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La gamme Lemeco: un univers à la Prévert

La gamme Lemeco: un univers à la Prévert

Six modèles empruntés à la concurrence dont un bénéficiant d’une réduction d’échelle ; une carrosserie adaptable ; une seule création et encore, il s’agit d’une remorque. Voilà rapidement décrit l’éphémère catalogue Lemeco : c’est une suite disparate de modèles que n’aurait pas renié Jacques Prévert.

L’origine de la marque est assez obscure. On sait qu’elle est suédoise et qu’il y a eu une branche danoise. Le document emprunté au livre danois auquel j’avais participé, « Danske Modelbiler », de Dorte Johansen sur les productions de ce pays, le prouve. Il semble que la firme ait également produit du mobilier pour des maisons de poupées.

De chez Dinky Toys, Lemeco a plagié l’Austin Devon, la Frazer Nash, la Willys jeep et bien sûr la Ford Fordor. (voir l’article consacré à la Ford Fordor de chez Lemeco).

L’Austin Devon et la Ford sont de vrais plagiats. Il est frappant de constater que même le châssis en tôle semble avoir été copié. Il possède les mêmes caractéristiques. Le modèle est légèrement plus gros.

Pour la Frazer Nash inspirée du modèle Dinky Toys, Lemeco a rogné les ailes avant et a rebaptisé l’auto « Bristol ». Il faut savoir qu’ à l’origine l’auto est une BMW allemande qui a été ensuite fabriquée sous licence par Frazer Nash et enfin par Bristol, le constructeur d’avions : quel curieux destin pour cette élégante auto.

Elle a été créée avant la guerre et l’a traversée pour réapparaître ensuite en Grande-Bretagne. La comparaison avec le modèle Dinky Toys est assez intriguante. Le lien de parenté  est évident mais contrairement à l’Austin Devon la réplique est plus petite que son modèle.

La Willys est également une copie du modèle Dinky Toys. Mais, sans doute pour étoffer son catalogue, Lemeco a créé en plus une carrosserie tôlée qui tient davantage du bricolage d’amateur que d’une carrosserie homologuée.

Il faut dire qu’après guerre, cette ingénieuse auto a été mise à toutes les sauces. Lemeco a juste créé cette pièce qui se pose dessus et qui est amovible. Pour l’amateur inconditionnel de la Jeep, le modèle Lemeco, ouvert ou fermé est indispensable. Il est très difficile de lister toutes les versions réalisées par Lemeco sur la base de la Jeep.

J’ai conservé en collection les versions qui sont photographiées : croix rouge, armée suédoise, armée américaine et US Navy. J’en ai vu d’autres mais leur état de conservation ne m’a pas incité à les acquérir.

Signalons que les modèles arborant des finitions au pinceau sont d’origine. En bout de chaîne de fabrication, du personnel spécialisé décorait ces Jeep.

La petite remorque à un essieu, dans le style de celle utilisée pendant la guerre par l’armée américaine et attelée à la Jeep, est une vraie création.

Il est étonnant que Liverpool n’ait pas pensé à la reproduire. Il existe plusieurs variantes de couleur. La logique voudrait qu’elles soient assorties aux Jeep auxquelles elles étaient destinées. Il existe une extrapolation de cette remorque, version cantine militaire,.

C’est à Tootsietoys cette fois que Lemeco a emprunté la carrosserie de son camion Mack citerne. Seul camion de la firme suédoise, le choix de ce modèle et de l’échelle de reproduction (1/75 environ) sont des plus étranges. Lemeco s’est contenté de créer un châssis en tôle qui est clipsé sur les pare-chocs.

On appréciera les variantes de couleurs (couleurs inversées) sur la version « Shell ». J’ai souvenir d’avoir vu il y a fort longtemps une version aux couleurs « Gulf ».

Pour son rouleau compresseur, Lemeco a réduit au 1/75 un rouleau compresseur à vapeur d’inspiration britannique. La ressemblance avec le modèle Minic est frappante.

C’est un produit boudé par les amateurs, à tort je pense. L’univers baroque et bariolé de ces engins de travaux public mérite que l’on s’y attarde. Nos amis anglais sont friands de ce type de produit.

Voilà décrit l’ensemble des modèles produits par Lemeco en zamac. Ils sont visibles sur la couverture de cette publicité Lemeco empruntée à Kaj Wicklander, collectionneur suédois et parue il y a 40 ans dans une éphémère revue suédoise « Toy car ».

Il me faut enfin signaler l’existence d’un autre modèle Lemeco, à une autre échelle(1/87) et produit dans un autre matériau (plastique).

Bien que ne collectionnant pas les modèles réduits à cette échelle je n’ai pu m’empêcher lors d’un voyage en Scandinavie d’acquérir ce garage contenant deux Volkswagen 1200’49 . L’inscription Lemeco est présente au dessus de la porte. Je connais aussi une Willys Jeep à cette échelle.. Comment Liverpool a-t-il réagi à la sortie de ces modèles plagiés ? A ce jour nous n’avons pas d’information fiable sur le sujet.

Si les Lemeco forment un ensemble hétéroclite, les vrais amateurs de curiosités y trouveront leur bonheur. Les avoir en bon état de conservation est une autre gageure. Ne tardez pas ! A l’exception des Ford ils ont des prix raisonnables : une bonne occasion de sortir du cercle des Dinky Toys et d’ aller vers ces charmantes miniatures !

Vous en aviez rêvé ?

Vous en aviez rêvé ?

Vous aimez la Ford Fordor ? Vous auriez aimé des déclinaisons de cette sympathique berline américaine reproduite par Dinky Toys Liverpool ? Vous auriez voulu des versions taxi, police, pompier, militaire, avec haut-parleur. ?

Lemeco l’a fait !

Or cette firme vous est peut-être totalement inconnue. Etablie en Suède elle a eu une existence assez brève. On peut aisément en comprendre la raison.

Les six moules utilisés par Lemeco ne sont que des plagiats de modèles existants. Quatre d’entre eux sont empruntés au catalogue Dinky Toys. On peut aisément comprendre les griefs de la firme de Liverpool, qui était d’ailleurs elle-même fort bien implantée en Suède, envers l’entreprise suèdoise.

Le vrai problème de ces rares miniatures est leur conservation dans le temps. Une partie de la production est affectée de métal fatigue conséquence de la qualité médiocre du zamac utilisé. Heureusement, quelques exemplaires ont été épargnés ce qui renforce le phénomène de rareté .

Je peux affirmer que la Suède n’a pas eu l’exclusivité de ces objets mais qu’ils ont également été vendus au Danemark, en Belgique et même en France !

Dans un lointain passé j’ai acheté une collection assez anonyme constituée à Paris dans les années cinquante. En voyant deux Lemeco au milieu des Norev et des Dinky Toys je n’ai pu m’empêcher de demander au propriétaire s’il avait effectué un voyage en Scandinavie dans ces années-là. Mon interlocuteur a été surpris de ma question, et m’a indiqué que ses modèles venaient principalement d’une petite boutique située près du Jardin du Luxembourg à Paris. Plus tard, j’ai retrouvé d’autres Lemeco en France. Bien sûr, ce ne fut pas une importation massive. En Belgique, des Lemeco ont également été distribuées sur la côte, dans la région de La Panne.

Au milieu de cette gamme de miniatures, c’est la Ford Fordor et ses déclinaisons qui méritent selon moi que l’on s’y attarde. Lemeco a transposé cette paisible berline américaine dans le paysage routier suédois .

Ainsi la version pompier qui aurait pu être une « fire chief » devient « brandbil « !

la « Police » une « Polis ».

On appréciera la version équipée d’un haut-parleur, accessoire très en vogue sur les miniatures scandinaves dans les années cinquante.

Avec sa galerie rapportée la « taxibilen » de couleur noire, comme il est de rigueur en Scandinavie, est pleine de charme. La version militaire n’apporte rien par rapport à la Dinky Toys.

Il existe également une version aux couleurs « Shell » reprenant la décalcomanie vue sur le camion-citerne que je n’ai encore jamais eue en mains,. Enfin, curieusement, la paisible version berline, si fréquente en Dinky Toys, est selon moi la plus rare des Lemeco !

Dernier point et non des moindres, en 1950, la version Dinky Toys n’est disponible qu’en boîte de six pièces. Il n’y a donc pas d’étui individuel. La firme suédoise a créé un étui individuel bien avant que Dinky Toys ne le fasse. Les étuis sont des raretés, bien plus rares encore que les modèles ! Les dessins épurés, sur fond blanc, sont superbes.

Ces miniatures, je les ai cherchées avec autant d’enthousiasme que les Tekno lors de mes voyages en Scandinavie. 40 ans n’ont pas suffi à les rassembler toutes. Il me manque la version « Shell ». Si vous l’avez en collection sachez que je suis preneur.

 

Coup de projecteur sur le Peugeot Cibié

De nombreux collectionneurs de Dinky Toys m’ont récemment demandé ce que je pensais des reproductions made in China de la société Atlas.

Peugeot D3A Cibié
Peugeot D3A Cibié

Ma réponse est simple, tous les thèmes de collection sont envisageables, et il n’est pas de collection plus noble que d’autres. Tous les choix méritent le respect. Le plus important à mes yeux est le plaisir qu’apporte tel ou tel choix de collection, et je me garderais bien de porter un jugement.

La seule chose qui chagrine avec cette nouvelle collection, c’est la tentative par la société Atlas de justifier ces reproductions en arguant du fait que les originaux ne sont pas à la portée de tout le monde. Cela ne me parait pas convaincant.

En effet, les Dinky Toys, comme Jean-Michel Roulet le disait fort justement, ont été produites en très grand nombre. Certes, les prix se sont envolés pour des exemplaires rares et en bon état, mais n’oublions pas que des exemplaires en état d’usage sont à la portée de tous, ou tout du moins ne sont pas plus onéreux que de simples reproductions chinoises, contrairement à ce que prétend la société Atlas.

N’oublions pas que ce ne sont que des copies. Les modèles incriminés sont copiés grâce à un laser qui capte les dimensions et les formes à reproduire pour les transmettre, via un ordinateur à une autre machine qui gravera le moule. Le résultat, étrange parfois, est assez satisfaisant. Par contre, les laques utilisées sont trop brillantes, trop clinquantes. Les pneumatiques sont également assez surprenants, et l’on a du mal à en identifier la matière. Pour conclure, je dois avouer que je n’ai pas été tenté par cette série.

L’idée même de reproduction, peu importe d’ailleurs le domaine, m‘a toujours gêné. Je suis par contre attiré par les copies d’époque de petits fabricants voulant à moindre frais constituer une gamme de modèles. La philosophie de la société Atlas qui s’adresse directement à des collectionneurs est fort différente. Ces objets sans âme produits en Chine ne sont pas des jouets, contrairement aux Lemeco par exemple, produites par un fabricant suédois qui s’est inspiré du catalogue de Liverpool pour quelques modèles qui ont ensuite été distribués dans les bazars. A mes yeux la différence est essentielle. Si j’ai bien eu il y a une vingtaine d’années un intérêt pour les modèles Verem, provenant pourtant eux directement des moules originaux, il fut de courte durée. Là où l’on peut s’interroger, c’est sur la création de coffrets « Afrique du Sud » made in China…A l’annonce de ces créations, j’ai réellement cru à une plaisanterie, tant l’idée m’a paru saugrenue. Mis à part l’espoir d’une bonne opération commerciale et d’un rapide profit financier, on est en droit de se demander, ce qui permet de justifier d’estampiller « Afrique du Sud » des productions chinoises.

N’aurait-il pas été plus amusant de voir des coffrets « Niger », « Guatemala » ou « Mozambique » ? L’idée qu’a eue la société Atlas de reproduire le modèle Cibié présenté ce jour est une bonne idée.

Pour des modèles de cette rareté, je comprends fort bien qu’Atlas ait préféré reproduire un Cibié plutôt qu’une version « postes ». Le Peugeot Cibié présenté est d’origine. J’en connais deux exemplaires. D’autres modèles finiront sans doute par apparaître car une petite série a forcement été réalisée ; la finition, identique à un modèle de série le prouve. Ce modèle a été trouvé dans la région lyonnaise. Il a longtemps appartenu au docteur Sarthe qui possédait également l’autre exemplaire, en état d’usage qui figure dans le livre de Jean-Michel Roulet !

La recherche de ce modèle fut pour nous la quête du Graal. Nous avancions dans la collection, mais cette pièce était comme un but ultime… comme le sommet pour un alpiniste. Aussi, le jour où nous l’avons acquis, nous avons eu la sentiment d’un aboutissement

Allions-nous abandonner notre statut de collectionneur de Dinky Toys ou saurions-nous rebondir et nous fixer de nouveaux objectifs ?