Archives de catégorie : Scandinavie

Vous en aviez rêvé ?

Vous en aviez rêvé ?

Vous aimez la Ford Fordor ? Vous auriez aimé des déclinaisons de cette sympathique berline américaine reproduite par Dinky Toys Liverpool ? Vous auriez voulu des versions taxi, police, pompier, militaire, avec haut-parleur. ?

Lemeco l’a fait !

Or cette firme vous est peut-être totalement inconnue. Etablie en Suède elle a eu une existence assez brève. On peut aisément en comprendre la raison.

Les six moules utilisés par Lemeco ne sont que des plagiats de modèles existants. Quatre d’entre eux sont empruntés au catalogue Dinky Toys. On peut aisément comprendre les griefs de la firme de Liverpool, qui était d’ailleurs elle-même fort bien implantée en Suède, envers l’entreprise suèdoise.

Le vrai problème de ces rares miniatures est leur conservation dans le temps. Une partie de la production est affectée de métal fatigue conséquence de la qualité médiocre du zamac utilisé. Heureusement, quelques exemplaires ont été épargnés ce qui renforce le phénomène de rareté .

Je peux affirmer que la Suède n’a pas eu l’exclusivité de ces objets mais qu’ils ont également été vendus au Danemark, en Belgique et même en France !

Dans un lointain passé j’ai acheté une collection assez anonyme constituée à Paris dans les années cinquante. En voyant deux Lemeco au milieu des Norev et des Dinky Toys je n’ai pu m’empêcher de demander au propriétaire s’il avait effectué un voyage en Scandinavie dans ces années-là. Mon interlocuteur a été surpris de ma question, et m’a indiqué que ses modèles venaient principalement d’une petite boutique située près du Jardin du Luxembourg à Paris. Plus tard, j’ai retrouvé d’autres Lemeco en France. Bien sûr, ce ne fut pas une importation massive. En Belgique, des Lemeco ont également été distribuées sur la côte, dans la région de La Panne.

Au milieu de cette gamme de miniatures, c’est la Ford Fordor et ses déclinaisons qui méritent selon moi que l’on s’y attarde. Lemeco a transposé cette paisible berline américaine dans le paysage routier suédois .

Ainsi la version pompier qui aurait pu être une « fire chief » devient « brandbil « !

la « Police » une « Polis ».

On appréciera la version équipée d’un haut-parleur, accessoire très en vogue sur les miniatures scandinaves dans les années cinquante.

Avec sa galerie rapportée la « taxibilen » de couleur noire, comme il est de rigueur en Scandinavie, est pleine de charme. La version militaire n’apporte rien par rapport à la Dinky Toys.

Il existe également une version aux couleurs « Shell » reprenant la décalcomanie vue sur le camion-citerne que je n’ai encore jamais eue en mains,. Enfin, curieusement, la paisible version berline, si fréquente en Dinky Toys, est selon moi la plus rare des Lemeco !

Dernier point et non des moindres, en 1950, la version Dinky Toys n’est disponible qu’en boîte de six pièces. Il n’y a donc pas d’étui individuel. La firme suédoise a créé un étui individuel bien avant que Dinky Toys ne le fasse. Les étuis sont des raretés, bien plus rares encore que les modèles ! Les dessins épurés, sur fond blanc, sont superbes.

Ces miniatures, je les ai cherchées avec autant d’enthousiasme que les Tekno lors de mes voyages en Scandinavie. 40 ans n’ont pas suffi à les rassembler toutes. Il me manque la version « Shell ». Si vous l’avez en collection sachez que je suis preneur.

 

Bluebird à Stockholm

Bluebird à Stockholm

A l’heure actuelle les records de vitesse ne sont plus d’actualité. Mais dans les années 30, ils avaient autant d’aura que les courses automobiles. Cette course aux records était très prisée par les anglo-saxons et se transforma vite en une compétition Anglais contre Américains.

Nous sommes au début des années 30. Les fabricants de jouets vont tout de suite s’intéresser à ce sujet. Il faut dire que ces engins aux lignes futuristes sont impressionnants. Avant guerre, Dinky Toys inscrira plus de voitures de records à son catalogue que de voitures course. Sir Malcom Campbell vient avec son bluebird de battre le record de vitesse, en 1933.

C’est cette version de la Bluebird qu’Eneret, petit fabricant Suédois choisit de reproduire.

La bluebird mesure 11 cm ; il est injecté dans un alliage très chargé en plomb. Les formes sont simplifiées, voir caricaturées. La gravure Eneret apparaît dans un petit rectangle rehaussé. Ces miniatures étaient disponibles peintes de couleurs vives (rouge, bleu,..) ou chromés. Le peu d’ouvrages traitant de cette marque mentionne l’existence d’un seul modèle !

A la réception d’un catalogue d’une petite salle des ventes scandinave, j’ai été attiré par la présence d’un lot décrivant des miniatures d’avant guerre provenant des firmes Birk et Micro. Après avoir pris des renseignements téléphoniques afin d’obtenir une description sommaire de la composition du lot, j’ai décidé de miser et j’ai emporté l’enchère. Ma surprise fut grande à la réception du colis, avec la présence d’un second modèle Eneret, un Bluebird mais de 1935 mesurant 12cm. Il possède les mêmes caractéristiques que son ainé.

Je n’en ai jamais revu un autre. Connaissez- vous un troisième modèle ?

Etoiles du Nord

J’ai la chance d’avoir une activité professionnelle qui me conduit à voyager dans de nombreux pays. Ces fréquents déplacements nous ont permis, avec mon père, de rencontrer des miniatures peu fréquentes en France.

Mercedes Bapro
Mercedes Bapro

Nous avons su, je pense, aborder ces rencontres avec opportunisme. C’est ainsi que nous avons glané cette série de monoplaces Mercedes en Scandinavie.

Quel plaisir de découvrir, autour d’un modèle donné, les variantes de couleur, de moulage, de matériaux. C’est peut être là que réside la jouissance du collectionneur : la découverte d’un maillon supplémentaire dans une série. Mon plaisir est encore plus grand lorsqu’il s’agit d’un thème qui intéresse peu de gens.

En Scandinavie, ces monoplaces Mercedes ont peu d’amateurs. Nos amis nordiques sont plutôt attirés par les Scania ou les Volvo. Les modèles de la série présentée ont en commun d’appartenir à la firme étoilée. A mes yeux, il est peu probable que ces productions soient d’avant- guerre. Je les situerais juste après. Il est intéressant de voir comme ces monoplaces ont frappé les esprits des gens et des enfants. A titre d’illustration, au début des années 50, Mercury commencera aussi sa série par la reproduction des deux grands protagonistes des Grands Prix d’avant guerre, Mercedes et Auto Union.

En Allemagne, dès le retour de la paix, de nombreuses reproductions d’Auto Union apparaissent. Le modèle présenté est certainement une W163 de 1938. Il ne s’agit en aucun cas d’une reproduction fidèle. Il est évident que le fabricant a surtout souhaité capter la physionomie générale de ces autos.

On peut distinguer deux moules très différents : le modèle issu du premier est clairement identifiable car il porte sous le baquet du pilote la marque de la firme « Bapro » référence 301. C’est le sujet de ce petit article. La miniature mesure 11 cm. Elle est équipée de jantes en zamac brut. Deux finitions, au moins, sont connues : chromé ou bleu pétrole. Un numéro 9 est gravé dans un petit carré devant le poste de pilotage de chaque côté. Cette gravure disparaîtra sur l’ultime version, également de couleur bleue, mais plus soutenue. Celle-ci n’est plus en zamac mais en aluminium. La gravure mentionnant la firme Bapro a disparu. Par économie, sans doute, les roues sont en bois équipé d’un enjoliveur chromé. La calandre sera alors soulignée à l’aide de peinture argent. (voir l’autre article sur le sujet)

Chrysler Airflow scandinave 2

Chrysler Airflow scandinave 2

Pour bien montrer les nombreuses connexions entre les Etats-Unis et la Scandinavie dont nous parlions dans un article précédent (voir cet article) je ne résiste pas au plaisir de vous montrer ce très intéressant jouet.

Ce n’est pas une Chrysler. Non, c’est une Plymouth. Le jouet a été fabriqué à Nyköping en Suède. Vous pourriez penser qu’il ne s’agit que d’un exemple supplémentaire. Cependant, ce jouet a une particularité. Il a été fabriqué chez ANA.

ANA était l’unité de fabrication à l’échelle 1 des Plymouth en Suède. Afin de contourner les taxes douanières, cette petite usine suédoise a assemblé pendant quelque temps des Plymouth pour le marché local. Chose exceptionnelle, le jouet était fabriqué au même endroit que les autos à l’échelle 1.

ANA Plymouth berline mécanisme
ANA Plymouth berline mécanisme

Autre singularité, le modèle comportait un ingénieux système de propulsion L’enfant pouvait tirer une ficelle qui passait à travers une large fente pratiquée sur le pavillon : il entraînait ainsi un cylindre sur lequel les roues étaient fixées.

Le modèle en plâtre

Cette Chrysler Airflow est une rareté. Je ne l’ai vue que deux fois. Elle est directement inspirée des modèles en caoutchouc. L’échelle de reproduction est proche du 1/38. Le matériau utilisé est une sorte de composition ressemblant à notre « plâtre et farine  » français. Dans les catalogues de la C-I-J le nom servant à désigner ce matériau était la plastiline. Par rapport au modèle en caoutchouc, les parties vitrées sont évidées. Les roues sont en aluminium. C’est un étrange produit qui devait être d’une grande fragilité.

Erica

J’ai un souvenir très précis concernant ce modèle peu fréquent. Je n’ai jamais reçu la première Erica que j’avais achetée ! Le colis s’est perdu en Allemagne durant son acheminement.

Il y a plus de trente ans, un ami danois qui était à Copenhague pour une vente aux enchères, m’avait annoncé qu’il m’avait enfin trouvé un exemplaire de cette Chrysler Airflow. Ne pensant pas me voir, il n’avait pas jugé bon de l’emmener avec lui. Qu’à cela ne tienne, j’avais payé le modèle et lui avais demandé de me l’expédier. Il n’arriva jamais ! J’ai dû patienter près de 25 ans pour en trouver un autre. La Chrysler ressemble, au niveau de la silhouette, au modèle décrit plus haut, mais réduite à l’échelle du 1/43. Elle est en plomb. L’injection et la gravure sont de bonne qualité. De plus, la création d’un châssis en tôle permet de reproduire les pare-chocs. On a longtemps pensé qu’elle avait été créée en Suède. Depuis quelque temps, des collectionneurs danois avancent qu’elle serait plutôt du pays d’Andersen. Je la connais de couleur bleue ou bordeaux.

RS Toys : trois petites  autos et puis s’en va

Voilà une firme qui aurait pu avoir un autre destin. En effet, à l’origine de cette firme, nous retrouvons l’importateur des jouets Märklin pour la Suède, M. Uno August Riese.

Nul besoin de préciser qu’à la fin des années trente la firme de Göppingen bénéficie d’une aura internationale. Avoir en charge la distribution de ses produits est une marque de confiance. On en déduit que M. Riese disposait déjà d’un solide réseau de marchands de jouets pour écouler sa propre production.
Ce dernier a acquis la firme portant le patronyme « Mars » en 1935. Cette société spécialisée dans la fabrique de soldats de plomb avait été créée à Stockholm au début du siècle. Lorsque son fondateur Oscar Starck décède, c’est le prototypiste Lindberg, qui prend les rênes. Si ce dernier a un réel talent de graveur, ce n’est pas un bon gestionnaire. En août 1935, il doit se résoudre à céder l’entreprise à M. Riese, et demeure en son sein comme mouliste. Les trois modèles commercialisés sont d’excellente qualité. Cela n’est pas dû au hasard.

Les contraintes de fabrication particulièrement lourdes se répercutent sur le prix de revient des modèles. Nous avons de bonnes informations sur ce sujet grâce à M. Kaj Wicklander que j’ai rencontré en 1988. Ce dernier avait récupéré les trois moules. A partir de ces derniers et avec l’aide d’un artisan, il s’est décidé à ressortir quelques reproductions dûment estampillées en tant que telles. Dans un article publié en 1980 dans Modellers World dont il m’a fourni une copie, il explique toute la difficulté à démouler proprement les modèles injectés et en tire la conclusion suivante:

Les modèles, sophistiqués, demandaient sans doute une technique que M. Lindberg habitué aux sujets de petite taille ne possédait pas. Devant la difficulté, M. Riese, jeta l’éponge dès le troisième modèle.

La De Soto RS Toys (les initiales de M. Riese) est réduite à l’échelle du 1/43. Les modèles portent une publicité « Philipson » sur le pavillon, beaucoup plus visible sur ceux de couleur rouge. Philipson était le nom d’une concession De Soto à Stockholm. Un accord avec ce garage a peut-être garanti une commande à RS Toys. Bien évidemment, les reproductions des années 80 ne peuvent arborer cette décoration.

Lorsque je découvre une production qui m’est inconnue, j’ai pour habitude d’aller voir dans le livre de Paolo Rampini si ce dernier l’a référencée. Cet ouvrage est le plus complet que je connaisse, il n’est pas prêt d’être supplanté et m’a souvent surpris. Ainsi dernièrement alors que j’étais tout content d’avoir découvert des Tri-ang Minic de Nouvelle-Zélande en zamac, j’ai pu constater qu’une liste en avait été dressée par notre ami italien. Or aucune des trois pièces décrites plus haut ne figure dans son listing. Cela confirme bien que nous sommes en présence de pièces très rares.

Incendie à Copenhague !

Incendie à Copenhague !

Il est toujours plaisant pour un collectionneur de longue date de découvrir une nouvelle firme. Nous avons eu connaissance de ce fabricant pour la première fois dans l’ouvrage de Samlerborsen consacré aux productions danoises en miniature.Il serait l’oeuvre de Jotha Plastic.  Un vrai choc !

Incendie à Copenhague !
Incendie à Copenhague !

En 25 ans de voyage en Scandinavie nous n’avions jamais vu cet objet. Il y a trois ans, au détour d’un catalogue de salle des ventes Suédois l’objet convoité était présenté superbe, complet … neuf en boîte. Comment était il arrivé là ? … Mystère !

Manifestement il n’avait pas trouvé grâce auprès de son petit propriétaire ou plus simplement il était demeuré au fond d’une boutique, trésor ignoré d’acheteurs qui ne savent pas regarder.

Le plastique utilisé est de très belle qualité. C’est un jouet ludique. Le fourgon renferme un réservoir fermé par un bouchon servant d’amorce à une pompe. Le dévidoir est opérationnel. Les phares et le projecteur sont phosphorescents : ce qui est une caractéristique fréquente des jouets nordiques ; la nuit tombe tôt, il faut égayer les longues soirées d’hiver.

L’allure générale de ce fourgon fait penser à une reproduction d’un Triangel firme automobile danoise (voir la reproduction qu’à réalisée tekno). Les extensions d’aile sont assez généreuses. L’échelle retenue est le 1/43 environ. De nombreuses pièces en plastique rapportées composent ce jouet. Sur l’exemplaire présenté tout est en place mais iIl est facile d’imaginer la fragilité de l’ensemble.

Une question me taraude : ce fabricant éphémère, Jotha Plastic, a-t-il produit d’autres modèles ?