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Plagiat au camping

Vous craignez les chaleurs estivales ? Les plages surpeuplées de la côte d’Azur vous effraient ? Vous cherchez des vacances dépaysantes ? J’ai une proposition à vous faire : partir en camping en Grande-Bretagne, au pays où est né cet art de vivre.

Caravane
Caravane

Le camping doit être une invention anglaise. L’étymologie du mot ne laisse aucun doute sur ce point. Le mot vient pourtant du latin « campus » qui signifie « champ » ; « faire campos » indiquait la période des moissons durant laquelle les enfants qui avaient fini l’année scolaire allaient travailler aux champs. On retrouve ensuite la trace de l’expression en Grande-Bretagne, au 19ème siècle, chez les aristocrates, et surtout les grands propriétaires terriens. Ces derniers parcouraient leurs immenses domaines à l’aide de carrioles aménagées avec soin et grand luxe. Des textes décrivent même des roulottes équipées de baignoires. Plus tard le camping et le caravaning deviendront outre-Manche une institution. L’idée même d’une maison montée sur roues ne peut avoir germé que dans le cerveau d’un sujet de sa Gracieuse Majesté.

Sur la route, j’ai croisé une fois une superbe Rolls-Royce Corniche de couleur jaune canari, tractant une caravane de couleur assortie. Seule la Grande-Bretagne peut nous offrir un pareil spectacle. Il n’y a qu’à arpenter le magasin Fortnum & Mason pour s‘apercevoir que le camping ne s’improvise pas : vous pourrez vous y procurer tout l’attirail nécessaire à un pique-nique dans les règles de l’art. Il s’agit de ne pas commettre de faute de goût : à l’heure du Ricard c’est le champagne qu’il faut servir. Le camping n’exclut pas le raffinement !

En toute logique nos amis collectionneurs anglais ont une grande affection pour les modèles réduits en rapport avec ce sujet. A la vue du nombre de reproductions d’attelages réalisées par les fabricants de jouets anglais, on comprend que le caravaning est chez nos amis d’outre-Manche une institution. J’ai donc choisi quelques ensembles peu fréquents, des productions qui n’ont jamais été écoulées au-delà de Douvres ! Ces jouets étaient le plus souvent vendus dans des échoppes que l’on qualifierait chez nous, sans connotation péjorative aucune, de bazars. Les trois ensembles sélectionnés ont en commun de s’être inspirés de modèles Dinky Toys.

Le plus ancien est un charmant ensemble dû à Charbens. La caravane est la copie de celle produite par Dinky Toys dans sa série 30. Celle de Charbens, comme l’auto qui la tracte d’ailleurs, est moulée en plomb, contrairement à celle de Liverpool qui est en zamac. Elle fait partie d’un coffret portant la référence 525. Notons au passage que le catalogue Charbens comportait deux pages et ne comptait pas plus de trente modèles. L’ensemble est intitulé « Hikers Camp Set ». Il est livré avec une tente nommée « the hikery». L’auto représente une berline typiquement britannique, sans que l’on puisse lui donner une identité précise. Signalons que le catalogue Charbens d’époque mentionne le terme « coupé » pour décrire l’auto, bien qu’il représente une berline sur le dessin ! On appréciera l’attache rudimentaire servant à relier l’auto à la caravane : un simple fil de fer recourbé. Il est d’origine.

Le deuxième ensemble a été produit par Kemlow, fabricant éphémère. Les deux pièces sont injectées en zamac. Vous aurez reconnu la Ford Zephyr librement copiée sur celle de Binns Road. La finition unicolore lui confère une allure différente de celle de Dinky Toys qui ne proposera le modèle qu’en livrée bicolore. La caravane, qui n’est pas à la même échelle, est une création.J’aime beaucoup la façon dont le créateur de l’ensemble a résolu le problème auquel le confrontait le boîtage en réalisant un attelage de taille compatible avec ce dernier

Le troisième ensemble est une production de Hong-Kong. A l’époque, la raison de vivre des fabricants asiatiques était de copier, de parodier les productions occidentales. Pour les collectionneurs c’est devenu un plaisir de rassembler ces copies et d’identifier le fabricant qui a servi de modèle.

Le modèle est fabriqué par Blue Box. Vous aurez bien sûr reconnu l’Austin A105. Elle paraît frêle à côté de l’original produit par Dinky Toys. Cela tient aux roues en plastique, étroites, qui l’équipent. Le plus surprenant est bien sûr la caravane à quatre roues. On ne pourra pas, juridiquement, parler de plagiat de la part de Blue Box

La caravane et l’Aston Martin

La pérennité de la série 100 est à mettre à l’actif de Jean De Vazeilles. Lorsque le père de ce dernier avait créé Solido, il avait pour ambition de proposer des jouets démontables. Les reproductions d’automobiles tenaient alors une grande place dans les catalogues. Le coté ludique du jouet résidait dans la possibilité pour l’enfant de construire son propre modèle.

La caravane et l’Aston Martin
Face avant et arrière

Il avait à sa disposition un châssis, des capots, et des éléments de carrosserie variés. Il ne restait plus qu’à les assembler au gré de son imagination. L’enfant pouvait ainsi passer d’un coupé chauffeur à une pointe de course. Le passage à la série 100 n’a pas totalement supprimé cet esprit de jouet démontable. Mais il s’agit désormais de proposer des autos fidèles et ce critère impose de réaliser des châssis aux cotes de chaque auto : c’est la fin des châssis standardisés.

Jean de Vazeilles ne souhaita jamais se séparer de ce qui avait fait le premier succès de la marque : les autos démontables, transformables, ludiques. Il adapta le concept à ses nouvelles productions. Il choisit deux modèles de la série 100, la Ford Thunderbird et l’Alfa Romeo 2600 Bertone.

Le moule fut modifié de manière très simple. Du sertissage comme moyen de maintenir le châssis à la carrosserie, on passa au vissage grâce aux fameuses vis Solido qui n’avaient guère évolué depuis le début de l’histoire de la Solido. Deux tailles de coffret furent proposées : Caravaning 1 et Caravaning 2. L’enfant qui recevait le second coffret pouvait choisir d’assembler, à l’aide d’un châssis très simple qui avait été créé au milieu des années 50, la caravane ou la remorque pour véhiculer le hors-bord. L’enfant qui recevait le petit coffret ne pouvait accrocher à son Alfa Romeo que la caravane. Il est bien clair que l’intervention de l’imagination est désormais très cadrée. Plus tard, l’opération sera renouvelée avec des modèles du milieu des années 70, preuve qu’il y avait là un petit marché laissé vacant par les autres fabricants.

Vous allez me dire, mais quel rapport y a t-il avec notre Aston Martin DB5 ? Le voici. Solido a eu une grande carrière à l’international. Les moules ont voyagé en Espagne, en Argentine, au Brésil, et se sont parfois un peu détériorés. Ainsi notre Alfa Romeo 2600 a dû partir en Espagne alors qu’il y avait une livraison de coffrets Caravaning 1 à honorer.

La direction conclut bien vite que la seule auto présentant des caractéristiques similaires était l’Aston Martin DB5.

La caravane et l’Aston Martin
La caravane et l’Aston Martin

Il fallut juste modifier le châssis. Un pas de vis remplaça le sertissage pour permettre de fixer la carrosserie au châssis. Cette modification fut conservée jusqu’à la fin de production du modèle. Cette version, peinte d’un beau vert cru est toujours équipée de jantes en acier, ce qui en fait une exception pour une Aston Martin DB5 « made in France ». A contrario, l’Alfa Romeo 2600 partie en Espagne et vendue en étui individuel sera produite vissée !

Là aussi ce sera une exception. Au retour de l’outillage en France, l’Alfa Romeo réintégrera les coffrets caravaning jusqu’au milieu des années 70.

Marie-Chantal à l’Ile de Wight

Bons baisers de Marie-Chantal, à l’île de Wight

Cette année, nous avons décidé de modifier radicalement le choix de notre destination estivale.

Il faut dire que nos dernières vacances sur la Côte d’Azur ont été éprouvantes. Le camping, certes tout confort, était coincé entre la voie ferrée et la route nationale. De plus, notre vie de malheureux touristes était rythmée par le ballet incessant des avions en phase d’atterrissage sur l’aéroport de Nice.

Packing Case (MG) et Blue Box Ford
Packing Case (MG) et Blue Box Ford

Cette année donc, nous avons choisi le grand calme : empruntant le chemin inverse des juilletistes, nous sommes remontés vers le nord, en direction de la Grande-Bretagne, précisément de l’île de Wight. Après avoir débarqué à Douvres, nous avons emprunté la petite route côtière en direction de Brighton. Nous avons pu apprécier le fair-play de nos amis anglais. Le convoi que nous formions avec notre camionnette Ford et sa caravane sur la route étroite et sinueuse a dû être un véritable calvaire pour les autochtones contraints de nous suivre. Cependant, aucun coup de klaxon ne vînt jamais révéler de mauvaise humeur à l’encontre de notre lente progression : nous étions vraiment arrivés en Grande-Bretagne !

Nous avons débarqué en Ford Cortina et sa caravane sur l’île de Whight le 15 août. Le camping est magnifique.

Tous les matins, la sonnette du marchand de lait nous appelle au ravitaillement. L’après-midi, c’est le marchand de glaces qui fait retentir sa caractéristique sonnette électrique pour appeler tous les gourmands. Bien qu’il ne fasse pas très chaud pour un mois d’août, il est difficile de résister au plaisir de déguster des crèmes glacées de toutes les couleurs.

Il n’y a qu’un bémol. Depuis le 27, sont arrivés successivement des camionnettes de télévision, des journalistes, et enfin des hordes de jeunes gens. Dans un premier temps, nous sommes tombés des nues. Ajoutons à cela qu’ils sont peu vêtus, ce qui s’explique peut être par la légère hausse de température qui a accompagné leur arrivée. Les policiers regardent tout cela d’un œil bon enfant, que j’attribue encore au flegme britannique. On a fini par nous expliquer qu’allait se dérouler un grand festival de musique. Pour des vacances tranquilles, ce n’est pas vraiment réussi.

Depuis le début de ce festival, le rythme endiablé des chanteurs nous arrache à notre douce torpeur. Bien que la musique soit entraînante, quelques personnes ont précipitamment quitté le camping. Un couple de français, très sensible au bon gout britannique, est reparti illico à bord de son MG, horrifié à la vue de ces jeunes débraillés. Ils n’avaient qu’un mot à la bouche : « Cela nous promet une belle pagaille ». Dans un sens, je les comprends. Ils tiennent une boutique de confection à Versailles, « Au bon chic Versaillais » et c’est vrai que pour un commerçant en confection, la vue de ces jeunes gens aux tenues excentriques et légères n’augure pas un avenir prospère.

En ce qui nous concerne, nous avons fait contre mauvaise fortune bon cœur et finalement nous avons eu bien du plaisir à découvrir cette musique. Cela nous change beaucoup de l’opérette. Nous essaierons d’acheter le disque du concert en rentrant pour avoir un souvenir.

Les jeunes gens sont en fait très sympathiques ; ils ont redécoré notre roulotte dans un grand élan de créativité. Elle arbore désormais des fleurs de multiples couleurs. C’est un peu surprenant, mais c’est très gai et cela se marie à merveille avec le gazon anglais.

PS : pour illustrer ce texte, nous avons choisi un petit ensemble produit par « TNS » de Hong Kong, très symbolique de la période « pop ». Le Ford Transit avec la caméra provient du même fabricant. Le Ford transit « Daily Express » provient lui de chez Lincoln. Le camion laitier (inspiré du modèle produit par Spot-On) et le Commer camion de vente ambulante (inspiré du modèle produit par Corgi Toys) ont été produits par TAT de Hong Kong. L’Austin A105 et son hors-bord, librement inspirés par celui de Dinky Toys ont été proposés par Blue Box, également de Hong Kong. La MG « A » sort de chez Packing Case, firme également implantée en Asie. Enfin, le petit coffret avec la Ford Cortina et le hors-bord a été réalisé pour le marché américain. Aucune trace de fabricant n’apparaît.

Dix ans plus tard retour à Berlin

Nous nous étions promis de revenir à Berlin. Ma récente promotion au service marketing nous a permis de nous offrir une superbe DS. Quel plaisir de traverser l’Allemagne, cette fois en tout confort. C’est simple, nous avons mis une journée de moins qu’il y a 10 ans.

Siku Volkswagen peilwagen
Siku Volkswagen peilwagen

C’est parfois difficile de lever le pied dans les zones où la vitesse est limitée. Même si les choses ont un peu évolué, nous avons retrouvé avec plaisir les habitués du camping comme si nous les avions quittés hier. Monsieur Jöest a troqué sa Ford cabriolet pour une Opel Kadett. Les Kremer, eux ont opté pour une Opel Kapitän. Seuls les Delplanque manquent à l’appel, découragés par le temps, ils ont opté pour un séjour sur la Costa del Sol, au camping Don Quichotte.

Le tournoi de football est devenu une tradition. Nous avons progressé en la matière, et après avoir encaissé quatre buts, nous avons réussi à marquer. Parallèlement, nos amis à qui nous avions enseigné les rudiments de la pétanque se sont bien approprié ce jeu. Il est loin le temps où nous leur mettions Fanny. Nous avons néanmoins pris notre revanche après notre défaite au football. Ce fut surtout l’occasion de bien s’amuser. Nos amis allemands ont également adopté la coutume de l’apéritif anisé qui a désormais ici beaucoup de succès. Regardant les nuages qui couvrent le ciel, je réalise que le principal avantage de ce terrain de camping réside dans la présence des grands arbres qui nous permettent de jouer à la pétanque même par mauvais temps. Comme il y a dix ans, le postier nous a apporté un télégramme, mais pour nous annoncer une bonne nouvelle, l’arrivée d’une petite-fille. Encore une fois, nous devons abréger notre séjour Berlinois.

PS: Tous les modèles, accessoires et personnages présentés sont de fabrication Siku. D’abord spécialiste du plastique (article 157), Siku s’orientera progressivement vers le zamac au début des années soixante (texte 158). Ce fabricant offrira aux enfants un rare éventail de véhicules et accessoires, ouvrant à ces derniers un univers fantastique. Cette firme allemande mettra du temps à se faire connaître hors de ses frontières.

Un dernier détail : si la Volkswagen « Peilwagen ») de la poste de l’article 157 est, bien sûr, en plastique (et peu fréquente), le modèle présenté ici est, lui, en zamac avec capot moteur ouvrant.

Bons baisers de Tentstation Berlin

Bons baisers du camping Tentstation à Berlin

Cette année nous sommes partis pour un audacieux périple qui a consisté à traverser toute l’Allemagne, pour aller à Berlin. Le pays a beau être coupé en deux, Dieu que c’est grand ! Avec la famille Delplanque, en 2cv et nous en Renault 4cv, il nous a fallu deux jours et demi pour arriver.

Camping Tentstation Berlin
Camping Tentstation Berlin

Nous avons beaucoup apprécié la première nuit au camping Tentstation dont la fraîcheur nous a remis de la fatigue du voyage. Malheureusement, nos amis allemands nous ont réveillés à 7 heures. Dès 8 heures, il leur faut se livrer à des exercices de culture physique et de gymnastique. Ils sont infatigables ! Il faut dire que la langue de Goethe rythme harmonieusement leurs mouvements ! Quelle condition physique !

Nous nous en sommes rendu compte quelques jours plus tard lorsque nous avons organisé un tournoi de football au sein du camping. Une équipe rassemblait les vacanciers allemands et l’autre tous les touristes étrangers : français, anglais, italiens espagnols. En deux mots, notre équipe ressemblait à celle des ouvriers partis construire la tour de Babel. Nous avons subi un cinglant 7-0. Je ne sais s’il est dû à l’excellente condition physique de nos amis allemands ou si c’est la barrière de langue qui a nui à la cohérence de notre équipe chamarrée. Mais comme on dit en France ; l’essentiel c’est de participer

Pour le reste, la vie va tranquillement. Le camping est ravitaillé par un petit camion primeurs. Le son de la cloche nous avertit de son arrivée.

Nous avons lié connaissance avec des gens de Cologne, les Kremer. Ils sont venus avec une imposante Borgward bicolore qui ne passe pas inaperçue. Ils y ont attelé une étrange caravane pliable. Un autre vacancier, M. Jöest, ne manque pas de piquant. Il déambule dans une grosse Ford cabriolet, comme on peut en voir sur la Côte d’Azur. C’est vrai que nos petites autos font un peu frêles à côté. Malgré tout le plaisir que nous avons d’être à Berlin, nous devons toutefois précipiter la fin de notre séjour.  Nous venons de recevoir un télégramme des voisins : un camion laitier a percuté le mur de la maison. Il nous faut rentrer de toute urgence. Notre vaillante 4cv va être mise à rude épreuve. Il est certain que nous reviendrons.