Il se peut que l’auteur ait d’excellent souvenirs avec une Dinky Toys équipée de la direction prestomatic steering . Pourtant dans ma carrière professionnel je n’ai pas souvenir de clients m’ayant vanté la qualité de cet accessoire sur les Dinky Toys. J’ai même retrouvé, dans mes archives, une lettre du Club Dinky Toys du 12 Décembre 1960 adressé à un membre, monsieur Gregoire demeurant à Auxerre . Ce dernier avait, on le devine en lisant la réponse du secrétaire du Club Dinky Toys, critiqué cette fameuse direction.
Dans un style inimitable, après avoir souligné le caractère « aimable » de la missive reçu, il lui confirmait sa première remarque » qu’il était impossible de reproduire une direction à crémaillère, comme sur une vrai voiture ». Il poursuivait sur la seconde, à l’aide d’une jolie formule de politesse « Quant à votre seconde remarque, que nous jugeons quelque peu inexacte, nous tenons à vous dire que nous avons voulu conserver l’instinct du conducteur qui le pousse à se pencher du côté du virage et non à l’inverse, la voiture ayant effectivement une réaction due à la force centrifuge. »
Visiblement le système ne faisait pas l’unanimité chez certain petit client. Légèrement courroucé il poursuivait de manière diplomatique : »Croyez, néanmoins, que tout compliment reçoit, comme toute critique, notre meilleure attention, mais il ne faut pas oublier que nous avons à faire à un jouet et que l’on ne peut demander à cette caractéristique nouvelle qui équipe nos miniatures de posséder de façon plus précise une véritable direction. »
Pour ma part, il me semble, que cet élément ne fut pas du tout déterminant au moment de l’acquisition d’une Dinky Toys. J’ai par contre eu plusieurs retour sur celle qui équipée la Jaguar Type E et la Mercedes 230sl de chez Tekno. Le vrai tour de force de Dinky Toys France aura été de proposer cet accessoire sans que la reproduction de l’auto soit altéré. Ce ne fut pas le ces des miniatures produites à Liverpool au même moment, où les roues trop petites flottés dans les ailes !
Dans sa conclusion, le secrétaire du Club Dinky Toys fut ravi d’offrir au grincheux de service, monsieur Grégoire, le nouveau catalogue 1960-1961 ! et de souhaiter qu’il trouve son bonheur parmi les nouveautés à venir. Et surtout qu’il les achète ! on ne perdait ni la face ni le nord à Bobigny !
Voir lettre Mr Rio à Mr Goirand…marriage !
idée de la pelle Bucyrus …construction pour la vie marriage solide ! taille patron peut faire ricaner ! Goulon radin …aml offert par Rio qui pense ensuite..peut être que Goulon se l’est faite rembourser !
extrait de chanson avec lettre
voir site chanson autour de l’écriture d’une lettre
Lettre à Elise partition
Polnareff lettre à France
- Chatenay malabry : Vincent Delerm
- En relisant ta lettre : Gainsbourg, Alain Chamfort orthographe
- Le facteur : Georges Moustaki
- Le jeune facteur est mort
Il n’avait que dix-sept ans
Tout est fini pour lui maintenant
L’amour ne peut plus voyager
Il a perdu son messagerC’est lui qui venait chaque jour
Les bras chargés de tous mes mots d’amour
C’est lui qui portait dans ses mains
La fleur d’amour cueillie dans ton jardin - Les jolies colonies de vacances : Pierre Perret
Les jolies colonies de vacancesMerci maman, merci papaTous les ans, je voudrais que ça recommenceYou kaïdi aïdi aïdaJe vous écris une petite bafouillePour pas que vous vous fassiez de mouronIci, on est aux petits oignonsJ’ai que huit ans, mais je me débrouille
Barbara Madame
Je reçois, à l’instant où je rentre chez moiVotre missive bleue, MadameVingt fois je la relis, et mes yeux n’y croient pasPourtant, c’est écrit là, MadameEt de votre douleur, je me sens pénétréeMais je ne pourrais rien, MadameVous savez, aujourd’hui, que de l’avoir perduC’est lourd à supporter, Madame
La chanson de Paul : Serge Reggiani
Heureusement, je ne suis jamais ivre.Dors… Cette nuit, je vais écrire mon livre.Il est temps, depuis l’temps.C’est mon roman, c’est mon histoire!Il y a des choses qu’on n’écritQue lorsqu’il est très tard,Que lorsqu’il fait bien nuit…Dors, je t’aime.Dors dans ma vie…
La Dame Brune par Barbara
Pierrot m’avait prêté sa plume ce matin-là.
A ma guitare de fortune j’ai pris le la.
Je me suis pris pour un poète en écrivant
Les mots qui passaient par ma tête comme le vent.
A ma guitare de fortune j’ai pris le la.
Je me suis pris pour un poète en écrivant
Les mots qui passaient par ma tête comme le vent.
Pierrot t’avait prêté sa plume cette nuit-là.
A ta guitare de fortune, tu pris le la,
Et je t’ai pris pour un poète en écoutant
Les mots qui passaient par ta tête comme le vent.
A ta guitare de fortune, tu pris le la,
Et je t’ai pris pour un poète en écoutant
Les mots qui passaient par ta tête comme le vent.
Lettre à Charles
« Avec le temps
Avec le temps, va, tout s’en vaOn oublie les passions et l’on oublie les voixQui vous disaient tout bas les mots des pauvres gensNe rentre pas trop tard, surtout ne prends pas froid »
En lisant le blog papier, Adrien a été surpris qu’aucun épisode ne te soit consacré. Certes je t’évoque souvent, mais je t’avoue que je n’ai jamais trouvé les mots, ni su comment raconté notre amitié. Peut être aussi que je n’avais pas envi de la partager avec les autres. La fin de ton existence aura été difficile et la cicatrice longue a se refermée .
C’est à Milan ce 4 Juin 2023 que m’est venu le déclic. Avec Pénélope nous avons été abordé par un collectionneur italien. Ce dernier avait été quelque peu vexé que je ne le reconnaisse pas de suite. Il me dit, afin de rafraîchir ma mémoire, qu’il était « l’ami de mon ami Marco « ! Tu sais comment nos amis italiens sont volubiles. La fatigue, un peu de lassitude à cet instant, j’ai cru bon, maladroitement, de lui expliquer que j’avais une conception du mot « ami » un peu restrictive. Et de rajouter, prenant Pénélope à témoin, que je n’avais eu qu’un « ami » dans ma vie, toi. Je n’aurai surement pas du lui répondre cela. D’ailleurs devant la tenu de mon propos, mon interlocuteur comprit qu’il avait touché une corde sensible.
Rien ne semblait nous rapprocher, sauf, peut être tes origines du centre de la France. Tu venais d’un milieu modeste. Tu avais commencé a travaillé très jeune comme comis aux halles. Chez toi on ne faisait pas d’étude. J’ai pu plus tard voir comment ta culture était grande. Tu étais du genre effacée, discret. Tu m’as souvent raconté que tous les vendredi, la semaine de travail fini tu allais, boulevard Sébastopol, chez Modélisme. Greilsamer qui t’appelait « mon petit » t’avait fait comprendre que les modèles spéciaux, discrètement rangé dans un meuble étaient réservés à une clientèle plus huppé. Cela t’avait marqué. Bien plus tard à Rétromobile, quand de jeunes venaient avec leurs père tu les saluer d’un affectueux alors « mon grand » . Ta forte stature en a impressionné plus d’un, moi le premier au début de notre relation, avant de me rendre compte que derrière le personnage bourru se cachait un coeur en or. L’habit ne fait pas le moine. ,Tu étais de ceux sur lequel on peut compter dans toutes les circonstances. Je peux même te dire que tu as été un second père pour moi. Plus d’un client t’avait prit pour mon géniteur. Je ne l’ai rarement démenti.
Maintenant tu es parti. Souvent je ne pense à toi, au détour d’une rue que tu fréquentais, d’un commerce où tu allais. Que c’est difficile de voir un ami décliné.
Il me reste quelques photos. Les modèles que tu m’as cédé, et des souvenirs en nombre comme cette petite bière quotidienne que je t’apportai une fois ta journée de travail finit et ton retour chez ta mère. On ne sait pas apprécier ces petits rien de tous les jours.
Merci pour tout Charles.
« Avec le temps
Avec le temps, va, tout s’en vaOn oublie le visage et l’on oublie la voixLe cœur, quand ça bat plusC’est pas la peine d’aller chercher plus loinFaut laisser faire et c’est très bien »