Le Tub du lundi – 3

L’échelle retenue pour ce Citroën HY sera le 1/38 environ. De par sa dimension on peut confondre le modèle avec celui produit par Minialuxe. Tout comme Norev, ou Minialuxe, le matériau utilisé, le plastique, a permis à ce fabricant de proposer une version avec la porte coulissante, ce qui était le minimum, mais également les ouvrants arrière. Ils sont d’une très grande fragilité. Les phares et le pare-chocs avant, rapportés, sont très souvent manquants.

Musy Citroën 1200Kgs
Musy Citroën 1200Kgs

Il n’y a pas de trace visible d’identification du fabricant pour ce modèle. Ce sont les roues, particulières à cette petite firme, qui nous aident dans notre démarche. Musy fut démarché par quelques annonceurs qui souhaitaient faire appliquer leur raison sociale sur les panneaux du Citroën HY. La version la plus spectaculaire est celle « coiffée » d’une cuisinière de la marque Sougland. Plusieurs versions existent. Sur l’une d’entre elles figure l’adresse d’un concessionnaire de la marque. Je ne serais pas surpris de trouver un jour la photo de ce véhicule à l’échelle 1. Il ne peut être sorti de l’imagination des fabricants de jouets ! La plaque d’immatriculation mentionne, outre le département de l’Aisne, siège de Sougland, les lettres BS.

Il y a une possibilité que Mussy ait cédé son outillage à cette firme dynamique, située à l’époque, à quelques centaines de mètres de ma boutique, avenue Jean-Jaurès, dans le 19ème arrondissement.

Un dernier commentaire s’impose sur cette série. Il existe une étrange version, d’origine, aux couleurs des « créations Vallée ». Je me suis longtemps demandé si cette firme n’était pas liée avec Musy. Je n’ai aucune preuve, juste une intuition. Il y a souvent une confusion entre le fabricant réel et le distributeur du jouet. Ces derniers ont souvent fait appel aux premiers pour concevoir des jouets et profiter de la grande expérience de petites firmes dans le domaine de la plasturgie. Certains ont ainsi alterné la fabrication de bassines en plastique, de manches à balai, et de jolis petits jouets.

La suite, prochainement avec quelques surprises à venir !

Le Tub du Lundi – 2

J’ai grandi en province, là où le lundi était une journée particulière pour un fils de commerçant. En effet, les commerces étaient traditionnellement fermés le matin de ce jour de la semaine. Les commerçants en profitaient pour aller se réapprovisionner chez les grossistes en région parisienne.

Musy était spécialisé dans les jouets premier âge...comme ce hochet
Musy était spécialisé dans les jouets premier âge…comme ce hochet

L’école publique où j’allais n’avait pas de cantine et mes parents me confiaient à des amis, qui exerçaient la profession de « brocanteur antiquaire ». Leur échoppe proposait de beaux objets, peut-être pas assez exceptionnels pour qu’ils bénéficient du qualificatif d’antiquaire. Un vague lien familial nous unissait.

Elevé dans les références du commerce traditionnel, le métier de brocanteur avait pour moi le charme inquiétant d’un métier de saltimbanque. Pas de stock, pas de vision à moyen terme. Pour mes grands-parents, la réussite d’un commerce se mesurait encore à l’importance du stock.

Le brocanteur doit se débrouiller seul pour approvisionner son commerce : il ne peut pas compter sur les grossistes ou les représentants pour faire rentrer la marchandise. L’idée même de vivre dans cette incertitude, de ne jamais savoir quand et comment acquérir des produits intéressants, me paraissait un obstacle définitif à ce qu’on puisse choisir d’exercer une telle profession. Je ne me doutais pas que cela serait mon métier 10 ans plus tard !

Monsieur Schryve avait fait l’acquisition d’un superbe Citroën 1200 kg de couleur argent. Assis à côté de lui dans son véhicule, j’appréciais beaucoup le retour à l’école. A l’intérieur, la capacité de chargement était impressionnante. Je revois bien les battants ouvrants à l’arrière et j’entends encore le bruit métallique de la targette servant à les fermer. Pour l’enfant que j’étais, la hauteur sous plafond avait de quoi donner le vertige, je me sentais petit dans cet espace. Les ingénieurs de Citroën avaient conçu un outil formidable pour ceux qui avaient des objets encombrants à transporter. Cela n’a peut-être pas été suffisamment mis en valeur. Ce n’est pas dans un Kombi Volkswagen que l’on aurait pu loger des armoires normandes.

Si l’on compare les deux véhicules, on comprend que le succès de la camionnette allemande a davantage reposé sur le marketing que sur de réelles qualités pratiques.

Le Tub du Lundi – 1

Afin d’illustrer ces beaux souvenirs, j’ai cherché quelques reproductions originales du Citroën 1200 kg.

publicité pour les jouets Musy
publicité pour les jouets Musy

Commençons par Dinky Toys qui a offert une très belle reproduction au 1/50 environ, suivi par JRD, puis C-I-J dans une échelle légèrement supérieure au 1/43. Norev proposera au 1/43 une version du  Citroën 1200 kg avec toutes les parties ouvrantes, c’est une véritable performance. La marque inscrira le fourgon à son catalogue, au 1/48 puis au 1/64.

Nous en trouvons également une version chez une autre firme française peu connue, Musy, créée par Hector Musy et installée à Géovreisset, dans l’Ain.

Ce fabricant, qui destinait sa production à une clientèle de marchands forains, de marchands de couleur ou de bazars de campagne, était référencé à la rubrique “Jouets du premier âge” dans le Catalogue des jouets et jeux de France, édité annuellement.

Une des spécialités de Musy était, en effet, les hochets.

Si près si loin

L’été dernier, la région Bretagne avait organisé dans plusieurs villes des expositions relatives aux liens entre la Bretagne et le Japon, qui, contre toute attente, unissent ces deux parties du globe.

Micro Pet
Micro Pet Prince Skyline

C’est ainsi que les peintres de l’école de Pont-Aven se sont inspirés des estampes japonaises qui commençaient à circuler en Europe. Des artistes comme Emile Bernard ou Paul Sérusier ont emprunté à leurs aînés japonais l’utilisation des aplats de couleur, ou la présence de troncs d’arbre verticaux afin de structurer le tableau.

Quelque temps auparavant, j’avais été surpris lors d’un reportage sur la gastronomie française. Le chef breton d’un établissement étoilé expliquait qu’il allait chercher l’inspiration dans l’archipel nippon.

Ces éléments m’ont fait réfléchir. Et je n’ai pas peur d’affirmer que l’éclectisme et la variété de notre collection ont été inspirés par la collection de Monsieur Nakajima, originaire du pays du soleil levant.

Micropet
Micropet : les deux plus désirables de la série

C’est un beau souvenir que celui du merveilleux petit ouvrage paru au milieu des années soixante-dix dans lequel Monsieur Nakajima présentait une partie de sa collection. Le premier tome était en anglais. Il offrait un panorama de la production mondiale. Dix ans après le livre de Jacques Greilsamer, il reprenait un classement par marque et par pays. L’ouvrage ne comportait pas de listing mais un choix pertinent des modèles les plus représentatifs aux yeux de l’auteur. Le livre alternait les pages en noir et blanc et les pages couleurs.

Ce livre, je l’ai usé jusqu’à la corde. Il faut dire que son petit format permettait de le transporter partout. Adolescent, je me souviens très bien que je le posais à table devant moi, et qu’il accompagnait mon repas bien mieux que les conversations familiales.

Evidemment, mes pages préférées étaient celles consacrées à Tekno, Buby, Micro Models. Les photos en couleur des modèles m’enchantaient. C’est indiscutablement à travers cet ouvrage, qui sera suivi de quatre autres tomes que nous nous sommes ouverts au monde de la collection. La vue des Hubley en cast irons américaines, des Micro Models australiennes, des Gamda israéliennes, ou des Micropet japonaises avait de quoi donner le tournis. Cette variété se trouvait au niveau des échelles, des matériaux et des jouets présentés. Nous n’avions pas vraiment l’habitude en Europe de mettre le plastique à l’honneur. Monsieur Nakajima mettait tous ses modèles sur un pied d’égalité, qu’il s’agisse de Siku en plastique, de Norev ou de Wiking.

Ma page préférée était dans le troisième tome. Elle était consacrée aux VW Kombi Tekno. J’ai bien souvent compté le nombre de modèles que nous avions encore à chercher. Alors que nous avions des difficultés à les rassembler, je me demandais comment il avait pu les trouver, lui, si loin du Danemark. Monsieur Nakajima, j’aurais aimé vous rencontrer pour vous dire combien je suis redevable de votre travail. Vous m’avez montré la voie. En votre hommage, je vais présenter la série de Micropet, qui, au Japon, est la série de miniatures la plus recherchée.