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Les Renault 40cv et Jean Le Bon

Les Renault 40cv et Jean le Bon  

Il vous faudra gravir les escaliers de l’aile Richelieu du musée du Louvre, jusqu’au second étage. Là, devant vous, des portes vitrées marquent l’entrée des salles consacrées à la peinture française.

Face à vous, un petit tableau : 60 cm sur 45 cm. Seul dans la vitrine, comme perdu dans un espace trop grand pour lui. On comprend que l’on est en présence d’une oeuvre majeure. La mise en scène est efficace, on ne peut passer sans lire les commentaires.

Il s’agit du premier portrait profane connu dans la peinture occidentale. Avant lui, on ne trouve que des scènes de nativité, de crucifixions, des vierges à l’enfant. La peinture occidentale se borne à illustrer la Bible. Ce portrait, qui pourrait être celui  du roi Jean II le Bon va ouvrir la voie aux autres peintres.

Désormais tous les grands qui dirigent  le monde vont vouloir se faire portraiturer. Plus tard ce sera au tour de la grande bourgeoisie enrichie par le commerce ou le prêt d’argent de vouloir son portait.

Nous sommes aux environ de 1350-1360. L’auteur n’a pu être formellement identifié. Il s’agit peut-être d’un peintre ayant subi en Avignon l’influence de la peinture italienne, comme le décrit l’excellent site en ligne du Louvre.

A leur manière, les Renault de chez CD présentées ce jour ont aussi marqué l’histoire du jouet. Modestement nous restons bien sûr dans le domaine de l’art populaire. CD a occupé une place de premier choix dans l’histoire mondiale des miniatures automobiles.

CD Renault 40cv (chassis)
CD Renault 40cv (chassis)

Elle est sûrement l’une des premières a avoir proposé des miniatures identifiables par les enfants et les parents reproduisant des Renault, des Hotchkiss et des Delahaye et non des autos génériques. CD ira encore plus loin en estampillant les châssis et parfois les carrosseries (Chenard et Walcker)

Pour les pionniers de la collection, qui trouvaient écho à leur passion chez M. Jacques Greilsamer Boulevard de Sébastopol, ces jouets CD comme les AR, les Gasquy et les Märklin d’avant-guerre avaient valeur de référence. Je dirais même de marqueur : il y avait ceux qui en possédaient et ceux qui en cherchaient.

Dans les années soixante, ces CD ont près de quarante ans d’existence. Ce sont déjà des « ancêtres ». A ce titre, trouver un exemplaire relève déjà de la chance, mais trouver un exemplaire en état d’origine impeccable cela relève du miracle. Alors, lorsqu’on trouve une CD incomplète ou en épave, une restauration s’impose. Il en va de la survie d’un produit qui est rare. Désormais, on a totalement oublié ce phénomène. Les gens regardent avec dédain ces restaurations des années soixante.

J’ai pour ma part un regard plein d’indulgence sur ces modèles qui ont retrouvé un éclat ancien, même si  je préfère laisser l’objet dans son état d’origine.

Dans cette première partie, je vous présente les versions commerciales de la Renault dite « 40cv » disponibles en magasin de jouets. Nous sommes encore proches de la fin du premier conflit mondial et CD a cru bon de proposer une version sanitaire militaire. sa couleur grise ne laisse aucun doute. D’ailleurs à la même période CD proposera une Delahaye en version ambulance municipale qui sera, elle, peinte de couleur crème avec une bande de couleur rouge.

CD déclinera bien sûr sa camionnette en version de livraison. Est-ce la forme aérodynamique du capot qui a inspiré la création du papier collant figurant sur les flancs et à l’arrière du fourgon ? En effet CD a cru bon de faire apparaitre la mention « TRANSPORTS RAPIDES ».

Cela a un charme désuet, mais on réalise que dès les années 20, il y avait déjà la préoccupation du temps perdu et de de la vitesse. Aujourd’hui, nombre de véhicules de livraison arborent ce type de slogan.

On appréciera les versions bicolores, beige et noir, faisant référence au luxe. On reconnaitra les couleurs fétiches utilisées plus tard par Coco Chanel. Là encore il est intéressant de constater qu’au fil du temps des nuances apparaissent.

Des versions plus classiques, unicolores, rouges ou bleues existent. Elles sont le plus souvent dépourvues de décorations

Sur la superbe version postale, pas de notion de vitesse ni de courrier express. Juste la mention « POSTES » . Sobre, dans sa robe vert foncé avec la casquette de pare-brise soulignée de jaune, elle est d’une élégance rare.

 

 

 

Le 20 Juin 1977

Le 20 Juin 1977

Je me souviens très bien du 20 Juin 1977. C’était un lundi. La veille, le 19 juin, Jacques Laffite s’était imposé au volant de sa Ligier-Gitanes JS7 au Grand Prix de Suède. C’était la première victoire au championnat du monde de formule 1 d’une monoplace entièrement française.

Ce 20 Juin 1977, pour aller au lycée, j’arborais fièrement l’anorak, aux couleurs de l’écurie Ligier-Gitanes. Ce n’était plus de saison, le tee-shirt aurait été plus approprié. Mais le résultat de la course m’avait transporté et je n’y pensais même pas. Les couleurs tricolores ne passaient pas inaperçues.

Enfant, j’aimais particulièrement les autos de course miniatures de couleur bleue, celles arborant les couleurs nationales. Les Alpine en rallye, les Matra en endurance et puis les Ligier en Formule 1. Cette fierté nationale, est, je pense, commune à tous les individus, plus ou moins prononcée selon l’histoire et la culture du pays où l’on est né. Il ne faut pas la confondre avec le chauvinisme qui pousse à l’excès et conduit à dénigrer l’adversaire étranger. Il faut bien sûr qu’il y ait un lien assez fort entre le constructeur automobile et le pays qu’il représente.

Il est intéressant de constater que lorsque Renault s’est engagé en compétition au milieu des années soixante-dix, en arborant non la couleur nationale, le bleu de France, mais ses couleurs, le jaune et le blanc, je n’ai pas éprouvé le même attrait.

Cette fierté nationale a disparu depuis bien longtemps. Il faut dire que l’arrivée des sponsors à la fin des années soixante-dix a changé la donne. Les autos ont perdu leur identité nationale pour arborer celle d’un commanditaire. Les Lotus 72 aux couleurs du cigarettier J.P.S n’ont pas la même force symbolique que la Lotus  que pilotait Jim Clark, de couleur vert et jaune.
Enfant, mes miniatures préférées étaient les Matra 650 puis 670 de chez Solido. Dans les simili-courses que j’organisais, elles finissaient toujours en tête, battant à plate couture les Porsche 917 et les Ferrari 512S ! Bien sûr, cela ne reflétait pas la réalité, mais elles étaient de couleur bleue et donc invincibles à mes yeux !

 

Je me suis replongé dans le passé, et plus précisément dans les années 30.J’ai tenté d’imaginer quelles miniatures reproduisant les bolides bleus de l’époque permettaient aux gamins de s’identifier à leurs héros. Alors que j’étais jeune collectionneur la Bugatti Type 35 des années 30 de chez Rami, reproduite dans les années soixante, me semblait une pièce importante. Elle reproduisait une auto française glorieuse.

Pourtant, dans les années trente, très peu de fabricants se sont intéressés à la reproduire. Il y eut bien sûr une très belle Bugatti type 35 chez Jep en tôle lithographiée, mais à une échelle bien supérieure au 1/43ème. Ce n’est pas le jouet que l’on pouvait glisser dans sa poche pour jouer dans la cour de récréation à l’école.

Dans les années trente, CD a reproduit une Bugatti. L’Argus de la Miniature l’a dénommée Brescia 13 mais je pense que cette appellation est erronée. Selon mes recherches, la Brescia 13 est très différente. En fait il est difficile d’identifier ces autos, notamment parce que les photos sont peu nombreuses et de médiocre qualité. De plus, depuis que les compétitions automobiles existent, les concurrents ne cessent de modifier leurs autos afin  d’essayer de les rendre toujours plus performantes. Il est parfois étonnant de voir combien un même châssis a pu recevoir de carrosseries et subir de modifications. Pour les miniatures de cette période, c’est l’allure, l’aspect général qui prime. Une chose est certaine c’est bien une Bugatti qu’a reproduit CD.

Mais la présence contradictoire, d’ailes couvrant les roues et d’un poste de pilotage presque central en fait une auto hybride avant l’heure.

J’ai retrouvé une auto similaire dans une épreuve dénommée Grand Prix de tourisme disputée à Montlhéry en 1925 dans le livre de Pierre Dumont : Bugatti les »pur sang » de Molsheim. Gilles Scherpereel m’en a toujours parlé comme d’une miniature très rare. Je n’en ai vu qu’une chez lui et en état très quelconque. La dispersion d’une collection exceptionnelle a récemment permis d’en revoir quelques exemplaires.

CD l’a réalisée en plusieurs couleurs : actuellement, les couleurs argent, rouge, vert et bien sûr bleu sont répertoriées. Bugatti avait su séduire de nombreux pilotes étrangers et des Bugatti de couleurs variées ont réellement existé. J’ai tenté de les mettre en situation sur les différents clichés.

Comme cette miniature inspire la vitesse, j’ai pensé aux photos de Lartigue avec les arbres qui défilent.
La semaine prochaine je vous présenterai une autre Bugatti de course très originale.

Marie Marguerite et les Peugeot

Marie Marguerite et les Peugeot

Diego Velasquez "L'infante Marie Marguerite"
Diego Velasquez « L’infante Marie Marguerite »

C’est une interview d’Henri Loyrette, alors conservateur du musée du Louvre, qui m’a donné envie de découvrir la peinture de Velasquez. Comme le journaliste lui demandait quel était son peintre préféré, il répondit qu’il s’agissait de Diego Velasquez. Il expliquait combien son choix était paradoxal, puisque le peintre est quasiment absent des cimaises du Louvre.

Je n’ai pu m’empêcher de faire un rapprochement avec les modèles réduits. Je me suis souvenu des ouvrages consacrés aux plus fameuses collections de miniatures automobiles. La première qui me vint à l’esprit fut bien sûr celle de Monsieur Nakajima. Les nombreux ouvrages qu’il publia au milieu des années soixante-dix et quatre-vingt montrent une collection ouverte sur le monde.

Et la lecture de ces ouvrages a été pour moi un véritable déclic : ils m’ont donné envie de rassembler des miniatures venant des quatre coins de la planète. Monsieur Nakajima fut sans conteste le plus grand collectionneur de son temps, tant par la diversité que par la qualité de sa collection. J’ai pour lui le plus profond respect.

Les livres de Monsieur Nakajima présentent bien sûr des modèles japonais, mais également tout ce qui a été produit à travers le monde. Les grandes marques comme Tekno, Dinky Toys, Corgi Toys côtoient avec bonheur des firmes plus confidentielles comme Micro Models et  Gasquy. Les plastiques de chez Norev répondent à ceux de Siku ou de Wiking. On trouve également des productions d’avant-guerre comme les Taylor and Barret anglaises, les cast iron américaines, des Tootsietoys ou des Märklin.

Mais on ne trouve pas les modèles AR ou CD français d’avant-guerre.

On fait un peu le même constat à la lecture du livre de Paolo Rampini : ces AR ouCD font cruellement défaut. On trouve certes trois variantes de Peugeot 201, une 601 restaurée, mais c’est tout.

Le docteur Force, autre éminent collectionneur à avoir publié des ouvrages sur les miniatures automobiles a choisi de présenter sa collection par pays de production. Dans l’opus intitulé « Made in France », ces modèles français d’avant-guerre manquent également.

Le premier constat qui s’impose est la réelle pauvreté de l’iconographie sur les modèles AR ou CD. Ces objets sont de vraies raretés !

Au début des années soixante, la revue Modélisme accompagnait la présentation de toute CD, même restaurée ou repeinte, de commentaires dithyrambiques. Rares sont les collectionneurs étrangers qui ont pu s’en procurer.
Il est temps de redécouvrir ces objets qui, en plus d’êtres rares, sont d’une qualité exceptionnelle.

Sans être chauvin, force est de constater que la série des Peugeot 601 et 402 de chez AR n’a pas d’équivalent en ce qui concerne la qualité et la fidélité de reproduction. La gravure, la peinture, l’ingéniosité de la conception, tout est là.

AR Peugeot 402 Fuseau Sochaux
AR Peugeot 402 Fuseau Sochaux

Prenons chez Dinky Toys un modèle de la série 24 d’avant-guerre ou une Peugeot 402, contemporaine des ces AR, la comparaison se passe de tout commentaire . Ces AR étaient injectées en plomb. De temps en temps, on peut noter quelques défauts d’injection, comme un petit manque de matière au creux d’une aile par exemple. Ces autos étaient très fragiles et leur prix de vente devait être conséquent. Cela explique que très peu d’exemplaires nous soient parvenus.

Voici donc le premier épisode d’une série que nous allons consacrer aux Peugeot de cette période. Commençons par la Peugeot 402 Fuseau Sochaux. Elle est d’abord équipée d’un moteur à remontage à clef. AR a réussi à placer le mécanisme sans déformer la miniature. L’utilisation de deux mécanismes différents va cependant l’obliger à modifier son modèle. Les mécanismes étaient fournis par de petites firmes spécialisées dans ce type de fabrication, et vraisemblablement, AR dû changer de fournisseur. Ainsi, la partie évidée servant à introduire la clef pour remonter le mécanisme peut se situer à droite ou à gauche.

Un curieux modèle que je qualifierais d’économique apparaitra plus tard. Cette version est dépourvue de mécanisme, ce qui contraint AR à caréner les passages de roues avant afin de fixer l’axe avant. En effet, sur la version mécanique, le châssis en tôle supportant le moteur sert également à fixer l’axe avant. Cette version carénée possède tout de même la perforation latérale pour le passage de la clef. Pris de vitesse AR n’a peut être pas jugé utile de réaliser le comblement de l’orifice. Ce modèle peut être équipé des belles jantes en plomb peintes de couleur rouge ou plus tard des petites roues en plomb économiques que l’on retrouve sur les 301 camionnettes. (voir l’article dur le modèle 802 Andreau).

A suivre.

CD contre Tootsietoys

Les firmes de jouets qui ont apporté des innovations à l’histoire des miniatures ont ma préférence. En cela, CD et Tootsietoys font partie de mes firmes favorites. On peut d’ailleurs tenter un rapprochement entre les deux firmes. Au milieu des années 20, elles ont toutes deux proposé des reproductions miniatures qui procédaient de la même logique. Elles ont fabriqué des miniatures automobiles, injectées en plomb de très bonne qualité et composées de deux parties distinctes. La conception de ces modèles permettait de proposer une série de carrosseries fort différentes allant de la voiture de maître à l’utilitaire, sur la base d’un châssis identique à toute la série. Ces deux fabricants ont aussi en commun d’avoir reproduit des autos de marques connues et dûment estampillées du nom de ces dernières.

CD contre Tootsietoys Delahaye Paris
CD contre Tootsietoys Delahaye Paris

Commençons notre étude comparative avec la série dite « GM » de chez Tootsietoys apparue en 1927. Elle est ainsi nommée car Tootsietoys avait gravé les calandres de ses modèles du nom des quatre firmes différentes qui appartenaient à la General Motors (GM). Ainsi vous pouvez lire les noms de Chevrolet, Cadillac, Buick et Oldsmobile. Tootsietoys proposera six carrosseries différentes. Vous pouvez donc trouver une Cadillac utilitaire ou une Chevrolet limousine ! La firme de Chicago trouva là un moyen de multiplier les références à peu de frais.

CD ira plus loin. Tootsietoys avait choisi d’incorporer le capot moteur au moulage du châssis. En conséquence de ce choix, il n’était pas possible de jouer sur le dessin de ce dernier. Or, déjà à cette période, les constructeurs automobiles cherchaient à se différencier entre eux. Dans la série GM de chez Tootsietoys il n’est pas possible de différencier une Buick d’une Cadillac sans regarder l’inscription de la calandre. CD fut plus ingénieuse. Si elle moula aussi ses autos en deux parties, elle le fit de manière différente. Elle injecta les carrosseries de manière monobloc, incorporant le capot. Le châssis formait la deuxième partie. Grâce à ce choix technique, CD put reproduire les formes particulières propres à chaque marque automobile. Ainsi, les enfants pouvaient aisément reconnaître une Renault 40cv d’une Delahaye ou d’une Chenard & Walcker. Enfin, en estampillant ses châssis du nom des marques des constructeurs automobiles, CD donnait à ses reproductions une touche d’authenticité.

Si Tootsietoys a standardisé sa production, à l’image des fabricants automobiles américains de l’époque, CD au contraire a essayé d’ajouter à chaque modèle une touche particulière. Un détail me fascine particulièrement. Pour la Delahaye limousine elle n’a pas hésité à positionner sous la malle arrière deux roues de secours horizontales. Sur la berline, la roue de secours est positionnée de manière verticale devant la porte avant. Un autre détail permet de mieux comprendre que la solution de Tootsietoys était avant tout guidée par un souci de rentabilité. A la fin de la production, Tootsietoys n’hésitera pas à mettre sur le marché une cinquième série, baptisée « no name » (sans nom). Son contrat avec GM était peut être terminé. Cette série, mignonne au demeurant, doit être davantage considérée comme une série de jouets que comme des reproductions fidèles.

Des CD comme par enchantement !

Certains pionniers de la collection veulent trouver une explication au désintérêt des nouveaux collectionneurs pour les modèles fabriqués dans les années trente à quarante. Ils avancent généralement l’explication selon laquelle ces derniers sont trop jeunes pour les avoir connus. Il est normal que l’on ait une préférence pour les autos que l’on a vues rouler lors de son enfance. Mais ceci doit être nuancé. Je suis de la génération des années soixante et pourtant je suis très attiré par les jouets d’avant-guerre. Cela doit venir de mon éducation. L’histoire m’a toujours intéressé. Comprendre notre passé nous permet de mieux appréhender le présent et le futur.

Renault CD
Renault CD bleu

Au début des années soixante, les premiers collectionneurs étaient fiers de faire partager leurs trouvailles dans la revue Modélisme. Les Märklin, les CD, les AR et les Gasquy faisaient alors déjà figure de référence. Parfois repeintes, transformées, enjolivées, peu importe, elles étaient si rares que l’on se contentait de ce que l’on trouvait. Il y avait alors une mode qui consistait à changer les roues des miniatures. Bien évidemment les collectionneurs ne commettaient pas ce sacrilège sur des modèles en parfait état. Mais on acceptait difficilement les autos avec des éclats de peinture. Alors, au-delà du changement de roues, on n’hésitait pas à appliquer une laque brillante et à ajouter des jantes chromées d’origine Dinky Toys du plus bel effet. Pour cela, rien de plus simple, il suffisait d’aller acheter au marchand de jouets du coin une Dinky Toys et d’opérer avec une pince coupante !

J’ai bien souvent admiré les autos de M. Lemelle. Ce dernier possédait de belles CD. Il les mettait en valeur au moyen de petites mises en scène. Les légendes des photos, signées Jacques Greilsamer, prévenaient les collectionneurs qu’ils étaient en présence de pièces rares, ce qui demeure exact. Ce dernier serait sans doute surpris de voir combien le qualificatif de rare est aujourd’hui galvaudé.

Au fil des années nous avons eu la chance d’acquérir de belles miniatures CD. Il faut dire qu’au début des années 80, un lot important dont tous les modèles étaient en état neuf fit surface. Précédemment, nous avions péniblement réussi à en acquérir quelques unes. En une seule fois nous en avons acquis une vingtaine !

Nous n’avons jamais su précisément la provenance de ce lot et s’il s’agissait d’un stock d’invendus d’un magasin ou s’il venait directement de la firme CD. A partir de ce moment, les collectionneurs de jouets d’avant-guerre se sont divisés en deux clans : ceux qui avaient eu la chance d’acquérir directement des modèles lors du partage de ce lot et ceux qui n’avaient été pas au courant. Preuve de la rareté de ces objets, nous avons eu du mal à compléter la série. Ces modèles possèdent une magie et un charme que je ne retrouve dans aucune fabrication d’avant-guerre.
Pour illustrer ces propos, je vous présente quelques déclinaisons de carrosserie sur châssis de Renault 40cv. Les photos parlent d’elles mêmes !