Tous les articles par Isabelle et Vincent Espinasse

Chinoiserie milanaise

Chinoiserie milanaise

« Vincent, mon ami, j’è peut-être ouna modèle pour toi. Ma, c’est oune peu spéziale. Les Mercury sont dans la presse. Elles sont faites bien sour en Chine.  eh oui ! »

Voilà comment Marco, jovial marchand milanais m’aborda à Birmingham, pour m’expliquer le test que faisait la société Hachette dans quelques villes, dont Varese.

D’ordinaire je ne suis pas intéressé par ce type de marchandise. Pourtant, la bonne humeur de mon ami italien m’a incité à m’attarder. Il m’ a donc sorti le produit de son sac à malices.

J’avoue avoir été sous le charme. Après coup, j’ai cherché à comprendre pourquoi je m’étais laissé séduire par ce produit. Je n’ai plus acheté la moindre reproduction après les Verem des années 80. Enthousiaste au départ, je m’étais vite lassé car la qualité était inférieure à celle des modèles d’époque. Les Dinky Toys Atlas ont permis à de nombreux collectionneurs soit de redémarrer, soit de compléter leur collection à moindre prix.

Tout le monde ne peut pas se payer une couleur rare ou une version promotionnelle. Un collectionneur américain m’a récemment délivré cette réflexion à Sandown Park.

Pourquoi pas? Je reviendrai prochainement sur ce sujet polémique.

Petit miracle, le produit Mercury Hachette est mignon. La peinture n’est pas trop clinquante. J’en discutais avec Jean-Michel Roulet, et, d’après ce dernier, cela n’est possible que parce que la quantité produite a été assez réduite. A l’opposé, les modèles Atlas produits en masse ont nécessité des techniques modernes d’application de la peinture qui donnent cet aspect différent.

Le format du magazine et surtout le graphisme choisi ont fait le reste. Superbe. Tout le savoir-faire et le sens du beau italiens. Une heure après, j’ai montré le produit à mon ami Clive Chick qui a ouvert de grands yeux : lui aussi est tombé sous le charme. Pour celui qui a une culture ancienne de la collection, ce graphisme est parlant. Ceci dit, mon ami Marco semblait dubitatif sur le succès de la série dans la durée. J’étais effectivement curieux de voir comment le grand public italien allait accueillir cela. Il semble que la série a été interrompue au numéro 4.

En attendant, la firme milanaise a déjà eu affaire avec l’Asie dans son glorieux passé, et plus particulièrement avec le Japon. Bien que je n’aie pas tous les éléments l’histoire est des plus intéressantes. C’est grâce aux voyages de mon ami Clive au Japon que l’on a vraiment découvert ces produits de la fin des années quatre-vingt. L’histoire est assez belle.

Pour résumer, disons que Mercury, et toutes les autres firmes européennes, Metosul, Solido, Dinky Toys, Mebetoys et C-I-J ont trouvé à partir du milieu des années soixante des débouchés inespérés au pays du soleil levant. Je ne sais pas si ces jouets ont rencontré un gros succès, mais une chose est sure, ils ont été importés au Japon en nombre.

Toutes les marques de miniatures précitées ont d’ailleurs édité des catalogues en langue japonaise !

Mercury a aussi exporté vers ce pays. Tout allait bien, jusqu’au jour, où pour des raisons que j’ignore, la firme milanaise a rompu le contrat qui la liait à la société  japonaise chargée de l’importation et de la distribution.

Cette dernière avait assuré ses arrières et avait déposé au Japon le nom « Mercury ». Quand les italiens envoyèrent les modèles vers la nouvelle structure chargée de les importer, ils furent bloqués en douane, au motif que le nom commercial ayant été déposé au Japon, ces produits constituaient des copies. Seule solution pour Mercury, renvoyer les modèles au pays et effacer le logo Mercury.

Sur les boîtes, ce fut facile: il suffit à Mercury d’en créer une, générique, avec une étiquette autocollante sur les languettes permettant l’identification du modèle.

Restait la gravure du châssis… Il s’ensuivit un vrai travail de type artisanal. Les modèles revenus sont clairement identifiables : les châssis ont été grattés sans soucis de perfection puis badigeonnés de peinture. Sur les modèles suivants, les châssis ont été limés après injection et avant la mise en peinture. Surprenants modèles pour qui ne connaît pas l’histoire !

On imagine le nombre de collectionneurs qui ont été déboussolés par cela dans les années quatre-vingt.

La liste des modèles réalisés est assez longue : on retrouve les autos de course (Ferrari 330P4, Porsche Carrera 6, Chaparral 2F et des Alfa Romeo 33) mais aussi toutes les Fiat des années soixante-dix. Celles qui étaient équipées de châssis plastique ont pu facilement être mises aux normes d’exportation.

Mes préférées sont celles qui proviennent de séries plus anciennes (Alfa Romeo 1900, Alfa Romeo Giuleitta sprint, Volkswagen 1200 ou encore Mercedes W196 monoplace carénée)

A ma connaissance, un seul modèle a bénéficié d’un traitement particulier. C’est le superbe Fiat 682N porte-autos. Le moule a été revu et le logo Mercury a été effacé définitivement. Ainsi, même les derniers modèles vendus en Italie ne possèdent plus le logo Mercury. La boîte est identique.

De larges autocollants « Made in Italy » servent à masquer les logos Mercury.

 

C’est ainsi que les italiens se montrèrent opportunistes et contournèrent le blocage japonais. Belle histoire, qui me semble unique dans le monde de la miniature automobile.

Désormais, signe des temps, c’est en sens inverse que va le commerce. Les autos sont fabriquées en Asie pour être vendues en Europe ! Qui aurait prévu cela en 1970 ?

Le Pélican et la loi Evin

Le Pélican et la loi Evin

Certains noms de ministre restent dans le temps et reviennent ainsi, presque malgré eux, sous les feux de l’actualité, parfois vingt ou trente ans après que la fonction ait cessé d’être exercée par son titulaire. Il en est ainsi lorsque le nom du ministre est étroitement associé à une loi ayant fait polémique ou ayant été farouchement combattue. Ainsi, le nom de Simone Veil récemment disparue sera pour toujours associé à la loi légalisant l’avortement et à son combat contre un parlement composé majoritairement d’hommes qui ne voulait pas entendre parler de cette loi. Aujourd’hui encore certains rêvent d’un retour en arrière.

Pour tout dire ce n’est pas à cette loi que je pensais quand m’est venue l’idée de faire ce blog. Non, je pensais à la loi Evin relative à la lutte contre le tabagisme et l’alcoolisme et l’idée m’est venue alors que je rangeais en vitrine un buvard publicitaire édité dans les années cinquante par la bière « Pélican ».

Le sympathique volatile s’adressait ainsi aux enfants : « Votre collection d’autos miniatures va s’accroitre grâce au Pélican » tandis qu’un astérisque renvoyait au bas du buvard où l’on trouvait les explications permettant d’acquérir ce joli petit camion Renault : « conservez soigneusement les étiquettes !…500 donnent droit à un attrayant CADEAU PUBLICITAIRE !  » (texte original)

Deux choses m’ont surpris. La première est que ce message soit à destination des enfants. La seconde, c’est la quantité requise pour bénéficier du cadeau ! 500 bouteilles de bière Pélican pour mériter le petit camion Renault brasseur de chez Polichinelle, cela fait beaucoup ! C’est un vrai pousse -au -crime. On notera également qu’il devait être bien fastidieux d’enlever les 500 étiquettes des bouteilles.

Je me souviens très bien qu’à l’école, le peu de fois où j’ai mangé à la cantine, on servait encore de la bière à table. L’industrie brassicole devait par ce biais éduquer les jeunes gens au doux plaisir de ce breuvage.

Cependant, la marque Pélican va plus loin. Elle invite clairement à boire en famille : « En famille buvez Pélican la grande Bière française ». A titre personnel, je n’aime pas la bière et je remercie la famille de mon épouse originaire de Calais de ne jamais m’en avoir tenu rigueur, dans la mesure toutefois où j’accepte bien volontiers un verre de vin rouge.

Un dernier détail, assez amusant. Observez le dessin. On voit cinq enfants. Les quatre garçons sont déjà sous l’emprise de l’alcool. La jeune fille baisse les yeux. Elle a l’air très sage et visiblement n’a pas touché à la bière Pélican.

Elle est presque gênée d’être là et de voir le comportement des jeunes garçons qui l’entourent.

Le petit Renault ATD Polichinelle est superbe. Plein de charme. Réalisé en tôle lithographiée, c’est un beau témoignage d’une époque. Pour l’occasion un étui a été réalisé. A priori, cette version plateau brasseur n’a pas été reprise en série.

Quatre carrosseries ont été proposées en magasin de jouets…ou plutôt chez les marchands de couleurs et autres bazars, circuit privilégié de distribution de ces petites firmes. Il faut noter un détail important : les modèles du commerce sont découpés dans des tôles unies. Plus de lithographie, même pour souligner les phares ou la calandre.

Nuançons enfin l’existence des quatre carrosseries. En fait, il y a une version citerne et une version ridelles. Cette dernière se décline en benne basculante quand elle est articulée sur l’arrière du châssis et en bâché, avec l’adjonction d’une bâche. Si l’on ajoute la version ridelles fixes cela nous fait bien quatre carrosseries qui ont été regroupées dans un superbe petit coffret intitulé « Les routiers ».

Un examen attentif du dessin du couvercle montre que l’illustrateur a reproduit un camion Ford 5 tonnes, celui de chez Dinky Toys, et non un Renault !

Enfin, la présence du nom d’une imprimerie lyonnaise “Bobillon et Beraud” laisse penser que l’origine de la marque est lyonnaise…mais alors pourquoi ne pas avoir reproduit un Berliet local ?

Dernière question. la C-I-J avait un contrat d’exclusivité pour la reproduction des véhicules Renault. Y a -t’-il eu un souci avec la Régie? Le modèle Polichinelle reproduit assez fidèlement un Renault ATD, c’est acquis. Cependant, la marque  au losange n’apparait ni sur le jouet ni sur la boîte.

Pour essayer d’être le plus complet possible signalons enfin l’existence de jolis ensembles, avec remorque, vendus en boîte individuelle. Pour l’occasion, Polichinelle a réalisé une remorque à deux essieux. Ces ensembles sont des plus réussis. Ces productions méritent votre respect de collectionneur et complètent à merveille l’univers des véhicules industriels français .

 

Leçon de géométrie chez Dinky Toys

Leçon de géométrie chez Dinky Toys

Droite, triangle isocèle, rectangle, voilà quelques-unes des figures géométriques que le bureau d’étude de Dinky Toys eut à utiliser pour résoudre une équation des plus délicates, celle consistant à reproduire, sur une miniature, le pare-brise d’un cabriolet. Voici les données du problème : il faut qu’il soit fidèle, esthétique, solide, et qu’il ne nécessite pas trop de contraintes lors de sa production.

A première vue, cela peut sembler facile. Mais celui qui connaît un peu la production mondiale de miniatures sait qu’il y a toujours eu là une source de difficultés et ce, chez tous les fabricants. Dinky Toys, Grande-Bretagne et France, ont été confronté dès l’origine à cette équation.

Pour le premier modèle, celui de la série 22, injecté en plomb et carrossé en cabriolet c’est un rectangle rapporté qui fait office de pare-brise. Sur le modèle produit en France, c’est une pièce comprenant le volant, le pare-brise et le tableau de bord qui est retenue à la carrosserie à l’aide de deux rainures verticales.

C’est simple, efficace, mais fragile.

Sur la version anglaise, antérieure à la française, c’est également une pièce rapportée qui remplit la fonction de pare-brise. Le système de fixation à la carroserie est différent, sûrement moins pratique à mettre en place. A première vue le pare-brise semble plus sophistiqué et plus fin. Cependant, la réalisation n’est pas convaincante car il est finalement plus fragile que sur la version française.

Pour les modèles suivants, ceux de la série 24 d’avant-guerre, c’est un harmonieux rectangle rapporté, ajouré sur les premiers modèles, puis plein, qui fait office de pare-brise. Il vient se fixer simplement sur la carrosserie. Au niveau robustesse, cela semble être un sérieux progrès par rapport aux séries 22. La série reprise après guerre conservera cette technique.

Le vrai changement arrive après-guerre avec la reproduction de la  Jeep Willys réduite à l’échelle du 1/50 chez les Anglais et au 1/41 environ en France. Un nouveau procédé de reproduction est utilisé. La pièce est en tôle, rapportée, puis encastrée dans deux glissières verticales. Elle ne peut s’enlever. Tout est à angle droit. Un montant vertical divise le pare-brise en deux rectangles. Cette solution est inspirée par la forme du pare-brise de la véritable Jeep.(voir le blog consacré à la Willys jeep Dinky Toys)

Vous avez tous en collection une Simca 8 sport de chez Dinky Toys. Sur ce modèle, très typé, le traitement harmonieux du pare-brise est « La  » caractéristique majeure de la miniature. Ce sont les triangles isocèles faisant office de montants verticaux qui sont remarquables.

Ils permettent une solidité renforcée par rapport aux modèles décrits précédemment, tout en donnant à la Simca une élégance et un raffinement jamais rencontrés jusque- là sur ce type de produit.

 

Pourtant, la découverte récente de trois éléments permet d’établir aujourd’hui que le projet initial, portant le nom de code 100148, était bien différent. C’est en effet sous ce matricule qu’est étudiée le 24 octobre 1950 (!) cette  reproduction de la Simca 8 sport. Il ne reste à ce jour que les vues en coupe.

Un détail est frappant. Il n’y a pas de triangle isocèle, mais un pare-brise en tôle, encastré, comme sur la Willys.

La récente mise en vente du prototype en bois permet de confirmer cet état de fait. Comme le plan de 1950 le modèle en bois comporte un pare-brise en tôle. Le modèle en bois est antérieur aux plans, il servait à la direction pour valider ou non le modèle et donc l’exécution des plans .

Le modèle dessiné sur le plan ne porte pas encore un suffixe à son numéro. La lettre « S » n’a pas encore été choisie.

Mais ce n’est pas tout. J’ai également récupéré un autre dessin du projet 100148 ( le même numéro a été conservé). Celui ci est daté du 21 mai 1951. Les fameux triangles isocèles du pare-brise sont bien là. Comme le subodore Jean-Michel Roulet dans son dernier livre au sujet de la Simca 8 et de sa gestation, Dinky Toys a tardé à concrétiser cette auto. De plus, la vraie voiture a évolué très vite. Le plan de 1951 est révélateur.

Le modèle dessiné possède la calandre de forme ovale que l’on voit sur le prototype en bois. Ce n’est donc pas encore le projet final !

Ces plans et ces prototypes sont des pièces exceptionnelles. Ils permettent une meilleure compréhension de l’histoire de Dinky Toys France.

C’est pourquoi j’avoue avoir été déçu de l’accueil réservé aux plans que j’avais fait tirer à la fin de l’année dernière. Peu de collectionneurs de Dinky Toys se sont révélés intéressés pour en acquérir un jeu. A 30 € les 18 pièces, le coût était pourtant bien raisonnable. (voir l’article sur les 18 plans reproduits).

 

 

 

La lectrice

La lectrice

Dernièrement, une information a retenu mon attention. Un chercheur gallois annonçait que les suites pour violoncelle de Jean-Sébastien Bach avaient été en partie composées par son épouse, Maria-Magdalena. Il récidiva plus tard en annonçant que la soeur de Mozart avait participé aussi à la composition de quelques oeuvres. Je ne sais s’il faut accorder trop de crédit à ce genre d’annonces, mais une chose est sûre, je ne vais pas attendre qu’un journaliste découvre le pot aux roses avec le blog de l’Auto Jaune : je l’avoue dès à présent, mon épouse participe à l’écriture du blog.

Je me souviens du jour où elle a regardé la feuille sur laquelle j’avais rédigé le brouillon de mon premier blog. Connaissant ses facultés de rédaction, je souhaitais qu’elle ait un regard critique sur mon travail. Ce fut la douche froide.

Contresens, erreurs de syntaxe, fautes d’orthographe, le bilan n’était pas fameux. On peut dire qu’elle s’arrachait les cheveux. Elle m’a confié plus tard avoir bien cru que nous n’y arriverions jamais.
Moi qui partais avec de grandes illusions, j’ai compris qu’il allait falloir travailler dur si je voulais arriver à mon but : partager et transmettre ma passion des autos miniatures.

Ainsi, à « grands coup de ciseaux » pour reprendre son expression favorite, mon épouse a remanié le texte afin qu’il soit clair et compréhensible de tous. N’ayant pas un égo surdimensionné, j’ai pris la chose avec philosophie. Avec le temps, j’ai pu constater que ses corrections permettaient aux gens non initiés au monde de la collection de miniatures de trouver un intérêt à la lecture de ces quelques lignes.

Il faut reconnaître que le support papier n’était pas la bonne solution et que le traitement de texte facilite le travail à quatre mains. Mais l’inspiration me venant souvent de manière soudaine, sur mon vélo, dans une salle de cinéma, dans un musée ou dans le métro j’ai toujours besoin de consigner l’idée sur une feuille avant qu’elle ne s’envole.

Cependant, poursuivant notre petit bonhomme de chemin, nous voici arrivés au cinq-centième blog, ce qui représente quelques feuillets. Je n’ai  pourtant jamais eu la tentation de concevoir un ouvrage sur notre collection. Ce qui m’intéresse, c’est de présenter les miniatures à travers leur histoire et mes expériences personnelles, sous un angle original et différent de ce qui existe déjà. Pour cela, le blog laisse une liberté sans pareille : il est de plus accessible à tous. Et si de livre il n’y aura jamais, j’ai quand même décidé de faire un clin d’oeil au monde de l’édition en retenant ce thème pour le blog du jour.

En fait, je dois avouer, qu’il y a déjà très longtemps que je cherchais un prétexte pour vous montrer une miniature qui me tient à coeur. Il s’agit d’un véhicule réalisé par Erzgebirge.

C’est plutôt la thématique choisie par le fabricant qui est exceptionnelle. Il s’agit d’un bibliobus des années trente. D’après des photos que j’ai pu voir du vrai véhicule, il aurait été conçu sur la base d’un Büssing.

Réalisé bien sûr en bois, comme tous les jouets de cette firme, il possède un charme indéniable. Le fabricant a même pris le soin de faire figurer à l’intérieur, à l’aide d’un tampon, des livres rangés sur des étagères.

Une figurine représentant la bibliothécaire finit de donner au jouet toute sa poésie. Enfin, il est intéressant de rapprocher la fabrication de ce jouet de la période troublée que traversait l’Allemagne dans les années trente et notamment de l’autodafé en 1933 des ouvrages écrits par des écrivains juifs ou communistes. Ce pacifique petit véhicule, contemporain de ces exactions, peut être vu comme un symbole de la transmission du savoir, mais aussi comme un pied de nez aux autorités nazies.

A partir de ce véhicule, j’ai choisi de dériver vers les véhicules arborant des noms de journaux ou de maisons d’édition situés dans l’Europe du Nord. Au regard du nombre de miniatures aux couleurs des grands quotidiens allemands, on ne peut s’empêcher de penser qu’il y  avait outre-Rhin un engouement pour ce type de vecteurs publicitaires.

Le grand quotidien « Der Spiegel » fera réaliser des miniatures à ses couleurs.

Märklin fournira tout d’abord un Volkswagen Kombi, puis Tekno un camion Ford D800.

Pour cette occasion, Tekno a conçu cet habillage de type fourgon, peu crédible mais bien pratique pour apposer l’autocollant ceinturant la caisse. Il s’agit bien sûr de véhicules hors commerce.

A partir de son Volkswagen fourgon, Wiking produira une version estampillée à l’aide d’un tampon « BZ » pour le Berliner Zeitung.

En tant que firme berlinoise, Wiking semblait une entreprise toute indiquée pour ce journal.Ce produit est rare. Je ne me souviens pas en avoir croisé un autre que celui que je possède.

C’est à RW Modell qu’un autre journal, le « Berliner Morgen Post » s’adressa pour reproduire ce sympathique Ford Transit châssis court.

La décoration est des plus sobres. Conçu pour une fonction promotionnelle, comme tous les produits présentés ce jour, il est également difficile à se procurer.

Autre pays du Nord a avoir utilisé les miniatures automobiles comme vecteur publicitaire, les Pays-Bas. Présentons deux rares et splendides produits. Le premier, a été réalisé pour un hebdomadaire de programmes de télévisions « Avro Bode ».

En échange d’un abonnement, le journal envoyait par la poste ce très sympathique Bedford 10cwt de Corgi Toys aux couleurs du magazine. Pour cette occasion Corgi Toys a réalisé une couleur spécifique, un très beau bleu dur, et a décoré les panneaux du fourgon de décalcomanies aux armoiries du journal. La boîte, blanche, est très sobre. L’ensemble était bien sûr glissé dans un petit carton d’expédition que je n’ai jamais vu. Le produit est rare.

L’autre modèle est peut être encore plus intéressant. Le 21 décembre 1963, en échange de 3 Florins, le lecteur du journal « Haagsche Courant » pouvait acquérir une reproduction « made in Denmark » (dans le texte) d’un Volkswagen Kombi aux couleurs du journal. Pour ma part, j’ai acquis le journal près de 30 ans après avoir eu la miniature et ce document a autant d’intérêt que la miniature produite par Tekno.

Il se peut que l’objet ait été distribué par l’intermédiaire d’abonnements et qu’un surplus ait été vendu. Des lecteurs néerlandais pourront peut être m’éclairer sur ce sujet.

En attendant la suite, consacrée aux maisons d’édition scandinaves, je dois ici juste remercier mon épouse de m’avoir épaulé, aidé conseillé. Les textes n’auraient pas eu le succès qu’ils ont sans elle. Ils sont le fruit d’une longue complicité et nous avons un plaisir toujours renouvelé à vous les présenter. Quant à moi mon premier plaisir consiste à la surprendre à travers ces histoires.

 

 

 Autojaune

autojaune@orange.fr

 

 

 

Provenance : Courrier pour Windows 10

 

 

L’absence de virus dans ce courrier électronique a été vérifiée par le logiciel antivirus Avast.
www.avast.com

 

 

Vous en aviez rêvé ?

Vous en aviez rêvé ?

Vous aimez la Ford Fordor ? Vous auriez aimé des déclinaisons de cette sympathique berline américaine reproduite par Dinky Toys Liverpool ? Vous auriez voulu des versions taxi, police, pompier, militaire, avec haut-parleur. ?

Lemeco l’a fait !

Or cette firme vous est peut-être totalement inconnue. Etablie en Suède elle a eu une existence assez brève. On peut aisément en comprendre la raison.

Les six moules utilisés par Lemeco ne sont que des plagiats de modèles existants. Quatre d’entre eux sont empruntés au catalogue Dinky Toys. On peut aisément comprendre les griefs de la firme de Liverpool, qui était d’ailleurs elle-même fort bien implantée en Suède, envers l’entreprise suèdoise.

Le vrai problème de ces rares miniatures est leur conservation dans le temps. Une partie de la production est affectée de métal fatigue conséquence de la qualité médiocre du zamac utilisé. Heureusement, quelques exemplaires ont été épargnés ce qui renforce le phénomène de rareté .

Je peux affirmer que la Suède n’a pas eu l’exclusivité de ces objets mais qu’ils ont également été vendus au Danemark, en Belgique et même en France !

Dans un lointain passé j’ai acheté une collection assez anonyme constituée à Paris dans les années cinquante. En voyant deux Lemeco au milieu des Norev et des Dinky Toys je n’ai pu m’empêcher de demander au propriétaire s’il avait effectué un voyage en Scandinavie dans ces années-là. Mon interlocuteur a été surpris de ma question, et m’a indiqué que ses modèles venaient principalement d’une petite boutique située près du Jardin du Luxembourg à Paris. Plus tard, j’ai retrouvé d’autres Lemeco en France. Bien sûr, ce ne fut pas une importation massive. En Belgique, des Lemeco ont également été distribuées sur la côte, dans la région de La Panne.

Au milieu de cette gamme de miniatures, c’est la Ford Fordor et ses déclinaisons qui méritent selon moi que l’on s’y attarde. Lemeco a transposé cette paisible berline américaine dans le paysage routier suédois .

Ainsi la version pompier qui aurait pu être une « fire chief » devient « brandbil « !

la « Police » une « Polis ».

On appréciera la version équipée d’un haut-parleur, accessoire très en vogue sur les miniatures scandinaves dans les années cinquante.

Avec sa galerie rapportée la « taxibilen » de couleur noire, comme il est de rigueur en Scandinavie, est pleine de charme. La version militaire n’apporte rien par rapport à la Dinky Toys.

Il existe également une version aux couleurs « Shell » reprenant la décalcomanie vue sur le camion-citerne que je n’ai encore jamais eue en mains,. Enfin, curieusement, la paisible version berline, si fréquente en Dinky Toys, est selon moi la plus rare des Lemeco !

Dernier point et non des moindres, en 1950, la version Dinky Toys n’est disponible qu’en boîte de six pièces. Il n’y a donc pas d’étui individuel. La firme suédoise a créé un étui individuel bien avant que Dinky Toys ne le fasse. Les étuis sont des raretés, bien plus rares encore que les modèles ! Les dessins épurés, sur fond blanc, sont superbes.

Ces miniatures, je les ai cherchées avec autant d’enthousiasme que les Tekno lors de mes voyages en Scandinavie. 40 ans n’ont pas suffi à les rassembler toutes. Il me manque la version « Shell ». Si vous l’avez en collection sachez que je suis preneur.