Contre vents et marée.
Ce samedi 21 Novembre 2020 le magasine du journal Le Monde publie un sujet sur une photographe . Cette dernière a consacré une partie de son existence à immortalisé la vie de tous jours dans un coin de la Bretagne. Des instantanés de la vie, simple, modeste, rude à la campagne au milieu des années soixante 70. Les couleurs, les vêtements nous replonge dans un passé déjà lointain où tout semble léger. Le regard d’adolescents devant des jeunes filles en maillot de bain marchand dans un cour d’eau, le cochon que l’on découpe dans la cuisine, la crépe que l’on fait sauter dans la cuisine avec le linge séchant sur des cordes au plafond. La vie quoi. point commun de ces photos est la ruralité.
On a cependant rarement de photos de petits commerces locaux dans ce type de portfolio. De petits bazars où l’on trouvait un peu tout, enfin tout ce que les autres n’avaient pas . De la quincaillerie, de la bimbloterie, des pièges à souris mais aussi, bien sûr des jouets. Ces petits commerçants anonymes ont très rarement eu la chance d’être immortalisé par le photographe au contraire du boucher, du maréchal ferrant ou du primeur.
Je n’ai pu n’empêcher de faire le lien avec une rencontre que j’ai fait à Paris, dans mon 19 éme arrondissement, à la boutique deux jours auparavant avec une dame originaire du Finistère, de Douarnenez plus précisément. C’est ce qui nous a rapproché. Il se trouve que nous sommes aller de très longues années dans ce charmant petit port du Finistère, qui a connu une certaine reconnaissance dans les années 20 pour la grève des ouvrières travaillant dans les sardineries. Ce conflit mit en lumière les conditions pénibles et surtout les misérables salaires de ces femmes.
La mère de cette dame tenait un petit commerce à la pointe du raz, pas très loin donc de Douarnenez. Elle vendit des jouets jusqu’au milieu des années soixante dix, année qui vit l’arrivée d’un premier petit supermarché. Si vous connaissez cette partie sauvage du Finistère on imagine bien qu’il n’avait pas la taille de ceux que l’on peut trouver,par exemple à Quimper chef lieu du département. On connait la technique commercial de ce type d’enseigne, qui consiste dans un premier temps de casser les prix, pour s’approprier la clientèle. Les petits commerces ne peuvent concurrencé une centrale d’achat. Ils doivent s’adapter ou disparaitre. Trouver un autre créneau. C’est ce qu’a fait la mère de cette dame qui a du abandonner la vente de jouets pour se concentrer sur celles de souvenirs, plus saisonniers mais qui n’intéressaient pas à l’époque ce type d’enseigne.
Je ne peux m’empêcher de faire le parallèle avec cette terre sauvage battu par la tempête, qu’est la pointe du Raz et le petit commerçant luttant, s’adaptant sans cesse pour survivre.
Elle est venue me céder une partie du stock de miniatures que sa mère avait donc retirer de la vente, lors de la réorientation de son commerce. En deux passages à la boutique c’est plus de 150 miniatures qu’elle m’a cédé.
On peut être surpris par le nombre. Pourtant m’est revenu les paroles de mon père dans les réserves de son magasin. Il m’expliquait que pour son père, la réussite d’un commerçant se mesurait à l’importance de son stock. Tout l’inverse du commerce actuelle, ou avoir du stock semble une inéptie. Cette dame avait, comme très grand nombre de commerçant aussi cette vision du commerce qui consistait dés qu’un peu d’argent rentrait à recommander de suite de la marchandise. Je gère aussi mon commerce comme cela, en pleine contradiction avec le commerce actuel.
La composition du stock de cette dame est des plus révélateurs. Un tiers de Majorette, un tiers de Norev et un tiers de Siku. Quelques Cofalu et autres Minialuxe. Que des autos. Juste quelques camions. ces derniers plus chers