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La rouge et la noire

La rouge et la noire.

Au lycée, l’étude du roman de Stendhal «Le rouge et le noir » a été un moment important pour l’élève moyen que j’étais. Selon mon professeur de français, ce roman marquait une étape dans la vie des élèves. Il devait  opérer sur nous sa magie et nous ouvrir les portes d’un nouveau monde. Bref, il y avait un avant et un après « Le rouge et le noir ».

"Le rouge et le noir" de Stendhal
« Le rouge et le noir » de Stendhal

J’avoue pourtant que c’est le nombre de pages à lire qui m’inquiéta d’abord et mon inquiétude s’aggrava à la découverte de la police choisie par l’éditeur : plus c’est écrit petit, plus il y a à lire. Et tout cela venait en soustraction du temps consacré à monter mes maquettes de voitures et à m’occuper de notre collection naissante.

Ce fut néanmoins un moment important, pour moi, celui où j’ai pris conscience de mes capacités.

L’étude du roman avait pourtant bien commencé. Les développements fournis par mon professeur pour expliquer le titre du roman m’avaient captivé. Ils en résumaient l’intrigue : le héros hésitait durant tout le récit entre une vie militaire (le rouge)  et une vie ecclésiastique  (le noir).

affiche du film "le rouge et le noir"
affiche du film « le rouge et le noir »

Depuis, j’ai appris que d’autres interprétations du titre étaient possibles, comme celle de la roulette au casino,et du jeu de hasard.

Le noir peut aussi symboliser la face sombre d’un personnage prêt à tout pour s’élever socialement et le rouge la passion amoureuse. Stendhal semble n’avoir jamais fourni d’explications quant au choix de son titre.

"Le rouge et le noir" de Stendhal
« Le rouge et le noir » de Stendhal

En revanche, je ne me rappelle pas qu’un de mes camarades, ni moi-même, ayons cherché à savoir pourquoi la couleur noire était celle du clergé. Je ne me souviens pas non plus que notre professeur ait évoqué cette chose acquise de tous. Pourtant les symboles véhiculés par une couleur ne sont pas le fruit du hasard.

Quarante ans plus tard, c’est lors d’une visite au musée du Louvre que j’ai eu l’explication. Elle se trouve sur les murs de la salle consacrée à Rembrandt. Elle est très simple.

noix de galle
noix de galle

Au Moyen Age, teindre un vêtement de couleur noire de manière uniforme nécessite l’utilisation de pigments rares, donc chers. Ce sont les excroissances des chênes, dues à des parasites, appelées « galle du chêne », qui sont broyées pour obtenir cette fameuse teinture. Seuls les arbres situés en Europe de l’Est et au Moyen-Orient étaient touchés par ce parasite.

L’aristocratie, les riches marchands et aussi le haut clergé avaient seuls les moyens de se payer des étoffes ainsi teintées.

Cette couleur est donc devenue le signe distinctif d’une certaine opulence. Elle distinguait de fait les classes sociales. Quand, plus tard, d’autres pigments plus abordables furent découverts, les classes dominantes interdirent alors aux roturiers le port du noir.

Il suffit d’aller dans un musée, pour s’en rendre compte. Regardez les portraits exécutés par  Titien, Rembrandt, Van Eyck, Le Greco : toute la classe dominante portraiturée arbore fièrement la couleur noire.

La charge symbolique de cette couleur est toujours présente, malgré les siècles passés. Ce qui est une exception. Aucune autre couleur n’a conservé ce pouvoir symbolique. Ainsi une automobile de couleur noire symbolise le pouvoir et indique un certain rang social.

Quand Stéphane Pourqué m’annonça il y a quelque temps avoir trouvé deux Renault Dauphine Dinky Toys de couleur noire, la première réaction qui me vint fut de constater l’inadéquation entre cette teinte et cette auto populaire. Sans vouloir vexer les amateurs de Dauphine, cette auto n’a pas la charge symbolique d’une Cadillac, d’une Rolls Royce ou d’une Mercedes et le noir ne lui convient pas.

Pourtant Dinky Toys en a produit une petite série. La chose est acquise désormais avec certitude. Longtemps je n’avais eu en main que l’exemplaire ayant appartenu à Jean Vital-Remy, qui était en très mauvais état de conservation. Son examen m’avait permis d’en confirmer l’authenticité.

Donc, quand M. Pourqué m’annonça qu’il avait récupéré deux exemplaires auprès d’une même personne, je ne fus pas surpris.

Sachant qu’il était amateur de « petites voitures » une voisine lui avait remis une boîte à chaussures contenant quelques modèles. Il fallait bien sûr les examiner.

Pas de doute, elles étaient d’origine. J’ai incité M Pourqué à se renseigner auprès de la personne qui lui avait remis ces autos sur leur origine. Elle n’avait aucun souvenir. Le seul indice qu’il avait pu recueillir était que cette personne travaillait dans une société de transport pharmaceutique qui utilisait des fourgons 1000Kgs et qui était donc en lien avec Renault.

Nous pouvons situer cette petite série juste avant le passage aux modèles équipés de vitrage, du fait de la présence du châssis en tôle de couleur noire et de la finition brillante et non marbrée, comme sur les premiers modèles.

N’hésitez surtout pas à me contacter si vous avez des informations supplémentaires.

En attendant, clin d’oeil au titre du roman de Stendhal, je vous présente un exemplaire fini de couleur rouge. C’est une version très peu fréquente. Elle arbore une décalcomanie « PKZ », cette célébre chaîne de magasins de vêtements suisse. (voir le blog c onsacré à ce sujet).

Il faut sans doute relativiser l’intérêt de ces modèles. En Suisse, de nombreux amateurs ont un certain dédain pour ces exemplaires du fait de l’ajout de la décalcomanie. Elle est pour eux la verrue qui défigure. Ce point de vue se défend .

En fonction des critères individuels de collection (thématique) ces miniatures prennent une dimension plus ou moins importante dans le coeur de chacun. Ce ne sont que des code 2. Dinky Toys n’a fait que livrer des modèles de base et une société s’est chargée de la fabrication et de la pose de la décalcomanie.

L’examen de plusieurs modèles révèle un certain manque de rigueur dans la pose de ces décalcomanie : les même modèles peuvent, en fonction de la période de fabrication, avoir la décalcomanie positionnée sur la malle ou sur le capot.

Je possède un break Austin countryman qui l’a sur le pare-brise !

Prochainement nous nous pencherons sur l’histoire et la symbolique de la couleur rouge.

PS: merci à monsieur Stéphane Pourqué de m’avoir cédé un de ses deux  exemplaires.

English panel van

J’ai le souvenir d’avoir été réellement enchanté par le livre que Cecil Gibson, un des pionniers de la collection a publié au milieu des années soixante. Cet ouvrage nous entraînait dans l’univers des véhicules industriels réduits dont l’échelle allait du 1/43 au 1/60.

Dinky Toys English panel van
Dinky Toys English panel van PKZ

L’auteur avait choisi des thèmes qui lui étaient chers, au sein desquels se trouvaient notamment les fourgons français. La page qui leur était consacrée, intitulée en français « fourgons français », tranchait avec le reste du livre, car elle mettait à l’honneur des camionnettes 2cv de chez JRD et des Renault 1000Kgs de chez CIJ. Pour un anglo-saxon, il est évident que l’apparence de ces modèles leur confère une place à part. En tant que français, nous ressentons le même étonnement devant la merveilleuse série des Trojan, Austin et Morris de chez Dinky Toys.

Voilà pourquoi aujourd’hui, en réponse à la page « fourgons français » de Cecil Gibson, j’ai décidé de consacrer une page du blog aux « English panel vans » et d’y parler du Trojan de chez Dinky Toys. Il faut avouer que ce petit fourgon a un charme fou. Il symbolise à merveille l’univers des fourgonnettes que l’on pouvait croiser outre-Manche dans les années cinquante. Je doute que Trojan ait d’ailleurs tenté d’exporter son véhicule. Ce dernier est apparu en 1948, et c’est cette version qu’a immortalisée Dinky Toys. C’est un fourgon de 1 tonne. Lorsque la motorisation deviendra vieillissante elle sera remplacée par un moteur Perkins. L’usine Trojan sera rachetée en 1959 par Peter Agg qui préfèrera consacrer toute la force de production de l’usine à la fabrication de scooters Lambretta sous licence, avant d’acquérir les droits pour fabriquer la Heinkel (micro car).

Dinky Toys a proposé plusieurs déclinaisons de ce modèle, toutes réussies. D’abord distribué en boîte de six, le Trojan recevra ensuite un étui individuel, sauf l’Oxo ; c’est d’ailleurs le moins fréquent de la série. C’est du moins ce que je croyais jusqu’au jour où, en Suisse, j’ai trouvé une version « PKZ ». Sous ce sigle qui pourrait désigner un produit chimique se cache une chaîne de magasins de vêtements. Selon toute vraisemblance, il s’agit d’un code 2 ; si la peinture est d’origine Meccano, le décalcomanie a été apposée ailleurs. La version que j’avais trouvée était en fait un modèle prévu pour recevoir la décoration Esso. Un client suisse m’a confirmé que les modèles étaient offerts pour l’achat de vêtements dans cette chaîne de magasin. Ce client m’a également raconté que PKZ, profitant de l’engouement qu’il suscitait auprès de ses petits clients, avait tellement majoré ses prix qu’il était plus économique d’emmener l’enfant dans un autre magasin de vêtements et d’aller ensuite acheter une Dinky Toys chez Franz Carl Weber.

Dernièrement, j’ai pu acquérir une autre version assez intéressante : sûrement pour des raisons d’économie, un seul décalcomanie a été apposée, sur le pavillon, à la place des deux positionnés de chaque côté des flancs du fourgon. Le plus curieux est ailleurs : une observation attentive montre que ce fourgon est rouge unicolore. Or, il n’y a que la version « Dunlop » qui réponde à ce critère, mais ce dernier a reçu une tampographie. Il est donc évident que PKZ a commandé une certaine quantité de fourgons unicolores sans marquage. Il est très difficile de dresser une liste des modèles Dinky Toys ayant reçu le décalcomanie PKZ. Il faut juste mentionner que deux types distincts de décalcomanie ont été fabriqués. Le premier est celui que l’on trouve sur le Trojan. C’est un ovale cerclé avec les lettres PKZ. Le second est composé des trois lettres PKZ de couleur blanche sur un fond transparent. PKZ appliquera alors sur les miniature de couleur blanche le décalque sur le pare brise !

Swinging London – 2

Afin d’avoir, et sans rancune, une pensée pour le collectionneur dont je parle dans l’article précédent, je vous propose de découvrir la gamme des couleurs de l’Austin Devon proposée par Binns Road qu’il aurait tant aimé se procurer.

Austin Devon Dinky Toys pour la Suisse
Austin Devon Dinky Toys pour la Suisse

Les versions de couleur rouge et de couleur caramel sont peu fréquentes. Il en est de même de la version bleu-France. Enfin celle arborant une décalcomanie « PKZ » a pour origine la Suisse. La chaîne de magasin « PKZ », qui existe toujours, distribuait à ses clients des Dinky Toys, principalement d’origine anglaise. Ce sont des codes 2.

J’apprécie cette série publicitaire et je ne manque jamais quand l’occasion se présente d’en acquérir des exemples.

L’idée d’inconnu et par conséquent de découvertes potentielles me plaît beaucoup. En effet, s’il y en a eu assurément un grand nombre, personne ne sait exactement sur combien de véhicules ont été apposées ces décalcomanies.

Nous verrons prochainement avec l’étude d’autres miniatures de la série 40, que les surprises ne vont pas manquer !