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Mercury Lancia Flaminia ou La grande bellezza

Mercury Lancia Flaminia ou La grande bellezza

Mercury Lancia Flaminia ou l'harmonie des couleurs
Mercury Lancia Flaminia ou l’harmonie des couleurs

Chaque collectionneur de miniatures construit son propre univers en fonction notamment de ses souvenirs personnels. Chaque amateur s’est forgé son goût qu’il est bien difficile de faire évoluer. Dans mon cas personnel par exemple, à l’évocation d’une Lancia Flaminia, je ne peux que penser à la reproduction du coupé proposée par Solido. Je ne vais pas revenir sur les raisons de ce choix, il suffit de relire l’article consacré à cette auto.

Mais pour bon nombre d’amateurs, la Lancia Flaminia qui retient l’attention, c’est la version berline.

Dans la réalité, c’est effectivement une très élégante auto que Lancia a mise sur le marché en 1957. Sa ligne est due au crayon de Pininfarina. C’est une réussite incontestable. L’auto se place dans le haut de gamme de la production automobile de l’époque. Il est dommage que Lancia n’ait pas eu les moyens de lui offrir une descendance lors de l’arrêt de la production en 1967. Quatre exemplaires serviront de voitures présidentielles. C’est vraisemblablement la venue de la reine Elizabeth II en 1960 qui a poussé Pininfarina à fabriquer ces autos dénommées « Presidenziale ».

Mercury, qui était alors leader au niveau de la fabrication de miniatures dans la péninsule italienne ne pouvait passer à côté de cette auto.

Elle appartient à la seconde génération des miniatures Mercury. Les premières références proposées par Mercury étaient de taille généreuse. Les miniatures étaient reproduites au 1/40ème environ. En fait aucune n’était à la même échelle. On peut simplement dire qu’elles étaient assez éloignées du 1/43ème, échelle de reproduction imposée par Dinky Toys pour servir d’accessoires sur les réseaux de train Hornby. La seconde série Mercury est apparue au milieu des années cinquante. Elle est plus homogène. Toutes les autos sont au 1/45ème environ. Notre Lancia Flaminia du jour est fidèlement reproduite.

Mercury n’a pas oublié de faire figurer le balai d’essuie-glace de la lunette arrière, accessoire rare à l’époque.

Les premiers exemplaires sont dépourvus d’aménagement intérieur. Les châssis sont peints de couleur argent dans un premier temps avant d’être chromés vers la fin de la production.

C’est aussi à cette époque qu’un aménagement intérieur est proposé, afin de moderniser un peu la miniature. Les derniers exemplaires recevront une peinture unicolore. Moins esthétiques que les versions bicolores ces exemplaires sont bien plus rares.

Une des raisons qui font aimer les Mercury, c’est cette incroyable faculté à proposer des quantités de mariages de couleurs, tous plus ou moins improbables mais fabuleux à contempler en vitrine. Au risque de me répéter, seuls les Italiens pouvaient marier les couleurs avec autant d’élégance !

Dalia Lancia Flaminia

Dalia Lancia Flaminia

Elégance italienne à Barcelone.

Dalia Solido Lancia Flaminia avec phares moulés
Dalia Solido Lancia Flaminia avec phares moulés

Comme bon nombre de modèles de la série 100, la Lancia Flaminia sera produite de l’autre côté des Pyrénées, en Espagne. Contrairement à d’autres modèles de la série 100, sa carrière internationale se limitera à ce pays. Elle n’aura malheureusement pas l’honneur d’être produite au Brésil ou en Argentine.

La version espagnole produite à Barcelone chez Dalia aura une belle et assez longue carrière.

Dalia Solido Lancia Flaminia avec phares moulés
Dalia Solido Lancia Flaminia avec phares moulés

L’existence de trois boîtes différentes en atteste.

Ceci dit, par rapport à d’autres modèles Solido-Dalia comme la Mercedes 220SE ou la Ford Thunderbird, elle ne sera jamais affublée des décorations et accessoires qui caractérisent les Dalia dont la production s’est étendue sur une longue période. Il n’y aura pas de déclinaison taxi, ambulance, Autopistas, course ou Bomberos. Il est certain que cela ne n’aurait pas été très crédible.

Mais sur ce point, Dalia ne s’est jamais retenue de produire, surtout à la fin, des versions farfelues qui font désormais le bonheur des collectionneurs.

Il est intéressant de constater que le moule Dalia recevra les améliorations apportées par Solido à son modèle : les phares rapportés ont ainsi remplacé les phares moulés. Comme toujours avec Dalia, la qualité décline avec le temps. Les premières versions, celles avec phares moulés, recevront une peinture de meilleure qualité que les modèles suivants. Il en sera de même pour les finitions argent au pochoir. Par contre Dalia n’utilisera jamais les jantes standard en remplacement des jantes en acier chromé concaves comme Solido le fit.

La palette de couleurs est large. II est heureux de constater que Dalia n’affublera jamais cet élégant coupé de couleurs criardes. Il existe sans doute d’autres teintes que celles qui sont photographiées, à vous de les trouver !

voir les autres articles  consacrés à la Solido Lancia Flaminia

Les Fusées de Turin – Aero Mercury

  • Jantes en zamac brut
  • châssis en tôle puis en zamac riveté
  • phares moulés avec la carrosserie puis rapportés en zamac brut
  • calandres ornées de cinq barres puis de trois
  • laques d’immatriculation « TO 19 » puis « TO 16 »
  • certaines possèdent un anneau en zamac moulé au pare-choc. Il existe aussi deux versions mécaniques l’une avec un système de remontoir à clef et l’autre avec un entraînement du moteur par élastique.

Ce jouet ne reproduit pas un modèle précis. On peut facilement imaginer un châssis de Fiat avec une carrosserie artisanale : cela ce faisait beaucoup à cette époque. Mercury l’a intitulé dans son catalogue : « Aero » : la bien-nommée !

Les Aero Mercury dans leur ensemble dégagent une poésie particulière. Une poésie que l’on ne rencontre qu’avec certaines firmes. Ces jouets sont représentatifs à mes yeux d’une culture. La beauté de la forme est primordiale. Ce que l’on appelle désormais le design est ici exacerbé. Nous sommes en présence d’une forme fluide. On sent que le souci des concepteurs était la recherche de la vitesse. L’aérodynamisme est ici conjugué avec la beauté des formes. On imagine ces autos flanquées d’un numéro de course surgir au détour d’un virage des mille-miles.

Le choix des coloris est également très subtil. Nous sommes en Italie. On cultive le beau. J’ai une grande passion pour cette firme et pour ce pays.

Noël à Milan avec PM Presofusiona Mecanica

Il y a des noms de fabricants de jouets qui pour moi évoquent instantanément le rêve. PM, Presofusiona Mecanica, en fait partie. Cette firme éphémère est peu connue des collectionneurs. Il semble que sa production n’ait jamais passé les frontières italiennes.

Il a fallu les ouvrages de Paulo Rampini ainsi que quelques photos dans la revue « ma collection » de Michel Sordet pour nous faire découvrir ces joyaux.

PM c’est un univers. Ses concepteurs ont créé autour des véhicules toute une infrastructure : panneaux, barrières, passages à niveaux, pompes à essence tourniquets… et bien d’autres encore.

Tout un ensemble d’accessoires permettant de recréer en miniature un monde virtuel. Le coffret est présenté dans un cartonnage coloré faisant penser aux boîtes que l’on trouvait au moment de Noël dans tous les pays latins (Espagne, Portugal, Italie). Les autos sont des Lancia. L’échelle retenue est environ le 1/41. La disposition des objets à l’intérieur du coffret est attrayante : au centre un îlot couvert abritant une jolie pompe à essence ; devant, sur le coté, un présentoir avec des bidons d’huile ; des panneaux de direction. Le décor est planté, celui d’une petite station service. J’ai acquis ce coffret… en Angleterre. Il provient de chez Mike Richardson qui le vendit sous mes yeux à un autre collectionneur britannique. Je mis longtemps à trouver la pièce qui allait décider ce collectionneur à s’en séparer. Je n’en ai jamais revu un autre. Il y a sûrement eu de nombreux autres coffrets chez ce fabricant.

J’en profite pour vous présenter un autre joli coffret avec trois autos qui devait faire la joie des mécaniciens en herbe : les autos sont à assembler à l’aide du tournevis fourni dans le coffret.

Bien que ces deux coffrets présentent les mêmes voitures, j’ai plus d’attirance pour le premier, « autoservizio »sans doute à cause de la présence de la présence de la station service et d’une présentation globalement très esthétique.

Mercury : béni des Dieux

Un peu d’attention à notre patrimoine artistique, architectural ou culturel révèle combien notre société est redevable à la Grèce antique.

Mercury : rare version
Mercury : rare version

Nombre d’auteurs classiques ont puisé leur inspiration dans la tragédie grecque. Le théâtre et l’opéra ne cessent de nous raconter l’histoire de Phèdre, d’Alceste et d’Eurydice. Une bonne connaissance de la mythologie grecque est indispensable à la compréhension de l’histoire de l’art. Plus tard Rome reprendra à son compte la mythologie grecque et donnera des noms latins à ses divinités.

Les deux associés de Mercury, Attilio Clemente et Antonio Cravero devaient avoir une solide culture antique. Lorsqu’ils ont entrepris de diversifier l’activité de leur entreprise, c’est en l’honneur du dieu du commerce, Mercure, qu’ils ont nommé Mercury la branche jouets de leur entreprise.

La firme naquit donc sous de bons auspices. Au départ, elle se développe grâce au Comte Giansanti Coluzzi. Cependant, le marché italien peine à se remettre de la seconde guerre mondiale et n’est pas assez important. Les dirigeants qui sont conscients du potentiel de leur entreprise, vont tout faire pour favoriser l’exportation des produits Mercury. Après la conquête du marché suisse, qui a été une réussite, Mercury va s’attaquer à d’autres objectifs.

A-t-on bien consulté les oracles avant de s’engager ? Disons simplement qu’une analyse plus fine de la situation aurait permis d’éviter bien des écueils.

Tout commence en 1958. Une nouvelle gamme est lancée avec pour cible le marché nord-américain. Dans ce secteur saturé où la concurrence est rude, Mercury va faire preuve d’imagination. C’est avec une gamme d’engins de travaux publics qu’elle tente une percée. Mercury traite à des échelles très réduites, du 1/75 au 1/110 environ, ces engins aux dimensions impressionnantes. Elle s’affranchit ainsi des coûts de fabrication élevés qu’aurait engendrés une reproduction au 1/50. De plus, à cette époque, la mode est aux réseaux de chemin de fer HO avec lesquels, si l’on n’est pas trop pointilleux, ces engins sont plus ou moins compatibles. Les modèles reproduisent les engins qui figurent dans les catalogues des fabricants américains.

En Europe, où Mercury tente également de les distribuer, le succès n’est pas au rendez-vous. Par contre, aux Etats-Unis un dénommé Povitz approche les dirigeants de Mercury afin de les persuader de produire ces miniatures sur place à Plattsburgh (NY). On peut imaginer aisément les arguments en faveur de cette solution : moins de frais d’expédition et suppression des taxes d’importation. Le prix de revient et le prix de vente se trouvent tirés vers le bas. Mercury en pleine confiance acceptera cette offre. Ainsi à Plattsburgh (NY) une unité dénommée « Little Toy » voit le jour. Elle reprendra la production avec l’outillage provenant de Turin. Les modèles issus de cette unité reçoivent un emballage plus luxueux mais plus fragile, proche de ce que Dinky Toys fera pour le marché américain.

Ce que l’on sait moins, c’est que l’unité de production américaine va créer quelques modèles que l’on ne verra jamais en Europe. Je me souviens fort bien l’avoir fait découvrir à Paolo Rampini, pourtant fin connaisseur et possédant une grande culture sur l’histoire du jouet. Comme il doutait un peu de mes propos, j’ai dû lui prouver l’existence de ces jouets. C’est à cette occasion que j’ai découvert que le fabricant délocalisé aux USA avait fait graver sur les pneumatiques le nom Mercury. Ainsi, je vous présente ces quatre véhicules, tous des Chevrolet. L’échelle de reproduction se situe au 1/75 environ. Ils sont très peu fréquents, notamment le tracteur Chevrolet semi-remorque. On peut imaginer que la branche US envisageait une diversification de sa gamme. L’histoire se gâte quant le gérant, M. Povitz disparaît dans la nature sans avoir réglé à Mercury le prix du prêt de l’outillage. Mercury lance une action judiciaire et fait même intervenir le consulat. Sans succès.

Ce revers a eu de graves conséquences pour la firme turinoise. Mercure avait sans doute mieux à faire ailleurs. Sans oublier qu’il était aussi le Dieu des voleurs…