L’appel de la forêt.
Enfant, habitant à l’orée de la forêt de Compiègne, j’ai été marqué , par le grandiose spectacle de la forêt. Chaque saison avait son charme. Cette grande forêt est constituée principalement de chênes.
l’Homme a tracé à travers cette dense végétation des routes reliant quelques village parsemés au milieu de cette océan végétal. J’ai souvenir, de ces routes bordées de ces immenses chênes, si haut qu’ils finissaient par se rejoindre et ne former qu’un. La nuit, à la lueur des faisceaux des phares , ces arbres bordant la route semblaient former comme dans une cathédrale, des arches gothique .
Désormais ce spectacle n’est quasiment plus possible. Pour divers raisons. Suite a la tempête de 1999, et au principe de précaution, un abattage important a eu lieu, défigurant une partie de la forêt.
C’est ce même principe de précaution qui a poussé certain préfets a abattre un grand nombre de platanes le long de nos nationales. Cela m’a attristé. Ces arbres faisant parti de nos vies. Le platane a mauvaise presse au niveau de la sécurité routière. Ces arbres ont toujours constitué un danger , au même titre que les fossés , ravins et autres obstacles naturels. Désormais nos routes sont défigurés sous le prétextes du principe de précaution. Cela me fait penser à ces quelques vers de Georges Brassens extrait « Des funérailles d’antan »
« L’autre semain’ des salauds, à cent quarante à l’heur’
Vers un cimetièr’ minable emportaient un des leurs
Quand, sur un arbre en bois dur, ils se sont aplatis
On s’aperçut qu’le mort avait fait des petits »
En conséquence je vais donc consacrer cette page, non sur les ambulances , ce qui donnerait raison à ceux qui louent l’abattage des platanes et autres arbres bordant nos nationales mais aux camions fardiers, transportant ces troncs abattus.
Les fardiers, ou grumiers ont toujours eu une place importante chez les fabricants de jouets français. Amusez vous à comparer avec les fabrications britannique ou italienne. En fait de toute évidence ce sont bien évidemment les pays qui possèdent de grands espaces boisés qui ont un rapport avec l’industrie du bois. La scandinavie par l’intermédiaire de Tekno ou Vilmer a offert une grande variété de fardiers. La France n’est pas en reste. Je me souviens, avec une certaine émotion, d’un vieux monsieur venu me vendre quelques jouets de son enfance. Cet homme habitait les Vosges. Il avait eu enfant le Citroên T45 semi remorque fardier. C’est à travers ce jouet qu’il m’expliqua d’où il venait . Originale entrée en matière. Je pense toujours à lui en voyant ce jouet que j’ai conservé religieusement. Il m’expliqua qu’un certain nombre était chenillé. C’est de plus la version la plus crédible qu’a réalisé JRD. Le traction chenillé devant être un sérieux atout en terrain boueux et dénivelé. Cette version prend tout son sens.
Georges Brassens « Le grand chêne »
Ce n’était nullement un arbre de métier
Il n’avait jamais vu l’ombre d’un bûcheron
Ce grand chêne fier sur son tronc
Sans ses proches voisins, les pires gens qui soient
Des roseaux mal pensant, pas même des bambous
S’amusant à le mettre à bout
Tout juste cann’ à pêch’, à peine mirlitons
Lui tournant tout autour chantaient, in extenso
L’histoire du chêne et du roseau
La fable ne le laissait pas indifférent
Il advint que lassé d’être en but aux lazzi
Il se résolu à l’exi(l)
Et partit sans se retourner ni peu ni prou
Mais, moi qui l’ai connu, je sais qu’il en souffrit
De quitter l’ingrate patrie
A lié connaissance avec deux amoureux
Grand chêne laisse-nous sur toi graver nos noms
Le grand chêne n’as pas dit non
Quand, de tant s’embrasser, leurs becs furent usés
Ils ouïrent alors, en retenant des pleurs
Le chêne contant ses malheurs
Nos roseaux savent vivre et n’ont aucun toupet
Tu feras dans nos murs un aimable séjour
Arrosé quatre fois par jour
Chaque amoureux tenant une racine en main
Comme il semblait content ! Comme il semblait heureux
Le chêne entre ses amoureux
Ce fut alors qu’il commença de déchanter
Car, en fait d’arrosage, il n’eut rien que la pluie
Des chiens levant la patt’ sur lui
Avec sa belle écorce on a fait des bouchons
Chaque fois qu’un arrêt de mort était rendu
C’est lui qui héritait du pendu
Le coupèrent en quatre et s’en firent un lit
Et l’horrible mégère ayant des tas d’amants
Il vieillit prématurément
Le passa par la hache et le mit dans le feu
Comme du bois de caisse, amère destinée
Il périt dans la cheminée
Doute que sa fumée s’élève jusqu’à Dieu
Qu’est-c’qu’il en sait, le bougre, et qui donc lui a dit
Qu’y a pas de chêne en paradis
Qu’y a pas de chêne en paradis