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L’Amazon a Oslo : Mecline

L’Amazon a Oslo : Mecline

Il arrive que l’histoire de nos petites autos rattrape la grande histoire. La Norvège, pays à la gestion rigoureuse, décida après la seconde guerre, afin de rétablir sa balance commercial de limiter au maximum ses importations.

Mecline Volvo Amazon
Mecline Volvo Amazon

Des quotas et des priorités furent fixés. Ainsi chaque secteur économique se vit attribuer un quota.

En Norvège secteur du jouet n’étant pas une priorité, il fut donc décidé de fermer les frontières à toute importation de jouets. Cette mesure fut surtout dommageable aux fabricants Danois Lego et Tekno, jusqu’alors très implanté en Norvège.

Ces 2 firmes contournèrent la difficulté en s’associant sur place avec de petites firmes. Ainsi vit le jour, la firme Mecline. D’après mes renseignements, Tekno était lié avec Mecline, mais aussi Nikrom, par un partenariat technique, à qui il louait ses moyens de production. Les modéles sont identiques, a l’exception du chassis, ou le logo Tekno a disparu et des jantes ,en acier tourné monobloc. Les teintes retenues diffèrent également. (je connais aussi une rouge et jaune chez un ami à Stockholm). Je ne connais d’étuis individuels que sur le VW van (modèles que je présenterai plus tard)… mais il doit y avoir un boîtage. Il faut bien dire que ces autos, même auprès des Norvégiens, sont excessivement rares.

J’ai trouvé  cette Volvo Mecline de manière détournée, auprès d’un sympathique client Écossais, qui passait ses vacances de jeunesse en Norvège, et qui l’avait précieusement conservé.

(voir l’article avec la Mercedes 180 Mecline)

Rode Korse – Tekno et la Croix Rouge

L’acquisition de cet ensemble de modèles a réveillé des souvenirs vieux de trente ans. A cette époque je commençais mes voyages en Scandinavie.

Tekno Rode Korse
Volvo Amazon « rode korse » (Croix Rouge)

A peine débarqué de l’avion, je mettais le cap sur le centre ville de Copenhague. Je garais mon auto derrière l’Hôtel de Ville. A deux pas, parallèle à la grande rue commerçante et piétonne, commençait la rue des petits brocanteurs. Une centaine de mètres seulement séparait les deux artères aux ambiances si différentes. Loin de la fureur de Vestergade, Frederikberggade offrait un paisible réconfort. Il y régnait le calme et la sérénité qui émanent parfois des objets du passé. Les boutiques agencées à l’ancienne étaient toutes en sous-sol, en marchant sur le trottoir on surplombait les vitrines. Nous ne connaissons pas, en France ce type d’agencement très commun en Scandinavie. Désormais, tout cela a disparu. La hausse vertigineuse des loyers a fait fuir ces petites échoppes de caractère. Désormais, je ne vais plus au centre ville de Copenhague, tout comme je ne vais plus au centre ville de Londres. C’est une autre époque.

Tekno Rode Korse
Tekno Volvo car Rode Korse

Je me souviens avoir été attiré par un car Volvo de la Croix Rouge. Je connaissais son existence pour l’avoir vu dans le premier livre Tekno. Le véhicule portait quelques traces d’usure attestant qu’il avait un véritable passé de jouet. Jeune collectionneur, j’avais la vie devant moi et je décidai de faire l’impasse sur le modèle en me disant que je le trouverais plus tard. Trente ans se sont écoulés. C’est l’expérience qui permet d’apprécier la rareté des objets. Si j’en avais été doté je n’aurais pas laissé passer cette première chance. Ceci fait aussi partie du charme de la collection.

J’ai eu la chance de retrouver ce Volvo Rode Korse en excellent état. Il était de plus accompagné de trois autres modèles Croix Rouge, tous contemporains chez Tekno.

Il y avait en plus un camion Volvo N88 Titan bâché, une camionnette Ford Taunus 1000 et une Volvo Amazon.

Cette série de 4 modèles provient de la collection d’un monsieur domicilié dans le Jutland. Chauffeur de car, il transportait quotidiennement les ouvriers vers la nouvelle usine Tekno. Il avait su tisser des liens avec certains membres du personnel, et, lors de la fermeture de l’usine, il avait eu le privilège d’être aux premières loges.

Tekno avait aménagé une salle pour exposer une partie de sa production, prototypes modèles commercialisés. Il avait ainsi pu compléter sa collection directement ! Ces quatre modèles ont reçu une finition identique aux autres modèles produits à la chaine. J’avance une hypothèse. La Croix Rouge recourait fréquemment à la vente de miniatures à ses couleurs pour financer son activité. On connaît de très nombreux exemples. Je pense que ces modèles ont été produits à cette fin. J’ai rencontré dans différentes collections danoises le car Volvo et le Ford Taunus. Il ne faut pas confondre le modèle du jour, réalisé sur la base du minibus avec le modèle très fréquent que Tekno fabriquera en série sur la base de son deuxième moule. Mais jamais nous n’avions entendu parler du camion bâché ou de la Volvo Amazon !

Il est intéressant de constater que des décalques spécifiques ont été créés. Au passage on remarquera la taille importante de ceux figurant sur les pavillons.

Vilmer Volvo PV444

Une Volvo PV444 à l’épreuve du temps

Au début des années 80, lors de mes premiers voyages à Göteborg, j’avais été surpris de voir dans les rues de très nombreuses Volvo PV544. Ces modèles semblaient hors du temps dans le flux de la circulation et illustraient la réputation de solidité du constructeur Suédois.

Vilmer Volvo PV444
Vilmer Volvo PV444

Curieusement, elles étaient bien plus nombreuses que le modèle qui avait suivi chez Volvo, le modèle Amazon. C’est la version break, dit duett qui me plaît le plus. Je me souviens avoir également vu des versions pick-up. Au bout d’une dizaine d’années, au milieu des années 90, comme par magie, elles ont disparu du paysage automobile. Il y a fort à parier qu’elles ont été victimes de nouvelles normes techniques. Nous assisterons chez nous au même phénomène, d’abord avec les véhicules industriels, puis avec les véhicules particuliers. Ainsi, si dans mes premiers voyages je croisais des autos des années soixante, il n’y avait déjà plus de camions de cette époque. Les normes techniques qui arriveront plus tard chez nous avaient déjà écarté ces véhicules de la circulation. La sécurité routière a toujours été un cheval de bataille du gouvernement suédois.

Des amis suédois m’ont expliqué qu’il était logique de trouver des autos bien conservées malgré le fait qu’elles circulent depuis plus de 30 ans. En fait, sans vouloir minimiser les mérites du constructeur suédois, le bon état de ces véhicules trouve son origine dans une autre cause.

Pour acquérir une bonne auto « ancienne », il suffisait de partir dans le nord de la Suède, là où les routes sont enneigées une grande partie de l’hiver et où les propriétaires laissent facilement tout l’hiver l’auto au garage, préférant les transports en commun. Ainsi les carrosseries ne subissent pas la corrosion due à la neige et au sel.

Inversement les citadines qui circulent dans les agglomérations dont les voies sont dégagées et salées en hiver affichent des bas de caisses en dentelle. C’est pourquoi les amateurs de voitures anciennes mettent le cap au grand nord pour récupérer des autos en bon état.

Pour illustrer ce souvenir, j’ai choisi de vous présenter une Volvo PV peu fréquente :  Volvo PV444, qui se singularise par son pare-brise en deux parties. Tekno ne produira que des PV544, avec pare-brise panoramique. Ce sont ces dernières que je croisais dans les rues de Göteborg. Vilmer est une firme atypique. Discrète, elle a beaucoup exporté aux USA. Il n’est pas rare de croiser des productions Vilmer, notamment des reproductions de Chevrolet et de Dodge de l’autre côté de l’Atlantique. Devant le petit succès commercial de ses camions, Vilmer voulut sans aucun doute concurrencer son rival danois, Tekno. Vilmer se lança alors dans la reproduction de berlines. Le succès n’a pas été au rendez-vous. L’échelle de reproduction est légèrement inférieure au 1/43. Je ne connais que quatre couleurs. Lors d’un récent voyage en Scandinavie, j’ai pu acquérir une curieuse miniature. J’ai tout de suite vu dans cette reproduction le modèle qui avait inspiré cette reproduction en plastique: le modèle Vilmer. En raison de la nationalité du vendeur, j’ai pensé qu’il s’agissait d’une copie finlandaise. Comme je l’interrogeais sur le sujet, il m’a indiqué qu’il était d’origine hongroise et que c’est en Hongrie qu’il avait trouvé ces modèles. Il m’a encore expliqué qu’à l’instar de ce qui s’était passé dans l’ex-Allemagne de l’Est, tous les magasins de jouets avaient été dévalisés par les collectionneurs occidentaux, avides de stocker des miniatures disparues de la circulation. La Hongrie a la particularité d’avoir eu des unités de fabrication de Matchbox et de Siku. Les moules de ces fabricants connaissaient une seconde vie de l’autre côté du rideau de fer.